La FINUL II à l’ombre de la crise libanaise et moyen-orientale

Un puissant outil confronté à une situation extraordinairement complexe et volatile

16 oct. 2007

 

Le Liban reste plus que jamais sur l’agenda international comme en témoigne la mobilisation de la troïka « européenne » Koucher-D’Alema-Moratinos pour tenter de trouver une solution à l’impasse politique et institutionnelle qui divise profondément le pays. Les tensions générées par l’élection présidentielle libanaise s’incrivent en outre dans le cadre plus large d’une crise régionale profonde, dominée aujourd’hui par la question nucléaire iranienne et la menace d’un nouveau conflit majeur au Moyen-Orient.


Dans ce contexte difficile, il semble utile de s’intéresser à la situation qui prévaut au Liban-Sud plus d’un an après l’adoption Résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis fin à 33 jours de guerre entre le Hezbollah et Israël (juillet-août 2006). Cette résolution a permis en particulier le retour historique de l’Armée libanaise dans la zone mais aussi, le renforcement significatif de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), présente depuis 1978 dans le pays du Cèdre.

 

Cette analyse se propose dès lors de dresser plus spécialement un état des lieux de la FINUL II dont le mandat a été prolongé à la demande du gouvernement libanais jusqu’au 31 août 2008 (Résolution 1773, accompagnée d’un financement de 748 millions USD). À cet effet, il faut rappeler tout d’abord le succès de la montée en puissance de la nouvelle force. Il s’agit ensuite de souligner les spécificités de cette opération de paix atypique. Enfin, il faut mettre en relief son rôle positif pour la stabilisation de la zone tout en rappelant ses limites face à une situation extraordinairement complexe et volatile.

La transition réussie de la FINUL I à la FINUL II

Durant l’été 2006, la question d’une intervention militaire au Liban a suscité des tensions au sein de la communauté internationale. Les États-Unis (relayant le souhait d’Israël) préconisaient ainsi l’envoi d’une Force de stabilisation qui puisse s’imposer vis-à-vis du Hezbollah. Les États se sont finalement accordés a minima pour renforcer significativement la FINUL, alors réduite à l’impuissance avec ses 2000 casques bleus déployés dans le cadre d’une mission classique d’interposition et d’observation.

 

On se souvient des nombreuses péripéties qui ont accompagné le processus de « génération de force » dans les jours qui ont suivi l’adoption de la Résolution 1701. Les États européens (France en tête) n’acceptèrent en effet de constituer l’épine dorsale de la FINUL II qu'après avoir reçu des garanties sur la participation de pays dits « musulmans » mais aussi, sur la sécurité et la liberté d’action des casques bleus: clarification du mandat, envoi de troupes suffisamment armées et équipées etc. Cette prudence était justifiée au regard des nombreux précédents où les Nations Unies se sont avérées incapables d’intervenir militairement au plus fort d’un conflit violent. Au final, la FINUL renforcée, tout en restant formellement sous le Chapitre VI, a reçu un mandat « durci » grâce à l’approbation d’un Concept d’opérations et de Règles d’engagement adéquats.

Un plan de renforcement en 3 phases

L’objectif annoncé par le Secrétaire Général de l’ONU était de permettre une « injection rapide et massive » de renforts dans un délai de 90 jours. À cet effet, des procédures extraordinaires ont été mises en oeuvre par l’ONU pour contourner les traditionnelles lourdeurs bureaucratiques et allouer des fonds d’urgence.

 

Le plan de renforcement devait quant à lui s’échelonner en trois « vagues ». L’effectif de la FINUL devait atteindre tout d’abord les 5500 hommes avant le 2 septembre 2006. La priorité était de projeter des troupes « robustes » pour sécuriser la zone arrière et les lignes de communication. La poche de Tyr devait passer sous contrôle de la FINUL. En outre une composante navale devait se mettre en place pour contrôler au plus vite les eaux territoriales libanaises. Après cette phase initiale (la plus délicate), la FINUL devait ensuite atteindre un effectif de 9000 hommes (octobre) puis de 12 000 hommes (novembre) de façon à pouvoir appuyer le déploiement simultané des 15 000 hommes de l’Armée libanaise.

Un défi logistique et sécuritaire

L’acheminement en urgence de troupes au Liban a assurément représenté un défi logistique et sécuritaire de grande ampleur. Il faut souligner le rôle crucial de l’aide apportée par le dispositif naval français BALISTE. Par ailleurs la Mission UNFICYP s’est avérée très utile, Chypre servant de plate-forme de transit et de soutien.

 

Dans un climat de grande tension et alors que les populations déplacées retournaient en masse vers le Sud, les casques bleus déjà sur place devaient par ailleurs combler le vide sécuritaire en reprenant sans délai leurs patrouilles. La FINUL devait parallèlement acquérir des terrains pour ses futurs bataillons mais aussi dépolluer et sécuriser les installations. Le souvenir de la mort de 4 observateurs de l’ONUST (tués sous le feu israélien à Khiam le 25 juillet 2006) et la menace d’attentats terroristes justifiaient en effet de veiller particulièrement à la protection de la Force.

Une montée en puissance somme toute rapide et efficace

Dès le début du mois de septembre 2006, la constitution d’un Groupe intérimaire d’intervention navale (Italie, France, Grèce, Grande Bretagne) a permis la levée du blocus maritime israélien et la surveillance de l’embargo sur les armes. Ce Groupe multinational a été ensuite remplacé par une force navale placée sous le contrôle du Général commandant la FINUL. Au sol, l’Italie, la France et l’Espagne ont tenu leurs promesses de projeter des unités de réaction rapide si bien que le seuil des 5000 hommes (fixé par Tsahal pour amorcer son retrait terrestre) a été dépassé le 20 septembre 2006. Le cap des 12 000 hommes a été atteint quant à lui début 2007. L’ONU pouvait dès lors annoncer que les objectifs avaient été remplis sur le plan des effectifs, du matériel, du mandat et de la chaîne de commandement (un retard de trois mois étant en l’espèce un bon résultat si l’on compare la FINUL II à d’autres opérations de paix).

 

En octobre 2007, 29 pays participent à la Force avec un effectif total de près de 13 500 hommes, soit environ 11 700 soldats et 1800 marins (plus 51 observateurs de l’ONUST, 256 civils internationaux et 400 employés locaux). Cet effectif – en dessous du maximum autorisé de 15 000 hommes - semble jugé pour l’instant suffisant par les États contributeurs, toujours soucieux de doser leurs efforts au plus juste. Il est vrai que la situation sur le terrain est relativement stabilisée et que la densité de militaires présents est déjà très élevée pour une zone d’opération de 800 km2. On notera toutefois l’arrivée durant l’été 2007 d’un nouveau contingent de soldats sud-coréens et le retrait du Danemark et de la Suède de la composante navale.

 

Avec plus de 7500 hommes, les États européens continuent en tout cas à fournir l’ossature de la Force. La FINUL II a marqué en effet le « retour » des pays européens dans le système onusien des OMP. Depuis les expériences malheureuses des années 1990, ces derniers étaient en effet très réticents à l’idée de placer des soldats sous mandat direct de l’ONU (tout en restant les principaux bailleurs de fonds d’opérations impliquant en majorité des bataillons issus des pays du Sud). La question de savoir si la FINUL II inaugure en ce sens une nouvelle ère reste ouverte. Le contexte très particulier du conflit laisse néanmoins penser qu’il pourrait s’agir d’une exception.

 

Au sein de la FINUL actuelle, il faut remarquer de plus la présence d’un contingent chinois - qui confirme l’engagement international de la Chine - et la participation de pays « musulmans » qui n’ont pas de relations diplomatiques avec Israël (à l’instar du Qatar qui a mis pour la première fois des soldats sous la bannière de l’ONU).

La nouvelle structure de la Force

Une chaîne de commandement inédite

La création à New-York d’une cellule militaro-stratégique ad hoc a déjà été beaucoup commentée. Cette structure inédite, placée sous l’autorité directe du Secrétaire Général adjoint pour les OMP, permet d’avancer que la FINUL II est, de fait, une opération de l’ONU largement « déléguée » au binôme franco-italien pour des raisons à la fois politiques et d’efficacité. Sur le plan opérationnel, le Général de division qui assure le commandement de la Force (actuellement le Général italien Claudio Graziano) a vu pour sa part ses pouvoirs étendus et renforcés. Son autorité s’exerce ainsi notamment sur la composante navale de la FINUL.

Une architecture et un dispositif remaniés

Les données fournies par l’ONU concernant la FINUL II ne sont pas toujours transparentes. Cette rétention d’information est en soi le reflet du caractère sensible du théâtre du Liban-Sud et du durcissement du mandat de la Force. On notera en outre que la FINUL dispose désormais d’un Bureau des affaires politiques (traitant notamment des affaires civiles et de la communication) mais aussi d’une véritable cellule CIMIC, ce qui est novateur pour une opération engageant des casques bleus.

 

La zone d’opération terrestre (élargie à la région de Tyr) est divisée pour sa part en deux secteurs commandés respectivement par des Généraux de brigade italien et espagnol:

 

- Secteur Ouest (Tibnine) : 2 bataillons italiens, 1 bataillon ghanéen, 1 bataillon français et 1 bataillon fourni par la Corée du Sud.

 

- Secteur Est (Marjayoune) : 1 bataillon espagnol, 1 bataillon indien, 1 bataillon népalais et 1 bataillon indonésien.

 

Le bataillon français - déployé dans la région centrale de Bint Jbeil - active par ailleurs une Force de réaction rapide. Son armement lourd (chars Leclerc, armes antiaériennes d’autodéfense) a symbolisé la volonté de donner à la FINUL un visage nouveau et suffisamment dissuasif vis-à-vis des parties en présence.

 

Enfin, les 11 frégates et patrouilleurs du Groupe naval de l’ONU (Allemagne, Grèce, Pays-Bas et Turquie) assurent la surveillance de 200 km de côtes en appui de la modeste Marine libanaise. L’existence d’un volet naval et le rôle moteur joué par l’Allemagne dans ce domaine représentent par eux-mêmes des singularités tout à fait remarquables.

Un effet stabilisateur indéniable

L’objectif principal de la nouvelle FINUL était de permettre un « déploiement complet » de l’Armée libanaise couplé avec un « retrait complet » des troupes israéliennes et ce, sans laisser au Hezbollah la possibilité de reprendre position au Liban-Sud. Pour cela, la FINUL a mis en place un « Arrangement en matière de sécurité ». Concrètement, il s’agissait d’institutionnaliser des réunions tripartites dans le cadre d’un Mécanisme de liaison et de coordination renforcé (création de structures de liaison spécifiques aux niveaux politique et militaire).

 

La FINUL a ensuite supervisé avec un certain succès le transfert graduel des 16 secteurs et sous-secteurs occupés par Israël. Ainsi, dès le 31 août 2006, des soldats libanais atteignaient la Ligne bleue qui délimite provisoirement la frontière entre le Liban et Israël. Deux semaines plus tard, le seuil des 5000 casques bleus présents sur le théâtre permettait à Tsahal d’amorcer son retrait effectif (retrait considéré comme achevé le 1er octobre, à l’exception des Fermes de Chebaa et du nord du village de Ghajar). De façon générale, on peut estimer que la Force a très bien joué son rôle de « facilitateur » et, aujourd’hui, ce sont 4 Brigades de l’Armée libanaise qui sont déployées au Sud du pays sur près de 150 positions.

 

Dans son rapport de juin 2007 sur les progrès de la Résolution 1701, le Secrétaire Général de l’ONU pouvait dès lors se féliciter des résultats tangibles obtenus par la FINUL II malgré l’absence d’un cessez-le-feu permanent (le conflit de l’été 2006 s’étant terminé par une simple « cessation des hostilités »). La présence massive et l’effectivité opérationnelle de soldats internationaux entre le Litani et la Ligne bleue a indéniablement participé au retour au calme et à l’établissement d’un « nouvel environnement stratégique » sur le plan sécuritaire. Certes, il est avéré que le Hezbollah maintient une importante présence « non militaire » au Liban-Sud et auprès des populations locales. Tout porte par ailleurs à croire que le mouvement chiite reconstitue ses forces plus au Nord, dans la Bekaa notamment. La découverte régulière de caches d’armes par la FINUL et/ou l’Armée libanaise montre en outre que la zone d’opération n’est pas totalement démilitarisée. D’un autre côté, l’aviation et les drones israéliens continuent à violer quotidiennement l’espace aérien libanais. La FINUL II semble cependant avoir acquis une certaine crédibilité vis-à-vis de ses interlocuteurs, tant du côté libanais que du côté israélien. Les mécanismes de coordination sont ainsi sans cesse renforcés grâce à la mise en place d’officiers de liaison et de lignes directes permettant de gérer en temps réel les inévitables incidents.

 

Ce constat encourageant ne doit néanmoins pas faire oublier les limites intrinsèques de la mission et les risques encourus par les casques bleus dans un contexte qui reste très dangereux et imprévisible.

Limites et périls

À la fin de l’été 2006, Kofi Annan, alors Secrétaire Général des Nations Unis, reconnaissait explicitement que la FINUL II serait avant tout un moyen destiné à « gagner du temps » tout en soutenant dans la mesure du possible le gouvernement libanais dans ses efforts pour retrouver sa souveraineté. En ce sens, la FINUL II ne peut pas à elle seule couvrir toutes les dispositions de la Résolution 1701 et des résolutions associées (1559, 1680 etc.). A contrario, tous les sujets de discorde de la scène locale et régionale peuvent conduire à une reprise soudaine de la violence avec des implications directes sur la Force. Ainsi, l’attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à 6 casques bleus espagnols et colombiens le 24 juin 2007 (attentat non revendiqué et clairement condamné par le Hezbollah) peut être mis en lien avec les rudes combats qui opposaient alors l’Armée libanaise et des militants du Fatah Al Islam à Nahr El Bared (camp palestinien près de Tripoli, au Nord du Liban).

 

De façon générale, six grandes questions, souvent intriquées, demeurent source d’inquiétude :


1/ Les violations de la Ligne bleue et la question des survols israéliens

Les violations terrestres sont restées jusqu’à présent mineures de part et d’autre. Les survols répétés de l’espace libanais par la chasse israélienne ont généré en revanche de fortes tensions avec la FINUL (plusieurs incidents graves ont suscité des protestations de l’Allemagne et de la France). La possibilité d’autoriser la FINUL à s’opposer par la force à ces survols semble cependant exclue.


2/ La délimitation des frontières et la question des Fermes de Chebaa en particulier

Pour éviter les incidents inutiles, l’ONU souhaiterait que la Ligne bleue puisse être marquée au sol, notamment lorsque cette dernière s’éloigne de la « barrière technique » israélienne. La question des Fermes de Chebaa (point de jonction des territoires israélien, syrien et libanais, sur les contreforts du Golan occupé) reste par ailleurs hautement problématique. Ce dossier complexe a conduit l’ONU à dépêcher sur place un « cartographe chevronné » tandis que la proposition libanaise de placer ce secteur sous juridiction onusienne temporaire est à l’étude. Israël continue en outre à occuper partiellement Ghajar, localité traversée par la Ligne bleue et située à proximité des ressources en eau du Wazzani.

 

Plus généralement, la délimitation et la perméabilité de la frontière entre la Syie et le Liban demeure un sujet épineux. Le lancement d’une mission civile européenne pour aider les autorités libanaises à contrôler et à surveiller cette frontière (au-delà de la zone FINUL) reste une éventualité malgré les réticences de Damas à accepter toute nouvelle ingérence internationale.


3/ Le désarmement du Hezbollah

Cette question est assurément trop vaste pour être traitée ici. Si la FINUL n’a pas pour mandat de désarmer le Hezbollah, le règlement du conflit suppose indéniablement de démanteler la branche armée du mouvement chiite qui a gardé vraisemblablement sa force de frappe. Son intégration dans l’Armée libanaise et la mise en place de programmes DDR spécifiques restent néanmoins encore très hypothétiques. Différentes sources officieuses font en outre état d’un réarmement rapide du Hezbollah via la Syrie (le Groupe naval de la FINUL n’a en revanche pas décelé de violation de l’embargo sur les armes par la voie maritime).


4/ La menace d’actes terroristes, menés notamment de groupes sunnites liés à la mouvance Al-Qaïda

L’attentat du 24 juin 2007 précité a réveillé le spectre d’une « irakisation » du Liban-Sud dont la FINUL serait la première victime. Les autorités libanaises font de plus état d’un regain d’activité des groupes militants dans les camps palestiniens mais aussi à proximité de la frontière syrienne (FPLP-GC, Fatah Initifada...). C’est d’ailleurs un groupuscule de ce type (les Brigades Jihadi Badr Liban, jusqu’alors inconnues) qui a revendiqué le lancement de 3 roquettes Katyushas sur Israël le 17 juin 2007 à partir de la zone FINUL (sans entraîner de riposte de Tsahal, l’attaque n’ayant pas fait de victimes). Depuis ces événements, la FINUL II intensifie en tout cas sa coopération avec l’Armée libanaise (exercices conjoints et actions coordonnées) tout en cherchant à se doter de capacités d’enquête spécialisées.


5/ Le déminage humanitaire

La guerre de 2006 a réduit à néant les efforts réalisés dans ce domaine depuis l’année 2000 par la FINUL, les agences de l’ONU et les ONG spécialisées : 1 Million de mines et sous-munitions non explosées entravent sérieusement la réhabilitation du Liban-Sud sur une surface de 36.6 Millions de Km2. Ces engins ont déjà tué 23 civils et mutilé 180 personnes. Il faut rappeler par ailleurs que la grande majorité des « bombes à grappes » israéliennes ont été dispersées dans les dernières 72h du conflit. Israël refuse jusqu’à ce jour de livrer des informations sur leur localisation.


6/ La question des prisonniers

Enfin, le dossier des prisonniers est paradoxalement considéré par l’ONU comme une « question à part » alors que c’est précisément l’enlèvement de 2 soldats israéliens par le Hezbollah qui a servi de déclencheur aux hostilités de 2006. Le Hezbollah refuse de confirmer si ces soldats sont en vie. En parallèle, de nombreux Libanais demeurent détenus en Israël. L’ONU a nommé un médiateur spécial européen (dont l’identité n’a pas été relevée) pour traiter ce dossier avec la discrétion nécessaire.

Conclusion

La montée en puissance réussie de la FINUL II a traduit la forte détermination internationale pour régler la grave crise de l’été 2006. L’ONU, si souvent décriée pour sa paralysie, a su montrer son savoir-faire, prouvant qu’elle peut agir dans les pires situations du moment que les grandes puissances s’accordent pour lui donner leur soutien. Évidemment, rien n’aurait été possible sans l’action vigoureuse d’un certain nombre de pays, au rang desquels il faut citer les grands États membres de l’Union européenne. Les États dotés de forces armées crédibles restent donc les acteurs principaux mais ils agissent d’autant mieux lorsqu’ils interviennent dans un cadre multilatéral, au service de la paix et de la sécurité internationale.

 

La FINUL II est aujourd’hui une opération de paix inédite sous bien des aspects. Il s’agit d’une Force hybride dans le sens où nous avons affaire à une véritable opération militaire, allant au-delà de la simple interposition. Sa chaîne de commandement, ses règles d’engagement, son armement et sa composante navale sont autant de traits qui la distinguent des missions onusiennes classiques. La nouvelle FINUL assume en effet toutes les fonctions opérationnelles nécessaires pour une opération multinationale de stabilisation : commandement, renseignement, CIMIC etc. D’un autre côté, elle reste constituée - comme la FINUL I - de casques bleus issus de 29 pays et dont on peut se demander comment ils réagiraient en cas de reprise du conflit. Dès lors, le risque est toujours présent de se trouver pris au piège entre le Hezbollah, parrainé par Téhéran et Damas, et Israël, qui bénéficie du soutien constant des États-Unis. La FINUL ne saurait de ce fait se substituer au processus politique qui, seul, peut apporter au Liban et au Moyen-Orient des perspectives vers une paix juste et durable.


Stéphane PFISTER - Membre du ROP et chercheur à l’Institut Européen de l’Université de Genève. Les idées exprimées dans cette analyse n’engagent que leur auteur.

16 octobre 2007

 

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