Historique de l'opération SLMM

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SLMM       Sri Lanka

Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka (2002-2008)

 

La Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka (SLMM) a été déployée afin de veiller au respect du cessez-le-feu conclu en 2002 entre le gouvernement sri lankais et le mouvement des Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE). Cet accord qui a mis provisoirement fin à une guerre civile qui a fait plus 65 000 victimes, a été officiellement rejeté en janvier 2008, menant à une défaite militaire des LTTE plus tard au cours de l'année.



Le Sri Lanka (alors appelé Ceylan) a obtenu son indépendance en 1948. Depuis cette date, la plupart des dirigeants ont construit le nouvel État sur le nationalisme cinghalais et la religion bouddhiste, s'aliénant la communauté tamoule vivant dans le nord et l'est du pays. En 1976, est fondé le mouvement indépendantiste des Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (en anglais Liberation Tigers of Tamil Eelam, LTTE) et en 1977 le parti séparatiste Front de Libération Uni Tamoul (en anglais Tamil United Liberation Front, TULF) gagne tous les sièges dans les juridictions composées de population tamoule. En 1983, une embuscade organisée par la LTTE fait treize morts dans les rangs de l'armée. Le conflit gagne en intensité jusqu'au déploiement d'une force indienne de maintien de la paix, à la demande du gouvernement sri lankais, en 1987. Les troupes indiennes sont cependant retirées après avoir essuyé plusieurs revers dans le nord.


En 1991, l'assassinat du premier ministre indien Rajiv Gandhi est attribué à la LTTE. Deux ans plus tard, les tigres assassinent le président sri lankais Premadasa. Son successeur, la présidente Chandrika Kumaratunga, ouvre des négociations de paix avec les Tigres, une parenthèse vite refermée. En 1999, elle est victime d'un attentat à la bombe mais parvient à se faire réélire. En 2000, la Norvège propose sa médiation. Le processus est cependant chaotique, évoluant au gré des crises gouvernementales et des dissensions entre groupes rebelles. En 2002, profitant d'une lassitude générale de part et d'autre, le gouvernement dirigé par le nouveau premier ministre Ranil Wickramasinghe et les Tigres signent un accord de cessez-le-feu, sous la médiation de la Norvège. La démilitarisation débute en mars 2002. Le gouvernement accède à la demande des Tamouls de lever l'interdiction dont ils sont victimes. Les parties au conflit échangent des prisonniers, le gouvernement accepte de partager le pouvoir tandis que les Tigres renoncent à un État indépendant en échange de l'autonomie dans les provinces du nord et de l'est. Le déroulement des négociations est critiqué par la Présidente Kumaratunga qui décide de limoger trois ministres et de dissoudre le parlement en novembre 2003.



En mars 2004, le commandant tamoul Karuna quitte les négociations, suivi de ses partisans. En juillet 2004, une attaque suicide à Colombo fait craindre la reprise de la violence. Cependant, le tsunami de décembre, qui fait plus de 30000 victimes au Sri Lanka, oblige les parties à collaborer. Le gouvernement et les Tigres concluent un accord en juin 2005 pour partager l'aide internationale entre Cinghalais, Tamouls et Musulmans, ce qui incite le parti nationaliste cinghalais à quitter la coalition gouvernementale en signe de protestation. En novembre 2005, le premier ministre Mahinda Rajapakse est élu président après avoir mené campagne sur le refus d'octroyer l'autonomie aux provinces du nord et de l'est. Des combats et attentats sporadiques se sont aussitôt multipliés, laissant craindre une guerre civile ouverte, et ce malgré la présence, certes peu dissuasive, de la Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka. Cette présence pourrait même être remise en question depuis une attaque navale menée par les Tigres au mois de mai 2006 contre un convoi comprenant des observateurs de la Mission.

La Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka (SLMM)

La Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka a été déployée à la suite de la signature de l'accord de cessez-le-feu en 2002 et est composée de pays d'Europe du Nord. Son mandat est défini par cet accord. Sa composition risque cependant d'être modifiée, les Tigres ayant retiré leur consentement au déploiement d'éléments provenant d'États nordiques membres de l'Union européenne depuis que celle-ci a inscrit l'organisation sur la liste des groupes terroristes. Initialement composée de 57 représentants de 5 pays, la Norvège, l'Islande, la Suède, la Finlande et le Danemark, la Mission a dû être réduite à 30 Norvégiens et Islandais en août 2006 à la suite d'une reprise de la violence, les rebelles ayant exigé le départ des observateurs originaires de l'Union Européenne.