Fiche d'information de l'État : Mongolie Mongolie

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Mongolie

La République de Mongolie est un État d’Asie centrale, qui a obtenu son indépendance le 20 octobre 1945. La Mongolie est membre d’une organisation habilitée à conduire des opérations de paix: l’ONU (1961).

Politique de maintien de la paix

La Mongolie participe au maintien de la paix et de la sécurité internationale, en tant que membre des Nations Unies. À la fin de la Guerre froide, le rôle des Forces armées mongoles (FAM) n’a cessé de décroître à tel point que les autorités politiques ont même pensé à réorienter le budget de la défense et à démanteler totalement l’armée mongole. Toutefois, la nouvelle constitution mongole de janvier 1992 opta pour le maintien des FAM afin d’assurer la défense et la sécurité nationale. Depuis lors, la Mongolie qui a longtemps été réticente à déployer ses contingents hors de son territoire est désormais encline à s’engager pleinement dans les opérations de paix (OP). Désormais, la Mongolie considère la participation aux OP comme un de ses objectifs prioritaires dans sa politique étrangère. Ce récent intérêt pour les OP (réaffirmé par le Nouveau concept de sécurité nationale) associe la défense et la sécurité nationale aux systèmes de sécurité collective (surtout dans le cadre de la région Asie-Pacifique), en exhortant une plus grande participation aux OP internationales. A la fin des années 90, un Plan d’action nationale a été adopté par le gouvernement pour mettre l’accent sur la préparation et la formation du personnel militaire devant être déployé dans les OP de l’ONU. Le 26 septembre 1999, la Mongolie signait un protocole d’entente avec l’ONU pour contribuer au Système d’arrangements relatifs aux forces en attente des Nations Unies. Les Livres blancs sur la défense (1998) et (2001) ont également insisté sur l’engagement général et la formation adaptée des FAM pour le maintien de la paix. Ces développements continus en faveur du maintien de la paix ont amené les Nations Unies à adopter une déclaration favorable à la participation de la Mongolie dans les OP, lors de la 56ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Structures décisionnelles politiques et militaires

La Mongolie participe aux OP sur la base de son engagement en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le processus qui permet le déploiement des contingents mongols dans le cadre d’OP est l’œuvre de plusieurs ministères qui travaillent en collaboration (Ministère de la Défense, Ministère des Affaires Étrangères, Ministère de la Justice et des Affaires Intérieures). D’autres agences gouvernementales (département de police...) participent également au processus de consultation. Toutefois, c’est le Parlement mongol (appelé Grand Khoural qui a passé une loi en 2002 autorisant la participation du personnel militaire et civil aux OP de l’ONU) qui déclenche le processus décisionnel, prévoyant la contribution des FAM au maintien de la paix. La loi de 2002 fournit notamment les bases juridiques et les lignes d’orientation de la participation des FAM autant dans les OP onusiennes, qu’au sein de coalitions ou d’opérations de gestion de crises humanitaires. Cette loi prévoit également un processus de coordination et les responsabilités dévolues au gouvernement mongol et aux instances politiques, lors des OP. Sur décret du Président de la République (commandant en chef des FAM), une nouvelle structure (dénommée bureau des opérations de maintien de la paix) a été créée au sein de l’état-major général des forces armées mongoles). L'objectif principal de ce bureau est de développer un programme de renforcement des capacités et d’améliorer les ressources opérationnelles et logistiques lors des OP.

L’engagement de la Mongolie pour les opérations de paix

Depuis la fin de la décennie 90, la Mongolie a adopté une nouvelle politique sur la scène internationale, exhortant ses forces armées à se moderniser et s’engageant davantage dans les OP (envoi de quatre observateurs militaires dans deux OP onusiennes en 2002). Même si l’intégration dans la région Asie-Pacifique demeure un objectif prioritaire, la Mongolie s’est engagé dans le maintien de la paix au niveau international pour renforcer ses capacités militaires, notamment dans le cadre du système de sécurité collective à l’ONU. La Mongolie déploie actuellement un total de 262 militaires (soldats et observateurs) en RDC, au Sahara occidental, en Géorgie, en Éthiopie-Érythrée, au Soudan ou encore au Libéria (classant le pays au 49ème rang des 118 pays contributeurs aux OP de l’ONU). Elle participe aussi à des coalitions militaires internationales, notamment avec les États-Unis dans la lutte au terrorisme. Ainsi, depuis 2003, la Mongolie a envoyé son premier groupe de soldats (composé de 130 hommes) en Irak, au sein de l’Opération Liberté Immuable. Les contingents mongols avaient comme mission de soutenir la reconstruction nationale et d’œuvrer pour la paix. Depuis lors, huit rotations de soldats mongols se sont rendues en Irak.

Dans le contexte onusien

La Mongolie a participé pour la première fois aux OP de l’ONU lorsqu’elle a envoyé deux observateurs militaires en République Démocratique du Congo (MONUC) en août 2002. En décembre 2002, trois autres observateurs ont été déployés au Sahara occidental (MINURSO). C’est d’ailleurs au sein de cette mission, qu’une femme mongole (officier militaire) sera envoyée pour la première fois, en janvier 2007. En février 2004, la Mongolie avait déjà déployé au total neuf observateurs militaires au sein de cette mission. En mai 2005, la Mission de l’ONU au Soudan (MINUS) accueillait deux observateurs militaires mongols. En février 2008, un total de 12 observateurs militaires était déployé dans 5 missions de paix (MINURSO, MONUC, MINUEE, MINUS, MONUG) et une unité militaire forte de 250 soldats participe actuellement à la Mission des Nations-Unies au Libéria (MINUL). Cette unité était auparavant positionnée en Sierra Leone et y avait la charge d’assurer la protection du personnel du Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Coalition Internationale

En 2003, l’Opération militaire américaine « Libération de l’Irak » a permis à la Mongolie de participer à sa première coalition multinationale. Depuis mai 2003, la Mongolie est devenue un partenaire régulier au sein de la coalition (avec 7 rotations de ses contingents militaires, pour près de 900 soldats au total). De même, depuis octobre 2003, la Mongolie contribue aux efforts de lutte contre le terrorisme en Afghanistan au sein de la coalition dirigée par les États-Unis. Le gouvernement mongol a approuvé le déploiement d’unités mobiles de formateurs (en artillerie lourde et légère) chargées d’entraîner l'armée nationale afghane et de réparer son équipement militaire (95 soldats se sont succédés lors des 6 rotations de l’armée mongole). Enfin, depuis septembre 2005, avec l’appui militaire de la Belgique, les FAM participent à la force de l’OTAN au Kosovo (KFOR). Pour cette mission, le bataillon mongol (rattaché à la compagnie BELUX, du contingent français) est la première unité mongole qui s’est engagée dans le processus de paix dans la région des Balkans (avec près de 70 soldats qui ont eu à servir au sein de la KFOR).

Coopération multilatérale

La Mongolie s’attache à créer et à approfondir des relations avec certains partenaires bilatéraux et multilatéraux (UE, États-Unis, Japon…). Plusieurs officiers mongols ont participé à des exercices militaires en Irlande, en Allemagne, en Suisse, en Iran, en Inde et au Canada. La Mongolie entretient d’ailleurs une collaboration militaire avec les Forces armées canadiennes (certains officiers formés au Canada ont servi dans des OP en Afghanistan, Sierra Leone…). La Mongolie accueille également chaque année (depuis 2001), un exercice de maintien de la paix (Khan Quest) au centre du maintien de la paix de la Mongolie à 50 km, à l’ouest de la capitale. Une dizaine de pays (dont le Canada et les États-Unis) participent à des exercices militaires (formation aux différentes techniques militaires et utilisation de la logistique militaire lors des OP). En outre, la Mongolie a été admise comme partenaire de coopération au sein de l’OSCE, lors de la rencontre ministérielle de l’Organisation en 2004. Dans le cadre de sa politique d’intégration régionale, il convient de noter que la Mongolie a accueilli la réunion organisée par le Forum régional de l’ANASE pour l’Asie du Sud-est (ARF) sur le thème “ changements dans la perception de la sécurité des pays ARF ” en 2005. À cette occasion, le pays a exprimé le souhait de s’impliquer davantage dans la coopération régionale, le maintien de la paix et de la sécurité internationale.


Mountaga Diagne

Doctorant et Chargé de cours à l’UQAM

 

16 avril 2008