Historique de l'opération PKF

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PKF       Moldavie

Force conjointe de maintien de la paix sur la frontière moldavo-transnistrienne

 

Après l'accession de la Moldavie à l'indépendance en août 1991, une République est créée en Transnistrie (à majorité russe) le 2 septembre. Puis des violences éclatent entre les séparatistes et les nouvelles autorités moldaves dès novembre. Une force trilatérale de maintien de la paix (russe, moldave et transnistrien) est déployée le 29 juillet 1992.



La Transnistrie, située sur les rives orientales du Dniestr, est une région peuplée majoritairement de Russes et d'Ukrainiens, rattachée à la République socialiste soviétique de Moldavie depuis 1944. Elle s'urbanise et devient un bassin industriel de l'URSS, tandis que la majeure partie de la Moldavie, historiquement, géographiquement et culturellement liée à la Roumanie, demeure essentiellement rurale et agricole. La Transnistrie est le poumon économique de la République. Elle constitue également une pépinière pour l'élite de la République : de 1940 à 1989, tous les Premiers Secrétaires du Parti Communiste de la République proviennent de la Transnistrie. La présence militaire russe y est importante à l'image de la 14ème armée russe.


La libéralisation politique initiée par Mikhaïl Gorbatchev à la fin des années 1980 donnera à la Moldavie occidentale l'occasion de mettre fin à la russification imposée à la République depuis 1944. Cette politique avait notamment donné lieu à une déportation massive de Moldaves vers l'Asie Centrale et à l'installation d'une forte population russe et ukrainienne dans la République. En 1990, le Parlement proclame la souveraineté et la primauté de la Constitution moldave sur tout le territoire, et impose le moldave comme langue officielle. Le rapprochement de la Moldavie et de la Roumanie achève d'inquiéter les Transnistriens. À l'issue d'un referendum organisé en 1991, une large majorité de Transnistriens se prononcent en faveur de l'indépendance. S'ensuit un conflit entre les forces armées moldaves et la population transnistrienne soutenue par la 14ème armée russe. Il fera 700 victimes, 1 250 blessés et 100 000 réfugiés.

Un accord de cessez-le-feu, négocié par la Russie, est conclu le 21 juillet 1992. Il prévoit le déploiement d'une force de maintien de la paix composée de troupes russes, moldaves et transnistriennes, et demande la stricte neutralité de la 14ème armée russe (un accord conclu en 1994 par la Russie et la Moldavie prévoit le retrait total de cette force). L'accord de cessez-le-feu prévoit également le retour des régufiés, et la levée du blocus imposé par la Transnistrie pendant la guerre. Une Commission conjointe de contrôle réunissant la Russie, la Moldavie, l'Ukraine et l'OSCE est créée afin de favoriser le règlement politique du conflit et superviser l'opération de maintien de la paix.

De nombreuses tentatives de résolution ont été entreprises, entrecoupées de phases d'éruption de la violence (le « document de Kiev », le « plan Kozak » etc.). L'un des principaux points d'achoppement du processus de paix est la question du statut de la Transnistrie au sein de la Moldavie. L'OSCE, qui prend une part de plus en plus active dans les négociations, semble rejeter aussi bien l'indépendance de la Transnistrie qu'une intégration pure et simple dans un État unitaire moldave. Le gouvernement moldave refuse cependant d'envisager une fédération qui accroîtrait le pouvoir de la Transnistrie - et de la Russie- dans le processus décisionnel fédéral. Pour sa part, le gouvernement transnistrien tente de faire reconnaître son indépendance de fait. Le dernier projet de résolution en date, le « plan Youchenko », proposé par le président Ukrainien repose sur une stratégie en sept étapes incluant l'adoption d'une loi d'autonomie pour la Transnistrie.

Le second obstacle à la paix est la dynamique régionale du conflit. La résolution du conflit passe par une redéfinition des relations de la Moldavie et de la Transnistrie avec la Roumanie, l'Ukraine et la Russie. Le point de départ de cette reconfiguration serait le parachèvement du retrait de la 14ème force russe, retrait initialement prévu pour 2002. Le maintien de cette force jette un discrédit sur les troupes russes participant au maintien de la paix et sur la volonté réelle de la Russie de faciliter la résolution du conflit.