Fiche d'information de l'État : Pérou Pérou

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Pérou

La République du Pérou est un pays de l’Amérique latine. Elle partage ses frontières avec la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie et l’Équateur. Le Pérou est membre de deux organisations internationales conduisant des opérations de paix : l’ONU (1945) et l’OEA (1948).

Politique de maintien de la paix

Les autorités péruviennes sont convaincues que seul un ordre international basé sur le multilatéralisme et la consolidation de règles juridiques claires et prévisibles (source d’efficacité, de fermeté, et de légitimité), permettront l’établissement et le maintien d’un système international garant de la paix. Pour cette raison, la politique de paix du Pérou cherche (a) à consolider des relations d’amitié avec les pays limitrophes et (b) à renouveler le système de sécurité collective de l’ONU à travers l’amélioration des outils de résolution pacifique des différends et de désarmement.

 

Concernant le premier axe d’action, en octobre 1998, le Pérou signait avec l’Équateur un accord de paix qui a mis fin aux différends limitrophes qui ont causé divers conflits armés au cours des ans. De même, le Pérou et le Chili ont signé trois traités en novembre 1999 qui ont permis d’appliquer dans son intégralité l’accord limitrophe de 1929, mettant ainsi officiellement fin à la Guerre du Pacifique (1879).

 

En ce qui a trait au deuxième axe de la politique extérieure du pays, cinq priorités ont été définies par le président Alejandro Toledo (2001-06) en matière de paix et sécurité internationales :

 

- Le frein des dépenses militaires des États membres de l’ONU, afin de libérer des ressources pour des investissements sociaux ;

 

- L’établissement d’une « Zone de paix et de coopération sud-américaine », en débutant par la création d’une « Zone de paix andine » ;

 

- La mise en place d’un programme de contrôle du trafic illicite d’armes légères ;

 

- Le respect des dispositions établies par la Convention d’Ottawa concernant la destruction de mines anti-personnelles;

 

- La participation active aux opérations de paix de l’ONU, à travers l’envoi de troupes, d’observateurs, d’officiers d’État-major, et d’équipements, ainsi que par la signature du Mémorandum d’engagement au système de réserve de l’ONU.

Évolution de la participation

L’origine de la participation du Pérou aux opérations de paix de l’ONU se situe en 1958, lorsque le gouvernement a envoyé un contingent au Liban (GONUL). Quelques années plus tard, les gouvernements militaires entre 1968 et 1980 ont contribué aux opérations de paix déployées en Égypte (FONU II) et en Namibie (GANUPT). Vers la fin des années 1980, en pleine transition démocratique, et au milieu d’une profonde crise économique, le premier gouvernement du Président Alan García (1985-90) a envoyé des observateurs internationaux en Irak et en Iran (GOMNU II).

 

Au début des années 1990, l’agenda du nouveau gouvernement d’Alberto Fujimori est centré sur la résolution de la crise économique et la lutte militaire contre le Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) et la guérilla Sendero Luminoso (Sentier Lumineux). C’est dans le cadre de cet agenda de sécurité interne qu’a lieu, le 5 avril 1992, le « Fujimorazo », un auto coup d’État qui marque aussi le repli du Pérou de la scène internationale.

 

À la fin de l’ère Fujimori, le nouveau gouvernement (2000-01) approuve, en 2000, l’intégration d’observateurs militaires au sein de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC). Il ne s’agit que d’un prélude de la nouvelle politique internationale du Pérou en matière de maintien de la paix, qui prendra forme avec l’arrivée au pouvoir du président Toledo. À partir de ce moment, le Pérou a autorisé le déploiement de troupes en Érythrée et en Éthiopie (MINUEE) en 2001, en Haïti en 2002 (MINUSTAH), au Libéria en 2003 (MINUL), en Côte d’Ivoire en 2004 (ONUCI) et au Soudan en 2005 (MINUS).

 

En janvier 2007, les effectifs péruviens déployés dans le cadre des opérations de paix atteignaient un total de 211 militaires et 28 observateurs militaires. De plus, le gouvernement a conclu en octobre 2003 un mémorandum d’accord avec le Secrétaire général des Nations Unies pour faire du Pérou un pays contributeur de forces de réserve de l’ONU. Le gouvernement s’est ainsi engagé à envoyer un bataillon d’infanterie de 640 effectifs, deux compagnies navales d’infanterie (212 effectifs) et un bataillon des forces spéciales (91 officiers). Des hélicoptères, des avions de combat, des équipes spécialisées, et une frégate, complètent les engagements du pays à cet égard.

 

Le Pérou fait également partie du Groupe de Río (entité créée en 1986 regroupant l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Mexique, Panama, le Paraguay, le Pérou, le Venezuela, l’Uruguay, et un représentant des Caraïbes/CARICOM, pour discuter des positions latino-américaines sur divers enjeux régionaux et internationaux). Dans ce cadre, le pays appuie l’agenda commun visant à améliorer l’efficacité des opérations de paix, notamment en ce qui à trait au perfectionnement des mécanismes de remboursement des frais initiaux des pays contributeurs aux missions de paix et à l’établissement de plans intégraux de formation professionnelle du personnel à déployer sur le terrain.

 

Plus concrètement, l’amélioration des capacités techniques et financières des opérations de paix (et, conséquemment, de la faculté de l’ONU à effectuer des déploiements rapides) dépend, selon les autorités péruviennes, de trois facteurs centraux. Premièrement, il est important de créer et de consolider des ressources stratégiques comme l’unité de réserve de la Base logistique de Brindisi (Italie). Ce type de mesures doit être renforcé par l’incorporation de personnel spécialisé au Département des opérations de maintien de la paix, et par le renforcement des mécanismes de préservation de la mémoire institutionnelle. Deuxièmement, il est indispensable de garantir des remboursements rapides aux pays contributeurs – surtout ceux en voie de développement- pour éliminer les obstacles financiers aux déploiements rapides. Troisièmement, il est nécessaire de créer des incitatifs à la participation des États au système de réserve de l’ONU.

Vers une conception « plus large » du maintien de la paix ?

Le 5 juin 2006, Alan García est élu, pour une deuxième fois, président du Pérou. Bien que le maintien de la paix n’ait pas figuré au premier plan de la campagne électorale, son ministre des relations internationales déclarait lors de la XXXVI Assemblée générale de l’Organisation d’États Américains (OEA), en juin 2006, que son pays s’apprêtait à présenter un projet pour

freiner les dépenses militaires et pour promouvoir une meilleure transparence en ce qui concerne l’acquisition d’armements dans les Amériques, afin que nos nations puissent dédier plus de ressources au développement socioéconomique.

Quelques piliers de la politique internationale du gouvernement seraient donc maintenus par ce deuxième gouvernement de García. Dans ce contexte, il est également possible d’entrevoir un rapprochement du Pérou aux propositions défendues par le Brésil, qui définit les inégalités et l’exclusion sociales comme des sources de violence et d’insécurité, tant sur le plan national qu’international.

 

Fernando A. Chinchilla - Candidat au doctorat, science politique (Université de Montréal)  Chercheur invité, science politique (Universidad de Los Andes)

 

Janneth Angélica Vargas - Étudiante de maîtrise, science politique (Universidad de Los Andes)


Documents

 

1er avr. 1999

Territorial Disputes and Their Resolution The Case of Ecuador and Peru


United States Institute of Peace, Washington, DC, Beth A. Simmons

PDF 351 Ko
 
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