Historique de l'opération BNUB

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BNUB       Burundi

Bureau des Nations Unies au Burundi

 

Le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) a été créé par le Conseil de sécurité de l’ONU par l’adoption de la résolution 1959 le 16 décembre 2010 afin de poursuivre les efforts de consolidation de la paix effectués dans ce pays depuis 2007 par le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB) suite à la fin de la guerre civile. Le BNUB débute ses activités le 1er janvier 2011 et a pour mandat d’appuyer le gouvernement burundais afin de renforcer les institutions nationales, de promouvoir et faciliter un dialogue national et une large participation à la vie politique, de lutter contre l’impunité, de promouvoir et protéger les droits humains, et d’élaborer des politiques économiques mettant l’accent sur la consolidation de la paix. Finalement, le BNUB a appuyé le Burundi lorsqu’il a occupé la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est en 2011 et fournit des conseils au gouvernement sur les questions d’intégration régionale.

Le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) a été créé par le Conseil de sécurité de l’ONU par l’adoption de la résolution 1959 le 16 décembre 2010 afin de poursuivre les efforts de consolidation de la paix effectués dans ce pays depuis 2007 par le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB) suite à la fin de la guerre civile. Le BNUB débute ses activités le 1er janvier 2011 et a pour mandat d’appuyer le gouvernement burundais afin de renforcer les institutions nationales, de promouvoir et faciliter un dialogue national et une large participation à la vie politique, de lutter contre l’impunité, de promouvoir et protéger les droits humains, et d’élaborer des politiques économiques mettant l’accent sur la consolidation de la paix. Finalement, le BNUB a appuyé le Burundi lorsqu’il a occupé la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est en 2011 et fournit des conseils au gouvernement sur les questions d’intégration régionale.



Historique

 

Le BNUB est le dernier d’une longue liste d’initiatives internationales visant à rétablir et à consolider la paix dans ce petit pays africain de la région des Grands Lacs qui a été dévasté par plus d’une décennie de guerre civile de 1993 et 2006. Depuis son indépendance en 1962, le Burundi a été affecté par de violentes rivalités ethniques entre Hutus, majoritaires, et Tutsis, minoritaires. En 1966, la monarchie est reversée et un régime militaire tutsi s’installe au pouvoir. Durant les premières années de ce régime, de nombreux incidents accentuent les tensions ethniques dans le pays. Finalement, en avril 1972, une insurrection hutue dans le sud du pays est réprimée dans une violence extrême et entre 200 000 et 300 000 Hutus sont tués en quelques mois tandis que 300 000 autres fuient le pays. Ce massacre a permis de durablement garantir la domination Tutsi sur le pouvoir politique et sur les organes de sécurité.

 

En 1976, Jean-Baptiste Bagaza prend le pouvoir dans un coup d’État sans effusion de sang, avant d’être lui-même reversé par un coup d’État militaire dirigée par Pierre Buyoya en 1987. Les tensions toujours grandissantes entre les deux principales ethnies du pays dégénèrent en confrontation violente en 1988. Suite à ces nouveaux incidents, le président forme une commission pour enquêter sur les causes des violences et pour élaborer une réforme de la constitution. Ce processus débouche sur la réhabilitation des partis d’opposition, l’adoption d’une nouvelle constitution et l’organisation en 1993 des premières élections multipartites du pays depuis l’indépendance. Ces élections sont remportées par le Front pour la démocratie du Burundi (FRODEBU), considéré comme le parti de la majorité hutue, et son chef, Melchior Ndadaye, est investi président en juillet 1993.

 

La guerre civile burundaise est déclenchée en octobre 1993 lorsqu’un extrémiste tutsi assassine le nouveau président. Jusqu'à 25 000 Tutsis sont tués par des groupes hutus tandis que les forces de sécurité font autant de victimes hutues, dont plusieurs civils. Le 6 avril 1994, le nouveau président, Cyprien Ntaryamira du FRODEBU, est assassiné à son tour quand l’avion dans lequel il se trouvait en compagnie de son homologue rwandais, Juvenal Habyarimana, est abattu par un missile. Ce double assassinat accentue le conflit civil au Burundi et déclenche le génocide au Rwanda.

 

Alors que la situation sécuritaire se détériore rapidement, la présidence hutue et les militaires tutsis cohabitent dans un système de partage du pouvoir jusqu’en 1996, date à laquelle Pierre Buyoya reprend le pouvoir par un coup d’État contre le président Ntibantunganya. Les deux principaux groupes armés hutus qui prennent les armes au cours de ce conflit sont les Forces nationales de libération (FNL), qui sont la branche armée du Parti pour la libération du peuple hutu (PALIPEHUTU), et le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) qui s’est formé suite à l’assassinat du président Ndadaye. Ces deux groupes connaissent des schismes durant le conflit, compliquant d’autant la négociation d’un accord de paix. De plus, de nombreux autres groupes armés de moindre importance prennent part aux affrontements.

 

Des pourparlers de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles débutent en juin 1998 à Arusha, en Tanzanie. Sous la médiation de Nelson Mandela, les négociations débouchent en 2000 sur la signature d’un accord de cessez-le-feu qui prévoit l’établissement d’un gouvernement de transition et le partage du pouvoir. Cependant, le CNDD-FDD et le PALIPEHUTU-FNL ne prennent pas part à ce processus de paix et les violences se poursuivent malgré la mise en place du gouvernement de transition en octobre 2001. Finalement, le 16 novembre 2003, après la signature d’une série d’accords de cessez-le-feu au cours de l’année 2002, de nouvelles négociations débouchent sur un accord global de cessez-le-feu qui intègre au processus de paix les différentes factions du CNDD-FDD, ainsi que la faction minoritaire du PALIPEHUTU-FNL dirigée par Alain Mugabarabona. Seule la faction majoritaire du FNL, dirigée par Agathon Rwasa, continue les combats alors que la période de transition prend fin avec la tenue d’élections législatives en 2005. Les élections sont remportées par le CNDD-FDD, dont le chef, Pierre Nkurunziza, est choisi comme président par les nouveaux députés. Le FNL de Rwasa signe finalement un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement en septembre 2006, mettant ainsi officiellement fin à la guerre civile. Néanmoins, les avancées vers la paix restent très précaires et la criminalité, la violence, l’impunité, la corruption sont autant de facteurs qui menacent de replonger le pays dans l’instabilité.

 

Implications internationales

 

La communauté internationale a été impliquée de façon importante dans le processus de paix au Burundi. L’ONU et l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), à laquelle succèdera l’Union Africaine (UA), ont grandement contribué au rétablissement puis la consolidation de la paix dans ce pays. Quelques semaines après l’assassinat du président Ndadaye, l’Organe central de l’OUA décide, à la demande de plusieurs pays membres, de déployer la Mission internationale de protection et d’observation pour le rétablissement de la confiance au Burundi (MIPROBU) afin de protéger les personnalités politiques et créer une commission d’enquête internationale. Seulement quelques militaires sont déployés et l’opération est rapidement annulée. Quelque mois plus tard, en mars 1994, l’organisation déploie la Mission internationale d'observation au Burundi (MIOB). Cette mission ne parvient pas non plus à améliorer la situation et elle est finalement retirée le 25 juillet 1996, à la chute du président Ntibantunganya.

 

Malgré une implication importante de la communauté internationale, en particulier de l’Afrique du Sud, dans le processus de médiation, ce n’est qu’en février 2003 qu’une autre mission de paix est déployée au Burundi. La Mission africaine au Burundi (MIAB), créée par l’UA en attendant la décision de l’ONU de mettre une mission sur pied, avait pour mandat de superviser la mise en œuvre des accords de cessez-le-feu de 2002 entre les factions du CNDD-FDD et le gouvernement. Cette mission est remplacée en juin 2004 par l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB), créée par le Conseil de sécurité en vertu du chapitre VII. Au cours de la période de déploiement de l’ONUB, le Burundi fait des avancés importantes vers la stabilité, l’organisation des élections est un succès et le FNL finit par intégrer le processus de paix, mettant ainsi un terme, du moins théoriquement, aux affrontements armés. C’est également au cours de cette période que le pays entre définitivement dans une phase de consolidation de la paix. L’ONUB prend part à cette étape vers la fin de son mandat, mais se sont principalement le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB) dans un premier temps et le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) par la suite qui jouent un rôle central dans ce processus crucial.

 

Création du BNUB

 

Dans sa résolution 1902 de 2009, le Conseil de sécurité de l’ONU demande au Secrétaire général de formuler des recommandations sur les changements à apporter dans la direction et la composition de la présence de l'ONU au Burundi. C’est suite à cette demande que sont envoyées au Burundi une mission d’évaluation stratégique pluridisciplinaire et une mission technique. Au vu des conclusions de ces deux missions, après de nombreuses consultations, et compte tenu des progrès réalisés par le Burundi, le Secrétaire général propose de remplacer le BINUB par le BNUB afin de sensiblement réduire la présence onusienne dans le pays. Il définit trois priorités pour le nouveau bureau : achever le redressement du pays et encourager une croissance équitable; mettre en place et renforcer des institutions responsables, efficaces et réactives; et mettre en place et renforcer des mécanismes efficaces de dialogue, de réconciliation et de justice transitionnelle. Il recommande que les bureaux du BINUB s'occupant des droits de l'homme soit renforcés et transformés en bureaux communs à l'équipe de pays et au BNUB en vue de la reprise de la gestion des activités de l’ONU au Burundi par la seule équipe de pays.

 

Le Conseil de sécurité adopte ces recommandations du Secrétaire général dans sa résolution 1959 le 16 décembre 2010 et demande à ce dernier de mettre le BNUB en place pour une période initiale de 12 mois à partir du 1er janvier 2011. Le Conseil décide également que le BNUB sera dirigé par un Représentant spécial du Secrétaire général, assisté par un Représentant spécial adjoint, qui fera office de coordonnateur résident et de coordonnateur de l’action humanitaire des Nations Unies ainsi que de représentant résident du PNUD au Burundi. La transition du BINUB au BNUB se fait sans problème majeur. Toutes les activités du BINUB qui n’ont pas été reprises dans le mandat du BNUB prennent fin le 31 mars 2011, et les membres de son personnel dont le BNUB n’a pas besoin sont affectés à d’autres missions ou rapatriés au plus tard le 30 juin 2011.

 

Enfin, le nombre des postes autorisés au sein du Bureau passe de 450 à 134 et à la fin octobre 2011, plus de 90% de ces postes au sein du BNUB sont comblés.

 

Consolidation de la paix au Burundi : l’action de l’ONU jusqu’en 2011

 

Les efforts de consolidation de la paix entrepris par l’ONU au Burundi après la fin de la guerre civile sont dans un premier temps dominés par les négociations pour mettre fin au conflit avec le FNL et se diversifient rapidement pour comprendre un spectre très large d'activités. L'ONUB, le BINUB et maintenant le BNUB œuvrent notamment dans le secteur de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et des droit de l'Homme. Au fil des ans, l'ONU a également œuvré en faveur de la situation humanitaire et économique dans le pays tout en appuyant le gouvernement dans ses démarches d'intégration régionale. La présence de l’ONU au pays n’a toutefois pas réglé tous les problèmes et le processus de consolidation de la paix a connu des reculs. C’est ainsi qu’au début 2008, les hostilités ont repris à grande échelle entre les forces de sécurité nationales et le FNL, tandis qu’un regain de tension entre les partis politiques a déclenché une nouvelle crise politique qui a paralysé les activités du parlement et du gouvernement. Les efforts de l'ONU et des autres partenaires internationaux ont cependant grandement contribué à la relance du processus de paix et à la tenue des élections en 2010.

 

Dans le secteur de la sécurité, les activités de l'ONU, outre le soutien à l'application de l'accord de paix avec le FNL, se sont concentrés principalement sur le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR) et les réforme du secteur de la sécurité (RSS). Au cours des premières années, malgré les nombreux retards dans l'application de l'accord de paix, les processus de DDR et de RSS réussissent à progresser grâce au travail de la Commission nationale pour la démobilisation, appuyée par l'ONU, des organisations internationales et des partenaires bilatéraux. L'un des enjeux du DDR au Burundi est la réduction des effectifs des forces armées nationales, aux prises avec un surplus de personnel dont un grand nombre a dépassé l'âge de la retraite. D'autre part, de nombreux efforts ont été déployés afin d'intégrer les milices et les différents groupes armés au processus de DDR et de réduire le nombre d'armes légères au sein de la population civile. Pour ce qui est du processus de RSS, le gouvernement a dans un premier temps effectué des réformes par secteur avec le soutien de partenaires bilatéraux avant d’adopter en décembre 2007 une stratégie générale de RSS avec l'aide de l'ONU. En août 2008, le Parlement crée le Conseil national de sécurité chargé de la mise au point d’un plan national intégré RSS.

 

Dès les premières années suivant la fin de la guerre civile, les fréquents cas d’exécutions sommaires, de torture, de mauvais traitements, de viol, d’arrestation et de détention arbitraires ou de disparition, et d’extorsion et de pillage imputés aux forces de sécurité nationales deviennent un important élément déstabilisateur au Burundi. Le cessez-le-feu avec le FNL en 2006 a permis une légère amélioration de la situation, mais l’impunité continue de constituer un défi majeur à la sécurité et la reprise des hostilités a contribué à aggraver la situation. Pour faire face à ces défis, le gouvernement a mis au point un plan de réforme du secteur de la justice et a demandé l’appui de l’ONU pour sa mise en œuvre. Ce plan comprend entre autre une révision du Code pénal national avec l’appui du Haut Commissariat aux droits de l’homme afin de l’aligner sur les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par le Burundi.

 

L'ONU, a également appuyé le gouvernement dans l'élaboration de mécanismes de justice traditionnelle, en particulier la création d’un tribunal spécial et d’une commission vérité et réconciliation. Les blocages politiques ont cependant grandement ralenti ce processus de réforme. Malgré les efforts de l'ONU, la version définitive du Code pénal promulgué en 2009 continuait de contrevenir aux obligations internationales du Burundi et aucun mécanisme de justice traditionnelle n'a été mis en place avant les élections de 2010. De plus, à l'approche des élections, les droits à la liberté d’expression, d’association et d’assemblée ont systématiquement été niés aux partis d’opposition et aux organisations de la société civile. Finalement, suite aux élections, une loi portant la création de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme a été adoptée à l’unanimité en décembre 2010.

 

La question de la gouvernance démocratique a été relativement problématique et reste encore aujourd'hui un enjeu central pour la stabilité du pays. Face à la situation politique précaire, à la corruption généralisée et à la nécessité de renforcer les services essentiels, le BINUB a élaboré en 2007, en collaboration avec le gouvernement, un projet financé par le Fonds pour la consolidation de la paix en vue d’intégrer progressivement dans les institutions nationales une culture démocratique. Le BINUB a également lancé un certain nombre d’activités destinées à favoriser l’amélioration de la gouvernance, notamment en appuyant la promotion du dialogue national, la création d’un tribunal chargé de la lutte contre la corruption, la réforme de l’administration publique et la décentralisation. Le BINUB a entre autres appuyé la constitution d’un forum de dialogue permanent des partis politiques en 2010. D'autre part, en 2008, des tensions déjà existantes entre le gouvernement et certains membres des médias se sont aggravées, amenant l'ONU à appuyer le renforcement des capacités professionnelles des médias et à favoriser le dialogue entre le gouvernement et les médias.

 

L'ONU a aussi beaucoup travaillé à la protection des enfants et à la promotion de l'égalité des genres. La situation générale concernant la protection des enfants au cours de la période de consolidation de la paix s'est sensiblement améliorée, même si de nombreux cas de violation de leurs droits et d'abus sexuels continuent d'être rapportés. La détention d’enfants dans des prisons pour adultes et la présence d'enfants dans les groupes armés sont d'autres problèmes auxquels fait face le Burundi. En avril 2010, la libération du dernier groupe d’enfants associés à des factions armées a permis au Burundi d'être rayé de la liste des pays surveillés en application de la résolution 1612 du Conseil de sécurité. D'autre part, en conformité avec la résolution 1325, le BINUB a poursuivi des activités de surveillance et de formation concernant la protection, les droits et les besoins spécifiques des femmes, ainsi que la promotion de leur participation aux activités de consolidation de la paix au Burundi. Ces efforts ont eu d'important résultat lors des élections de 2010 avec 32% des sièges de l'Assemblée nationale et 46% de ceux du sénat attribués à des femmes.

 

Finalement, l'ONU a œuvré en faveur de la situation humanitaire et économique du Burundi. Du point de vue humanitaire, les deux principaux enjeux sont les déplacements internes et l'insécurité alimentaire. L'ONU, en collaboration avec le HCR, a aidé au retour des réfugiés, principalement en provenance de Tanzanie. D'autre part, L’ONU et ses partenaires, dont l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne, ont entre autres distribué des semences et des outils ainsi que des aliments aux populations touchées par l'insécurité alimentaire. Sur le plan économique, le Burundi souffre de pauvreté structurelle, de la stagnation de son développement et de son manque d'infrastructure. En collaboration avec l'ONU, le FMI, la Banque mondiale et une table ronde des donateurs, le gouvernement du Burundi a adopté en 2007 un document de stratégie sur cinq ans pour la réduction de la pauvreté. Malgré les progrès réalisés et l'appui continu de ses partenaires internationaux, le Burundi continue de faire face à une situation économique très difficile qui compromet sa stabilité. Finalement, l'ONU a aidé le Burundi dans son processus d'intégration régionale, notamment au sein de la Communauté d'Afrique de l'est.

 

Dans ses efforts de consolidation de la paix, le BINUB a profité de la collaboration de plusieurs organisations. L'une des plus importantes est la Commission pour la consolidation de la paix qui a une configuration spécifique au Burundi depuis le 23 juin 2006. La Commission a travaillé avec le gouvernement burundais et les partenaires internationaux et locaux dans les domaines de la bonne gouvernance, du renforcement de l'état de droit, du relèvement et de la propriété foncière. En collaboration avec le BINUB la Commission élaboré un cadre stratégique pour la consolidation et supervisé sa mise en œuvre. Le forum des partenaires du Burundi, qui regroupe tous les représentants d’organismes internationaux accrédités au Burundi, travaille également en collaboration avec l'ONU afin d’aider le gouvernement et de mobiliser des ressources à l’échelle internationale pour la consolidation de la paix et le développement économique. Finalement, l'Initiative régionale pour la paix au Burundi, qui est un rassemblement de pays, établi au début du conflit en 1995, travaille aussi en collaboration avec l'ONU.

 

Le mandat du BNUB

 

La période précédant la transition entre le BINUB et le BNUB a été dominée par l'organisation d’une série d'élections communales, présidentielle, législatives, sénatoriales et collinaires. Ces élections et les tensions politiques qui en ont découlé ont profondément influencé le mandat du BNUB. Les élections communales de mai 2010 ont été remportées par le CNDD-FDD et ont été jugées conformes aux normes internationales par les observateurs nationaux et internationaux. Cependant, un regroupement de 12 partis d'opposition, dont le FNL, a rejeté les résultats des élections, invoquant des fraudes massives, des irrégularités et le manque de neutralité de la Commission électorale nationale indépendante. Ces partis, regroupés au sein de l’Alliance démocratique pour le changement-Ikibiri (ADC-Ikibiri), ont boycotté le reste du processus électoral, permettant ainsi la réélection sans opposition du président sortant et de la majorité parlementaire du CNDD-FDD. Ce boycottage a eu pour conséquence l'affaiblissement considérable de l'opposition politique dans le pays. Il s’en est suivi une augmentation des tensions et de la violence entre le CNDD-FDD et l’opposition, en particulier le FNL.

 

En dépit de ce recul, la consolidation de la paix semble avoir continué à progresser au Burundi. Dans le domaine des droit de l’Homme, des avancé notables ont été réalisées avec l’entrée en activité de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme, qui a ouvert des enquêtes sur une cinquantaine d’affaires de violation des droits de la personne. Le BNUB a entre autres fourni un soutien à la Commission afin d’élaborer un plan stratégique sur trois ans, de mettre au point un cadre de coopération avec les autres parties prenantes à l’échelle nationale et de lancer des initiatives de développement de l’infrastructure institutionnelle. Néanmoins, la situation reste préoccupante et de nombreux cas de violation des droits de la personne continuent d’être rapportés, notamment en ce qui concerne les exécutions extrajudiciaires visant des membres de l’opposition politique et la liberté d’expression. L’impunité constitue toujours un problème majeur.

 

Dans le domaine de la gouvernance, le gouvernement a adopté en octobre 2011 une stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, qui avait été élaborée avec l’appui du BNUB et d’autres partenaires. Le gouvernement a aussi lancé, avec le soutien du BNUB, un programme de renforcement des capacités pour aider les organisations de la société civile à lutter contre la corruption. Le BNUB a aidé le Burundi à assurer la présidence de la Communauté d’Afrique de l’Est au cours de l’année 2011, notamment en fournissant un soutien technique au ministère responsable. L’ONU a également continué de soutenir le renforcement des capacités du parlement, entre autres en fournissant une assistance financière pour l’organisation d’ateliers sur l’analyse et la supervision du budget, et sur les mécanismes de justice transitionnelle. Finalement, la commission Vérité et réconciliation a également débuté ses travaux au cours du premier trimestre 2012.

 

En ce qui concerne le processus de DDR et les réfugiés, le Burundi a accompli des progrès significatifs dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de réintégration socioéconomique des personnes affectées par le conflit. De plus, le Conseil des ministres a adopté, en avril 2011, le Plan d’action national pour le contrôle et la gestion des armes légères et le désarmement de la population civile pour la période 2011-2015. Le processus de RSS s’est également poursuivi de façon satisfaisante avec l’organisation de nombreux ateliers de formation. Malgré ces efforts, l’insécurité persiste, alimentée par les assassinats de membres de l’opposition et d’anciens rebelles, ainsi que par des attentats, dont celui de Gatumba qui a fait plus de 30 morts en septembre 2011. De plus, le problème de la rareté des terres continue d’entraver considérablement la réintégration à long terme des personnes touchées par le conflit et des personnes déplacées. La situation socioéconomique et humanitaire au Burundi, caractérisée par une pauvreté généralisée, un taux de chômage élevé, et une insécurité alimentaire persistante contribuent également à limiter la réinsertion et le retour des réfugiés.

 

Le Burundi a été, à bien des égards, un modèle pour la transition entre la phase d’une opération de maintien de la paix et celle d’une mission politique spéciale et d’un bureau intégré des Nations Unies. Bien que des défis importants restent à surmonter, il ne faut pas négliger les succès importants que le pays a connu en termes de la consolidation de la paix. Finalement, au vu des progrès réalisés, le Conseil a renouvelé le 20 décembre 2011 le mandat du Bureau et y a apporté quelques modifications en adoptant la résolution 2027, qui réaffirme également l’intention du Conseil de transférer les responsabilités du BNUB à l’équipe de pays lorsque les critères établis par le Secrétaire général seront atteints.

 

17 mars 2012

 

 

 

Historique

Le BNUB est le dernier d’une longue liste dinitiatives internationales visant à rétablir et à consolider la paix dans ce petit pays africain de la région des Grands Lacs qui a été dévasté par plus d’une décennie de guerre civile de 1993 et 2006. Depuis son indépendance en 1962, le Burundi a été affecté par de violentes rivalités ethniques entre Hutus, majoritaires, et Tutsis, minoritaires. En 1966, la monarchie est reversée et un régime militaire tutsi s’installe au pouvoir. Durant les premières années de ce régime, de nombreux incidents accentuent les tensions ethniques dans le pays. Finalement, en avril 1972, une insurrection hutues dans le sud du pays est réprimée par dans une violence extrême et, entre 200 000 et 300 000 Hhutus sont tués en quelques mois tandis que , environ 300 000 autres fuient le pays. Ce massacre a permis de durablement garantir la domination Tutsi sur le pouvoir politique et sur les organes de sécurité.

En 1976, Jean-Baptiste Bagaza prend le pouvoir dans un coup d’État sans effusion de sang, avant d’être lui-même reversé par un coup d’État militaire dirigée par Pierre Buyoya en 1987. Les tensions toujours grandissantes entre les deux principales ethnies du pays dégénèrent en confrontation violente en 1988. Suite à ces nouveaux incidents, le pPrésident forme une commission pour enquêter sur les causes des violences et pour élaborer une réforme de la constitution. Ce processus débouche sur la réhabilitation des partis d’opposition, l’adoption d’une nouvelle constitution et l’organisation en 1993 des premières élections multipartites du pays depuis l’indépendance. Ces élections sont remportées par le Front pour la démocratie du Burundi (FRODEBU), considéré comme le parti de la majorité hHutues, et son chef, Melchior Ndadaye, est nommé investi président en juillet 1993.

La gGuerre civile burundaise est déclenchée en octobre 1993 lorsqu’un extrémiste tTutsi assassine le nouveau président. Jusqu'à 25 000 Ttustsis sont tués par des groupes hutus en réactiontandis que . En cherchant à rétablir l’ordre, et vraisemblablement aussi à se venger, les forces de sécurité font autant de victimes hutues, dont plusieurs civils. En 2002, le rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi a établie d’une part que des actes génocidaires avaient été commis à l’encontre de la minorité tutsie, et d’autre part, que des membres de l’armé, de la police et des civils tutsis avaient tué de façon indiscriminé les population hutus sans que les autorité ne fasse quoi que ce soit pour prévenir, enquêter ou de punir de tels actes. Le 6 avril 1994, le nouveau président, Cyprien Ntaryamira du FRODEBU, est assassiné à son tour quand l’avion dans lequel il se trouvait en compagnie de son homologue rwandais, Juvenal Habyarimana, est abattu par un missile. Ce double assassinat accentue le conflit civil au Burundi et déclenche le génocide au Rwanda. Alors

Alors que la situation sécuritaire se détériore rapidement, la présidence hutue et les militaires tutsis cohabitent dans un système de partage du pouvoir jusqu’en 1996, date à laquelle Pierre Buyoya reprend le pouvoir par un coup d’État contre le président Ntibantunganya. Les deux principaux groupes armés hutus qui ont prisprennent les armes au cours de ce conflit sont les Forces nationales de libération (FNL), qui sont la branche armée du Parti pour la libération du peuple hutu (PALIPEHUTU), et le Cconseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) qui s’est formé suite à l’assassinat du président Ndadaye. Ces deux groupes ont connusconnaissent des schismes durant le conflit, compliquant d’autant la négociation d’un accord de paix. De plus, de nombreux autres groupes armés de moindre importance ont prisprennent part aux affrontements.

Des pourparlers de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles débutent en juin 1998 à Arusha, la capitale tanzanienneen Tanzanie. Sous la médiation de Nelson Mandela, les négociations débouchent en 2000 sur la signature d’un accord de cessez-le-feu qui prévoit l’établissement d’un gouvernement de transition et le partage du pouvoir. Cependant, le CNDD-FDD et le PALIPEHUTU-FNL ne prennent pas part à ce processus de paix et les violences se poursuivent malgré l’instauration la mise en place du gouvernement de transition en octobre 2001 les violences se poursuivent. Finalement, le 16 novembre 2003, après la signature d’une série d’accords de cessez-le-feu au cours de l’année 2002, de nouvelles négociations débouchent sur un accord global de cessez-le-feu qui intègre au processus de paix les différentes factions du CNDD-FDD, ainsi que la faction minoritaire du PALIPEHUTU-FNL dirigée par Alain Mugabarabona. Seule la faction majoritaire du FNL, dirigée par Agathon Rwasa, continue les combats alors que la période de transition prend fin avec la tenue d’élections législatives en 2005. Les élections sont remportées par le CNDD-FDD, dont le chef, Pierre Nkurunziza, est choisi comme président par les nouveaux députés. Le FNL de Rwasa signe finalement un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement en septembre 2006, mettant ainsi officiellement fin à la guerre civile. Néanmoins, les avancées vers la paix restent très précaires et la criminalité, la violence, l’impunité, la corruption sont autant de facteurs qui menacent de replonger le pays dans l’instabilité.

Implications internationales

La communauté internationale a été impliquée de façon importante dans le processus de paix au Burundi. L’ONU et l’Organisation de l’Union l’Unité africaine (OUA), remplacé par la suite parà laquelle succèdera l’Union Africaine (UA), ont grandement contribué au rétablissement puis la consolidation de la paix dans ce pays. Quelques semaines après l’assassinat du président Ndadaye, l’Organe central de l’OUA décide, à la demande de plusieurs pays membres, de déployer la Mission internationale de protection et d’observation pour le rétablissement de la confiance au Burundi (MIPROBU) afin de protéger les personnalités politiques et créer une commission d’enquête internationale. Seulement quelques militaires sont déployés et l’opération est rapidement annulée. Quelque mois plus tard, en mars 1994, l’organisation déploie la Mission internationale d'observation au Burundi (MIOB). Cette mission ne parvient pas non plus à amélioré améliorer la situation et elle est finalement retirée le 25 juillet 1996, à la chute du président Ntibantunganya.

Malgré une implication importante de la communauté internationale, en particulier de l’Afrique du Sud, dans le processus de médiation, ce n’est qu’en février 2003 qu’une autre mission de paix est déployée au Burundi. La Mission africaine au Burundi (MIAB), créée par l’AUA en attendant la décision de l’ONUu Conseil de sécurité de mettre une mission sur pied, avait pour mandat de superviser la mise en œuvre des accords de cessez-le-feu de 2002 entre les factions du CNDD-FDD et le gouvernement. Cette mission est remplacée en juin 2004 par l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB), créée par le Conseil de sécurité en vertu du chapitre VII. Au cours de la période de déploiement de l’ONUB, le Burundi franchie fait des avancés importantes vers la stabilité, l’organisation des élections est un succès et le FNL finit par intégrer le processus de paix, mettant ainsi un terme, du moins théoriquement, aux affrontements armés. C’est également au cours de cette période que le pays entre définitivement dans une phase de consolidation de la paix. L’ONUB prend part à cette étape vers la fin de son mandat, mais se sont principalement le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB) BINUB dans un premier temps et le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) BNUB par la suite qui jouent un rôle central dans ce processus crucial.

Création du BNUB

Dans sa résolution 1902 de 2009, le Conseil de sécurité de l’ONU demande au Secrétaire général de formuler des recommandations sur les changements à apporter dans la direction et la composition de la présence de l'ONU au Burundi. C’est suite à cette demande que sont envoyées au Burundi une mission d’évaluation stratégique pluridisciplinaire et une mission technique. Au vu des conclusions de ces deux missions, après de nombreuses consultations, et compte tenu des progrès réalisés par le Burundi, le Secrétaire général propose de remplacer le BINUB par le BNUB afin de sensiblement réduire la présence onusienne dans le pays. Il a définit trois priorités pour le nouveau bureau : achever le redressement du pays et encourager une croissance équitable; mettre en place et renforcer des institutions responsables, efficaces et réactives; et mettre en place et renforcer des mécanismes efficaces de dialogue, de réconciliation et de justice transitionnelle. Il recommande que les bureaux du BINUB s'occupant des droits de l'homme soit renforcés et transformés en bureaux communs à l'équipe de pays et au BNUB en vue de la reprise de la gestion des activités de l’ONU au Burundi par la seule équipe de pays.

Le Conseil de sécurité adopte ces recommandations du Secrétaire général dans sa résolution 1959 le 16 décembre 2010 et a demandeé à ce dernier de mettre le BNUB en place pour une période initiale de 12 mois à partir du 1er janvier 2011. Le Conseil décide également que le BNUB sera dirigé par un Représentant spécial du Secrétaire général, assisté par un Rreprésentant spécial adjoint, qui ferait fonction office de coordonnateur résident et de coordonnateur de l’action humanitaire des Nations Unies ainsi que de représentant résident du PNUD au Burundi. La transition du BINUB au BNUB s’este faite sans problème majeur. Toutes les activités du BINUB qui n’ont pas été reprises dans le mandat du BNUB ont prisprennent fin le 31 mars 2011, et les membres de son personnel dont le BNUB n’avait pas besoin ont étésont affectés à d’autres missions ou rapatriés au plus tard le 30 juin 2011.

Le matériel excédentaire a été vendu ou donné, dont une partie au gouvernement burundais. Le BNUB a mis en place, en coordination avec l’équipe de pays de l'ONU, des services communs intégrés dans les domaines de la sécurité, des services sanitaires et de l’information. Des arrangements avec d'autres agences ont également été pris pour partager des locaux dans différentes régions. FinalementEnfin, le nombre des postes autorisés au sein du Bureau est passépasse de 450 à 134 et à la fin octobre 2011, plus de 90% de ces postes au sein de ladu BNUB étaientsont comblés.

Consolidation de la paix au Burundi : l’action de l’ONU jusqu’en 2011Un peu long?