Fiche d'information de l'État : Arménie Arménie

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Arménie

La République d’Arménie est une ancienne république socialiste soviétique située dans le Petit Caucase. Elle est limitrophe de la Turquie, de la Géorgie, de l’Azerbaïdjan et de l’Iran. Indépendante depuis le 21 septembre 1991, elle est membre de de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) depuis le  21 décembre 1991, de l’ONU (1992) et du Conseil de l’Europe (2001).

Politique de maintien de la paix

La participation aux missions de maintien de la paix est essentielle pour l’Arménie qui souhaite se forger une image positive sur la scène internationale. Elle use de sa participation aux opérations de paix afin de compenser sa dépendance envers la Russie qui est son principal partenaire au niveau sécuritaire. Il est d’autant plus important pour l’Arménie de prendre part aux missions onusiennes et européennes depuis la guerre dans l’est de l’Ukraine qui a entaché sa réputation internationale étant donné qu’elle a choisi de soutenir diplomatiquement la Russie.

La politique étrangère de la République d’Arménie vise donc à renforcer la sécurité extérieure du pays, à consolider la coopération avec les pays amis et partenaires, ainsi qu’à résoudre les problèmes régionaux et à contribuer à la formation d’un climat de coopération. Ainsi, elle veille à la mise en œuvre des différentes décisions prises par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU et par le Forum pour la coopération en matière de sécurité et par le Centre de prévention des conflits de l’OSCE. Elle coopère également avec des centres analytiques et périodiques prestigieux chargés de la sécurité internationale.


Les principaux aspects de la politique de maintien de la paix de l’Arménie incluent :


- la coopération bilatérale avec la Russie, sur le plan politico-militaire et militaro-technique ;
- la participation à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ;
- des coopérations militaires bilatérales, notamment avec les Etats-Unis et la Grèce ;
- la coopération formée avec l’OTAN sur la mise en œuvre de réformes dans le domaine de la démocratie, des institutions et de la défense (le Plan d’action individuel pour le partenariat, IPAP) au travers du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) et du programme de Partenariat pour la paix (PPP)


Depuis 2004, les forces arméniennes participent à la mission de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), menée par l’Alliance atlantique, en envoyant 35 militaires. De février 2010 à ce jour, l’Arménie participe également à l’action effectuée par les Forces d’assistance de sécurité internationale (FIAS) en Afghanistan sous le commandement allemand.

 

Structures décisionnelles politiques et militaires

Le politique

Depuis l’indépendance, il n’y avait pas de parti politique dominant en Arménie et les affrontements politiques étaient extrêmement violents. Aujourd’hui, la situation intérieure s’est stabilisée. Depuis 2003, beaucoup de réformes pour la protection des droits et libertés ainsi que pour l’équilibre des pouvoirs législatifs et exécutifs ont vu le jour.

Suite à la répression sanglante de manifestations lors des élections présidentielles de mars 2008, le gouvernement arménien décide d’engager un nouveau cycle de réformes visant à la modernisation de l’Etat.

Les élections législatives du 6 mai 2012 révèlent des progrès dans le déroulement des campagnes médiatiques. Le « parti républicain » obtient alors la majorité absolue tout en permettant au « Congrès national arménien » de faire son entrée au parlement. Le 18 février 2013, le président Serge Sargsian est réélu dès le 1er tour avec 58% des voix. Début 2015, il lance des travaux pour une réforme constitutionnelle ambitieuse qui devrait transformer l’Arménie en République parlementaire.

 

Le militaire

Le Ministère des affaires étrangères arménien assure la mise en œuvre des conventions et accords internationaux ainsi que d’autres documents  en vigueur au sein de l’ONU et de l’OSCE et qui  ont trait au contrôle des armes conventionnelles, au désarmement etc.


La stratégie de la sécurité nationale de la République d’Arménie
a été adoptée le 7 février 2006. Ce document affirme les principaux domaines de la sécurité intérieure arménienne : l’indépendance, la sécurité nationale, la paix et la coopération internationale ainsi que la protection de l’identité nationale et du bien-être commun.


La doctrine militaire de la République d’Arménie
, adoptée en 2007, déclare que dans le but d’assurer la sécurité militaire, il est nécessaire de développer des liens d’égalité et d’amitié ainsi que des partenariats, de régler pacifiquement les conflits, d’assurer la paix et la stabilité et de maintenir l’équilibre militaire. Elle est également guidée par le principe de créer un environnement globalement sécurisé.


Les tâches et fonctions des organismes étatiques responsables des commandes et de la gestion du système de sécurité militaire sont définies par la Constitution arménienne. Elle spécifie le rôle de Commandant en chef des forces armées du président de la République arménienne et de son gouvernement, qui coordonnent les activités des organismes d’Etat dans le domaine de la défense.


Le Ministre de la Défense exécute directement les ordres donnés en amont par le Président.

 

L’Arménie et ses voisins

Le conflit  du Nagorno-Karabakh en Azerbaïdjan

La principale problématique de la politique de défense arménienne est le règlement pacifique et équitable du conflit du Haut-Karabakh.

Ce conflit politique et militaire remonte à 1918, à l’époque des premières indépendances des républiques du Caucase du Sud lors de la débâcle de l’empire russe. Il oppose aujourd’hui l’Arménie et l’Azerbaïdjan. En 1921, le Bureau caucasien du Comité central du Parti bolchevique décide de « rattacher le Haut-Karabakh à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan » tandis que le territoire est majoritairement peuplé d’Arméniens.

Le conflit qui a éclaté entre les forces armées de l’Artsakh et les troupes azerbaïdjanaises de 1988 à 1994 a entrainé la mort de 30 000 militaires et civils et l’exode de centaines de milliers de réfugiés.

L’Arménie contrôle le Haut-Karabakh et occupe les sept districts adjacents qui représentent 15% du territoire azerbaïdjanais. Un cessez-le feu signé en mai 1994 à Bichkek a mis fin à la phase armée du conflit mais celui-ci n’est toujours pas réglé à ce jour malgré la médiation assurée depuis 1997 par la coprésidence tripartite du Groupe de Minsk de l’OSCE (France, USA, Russie).

Les membres permanents du groupe sont le Belarus, l’Allemagne, l’Italie, la Suède, la Finlande et la Turquie ainsi que l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Selon la décision du Sommet de Budapest le 23 mai 1995, le mandat du Groupe de Minsk prévoit la résolution du conflit par le biais de négociations et vise à garantir la paix via le déploiement de forces de maintien de la paix de l’OSCE sur le territoire du Haut-Karabakh.

La Turquie

L’Arménie  ne possède pas de relations diplomatiques avec la Turquie. Cette dernière a officiellement reconnu la République d’Arménie le 24 décembre 1991 mais refuse d’entretenir des relations diplomatiques avec elle. Les frontières terrestres sont fermées depuis 1993 en raison de la guerre du Haut-Karabakh ;seul l’espace aérien est ouvert depuis 1995.

Depuis 1991, des efforts sont menés pour normaliser les relations bilatérales mais ils demeurent infructueux Un processus de rapprochement a lieu en 2008-2009 et conduit à la signature de protocoles sur le rétablissement de relations diplomatiques à Zürich en octobre 2009. Cependant, la Turquie change brusquement de position et rejette la mise en œuvre de ces protocoles puisque les conditions sur le Haut-Karabakh ne sont pas remplies. Le 22 avril 2010, le président de la République d’Arménie signe un décret sur la suspension de la procédure de ratification des protocoles.

La Russie

La Russie est un allié économique et stratégique important. Cette relation, basée sur l’amitié séculaire entre les deux nations, est une priorité diplomatique pour l’Arménie, qui cherche à la renforcer et à l’approfondir.

De plus, les frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Iran sont protégées par des gardes-frontière russes (entre 3000 et 4500 hommes).

Enfin, l’Arménie est membre de l’organisation du traité de sécurité collective et de sa composante de réaction rapide, la force collective de réaction opérationnelle (ODKB) depuis le 4 février 2009.

La Géorgie

L’Arménie entretient une relation de bon voisinage avec la Géorgie, où réside une importante minorité arménienne (25 000 personnes). L’Arménie est également très dépendante de ce pays pour son approvisionnement et ses exportations, puisque transite 75% de son commerce extérieur à la frontière avec la Géorgie.

L’Iran

L’Iran est un allié très ancien de l’Arménie. Cette dernière a effectivement accueilli très favorablement les dernières négociations entre l’Iran et  les pays du « P5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). Une plus grande ouverture vers l’Iran allégerait la dépendance du pays à l’égard de ses exportations.

 

Evolution de la participation

L’Arménie participe actuellement à la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) avec 33 militaires qui sont placés sous le commandement italien. De plus, le pays élargit sa participation aux missions de paix en prenant part à la mission de maintien de la paix au Mali (MINUSMA). Le déploiement au Mali est en cours, basé sur une décision officielle prise par le gouvernement arménien en mai 2015. Au Mali, les soldats arméniens sont sous commandement français.

Lors du dernier Sommet sur le maintien de la paix le 29 septembre 2015, l’Arménie s’engage à former et à déployer des équipes de neutralisation des explosifs (EOD) et des engins explosifs improvisés (C-IED), ainsi que du soutien médical de niveau II.


Géraldine Bartoli
Stagiaire au Centre d'Etude des Crises et des Conflits Internationaux
29 décembre 2015