Fiche d'information de l'État : Portugal Portugal

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Portugal

Le Portugal est un État d’Europe du Sud, devenue une République en 1910. Il est membre de quatre organisations habilitées à conduire des opérations de paix : OTAN (1949), l’ONU (1955), l’Union européenne (1986) et l’OSCE (1973).

Politique de maintien de la paix

La République du Portugal contribue au maintien de la paix et de la sécurité internationales en vertu de ses engagements internationaux. L'Acte final d'Helsinki (OSCE), la Charte de l'ONU, le Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), les Traités de Maastricht et d'Amsterdam de l'Union Européenne sont les dispositifs juridiques internationaux qui permettent au Portugal de s’engager dans le maintien de la paix. Le pays souhaite s’impliquer dans des opérations internationales pour le règlement pacifique des différends, la prévention des conflits, le soutien humanitaire et la lutte contre le terrorisme. Le livre blanc de la défense du Portugal (Livro Branco da Defesa Nacional) rédigé en 2001, pose les grands principes sécuritaires. Il faut attendre 2003 pour qu’apparaisse le « concept stratégique de défense nationale » qui sera approuvé par le Conseil des ministres dans sa résolution 6/2003 du 20 janvier (Resolução do Conselho de Ministros 6/2003, de 20 de Janeiro). Le concept stratégique de défense nationale a pour vocation d’ériger les stratégies globales de l’Etat qui lui permettront d’atteindre ses objectifs en termes de sécurité transnationale.

 

Désormais, le Portugal imbrique sécurité de l’Etat à celle des individus et insiste sur l’importance de la collaboration internationale dans la résolution des conflits et dans la prévention contre le terrorisme. Dans sa résolution 26/2013, le Conseil des ministres réalise une réforme structurelle de l’objectif « Défense 2020 » dont la mesure centrale est la rationalisation des dépenses militaires. Cette dernière sera réalisée par deux moyens. D’un côté, une coordination des branches de l’armée, et de l’autre, une meilleure utilisation des ressources militaires qui passera par une réorganisation du Ministère de la défense et une rationalisation des ressources humaines des forces armées. En 2009, le Portugal a promulgué deux lois : l’une relative à l’organisation de ses forces armées et l’autre portant sur la défense nationale. La loi organique sur les principes d’organisation des forces armées (Lei Orgânica de Bases da Organização das Forças Armadas) définit les principes, les rôles et les fonctions des forces armées nationales. On y retrouve dans son article 4-1-b la mission de participer aux interventions militaires internationales à vocation humanitaire ou de processus de paix. La loi organique de la défense nationale de 2009 (Lei de Defesa Nacional) présente les principes et objectifs de la politique de défense du Portugal. Cette dernière prône la protection de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale portugaises qui se trouvent être dépendantes des engagements internationaux du Portugal.

 

Le 9 septembre 2016 s’est tenu à Athènes le premier sommet des pays méditerranéens de l’Union européenne. L’aspect sécuritaire était un des sujets centraux lors des discussions à ce sommet. A l’issu de ce dernier, le Portugal a rappelé l’importance du lien sécurité interne et externe qui unissait les Etats membres et que des mesures telles que l’interconnexion des données devaient être mises en place le plus rapidement possible. En tant que fervent défenseur de la PSDC, le Portugal a accueilli le deuxième sommet des pays méditerranéens de l’Union européenne en janvier 2017. A cette occasion, les officiels portugais ont déclaré que la sécurité intérieure et extérieure de l’Europe devait demeurer la priorité absolue des Etats membres. Pour ce faire, la collaboration et l’autonomie stratégiques sont indispensables au bon fonctionnement des opérations militaires. C’est donc dans cette optique sécuritaire que les Forces Armées Portugaises (FAP) s’impliquent dans des missions internationales, pour préserver la paix et la sécurité internationales.

 

Structures décisionnelles politiques et militaires

Le Président de la République portugaise détient le titre de Commandant des forces armées. De par ce statut il peut être à l’origine de l’activation du processus décisionnel qui déclenche la participation des contingents portugais dans les OP. Cependant, sous l’autorité du Premier ministre, le processus décisionnel doit être approuvé par le gouvernement qui mène les négociations au niveau international. Néanmoins, le Parlement national, dénommé Assemblée de la République, dispose d’une compétence exclusive en matière de défense nationale, il est donc le seul à pouvoir légiférer dans ce domaine. En matière d’opérations de la paix, en vertu de la loi 46/2003 du 22 août 2003, l’Assemblée de la République assure le suivi des contingents militaires portugais à l’étranger. Le champ d’application de ces derniers relève des missions humanitaires et d’évacuation, des missions de construction et de maintien de la paix, des missions de rétablissement de la paix et des gestions des crises et des missions qui découlent d’engagements internationaux militaires. L’Assemblée de la République doit être informée, au préalable, par le gouvernement afin d’examiner la décision gouvernementale sur l’envoi de contingents militaires portugais à l’étranger. Les députés examinent les motivations, les projets, les moyens militaires, le degré de risque et la durée des futurs contingents avant de donner leur avis.

 

Le suivi des OP sera réalisé par la Commission permanente de la défense nationale composée de parlementaires fixés par l’Assemblée de la République. La Commission exerce alors un contrôle politique en examinant les implications militaires et les traités internationaux. Le gouvernement présente un rapport semestriel sur les contingents militaires portugais à l’étranger à la Commission afin que cette dernière puisse assurer le suivi des OP. A la fin de la mission, le gouvernement remet le rapport final à l’Assemblée de la République. En ce qui concerne les régions autonomes portugaises, les îles Açores et Madère, elles ne disposent pas de leurs propres politiques régionales en matière de politique étrangère, de défense et de sécurité interne. En effet, ces domaines relèvent de la compétence des organes de la République du Portugal.

 

Evolution de la participation aux OP

Les FAP au sein desquelles, on retrouve trois services (naval, terrestre et aérien), se sont impliquées dans des missions à caractère humanitaire et des opérations de paix, depuis 1989. De 1991 à 2016, le Portugal a déployé 36 363 de ses militaires dans diverses missions internationales. Pour l’année 2017 on en compte 627 qui réalisent des opérations de maintien de la paix auprès d’organisations internationales telles que l’OTAN, l’ONU, l’UE et la CPLP.

Sous l’égide de l’OTAN

L’OTAN voit le jour en 1949 et compte, parmi ses douze membres fondateurs le Portugal. L’organisation compte à ce jour 28 Etats membres suite à un processus d’élargissement. En signant le Traité fondateur, les pays s’engagent volontairement à participer aux consultations politiques et aux activités militaires de l'Organisation. Bien que chacun des signataires du Traité de l’Atlantique Nord soit soumis aux obligations de celui-ci, il conserve un certain degré de flexibilité lui permettant de choisir son mode de participation. Le Portugal a participé à une multitude d’opérations sous l’égide de l’OTAN dont certaines sont encore en cours. De 1992 à 2004 s’est tenue en Bosnie-Herzégovine une opération de soutien de la paix afin d’aider les autorités bosniaques dans la réforme de leur défense mais aussi pour lutter contre le terrorisme et arrêter les personnes soupçonnées de crime de guerre. L’OTAN a alors mené trois opérations simultanées pour lesquelles le Portugal a fourni des troupes : l’opération Essential Harvest (22 août – 26 septembre 2001), qui a contribué au désarmement des extrémistes d'origine albanaise ; l’opération Amber Fox (27 septembre 2001 – 15 décembre 2002), dont la mission était de veiller la protection des observateurs internationaux de l'UE et de l'OSCE qui supervisaient la mise en application de l'Accord-cadre d'Ohrid et l’opération Allied Harmony (16 décembre 2002 – 31 mars 2003) a apporté un soutien constant aux observateurs internationaux et aidé le gouvernement à assumer la responsabilité de la sécurité dans l'ensemble du pays.

 

Lancée le 12 juin 1999, la Force pour le Kosovo (KFOR) est une opération de soutien de la paix menée par l’OTAN, a été initialement créée pour mettre un terme aux violences commises sous le régime de Milosevic. Le mandat de cette opération découle de la Résolution 1244 émise par le Conseil de sécurité des Nations Unies et d’un accord militaro-technique entre l’Organisation, la République fédérale de Yougoslavie et la Serbie. Cette opération est encore en cours en 2017 afin de maintenir un environnement sûr et sécurisé au Kosovo et pour y maintenir la liberté de circulation. Le Portugal y participe à partir de juillet 1999, il y aura envoyé 181 soldats portugais depuis. En avril 2017, on compte quatre soldats portugais toujours présents au Kosovo.

 

L'OTAN a assuré le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (FIAS), agissant sous mandat de l'ONU, d'août 2003 à décembre 2014. Le Portugal a participé à cette mission pendant onze ans afin d’aider le gouvernement afghan à assurer la sécurité dans le pays. Cette mission de combat s’est transformée au fil du temps en une mission de formation qui consistait à renforcer les capacités et compétences des défenses afghanes. Une nouvelle mission dirigée par l'OTAN, baptisée Resolute Support, a été lancée le 1er janvier 2015. Dans le cadre de celle-ci, le Portugal a envoyé neuf militaires supplémentaires. Cette mission agit comme une force de soutien politique et financier pour le gouvernement afghan.

 

De 2004 à 2011, l’OTAN a mené la mission de formation, NTM 1, en Irak. Cette dernière avait pour objectif d’aider les autorités irakiennes dans la formation et l’établissement des structures des commandements de leur force de sécurité par la formation d’officiers, de policiers, des cadres des forces navales et aériennes afin de rétablir l’autorité militaire et de mettre en place un ministère iraquien de la défense. Durant la totalité de la mission, le Portugal aura fourni 53 militaires. NTM 1 finira par être suspendue en 2011 car il n'y avait plus d'accord sur le statut juridique des troupes de l’OTAN opérant sur le terrain.

 

Les membres de l'OTAN ont conjointement décidé de mener des activités de contrôle aérien pour préserver l'intégrité de l'espace aérien de l'Organisation. Ainsi, ils ont créé la mission de la surveillance de l'air, aussi connue sous le nom de « Police aérienne » de l’OTAN, dont le but est la surveillance radar et l'identification des objets qui traversent l'espace aérien autour du pays membre qui n'a pas les moyens nécessaires pour maintenir les normes minimales requises pour garantir sa souveraineté. C’est une tâche collective qui implique la surveillance aérienne mais aussi des avions de combat intercepteurs prêts à réagir en cas d’activités inhabituelles. Le Portugal a participé à la politique aérienne des pays Baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie) qui ne dispose pas de force aérienne armée de chasseurs capables de mener des missions de police. Cette mission de surveillance se réalise par un système de rotation auquel le Portugal a participé à trois reprises : de novembre à décembre 2007, de septembre à janvier 2015 et d’avril à août 2016. Lors de cette dernière mission, le gouvernement portugais a fourni 90 aviateurs au sol afin d’assurer la maintenance des quatre F-16AM qui ont survolé pendant plus de 300 heures les pays baltes. La politique atmosphérique de l’Islande constitue l’autre opération aérienne de l’OTAN. En effet, la défense aérienne de l'Islande a été assurée par les forces américaines jusqu'en septembre 2006. Ensuite, il a été supposé entre l'Islande et l'OTAN que, sur une base régulière, chacun des pays membres de l'alliance assurerait leur défense aérienne par période minimale de trois semaines. Au cours de la période allant du 7 août au 20 septembre 2012, il incombait au Portugal de mener à bien cette mission. Cela se traduisit par l’envoie de six avions militaires de type F-16 et 70 aviateurs de la Force aérienne.

 

Du côté maritime, l’OTAN dispose de forces navales multinationales qui intègrent des navires des pays alliés et qui constituent alors pour l’Organisation une force navale permanente. Le SNMG1, aussi connu sous le nom de « Groupe maritime permanent 1 » de l’OTAN constitue la force de réaction rapide et pour laquelle le Portugal a fourni 185 militaires. De plus, lors de l’opération Active Endeavour, le Portugal a mobilisé 13 militaires supplémentaires, ainsi qu’un aéronef de type P3C CUP afin d’effectuer des missions de patrouille en Méditerranée, où ils surveillaient le trafic maritime pour décourager et déjouer les actes de terrorisme, ainsi que pour s'en défendre et s'en protéger. Pour cette opération, le Portugal comptabilise 132h10 de surveillance soit l’équivalent de 17 missions. L’opération Active Endeavour a pris fin en octobre 2016 afin de laisser place à Sea Guardian qui mène actuellement trois tâches en Méditerranée : connaissance de la situation maritime, lutte contre le terrorisme en mer et soutien au renforcement des capacités. Autre opération maritime, l’Ocean Shield, effectué durant les années 2009 à 2016 afin de lutter contre la piraterie maritime au large de la Corne d’Afrique. Durant cette opération, le groupe maritime SNMG1, pour lequel le Portugal a largement contribué en terme d’effectifs militaires, a exécuté des rotations d’opérations de 6 mois avec le SNMG2.


En 2014, l’OTAN a mis en place le plan d’action « réactivité » (RAP) qui comprend des mesures d’assurance liées à diverses activités terrestres, maritimes et aériennes suite aux violents comportements de la Russie en Europe de l’Est. Ces mesures permettent de rassurer les populations, de renforcer leur défense et de décourager une agression potentielle. Le Portugal a participé par deux fois au RAP en 2015. La première fois en Roumanie, durant les mois de mai et juin, pour renforcer la police aérienne, le Portugal a fourni quatre F-16 MLU et 91 militaires. La deuxième participation portugaise au RAP fut en Lituanie, durant les mois d’avril à juillet, il y a eu un renforcement de la présence militaire grâce à l’arrivée de 155 soldats portugais, équipés de blindés à roues de type Pandur II.


Au sein des Nations Unies


Le 14 décembre 1955, le Portugal a rejoint l’ONU. Depuis lors, des liens étroits ont été tissés entre ces deux entités. En effet, leur attachement commun aux principes démocratiques et à la promotion des droits de l’Hommes les a amené à coopérer sur les dossiers du Timor-Leste, du développement en Afrique, en particulier du Mozambique, de l’Angola et de la Guinée-Bissau. De plus, à trois reprises (1979-1980 ; 1997-1998 ; 2011-2012), le Portugal a obtenu un siège en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. La consécration a eu lieu le 13 octobre 2017, date à laquelle le Conseil de sécurité a désigné comme neuvième Secrétaire général des Nations Unies, l’ancien premier ministre portugais, Antonio Guterres, dont les fonctions ont été effectives à partir du 1er janvier 2017.

 

Suite aux Résolutions 425 et 426 émises par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 19 mars 1978, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est créée. Son objectif est de s’assurer du retrait des forces israéliennes au sud du Liban, de maintenir la paix et la sécurité internationale et d’aider le gouvernement libanais à restaurer son autorité. Le 11 août 2006, le Conseil de sécurité rend la Résolution 1701 afin d’élargir le mandat de la FINUL. Cette dernière devra désormais surveiller la cessation des hostilités et soutenir les forces armées libanaises afin qu’Israël retire ses militaires toujours présents dans le Sud du pays. Le Portugal s’investira dans cette mission de novembre 2006 jusqu’au 27 juin 2012.

 

La mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) est une opération de maintien de la paix qui a vu le jour en 2006 avec la Résolution 1704 du Conseil de sécurité. Depuis 1999, des opérations sous l’égide des Nations Unies ont lieu au Timor-Leste afin d’assurer le développement d’institutions stables dans cette région. En avril 2006, une crise politique, humanitaire et sécuritaire a lieu au Timor-Leste. La MINUT est alors mise en place pour une durée de six mois afin d’apporter une aide policière et militaire au gouvernement du Timor-Leste, le Portugal fournira alors des soldats dont Luis Carrilho qui fut le chef de la police onusienne de février 2009 à décembre 2012. Le mandat de la MINUT sera renouvelé à plusieurs reprises afin d’assurer un soutien politique, financier et technique auprès des Timorais. La Résolution 2037 prolonge la mission de la MINUT pour la dernière fois jusqu’au 31 décembre 2012.

 

Le 10 juin 1999, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la Résolution 1244 autorisant la Mission des Nations Unies pour l'administration intérimaire du Kosovo (MINUK). Ainsi, est lancé le processus de consolidation de la paix et de démocratisation afin d’assurer la stabilité et l’autonomie du gouvernement. La MINUK se dessine comme étant une administration intérimaire et de transition pour la région. Le Kosovo déclare son indépendance en février 2008, malgré les contestations serbes, la communauté internationale reconnaitra la légalité de l’indépendance kosovare. La MINUK connaît alors une reconfiguration cette même année afin de promouvoir la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l’Homme. A trois reprises (2005, 2007 et 2011) le Portugal aura fourni des agents de liaison pour le bon fonctionnement de la mission. Le Portugal arrêtera de participer à ces opérations le 30 septembre 2013.

 

En août 2017, le Portugal fournit 168 militaires ou policiers à l’ONU. Ils sont répartis dans différentes missions de maintien de la paix telles que : MINURSO, MINUSMA, UNAMA, UNMCOL, UNIOGBIS, MINUSTAH et MINUSCA. Cette dernière comptabilise le plus fort taux de participation portugaise avec la présence de 155 militaires portugais à Bangui.

Dans le cadre de l’UE

Le 1er janvier 1986, le Portugal a adhéré à l’Union européenne suite à l’élargissement de cette dernière vers les pays du sud. Le Portugal est également membre de la zone euro depuis le 1er janvier 1999 et a adhéré à l’espace Schengen le 26 mars 1995. Par trois reprises (janvier-juin 1992 ; janvier-juin 2000 et juillet-décembre 2007) le Portugal a assuré la présidence du Conseil de l’UE.

 

L’UE mène une politique étrangère et de sécurité en vue de préserver la paix et la sécurité internationale, de promouvoir la coopération internationale, de développer et de renforcer la démocratie, l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme. Avec le traité de Lisbonne de 2007, la PESC et la PEDC sont devenues de véritables piliers pour la politique européenne. Rappelons que l’UE ne dispose pas d’armée ; de ce fait, dans le cadre de la PEDC, elle doit faire appel aux forces militaires des Etats membres afin de réaliser des opérations de désarmement, des missions humanitaires, d’assistance militaire, de maintien et de rétablissement de la paix.

 

Le Portugal a fourni à plusieurs reprises des militaires pour l’UE afin qu’elle puisse réaliser des missions dans le cadre de sa politique sécuritaire. Ainsi, on retrouve une présence portugaise au sein des opérations EU RSS Guinée-Bissau (2008-2010) et EUSEC RD Congo (juin 2005) dans le but de conseiller les autorités locales dans leurs réformes sécuritaires. On peut retrouver le Portugal au sein de deux opérations EUFOR, celle au Tchad de 2008 à 2009, réalisée dans l’optique de faire face à la crise du Darfour. L’UE s’était donnée comme mission de protéger et d’apporter une aide humanitaire aux civils et aux réfugiés. Pour finir, lors de l’opération Althea en Bosnie-Herzégovine, afin de maintenir la sécurité internationale, on notera la présence d’un contingent portugais pour la période de 2004 à 2012

 

En octobre 2017, le Portugal est engagé auprès de l’UE sur différentes missions telles que les opérations militaires EUNAVFAR Atalanta (2 militaires) afin de lutter contre la piraterie au large de la Somalie et Sophia (4 militaires), dans les eaux du sud de la Méditerranée pour empêcher le trafic illicite d’êtres humains. Sont également en cours les opérations militaires EUTM : une a lieu en Somalie (4 militaires) afin de former les forces de sécurité locales ; une autre au Mali (9 militaires) poursuit un objectif similaire et une dernière se déroule en République de Centrafrique (11 militaires) afin d’apporter un soutien logistique au gouvernement dans sa réforme sécuritaire. L’agence européenne Frontex, dont l’objectif est de promouvoir et de coordonner la gestion des frontières européennes travaille en étroite collaboration avec des pays considérés comme une voie d’origine ou de transit de migration illégale et qui seraient liés à la politique de l’UE. Le Portugal se trouvant dans cette situation, compte en 2017, 45 militaires au sein de la garde des frontières européennes.

Coopération multilatérale

Le Portugal entretient également des liens privilégiés avec les États-membres de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), afin de renforcer sa sécurité collective. Sur le plan bilatéral, le gouvernement portugais souhaite maintenir ses relations avec les alliés traditionnels, (comme les États-Unis d'Amérique) et avec les partenaires européens de l'OTAN et de l'Union Européenne, pour consolider ses alliances politiques et militaires. Il entend approfondir ses relations avec les pays du Maghreb et ceux de la Méditerranée, dans le domaine de la paix et de la sécurité. De plus, le Portugal entretient plusieurs accords de coopération militaire et technique avec les États africains d'expression portugaise (Angola, Cap Vert, Guinée-Bissau, Mozambique et São Tomé et Príncipe). Il a noué de solides relations avec ces pays, pour favoriser des projets de formation et de renforcement des capacités militaires (entraînement militaire, support technique et logistique pour la police, formation spécialisée, garde côtiers…). Ces programmes sont préparés par la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) pour offrir une plate-forme utile au renforcement des capacités techniques et militaires et à la coopération multilatérale pour la paix et la sécurité dans l’espace lusophone. Au 1er novembre 2016, on comptait 96 militaires portugais qui participaient aux missions de la CPLP. Ces dernières se répartissent entre la Guinée-Bissau, au Cap-Vert, en Angola, en Mozambique, au Timor-Lesté et au Sao Tomé-et-Principe.


Paola Fontanilles

Stagiaire au Centre d'Etude des crises et des conflits internationaux (CECRI)
Fiche mise à jour l
e 12 décembre 2017

Mountaga Diagne
Doctorant et chargé de cours, UQAM
2 juin 2008


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