Volontaires des Nations Unies

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Les Volontaires des Nations Unies (VNU) sont des professionnels, souvent en milieu de carrière, qui ont choisi de mettre leur expérience et leur expertise au service d'un organisme des Nations Unies, pendant 6 à 24 mois, pour participer à des projets de développement, d'assistance humanitaire, de maintien de la paix ou encore de droits de l'homme.

Au total, dans le monde, près de 8000 VNU travaillent dans les institutions onusiennes chaque année. Parmi eux, plus de 1800 soutiennent les missions de paix de l'ONU. Ils sont principalement déployés dans les pays en sortie de crise : RDC, Libéria, Côte d'Ivoire, Kosovo, Soudan, Haïti. Recrutés par un organe appelé le Programme des VNU, ils sont ventilés dans tout le système ONU. Plus de la moitié des VNU travaillent auprès des Gouvernements, affectés par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Plus d'un quart travaille pour les Nations Unies, en grande partie au sein des opérations de paix. Les autres sont affectés auprès d'institutions spécialisées des Nations Unies (HCR, PAM, UNICEF...).

 

Création et objectifs

Le Programme des VNU est un organe subsidiaire des Nations Unies créé par l'Assemblée générale en 1970. Il est administré par le PNUD et rend compte au Conseil d'administration de ce dernier. Il est le partenaire des institutions auprès desquelles sont affectés les volontaires. Il reçoit les candidatures et sélectionne les VNU qui seront ensuite employés par les institutions intéressées. Ce sont ces dernières qui financent les missions des VNU.

Le Programme des VNU est chargé de la promotion du volontariat, y compris la mobilisation de volontaires. Il a notamment pour mission de « faire connaître le bénévolat, d'enrichir les sources d'information disponibles et les ressources des réseaux existants et d'apporter une assistance technique aux pays en développement, sur leur demande, dans le domaine du volontariat » (Résolution de l'AG 57/106, par. 8). A cette fin, il a mis en place un site Internet consacré au volontariat qui constitue une source importante d'informations sur les possibilités de volontariat dans le monde, en plus des VNU.

Le Programme des VNU a été chargé du suivi de l'Année internationale des volontaires (2001) dont l'objectif était de promouvoir le volontariat. Depuis 1985, le 5 décembre est la Journée internationale des Volontaires pour le développement économique et social. Le Programme des VNU a également pour mission de stimuler l'adoption de politiques nationales visant à favoriser le volontariat. Il assiste les Gouvernements dans la mise en place de législations qui vont dans ce sens, les incite à déployer des campagnes de promotion du volontariat et les conseille sur la manière de gérer le volontariat au niveau national ou local.

Le budget annuel du Programme des VNU atteint en moyenne 170 millions de dollars US. Les institutions spécialisées de l'ONU consacrent 137 millions au Programme des VNU. Il existe un Fonds bénévole spécial des VNU auquel contribuent une trentaine de pays à hauteur de cinq millions. Ces pays financent aussi directement les gouvernements qui bénéficient des volontaires pour un montant atteignant 18 millions de dollars. Les Volontaires des Nations Unies sont présents dans tous les secteurs d'activité de l'ONU : agriculture, santé, éducation, assistance électorale, environnement, promotion de l'égalité des sexes, aide humanitaire, droits de l'homme, développement durable... Ils s'occupent surtout de développement, mais de plus en plus, ils participent aux activités de paix de l'ONU. Parmi eux, plus de 75% sont originaires des pays en développement. Ils sont déployés dans près de 140 pays. Les VNU peuvent agir dans leur propre pays (30%) ou à l'étranger (70%).

Il existe également un programme de volontariat en ligne sur Internet. En 2010, le PNUD a estimé que, jusque là, plus de 10 000 personnes avaient entrepris 15 109 missions en ligne. Ces missions portent sur des activités liées à la rédaction et la relecture, la recherche, la traduction, le développement informatique, le développement et la gestion de projet, la formation, le conseil ou encore la coordination et la facilitation, dans tous les domaines d’activité de l’ONU comme l’éducation, le plaidoyer de stratégies pour le développement, l’alimentation et l’agriculture, la santé, la prévention des crises et le relèvement, l’environnement, la gouvernance et les droits de l’homme, le genre, la culture, etc.

La logique du volontariat veut que l'apport principal d'un tel engagement soit la satisfaction personnelle d'avoir effectué une action bénévole. L'expérience que le volontaire peut retirer de sa mission est également un facteur important. Les Volontaires ne reçoivent donc pas de rémunération, mais une compensation qui se compose notamment d'une allocation d'installation, d'une allocation de subsistance, d'une assurance, de la prise en charge des frais de transport sur place et d'une indemnité de réinstallation.

Une nécessité d'encourager le volontariat

Dans sa Résolution 57/106 du 13 février 2003, l'Assemblée générale a considéré que « le volontariat [était] un important élément de toute stratégie visant, entre autres, à lutter contre la pauvreté, à assurer un développement durable, la santé, la prévention et la gestion des catastrophes et l'intégration sociale, et notamment à éliminer l'exclusion sociale et la discrimination ».

Le Programme VNU, par son rôle de promotion du volontariat, est donc un acteur déterminant dans la stratégie visant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il s'agit d'une série d'objectifs à atteindre d'ici 2015, concernant notamment la lutte contre la pauvreté, la faim, la maladie, l'analphabétisme, ou la discrimination à l'égard de femmes. En encourageant l'engagement des habitants d'une région, il permet de créer des mouvements de mobilisation au sein des populations pour l'amélioration de leurs conditions de vie. Près de 75% des VNU sont des ressortissants des pays en développement. Plus de 30% sont engagés dans leur propre pays. On parle de coopération Sud-Sud, qui devient un élément essentiel du développement. Les VNU encouragent les habitants à prendre en main le redressement économique et social de leur pays. Au fur et mesure que sont formés des volontaires, la mobilisation s'étend. Un tel mouvement d'entraide permet non seulement d'améliorer les conditions de vie des populations, mais aussi de recréer un tissu social.

Les VNU dans les opérations de paix

Les élections parlementaires et présidentielles qui se sont tenues en République démocratique du Congo (RDC) le 30 juillet 2006, les premières en quarante ans, ont été le résultat d'un travail préparatoire considérable accompli par des volontaires auprès de la MONUC (Mission de l'ONU en RDC) ou d'autres institutions du système des Nations Unies dans le pays (PNUD, UNHCR, PAM...). Plus de 800 Volontaires des Nations Unies (VNU) sont en effet en activité en RDC. Parmi eux, près de 600 sont rattachés à la MONUC. Ils représentent plus de 80 nationalités. 220 travaillent pour la branche électorale de la MONUC ou pour le Projet d'Assistance Electorale du PNUD. Ils sont chargés de préparer les élections, ce qui correspond à un large éventail d'activités, de l'organisation logistique (repérage des bureaux, acheminement de matériel...) à la mobilisation de la population (éducation civique, information...). Ils étaient également présents pour s'assurer du bon déroulement du scrutin et assister au dépouillement. Le travail des VNU représente une ressource dont l'ONU pourrait à présent difficilement se passer. Des VNU sont engagés dans les opérations de paix depuis 1992, et depuis, ce sont plus de 7000 volontaires qui ont agi dans 38 opérations de paix. En 2005, les VNU représentaient plus de 30% du personnel civil des opérations de paix.

En 2003, un Mémorandum d'accord a été signé entre le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Programme des VNU pour élargir le rôle des volontaires dans les opérations de maintien de la paix. Ce Mémorandum d'accord était évoqué dans le rapport Brahimi (par. 142) qui estimait qu'une stratégie d'ensemble pour le recrutement du personnel des missions de paix était nécessaire et qu'elle devait comprendre le recrutement des VNU. Ce rapport reconnaissait en effet la valeur du travail des VNU qui ont « montré traditionnellement combien ils étaient dévoués et compétents ». Il y est donc recommandé de recourir plus largement aux VNU, mais le rapport soulevait le problème de la rémunération des volontaires. Ils constituent en effet une main-d'œuvre peu coûteuse, mais étant donné la valeur du travail qu'ils accomplissent, il semble opportun de revoir les conditions de rémunération, si le DOMP veut continuer à travailler avec des volontaires.

Le Mémorandum d'accord appelle à une plus grande utilisation des VNU dans les opérations de paix et à leur participation à la planification des nouvelles missions.

Nous l'avons vu, les VNU sont en grande partie mobilisés pour l'organisation des élections dans les pays en reconstruction. Mais leurs activités recouvrent aussi d'autres aspects du rétablissement et de la consolidation de la paix, de la (re-)création d'un tissu social à la reconstruction économique. Les VNU sont particulièrement engagés pour les activités de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinsertion des combattants. Ils font la promotion des droits de l'homme, de l'égalité entre les sexes, luttent contre le VIH/sida, reconstruisent les infrastructures scolaires, de transports, soutiennent les réformes politiques et juridiques...

Les VNU encouragent les habitants des zones en sortie de crise à s'engager pour la reconstruction de leur région. Ces initiatives au niveau de la communauté sont précieuses pour permettre la réconciliation et ramener la confiance au sein des populations. Elles assurent la présence d'un soutien local aux casques bleus et autres personnels de l'ONU déployés sur place. En promouvant l'engagement volontaire, ces personnes engagées encouragent les jeunes, notamment, à sortir de leur léthargie et à s'engager à leur tour pour reconstruire leur pays. Une telle mobilisation est essentielle pour faire passer le pays d'une culture de guerre à une culture de paix.


Catherine Délice

Doctorante au Centre d'études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes, de la Faculté de droit de l'Université de Grenoble II

 

Documents

 

6 mai 2004

Rapport de l'administrateur sur le Programme des Volontaires des Nations Unies


Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour le Développement et du Fonds des Nations pour la population, DP/2004/24

PDF 199 Ko
 
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Références

 

31 mai 2006

Statistiques des Volontaires des Nations Unies


ONU

PDF 61 Ko
 

 

30 nov. 2005

Des contributions marquantes


Rapport annuel du programme VNU 2005/06

PDF 3 Mo
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