VIH/SIDA et OMP

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Le VIH/SIDA est une pandémie mondiale depuis plus de vingt ans déjà. Cette maladie frappe toutes les catégories de population et tous les métiers. Dès lors, compte tenu du nombre des personnels à son service, l’ONU a décidé d’agir, particulièrement en ce qui concerne ses forces de maintien de la paix.

 

Le VIH/SIDA est une pandémie mondiale depuis plus de vingt ans déjà. Cette maladie frappe toutes les catégories de population et tous les métiers. Dès lors, compte tenu du nombre des personnels à son service, l’ONU a décidé d’agir, particulièrement en ce qui concerne ses forces de maintien de la paix. En 2000, ayant pris conscience de la gravité de la situation concernant la propagation du VIH, le Conseil de sécurité des Nations Unies a, pour la première fois de son existence, mis en exergue la santé comme étant une question de sécurité, et a concentré les débats sur le VIH/SIDA dans les contextes de conflits et des services du personnel en uniforme dans les OMP. Pour sa part, l’ONUSIDA a vu dans cette pandémie la menace numéro un pour la sécurité internationale et la paix, notamment en Afrique subsaharienne.

 

On peut s’étonner du lien connexe entre le VIH/sida et les OMP. En effet, en quoi s’attaquer au VIH/sida concourt-il à atteindre les buts et finalités des OMP : la paix et la sécurité internationales ? Pour établir cette connexité et le lien transversale ente le VIH/sida, les OMP, la paix et la sécurité internationales il importe :

(i) D’établir cette connexité ;

(ii) De présenter le cadre, et la vision institutionnelle et normative du système des Nations Unies relativement au VIH/sida dans les OMP ;

(iii) De cerner la mise en œuvre des directives de l’ONU ;

(iv) D’examiner l’opérationnalisation et les bonnes pratiques à partir des exemples de l’ONUCI et de la MINUEE ;

(v) De tirer des conclusions.

 

Le VIH/sida et la sécurité internationale

L’Assemblée Générale des Nations Unies, dans sa résolution A/55/305 adoptée en 2000, a établi que des facteurs connexes influent sur l’établissement de la paix. Ainsi, outre les origines du conflit, les causes les plus immédiates sont les facteurs économiques (la pauvreté, la répartition des richesses, la corruption, etc...), ainsi que les facteurs politiques et sociaux, notamment les questions d’accès à l’eau potable, aux soins et aux traitements. Au cours des conflits, on assiste à des déplacements massifs de population, augmentant les risques de propagation de diverses pandémies, dont le VIH/SIDA. Dans ce contexte les populations hautement vulnérables sont essentiellement les femmes, les enfants et de plus en plus les personnes en uniforme composant les différentes factions belligérantes et les contingents de l’ONU. Il importe donc pour les OMP, d’adopter dès leur création des actions préventives dans leurs différents secteurs d’intervention. En somme, lutter contre le VIH/SIDA au cours des OMP garantie l’efficacité et l’impact durable de leurs activités, participant à atteindre en définitive, la paix et la sécurité internationale.

La vision institutionnelle et le cadre normatif sur le VIH/sida dans les OMP

En 2000, l’Assemblée générale des Nations unies à instruit le Secrétaire Général, dans la résolution A/RES/55/13, d’agir avec le concours de l’ONUSIDA afin d’inscrire systématiquement dans le mandat et les missions de toutes les agences et structures de l’ONU, un volet prévention, prise en charge et planification du VIH/SIDA. Un panel d’expert du Comité spécial des opérations de maintien de la paix a produit un rapport pertinent le 20 mars 2000 (A/54/839), établissant la connexité entre la recrudescence du VIH/SIDA dans les zones de violence et d’instabilité politique et sociale. Pour y faire face, le comité a recommandé qu’il soit inclut au sein des OMP une unité VIH/SIDA. Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est saisi de l’affaire et, en juillet 2000, il a adopté la Résolution 1308, reconnaissant les effets négatifs potentiels du VIH/SIDA sur la santé du personnel des opérations internationales de maintien de la paix et encourageant l’élaboration de stratégies d’éducation, de formation et de prévention sur le VIH/SIDA pour le personnel des forces armées nationales et celui des opérations de maintien de la paix. En 2001, le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU(DOMP) et l’ONUSIDA ont signé un accord de coopération basé sur cette résolution faisant ressortir les domaines de coopération qui permettraient d’assurer des programmes de prévention et de prise en charge du VIH/SIDA au sein des opérations de maintien de la paix.

 

Ainsi, outre la vision institutionnelle et normative générale définie par la résolution1308 en synergie avec l’ONUSIDA, le DOMP a établi le cadre d’action et les stratégies de mise en œuvre au sein des OMP afin d’induire un recul significatif du fléau dans leurs zones respectives d’interventions.

La Résolution 1308

La Résolution 1308 consacre trois grands principes et deux principales actions : Au titre des principes :

 

  • Le CS consacre la responsabilité internationale des Nations unies, particulièrement le rôle prépondérant de l’Assemblée Générale et du Conseil Économique et Social dans la lutte contre le VIH/SIDA ;

  • L’ONUSIDA est établi comme l’organisme de coordination des actions concertées des différentes agences conformément à leurs mandats respectifs, pour une réponse efficace contre la pandémie du VIH/SIDA ;

  • Inclure systématiquement dans les OMP, en coopération avec le département du maintien de la paix, un volet VIH/SIDA pour le personnel avant le déploiement et sur le terrain des opérations.

 

Il résulte desdits principes les actions concrètes suivantes :

 

  • Instituer de façon systématique au sein des OMP une formation du personnel, des dépistages volontaires et confidentiels, des activités de prévention de soins et de traitements ;
  • Les unités VIH/SIDA au sein des OMP devront, en coopération avec les bureaux pays ONUSIDA, établir une plateforme d’appui technique avec les organismes nationaux des pays d’accueil en vue de faciliter l’adoption et la mise en œuvre de politiques de prévention, de prise en charge, de traitements et de soins en matière de VIH/SIDA. Dès lors, au sein de chaque OMP, il a été intégré une unité VIH/SIDA dont le mandat est essentiellement d’apporter un soutien, des soins et un traitement au personnel séropositif et leurs dépendants. Ce mandat s’appuie sur le cadre stratégique de coopération entre l’ONUSIDA et le Département des opérations de maintien de la paix.

Le cadre de coopération entre le DOMP et l’ONUSIDA

En janvier 2001, le DOMP et l’ONUSIDA ont adopté un cadre de partenariat en vue de promouvoir et développer l’intégration systématique du volet VIH/SIDA dans les OMP. Il s’agit d’abord de mettre à la disposition du DOMP des ressources humaines qualifiées et spécialisées sur la planification, la coordination et le suivi-évaluation en matière de politique lutte contre le VIH/SIDA. Ainsi a été établie en juin 2001, puis réactualisée en 2006, une cartographie des interventions pour les différentes OMP dont voici quelques exemples d’opérations en cours.

Nom de l’opération Signification Pays d’intervention Début du mandat Intégration d’unité VIH/SIDA
ONUST Organisme des Nations Unies chargé de la Surveillance de la Trêve Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie et Territoires palestiniens occupés Mai 1948 Avril 2004
UNMOGIP Groupe d’Observateurs Militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan Cachemire Janvier 1949 Mai 2004
FINUL Force Intérimaire des Nations Unies au Liban Sud Liban Mars 1978 Mars 2005
MINURSO Mission des Nations unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental Sahara occidental Avril 1991 Janvier 2005
MINUK Mission d’Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo Kosovo Juin 1999 Avril 2004
MONUC Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo République démocratique du Congo Novembre 1999 Janvier 2005
MINUL Mission des Nations Unies au Libéria Libéria Septembre 2003 Avril 2005
ONUCI Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire Côte d’Ivoire Avril 2004 Janvier 2005
MINUSTAH Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti Haïti Juin 2004 Avril 2005
MINUS Mission des Nations unies au Soudan Soudan Mars 2005 Janvier 2006
MONUSCO Mission de l’Organisation de Nations Unies pour la Stabilisation du Congo République Démocratique du Congo Juillet 2010 En cours de mise en place

Source : archives HIV/AIDS unit/UNOCI Août 2010


Concrètement il s’agit de mettre en place au sein de ces différentes OMP une équipe bien formée qui a pour mission de veiller à la mise en œuvre de la politique des Nations Unies concernant le VIH/SIDA, notamment s’assurer qu’aucun agent civil ou militaire desdites opérations, séropositif ou malade du SIDA, ne fasse l’objet de discrimination ou de stigmatisation sur son lieu de travail. La vision onusienne s’est aussi appuyée sur la Déclaration du Millénaire adoptée en 2000 dont la mise en œuvre mérite d’être analysée sous le prisme des opérations de maintien de la paix en cours, notamment les bonnes pratiques de l’ONUCI en Côte d’Ivoire et de la MINUEE en Érythrée.

Mise en œuvre des directives de l’ONU

Au sein de chaque OMP, l’unité VIH/SIDA exécute les instructions de l’ONU d’après la circulaire ST/SGB/2003/18 du 1er Décembre 2003 relatif à la politique des services du personnel des Nations Unies sur le VIH/SIDA. L’efficacité dans l’exécution de ce mandat peut s’apprécier par la structure et les actions types des unités VIH/SIDA au sein des différentes opérations de paix.

 

Structures et actions types des unités VIH/SIDA au sein des OMP


Chaque unité VIH/SIDA est composée d’au moins quatre agents spécialistes des questions de SIDA, soit fonctionnaires ou membres du bureau des volontaires pour les Nations Unies (UNV). Cette équipe travaille sous la supervision du coordonateur principal pour le VIH/SIDA et les questions humanitaires du DOMP. En coopération avec le bureau pays ONUSIDA, les unités VIH/SIDA des OMP initient des activités de prévention, de prise en charge, de soins et de traitement au profit du personnel civil et militaire.

 

Il s’agit principalement de la formation des pairs éducateurs par des ateliers de formation des formateurs sur le bon usage systématique des préservatifs, les modes de transmission du VIH, les comportements à risque, la prise en charge des populations hautement vulnérables et les conseils et dépistages volontaires (VCT). Par ailleurs cette unité veille à la disponibilité des préservatifs non périmés pour les contingents, de sang non contaminé selon les normes de l’OMS et des kits PEP (procédure médicale post exposition au sang contaminé ou à risque).

 

Un fond spécial est mis à la disposition des unités VIH/SIDA des OMP en vue de planifier et de mettre en œuvre des programmes à impact rapide(PIR) au profit des populations hautement vulnérables et voisines des sites d’interventions(les populations carcérales, les hommes en uniformes des pays d’intervention, les jeunes filles). Toutes ces interventions intègrent une approche genre et droits humains conformément à la résolution 1325 du Conseil de Sécurité en vue de réduire l’impact des conflits armées sur les populations vulnérables (femmes et enfants).

 

Il résulte de cette mise en œuvre des exemples de bonnes pratiques qui méritent d’être institués à grande échelle, notamment ceux de l’ONUCI et la MINUEE

Les bonnes pratiques au sein de la MINUEE et l’ONUCI

« En tant que combattants, nous avions l’habitude de faire face à des ennemis visibles, mais le VIH est un ennemi invisible … C’est devenu une question de sécurité nationale pour un petit pays comme l’Érythrée »


Cette citation du Dr Haile Mehstun, secrétaire à la Santé du gouvernement provisoire de la nouvelle Érythrée indépendante de 1991 à 1993, et Premier ministre de la Santé, maintenant à la tête des Services de Santé des Forces de défense de l’Erythrée (FDE), traduit bien la complexité du VIH/SIDA en zone de conflit.

 

C’est pourquoi en 2002, en collaboration avec l’ONUSIDA, l’unité VIH/SIDA de la MINUEE a entrepris une étude de cas sur le VIH/SIDA dans cette opération de paix dont les objectifs, les stratégies et les leçons apprises méritent d’être perpétués :

 

Objectifs

 

  • Habiliter le personnel militaire et civil de la MINUEE à évaluer et à répondre aux facteurs de risque de transmission du VIH dans une situation post-conflit ;

 

  • Augmenter la prise de conscience du personnel militaire et civil de la MINUEE sur la nature de l’épidémie de VIH/SIDA et son impact potentiel sur l’individu et la famille.

 

  • Faciliter la création d’un environnement de soutien sur le lieu de travail ;

 

  • Promouvoir une alliance entre la MINUEE et les FDE afin de combattre la propagation du VIH et des IST dans l’armée et de protéger la société civile ;

 

Stratégies

 

  • Renforcer les capacités de chaque contingent de la MINUEE, et le siège de la MINUEE, dans l’organisation d’interventions sur le changement de comportement pour le personnel militaire et civil de la mission ;

 

  • Poursuivre des interventions continues sur le changement de comportement par rapport au VIH/SIDA dans la zone de compétence de la mission ;

 

  • Augmenter le niveau d’accès aux préservatifs masculins et féminins et leur utilisation parmi le personnel militaire et civil de la MINUEE ;

 

  • Renforcer les capacités de la MNUEE à fournir des services de conseil et de test volontaires ad hoc pour le VIH/SIDA ;

 

Leçons apprises

 

*Pertinence


  • Les troupes de maintien de la paix sont déployées dans des situations de conflit ou de post-conflit où le risque de transmission du VIH/SIDA est élevé.

 

  • Le Conseil de sécurité des Nations Unies a reconnu l’impact négatif potentiel du VIH/SIDA sur la santé du personnel international de maintien de la paix, y compris le personnel de soutien, et a demandé l’organisation d’un programme d’éducation sur le VIH/SIDA pour le personnel impliqué dans les opérations de maintien de la paix.

 

  • Les activités VIH/SIDA dans une opération de maintien de la paix ne sont pas uniquement pertinentes au personnel international de maintien de la paix, mais aussi aux populations civiles dans le pays de déploiement, ainsi que dans le pays d’origine des troupes.

 

*Efficacité


  • Il n’y aucun moyen de quantifier l’impact du projet sur les troupes de maintien de la paix, sur les militaires locaux et/ou sur les PCT.

 

  • Cependant, le Programme VIH/SIDA de la MINUEE semble avoir eu des effets saisissants, surtout au niveau de ses activités de leadership par les pairs.

 

  • Depuis le lancement de ses activités VIH/SIDA, la MINUEE a réussi à former un nombre total de 294 formateurs et 397 éducateurs pour les pairs à travers ses ateliers de formation de formateurs et sa formation en cascade.

 

  • Malgré quelques lacunes dans la mise en œuvre des formations, les activités de formation de la MINUEE ont repris dès que l’opportunité s’est présentée.

 

  • Il semble y avoir une amélioration des connaissances sur le VIH/SIDA dans les contingents, mais comme la durée des missions est brève (de 6 à 12 mois), il est difficile à ce stade d’évaluer les effets bénéfiques à long terme sur les troupes de maintien de la paix.

 

*Efficience


  • La formation en cascade est un moyen efficace pour atteindre les troupes. Premièrement, la formation des pairs leaders ne demande pas de ressources additionnelles, à part l’organisation du premier atelier de formation de formateurs.

 

  • Le reste de la formation en cascade a lieu dans les contingents, avec le personnel militaire existant.

 

  • Deuxièmement, la formation peut facilement être modifiée pour s’adapter aux besoins de chaque contingent, prenant en compte les différentes cultures, religions et langues. Les ateliers de formation de formateurs se sont avérés très rentables.

 

*Conformité aux règles d’éthique


Les activités VIH/SIDA de la MINUEE devraient atteindre tout le monde dans la mission afin de garantir une distribution équitable des activités et des effets bénéfiques.

 

Les membres de chaque contingent planifient les activités VIH/SIDA au sein de leurs contingents, ce qui mène à une participation de la communauté dans la planification et l’exécution de ces activités.

 

*Durabilité


La permutation annuelle ou semestrielle des troupes crée des problèmes au niveau de la durabilité du programme VIH/SIDA au sein de l’opération de maintien de la paix.

 

Cela perturbe, en particulier, les activités de formation de leadership par les pairs. Dans le cas de la MINUEE, l’absence d’un Conseiller politique VIH/SIDA a également rendu le programme plus vulnérable à une perturbation.

 

Toutefois, la présence d’un Conseiller politique VIH/SIDA, plus de 20 mois après le déploiement des premiers contingents a amélioré le niveau de continuité de toutes les activités VIH/SIDA, y compris l’éducation par les pairs, et a également augmenté la durabilité du programme.

 

Au sein de l’ONUCI, en Côte d’Ivoire, conformément aux directives onusiennes, il existe une unité VIH/SIDA composée de 12 agents, dont des médecins, du personnel de santé, des analystes et une coordonnatrice. Par ailleurs, les indicateurs de 2010 du rapport ONUSIDA 2010 révèle un taux de 3.4% avec plus de 480.000 PVVIH sous ARV en 2009, une épidémie généralisée avec une forte féminisation, soit 6.4% pour les femmes contre 2.7% pour les hommes, pire, le VIH/SIDA est la première cause de décès chez les adultes.

 

Dans ce contexte, l’unité VIH/SIDA de l’ONUCI a adopté une stratégie inspirée et améliorée des bonnes pratiques de la MINUEE et axée sur les personnels civils et militaires, les agences et les populations vivant à proximité des différents sites d’intervention. Pour le personnel civil et militaire de l’ONUCI, la stratégie consiste à former des pairs éducateurs sur les modes de transmission, l’usage correct des préservatifs masculins et féminins, la sensibilisation pour le dépistage volontaire et la mise à disposition des kits PEP.

 

Cette méthode est très efficace, car les formateurs au sein des troupes sont plus proches des personnes cibles et utilisent des canaux de communication spécifiques à chaque particularité culturelle (diverses nationalités constituent les troupes). Depuis 2005, 344 pairs éducateurs ont été formés au sein des contingents militaires et 196 au sein des agents civils tandis que plus de 6017 préservatifs et 1047 kits PEP ont été distribués. L’action de l’unité VIH/SIDA de l’ONUCI vis-à-vis des agences se fait en étroite collaboration avec le personnel ONUSIDA pays, dans le cadre du programme UNCARE lancé en juin 2008 par l’ONU.

 

Les standards du UNCARE (programme interne aux agences pour la formation sur le VIH/SIDA) visent à informer les fonctionnaire des divers agences sur la politique des Nations Unies en matière de VIH/SIDA, les informations sur la prévention et l’accès au services, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, l’accès au préservatifs, les règles d’assurance, la gestion confidentielle des données résultant des dépistages volontaires, ainsi que l’accès aux kits PEP.

 

En pratique, il s’agit d’une séance de formation de tout le personnel d’une agence avec un engagement de la hiérarchie qui permet aux fonctionnaires de connaitre avec précision le VIH/SIDA et de sensibiliser ses dépendants. Ainsi, en 2010, neuf agences ont bénéficié du programme UNCARE, à l’issue desquels 87 agents et leurs dépendants ont fait un dépistage volontaire. En outre, de par l’ancrage territorial, l’unité VIH/SIDA aide à mettre à la disposition des populations voisines des sites d’intervention des centres de dépistage volontaire gratuits (les CDV) et procède à des séances de sensibilisation et de distribution gratuite des préservatifs.

 

En définitive, l’unité VIH/SIDA de l’ONUCI s’efforce depuis quatre ans à mettre en œuvre la vision des Nations Unies en matière de VIH/SIDA même si ses interventions ont un impact réduit en raison de divers contraintes et défis.

Conclusion

La reconduction périodique du mandat des OMP et leur modification induisent une mutation permanente des missions et tâches, d’où l’intérêt de la constitution d’une solide base de données pour les unités VIH/SIDA et une planification stratégique globale et claire. C’est pourquoi, en dehors de la vision et de la politique du SG de l’ONU, il faut mettre en place un groupe technique de travail pour définir un cadre de coopération entre les Nations Unies et les organisations sous régionales. Aussi, pour une telle mise en œuvre, l’ONU pourrait collaborer et appuyer les organisations sous régionales, telles l’Union Africaine et la CEDEAO, afin d’avoir une synergie d’actions et de stratégies.

 

Ainsi le Département paix et sécurité de l’UA et le DOMP pourraient tracer les sillons d’une expertise régionale pour les questions de maintien de la paix en général et la résolution de la question du VIH/SIDA en situation humanitaire en particulier.

 

Au total, la question du VIH/SIDA au sein des OMP devrait également coïncider avec la prise en compte de la question transversale du genre et des droits humains pour une efficacité et une efficience plus accrue.

 

FAMAN TOURE A.

Auditeur au CERAP 
3ème Cycle spécialisé en Droits de l’Homme 
29 mars 2011



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