La sécurité humaine est une approche axée sur les individus et leur sécurité, qui reconnaît que la stabilité durable, non seulement des États, mais également des sociétés qu’ils représentent, est impossible tant que la sécurité humaine n’est pas garantie. La sécurité humaine fait référence à la fois aux droits des citoyens à vivre dans un environnement sécuritaire et à l’existence d’une activité politique, sociale, religieuse et économique au sein de chaque société à l’abri de violences organisées. En ciblant directement les individus, la sécurité humaine englobe la sécurité contre la privation économique, la quête pour un niveau de vie acceptable et une garantie d’assurer les droits humains fondamentaux, dont le droit à la liberté d’expression et d’association. Sa définition est aussi évolutive que les risques et les menaces auxquels le monde doit faire face.
La notion de sécurité humaine n’a cessé d’évoluer au cours des dernières années. La prédominance des conflits intraétatiques, particulièrement depuis la fin de la Guerre froide, a forcé certains politiciens, politologues et activistes à approfondir la conception traditionnelle de la sécurité nationale. La seule observation que 90% des victimes de conflits depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale sont des civiles force à constater le changement de la nature de la guerre. Plus important encore, 65 des 79 conflits répertoriés pendant les années 1990 se sont produits au sein de pays sous développés, dont plus d’une vingtaine au sein des pays au bas de l’Index du développement humain (IDH). C’est à travers l’association entre l’absence de croissance économique et de mécanismes de répartition de la richesse, ainsi que d’institutions politiques permettant la participation civile, d’un côté, et l’émergence des conflits violents de l’autre côté, que le concept de la sécurité humaine doit se comprendre.
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