Section des pratiques optimales de maintien de la paix (Peacekeeping Best Practices Section)

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L’Unité des pratiques optimales de maintien de la paix, mieux connue sous son appellation anglaise, Peacekeeping Best Practices Unit, est créée en 2001 au sein du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), au siège des Nations Unies, à New York. Elle est rebaptisée Peacekeeping Best Practices Section en juillet 2005.

 

Genèse

En 2000, le rapport du Groupe d’étude sur les opérations de paix de l’Organisation des Nations Unies (rapport Brahimi) reconnaissait que, malgré la nécessité d’exploiter l’expérience accumulée sur le terrain des opérations de maintien de la paix, «  les efforts entrepris pour permettre au système des Nations Unies de mieux tirer parti de cette expérience ou de faire en sorte qu’il en soit tenu compte lors de l’élaboration de la doctrine opérationnelle ainsi que des plans, méthodes ou mandats ont laissé à désirer ».

 

Le rapport soulignait le besoin d’un véritable « gestionnaire d’apprentissage », capable d’« assurer l’apprentissage permanent du personnel de toutes ces entités en ce qui concerne les opérations de paix, en gérant et en actualisant la mémoire institutionnelle dont les missions tout comme les équipes spéciales pourraient tirer parti pour mieux résoudre les problèmes et savoir quelles méthodes ont donné les meilleurs résultats et quelles sont celles qu’il faudrait éviter d’employer ».

 

Née de la fusion du Groupe des enseignements tirés (Lessons Learned Unit) et du Groupe d’analyse politique (Policy and Analysis Unit), la Best Practices Unit est placée sous l’autorité directe du bureau du Secrétaire adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, avec pour mission d’assister le DOMP dans la planification, la conduite et le soutien des opérations de maintien de la paix, grâce à l’analyse des enseignements tirés des expériences passées et à la promotion de mécanismes et de comportements favorables à la diffusion des meilleures solutions trouvées parmi les services et agences de l’ONU au siège comme sur le terrain.

 

En octobre 2002, dans son allocution devant la quatrième commission de l’Assemblée générale de l’ONU, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a insisté sur l’importance de cette structure et sur la nécessité de la renforcer, en la dotant notamment d’un Chef et d’un adjoint permanents, pour qu’elle développe des échanges étroits et précoces avec les États membres en matière de planification, mais aussi pour qu’elle ouvre un espace d’information destiné au public, via son site web.

 

En 2003, il nomme à la tête de l’Unité David Harland, ancien conseiller politique au Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) et ancien Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU au Timor oriental. Aujourd’hui, la Section est dirigée par Fatemeh Ziai, ancienne adjointe de David Harland.

Activités

Les initiatives de la Section comprennent notamment les « Lessons Learned Studies » consacrées à des opérations spécifiques ou à des thématiques, telles que les questions de sexospécificité, la planification des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), et le soutien à l’État de droit. Elles visent à élaborer des lignes directrices pour l’usage des praticiens du maintien de la paix, parallèlement à la création d’une série d’outils (« Best Practices Toolbox ») visant à faciliter l’extraction, l’analyse et le partage des enseignements tirés des expériences passées ainsi qu’à une mise en réseau des personnes occupant des fonctions similaires ou travaillant sur des problématiques similaires (« communities of practice »).

 

En 2003, la rédaction du Manuel pour les opérations multidimensionnelles de maintien de la paix (Handbook on Multi-Dimensional Peacekeeping Operations), avec le soutien de divers États donateurs, constitue un jalon important pour l’Unité. Depuis 2005, la gestion du nouveau système d’élaboration des directives et procédures internes mis en place au sein du DOMP constitue une des activités principales de la Section. L’ensemble de ces directives et procédures, ainsi que le « Best Practices Toolbox », sont mises à la disposition du personnel déployé sur le terrain à travers un site « intranet » qui a été lancé officiellement par le Secrétaire adjoint des Nations Unies pour les opérations de main de la paix, Jean-Marie Guéhenno, le 1er novembre 2006.

 

Les connaissances ainsi collectées placent la Section en position de conseiller le DOMP sur ses stratégies de moyen et long terme, notamment dans ses relations avec les acteurs régionaux, dans le rôle accordé aux composantes civiles dans les opérations de maintien de la paix, dans la redéfinition de modèles de maintien de la paix, et dans la prise en compte de problématiques transversales, telles que la justice pénale, le VIH/Sida, la traite d’êtres humains et le DDR, dès la planification des opérations de paix.

 

La Section accueille :

 

  • une unité de conseil judiciaire et de droit pénal (Criminal Law and Judicial Advisory Unit), qui a pu participer à la planification d’opérations au Liberia, en Côte-d’Ivoire, au Soudan, à Chypre et à Haïti ;

 

  • un conseiller politique pour le DDR et son équipe, chargé d’améliorer la cohérence et l’efficacité des programmes DDR, et notamment d’associer des partenaires extérieurs à ces programmes ;

 

  • une unité sur les questions de sexospécificité, menant à bien des enquêtes concernant la présence des femmes parmi les personnels des opérations de maintien de la paix et leur impact opérationnel auprès des contributeurs de soldats et de policiers de ces opérations, et promouvant le dialogue avec eux sur cette question ;

 

  • un domaine de conseil sur le VIH/Sida, comprenant un conseiller politique chargé de ces questions au sein de la Section financé par l’ONUSIDA pour élaborer les réponses du DOMP à la diffusion du VIH/Sida au sein des personnels et dans les régions qui les accueillent, et pour coordonner ces réponses sur le terrain, grâce à la présence d’au moins un conseiller au cœur de chaque mission ;

 

  • un axe développé en avril 2004 pour envisager les réponses en vue de résorber le crime de trafic d’êtres humains et de punir les personnels des Nations Unies impliquées dans ces trafics.

 

  • Les financements de la Section proviennent des allocations du Compte d’appui (« Support Account ») établi pour soutenir l’activité globale du DOMP, ainsi que de contributions volontaires de plusieurs bailleurs sur des projets spécifiques dans l’éventail des activités de la Section.

 

David Ambrosetti

Chercheur post-doctoral au CÉRIUM