Historique de l'opération CISPKF

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CISPKF       Géorgie

Force de maintien de la paix sur la frontière géorgio-abkhazienne (1993-2008)

 

Après l'indépendance de la Géorgie en avril 1991, des séparatistes réclament à leur tour un statut équivalent pour la région de l'Abkhazie. Cette situation mène à une guerre. Un accord de cessez-le-feu est signé en juillet 1993, entraînant le déploiement d'une mission des Nations Unies (voir ONU/MONUG) et de troupes russes d'interposition. Cet accord est violé quelques mois plus tard. À la suite d'un nouvel accord le 14 mai 1994, la CEI déploie sa force avec le mandat de remplacer les troupes russes sur le terrain, bien que celles-ci soient demeurées le principal intervenant. La mission s'est retirée en octobre 2008, quelques mois après la guerre ayant impliqué la Géorgie et la Russie en août 2008.



Dès son accession à l'indépendance en 1991, la Géorgie doit faire face à des revendications sécessionnistes de la part de certaines de ses républiques autonomes, souvent soutenues par des forces étrangères. Tel est le cas de l'Abkhazie, république autonome rattachée à la Géorgie depuis 1931 et peuplée majoritairement de Géorgiens. La frustration des Abkhazes est due au sentiment d'être marginalisés du pouvoir et d'être dépossédés par une population géorgienne de plus en plus nombreuse.

 

Le 23 juillet 1992, le soviet suprême d'Abkhazie, profitant de la fragilité du gouvernement géorgien à la suite de l'éviction du Président Gamsakourdia, réinstaure la Constitution abkhaze de 1925 qui lui octroie un statut souverain, équivalent à celui de la Géorgie. Des lois géorgiennes sont abrogées, des entreprises ainsi que la police et l'armée sont placées sous juridiction régionale.

 

Le gouvernement géorgien réagit en déployant des soldats dans les principales villes d'Abkhazie. Les affrontements font 200 morts et des centaines de blessés et provoquent la fuite des autorités abkhazes vers la ville de Gudauta. Le 3 septembre 1992, un accord de cessez-le-feu est signé entre la Géorgie, les autorités abkhazes et la Fédération de Russie et prévoit entre autres la sauvegarde de l'intégrité territoriale de la Géorgie, le désarmement des factions illégales et le retrait des forces étrangères, ainsi que la réduction des forces géorgiennes en Abkhazie.

 

À peine signé, le cessez-le-feu est violé le 1er octobre 1992. Soutenus par des forces russes et par des volontaires de la Confédération des peuples du Caucase du Nord, les indépendantistes abkhazes parviennent à reprendre la plupart des principales villes de la région. Le 27 juillet 1993, un nouvel accord de cessez-le-feu intervient ; il prévoit la démilitarisation de la zone de combats et le déploiement d'observateurs internationaux sous l'égide des Nations Unies. Une première équipe avancée de 10 observateurs arrive à Soukhoumi, capitale abkhaze le 8 août 1993. Le 24 août, le Conseil de Sécurité adopte la résolution 858 (1993) créant la Mission d'Observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG).

 

Son déploiement sera suspendu par la rupture du cessez-le-feu le 16 septembre 1993 : les forces abkhazes, bénéficiant de soutien extérieur, attaquent Soukhoumi et Ochamchira, puis parviennent à occuper l'ensemble du territoire. Le 4 novembre 1993, au vu des événements, un mandat intérimaire est confié à la MONUG (résolution 881) : celle-ci est chargée de maintenir le contact avec les deux parties au conflit et avec les contingents russes et de rendre compte de l'évolution de la situation.

 

Le 14 mai 1994, les parties concluent un énième accord de cessez-le-feu et de séparation des forces, l'accord de Moscou. Il prévoit le déploiement concomitant de la MONUG et d'une force de maintien de la paix de la Communauté des États Indépendants (CISPKF). Face à la réticence de certains États à placer leurs troupes sous commandement russe, cette force initialement multinationale est devenue une force entièrement russe.

 

La situation demeure précaire, à tel point que le Représentant Spécial du Secrétaire Général dans la région a décidé de réunir les parties au conflit le 12 mai 2005. À l'issue de cette rencontre, un Protocole a été ajouté à l'accord de Moscou, par lequel Géorgiens et Abkhazes s'engagent notamment à communiquer la composition réelle de leurs forces dans la zone de conflit, à maintenir une certaine distance entre leurs forces de maintien de l'ordre et la ligne de cessez-le-feu et à assurer la sécurité du personnel des organisations internationales dans la région. La CISPKF fait cependant partie du problème : la Géorgie accuse la Russie d'aider directement les rebelles abkhazes.

Documents

Références

 

30 juin 2009

Russia's Vision in Crisis for CSTO Military Forces


Roger McDermott, The Jamestown Foundation // Eurasia Daily Monitor

PDF 66 Ko
 

 

26 nov. 2008

Georgia: The Risks of Winter


ICG, Europe Briefing N°51, Tbilisi/Bruxelles

PDF 518 Ko
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