Opération de paix Université de Montréal             

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3 août 2009
Rapport du Secrétaire général sur le fonds pour la consolidation de la paix

11 juin 2009
Rapport du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit

2 décembre 2004
Un monde plus sûr : notre affaire à tous - Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement


Expertise au Réseau

Références
16 juillet 2010
Conference Proceedings : Critical Perspectives on Contemporary Peacebuilding:Towards Change in Concepts and Approaches
Norwegian Institute of International Affairs

16 juillet 2010
Conference Proceedings : Critical Perspectives on Contemporary Peacebuilding:Towards Change in Concepts and Approaches
Norwegian Institute of International Affairs

5 février 2010
The Tswalu Protocol : Principles and Guidelines for Peace-Building Missions
The Brenthurst Foundation / DANIDA

9 novembre 2009
Implications of Peacebuilding and Statebuilding in United Nations Mandates
Center on International Cooperation // New York University



Consolidation de la paix

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Photo : un.org

Le concept de « consolidation de la paix » qualifie l’ensemble des activités menées principalement par l’ONU dans la période d’après-conflit dans l’objectif d’instaurer une paix durable. Dans les termes de l’Agenda pour la paix de 1992 présenté par le Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, il désigne toute « action menée en vue de définir et d’étayer les structures propres à raffermir la paix afin d’éviter une reprise des hostilités ». La consolidation de la paix cherche ainsi à résoudre les conflits et non seulement à les gérer ; elle survient généralement consécutivement à d’autres types d’opérations de paix (de rétablissement, de maintien et d’imposition de la paix), lorsque la sécurité a été rétablie.

Ces missions se distinguent d’autres types d’opérations de paix par leur caractère intrusif, elles s’immiscent en effet dans l’exercice de la souveraineté, et par leur programme ambitieux visant à éliminer les « sources structurelles de violence », c’est-à-dire à réaliser une « paix positive », comme il a été proposé par John Galtung dans les années 1960. Elles poursuivent ainsi des mandats très différents des missions de maintien de la paix traditionnelles et leur but sous-jacent est de transformer l’environnement politique, social et économique des pays hôtes afin d’éviter la récurrence des conflits violents, comme il survient dans au moins la moitié des cas de guerres civiles. Il s’agit là d’une transformation importante du rôle de l’ONU, limité jusqu’alors à éviter l’escalade des crises locales en conflits internationaux par l’observation, la médiation et l’interposition, ainsi que d’une réinterprétation des « menaces à la sécurité et à la paix internationales » par le Conseil de sécurité. Cette nouvelle conception de la sécurité s’étend en effet aux préoccupations en matière de développement et de gouvernance. Les activités de consolidation de la paix touchent ainsi à plusieurs domaines de l’organisation sociétale : elles promeuvent la démocratisation par l’organisation d’élections ; le développement de l’administration publique par l’établissement d’un État de droit, incluant un soutien au système judiciaire, la promotion du respect des droits de la personne et la professionnalisation des services de police, ainsi que le développement économique par la mise en œuvre de mesures de libéralisation.

Ce programme d’intervention est manifestement soutenu par une certaine conception de la paix, celle de la « paix libérale » ; l’Agenda pour la paix voyait en effet une connexion évidente entre les pratiques démocratiques et l’atteinte de la paix et la sécurité. La consolidation de la paix s’appuie ainsi sur le consensus d’après guerre froide selon lequel le renforcement de la sécurité et de la paix aux plans national comme international passe par l’universalisation de la démocratie libérale. Elle rompt pourtant avec les pratiques des organisations internationales du début de la décennie 1990 en raison de l’importance accordée à la construction de l’État, alors qu’une vision plus décentralisée de la gouvernance avait précédemment été mise de l’avant, en particulier par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Néanmoins, si la conviction suivant laquelle la paix passe par la diffusion des pratiques démocratiques demeure intacte, la façon dont cet idéal peut être réalisé se bute à une série d’obstacles, d’essais et d’erreurs. La question du « comment réaliser la paix libérale ? » est en réalité au centre de toutes les préoccupations internationales depuis la fin des années 1980 jusqu’à ce jour.

La consolidation de la paix mobilise surtout des capacités internationales civiles plutôt qu’essentiellement militaires. Elle cherche à réunir dans un même cadre d’intervention des organisations régionales, internationales et non gouvernementales qui n’étaient pas jusqu’alors impliquées dans les opérations de paix, mais dont les activités ont été incorporées aux stratégies de consolidation de la paix, comme c’est le cas de plusieurs agences de l’ONU, ou qui ont développé un nouveau créneau de spécialisation, comme c’est le cas de l’OSCE. Ces activités de consolidation de la paix sont coordonnées de manière variable, notamment selon le contexte de l’intervention, le nombre et la nature des organisations participantes.

Si l’ONU est le principal entrepreneur de la consolidation de la paix, d’autres organisations régionales, militaires et civiles, accomplissent des tâches connexes. Plusieurs organisations régionales se sont en effet investies dans la gestion de crise en général et dans la consolidation de la paix en particulier (cf. Tardy 2009). L’OTAN n’est pas la moindre de ces organisations qui ont dû redéfinir leur rôle avec l’effondrement du système bipolaire. Elle s’est particulièrement investie dans la gestion des guerres de démantèlement de la Yougoslavie ; jouant le rôle de « bras armé » des Nations unies ainsi que de force de mise en œuvre des accords de paix et de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (BiH), puis au Kosovo et en Macédoine. Son rôle sera restreint à la mise en œuvre des aspects militaires de l’entente de paix, mais son soutien aux administrateurs civils, ainsi que son assistance à la réforme des structures de défense en BiH, se révélera aussi déterminant. Dans le cadre du développement de sa politique européenne de sécurité et de défense (PESD), l’Union européenne a aussi investi le champ de la consolidation de la paix en déployant des contingents militaires et de police ainsi que des missions civiles dans les Balkans, mais aussi par le biais de son processus d’adhésion aux institutions européennes. Elle déploiera d’autre part des effectifs hors de sa zone géographique, notamment une force de police en République démocratique du Congo à partir de juillet 2007.

Le début de la décennie 1990 sera marqué par la revitalisation du rôle de l’organisation à vocation universelle ; cependant, la mission d’après-guerre instituée par les Accords de Dayton en Bosnie-Herzégovine au milieu de la décennie représentera un des premiers échecs de cette formule de sécurité collective dans laquelle l’ONU joue le rôle central. La coordination des activités de mise en œuvre des accords de paix sera alors plutôt confiée à un haut représentant international relevant du Conseil de mise en œuvre des accords de paix (ou Peace Implementation Council) ; un organe multilatéral ad hoc composé de 55 États et organisations. Les Nations unies reprendront par la suite la direction des opérations civiles dans les cas du Kosovo, au Timor oriental, et ailleurs. Malgré la régionalisation, c’est-à-dire la participation accrue par les organisations régionales dans les opérations de paix, la consolidation de la paix demeure une « spécialité onusienne ».

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