La CEDEAO a déployé son premier groupe d’observateurs militaires au Libéria le 24 août 1990 à la suite d’une demande formulée par le président libérien Samuel Doe auprès du Nigéria. Le Président Doe est confronté à une rébellion dirigée par Charles Taylor depuis décembre 1989. Le Groupe d’observation sur le cessez-le-feu au Libéria (ECOMIL) a pour objectif d’assister la Commission de Médiation de la CEDEAO en supervisant l’application et en vérifiant le respect strict par les parties des dispositions du cessez-le-feu à travers le territoire du Libéria. Conçue comme une force d’interposition, l’ECOMIL a vu son action entravée par de nombreux obstacles : dissensions au sein de la CEDEAO - ainsi que du reste de la communauté internationale, manque de moyens, complexification du conflit avec notamment une multiplication exponentielle des groupes armés financés et armés grâce au trafic de ressources naturelles et minières et dont le nombre a été renforcé par le recrutement d’enfants soldats. En 1997, un accord met fin aux hostilités et prévoit le désarmement des mouvements armés, l’établissement de partis politiques en vue des élections de juillet 1997. L’élection de Charles Taylor met temporairement fin à ce conflit qui a fait plus de 200.000 victimes et 1,2 millions de réfugiés et personnes déplacées. Suite à l’accord de 1997, l’ECOMIL a été chargée d’assurer le maintien de l’ordre, le désarmement des mouvements armés ainsi que la formation de nouvelles forces de sécurité. Elle a été progressivement retirée jusqu’en octobre 1999. Effectifs : maximum 12.000 militaires en 1993.