
- Photo : MINUL/Eric Kanalstein
Si de nombreux textes et protocoles internationaux interdisent le recrutement et l’utilisation des enfants soldats, aucun n’en donne une définition précise et universelle. Toutefois, la grande majorité des ONG et des institutions onusiennes reprennent la définition des « principes du Cap » formulés par l’UNICEF et un groupe d’ONG lors d’une conférence en 1997 : un enfant-soldat est une personne, garçon ou fille, âgée de moins de 18 ans membre d’une armée gouvernementale ou d’un groupe armé, quel que soit son rôle, ou accompagnant de tels groupes, autrement qu’en tant que simple membre de la famille, ainsi que les filles recrutées à des fins sexuelles ou pour des mariages forcés. Cette définition de l’enfant-soldat ne s’applique pas aux seuls porteurs d’armes. Il inclut également les enfants qui occupent les fonctions de combattant, mineur ou démineur, éclaireur, espion, porteur, coursiers, gardes, sentinelles, cuisiniers, esclaves sexuels pour les jeunes filles, esclaves domestiques, etc. qu’ils aient été recrutés de manière volontaire ou forcée.
L’utilisation d’enfants dans des conflits armés n’est pas un phénomène nouveau. Le recrutement des enfants dans les groupes armés est sans doute aussi ancien que la guerre elle-même depuis le recrutement d’enfants-soldats à Sparte au IVème siècle avant JC jusqu’aux kamikazes juvéniles japonais de la deuxième guerre mondiale, en passant par les compagnies de cadets de Louis XIV et plus récemment pendant la guerre Iran-Irak, les guerres de Libération africaine, la révolution culturelle chinoise, le conflit en Irlande du Nord, en Colombie, en Palestine.... Mais le phénomène a pris une toute nouvelle ampleur depuis le début des années 1990. La conflictualité contemporaine, en effet, de nature plus intra-étatique qu’interétatique, autant que la prolifération des armes légères post-guerre froide, faciles à transporter et à utiliser pour un enfant, a non seulement induit un glissement des cibles militaires à des victimes civiles mais surtout elle a modifié la démographie des forces combattantes en favorisant la participation des femmes et des enfants.
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