Fiche d'information de l'État : Roumanie Roumanie

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Roumanie

La République de Roumanie (România en roumain) est un pays de l'est de l'Europe. La Roumanie est membre de plusieurs organisations multilatérales habilitées à conduire des opérations de maintien de la paix. La Roumanie est ainsi membre de l'ONU (1955), de l'OSCE (1973), de l'OTAN (2004) et de l'UE (2007).

POLITIQUE DE MAINTIEN DE LA PAIX

La Roumanie est, depuis la chute du mur de Berlin et la révolution de décembre 1989 qui mit fin au régime de Nicolae Ceausescu, un contributeur important aux structures agissant dans le domaine des opérations de maintien de la paix. Dans le passé, son appartenance au Pacte de Varsovie lui avait permis d'acquérir une certaine expérience dans l'envoi de troupes à l'étranger, même si le pays cessa très tôt de participer à toutes les opérations militaires de l'alliance.


Désormais, son appartenance à diverses organisations internationales ainsi que sa position géographique particulière, avec le débouché du Danube, sa façade sur la mer Noire et sa proximité avec la zone sous l'influence russe en Europe (la Roumanie est limitrophe tant de l'Ukraine, depuis longtemps dans le giron de Moscou, que de la Moldavie, où stationnent encore - en Transnistrie - des troupes russes) font de ce pays un acteur concerné par les opérations de maintien de la paix. En effet, l’Est de l’Ukraine et la Transnistrie font tous deux l’objet de conflits (dans lesquels la Russie joue un rôle) et des opérations de maintien de la paix impliquant des militaires roumains y ont été mises en place.


La politique étrangère de Bucarest, notamment en ce qui concerne les missions de maintien de la paix, est intimement liée à l’adhésion du pays à l’OTAN en 2004 et à l’Union Européenne en 2007.


Au niveau interne, la Constitution de 1993 prévoit en son article 118 (a) que l’armée, en plus que d’être active pour la défense collective au sein des alliances militaires dont elle fait partie, participe aux opérations de maintien ou de rétablissement de la paix en vertu des instruments internationaux qu’elle a ratifié.

STRUCTURES DÉCISIONNELLES POLITIQUES ET MILITAIRES

Le politique

La nouvelle constitution de 1993 (révisée en 2003) précise dans son article 62 que le Parlement est informé en séance plénière des décisions qui émanent du Conseil Suprême de Défense, placé sous l'autorité du Président de la République, qui commande les forces armées. Ce dernier peut ainsi décréter, après autorisation préalable du Parlement, la mobilisation partielle ou générale des forces armées.


Conformément à la Constitution roumaine ainsi qu’à la loi numéro 203/2015 (loi sur la planification de la défense remplaçant la loi 473/2004) en vigueur depuis juillet 2015, la planification de la défense de la Roumanie est consignée dans le document nommé « Stratégie nationale pour la défense du pays », émanant du Président. La dernière version disponible de ce document date de 2015 et propose une planification de la défense du pays pour la période 2015-2019. Outre les éléments relatifs à la sécurité interne de l’Etat consignés dans le document, ce dernier met en exergue l'importance stratégique du concept de sécurité globale ainsi que la coopération multidimensionnelle (au niveau régional mais aussi mondial, au travers d’organisations internationales comme l’OTAN ou l’UE) au sein de la communauté internationale.


Afin de répondre aux dispositions contenues dans la Stratégie nationale de la défense, un nouveau « Livre blanc de la défense » a été approuvé par le gouvernement en septembre 2015 et doit servir de guide entre 2015 et 2019. Ce document prend en considération le fait que les préoccupations sécuritaires, au niveau international notamment, évoluent et que l’État roumain doit être en mesure de se prémunir des menaces. En outre, le « Livre blanc de la défense » insiste sur la nécessité pour le pays de respecter ses engagements en tant que membre d’organisations internationales comme l’OTAN ou l’UE et de faire grandir son rôle en leur sein en devenant un acteur stratégique crédible. Là aussi, l’accent est mis sur l’importance de la coopération régionale, bilatérale, multilatérale et la conclusion de partenariats stratégiques.


Afin de remplir ces objectifs, la défense roumaine, en plus de ses prérogatives classiques de préservation de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de la sécurité de la Roumanie, se doit d’être le défenseur de ses alliés au sein de l’OTAN ou de l’Union Européenne. L’Armée roumaine doit également veiller à la stabilité du système international et de la région. Les deux documents précités illustrent donc le fait que l’exécutif roumain pense la sécurité de la Roumanie comme étant une sécurité globale, collective, transcendant les frontières nationales.

Le militaire

Le ministère de la Défense nationale, avec à sa tête Mihnea Motoc, est l'organe spécialisé de l'administration publique centrale, dépendant du gouvernement, à partir duquel sont dirigées toutes les activités dans le domaine de la défense nationale, conformément aux dispositions légales et à la Stratégie de sécurité nationale.


Le ministère de la Défense nationale est responsable envers le Parlement, le Gouvernement et le Conseil suprême de Défense du Pays pour la mise en œuvre des dispositions de la Constitution, des autres actes normatifs en vigueur, des décisions du Gouvernement et du Conseil suprême de Défense du Pays ainsi que des traités internationaux auxquels la Roumanie est partie, dans son domaine d'activité.


Comme le prévoit l’article 119 de la Constitution Roumaine, c’est au niveau du Conseil suprême de Défense du Pays que les opérations de maintien ou de rétablissement de la paix sont organisées, ainsi que tout ce qui est relatif à la sécurité nationale et à la défense collective au sein des alliances de sécurité militaires.


Les objectifs de la stratégie de relations militaires internationales sont notamment marqués par l'intensification de la collaboration avec les structures intégrées de sécurité européennes et euro-atlantiques, ainsi que par l'élargissement et l'amplification des relations bilatérales avec les pays membres de l'OTAN et l'intensification de la coopération avec les autres États participants au Partenariat pour la Paix (PpP, auquel la Roumanie a adhéré dès 1994). Il faut également rappeler que le service national est toujours obligatoire

ÉVOLUTION DE LA PARTICIPATION

De par son appartenance à plusieurs organisations internationales (ONU, UE, OTAN, OSCE), la Roumanie mobilise un certain nombre de policiers, militaires ou observateurs afin de prendre part à diverses opérations de maintien de la paix aux quatre coins du monde.


Tout d’abord, la Roumanie a participé à des missions de maintien de la paix en Afghanistan dès le début des années 2000 et est actuellement encore très présente dans le pays. Dès 2002, Bucarest a en effet participé à l’envoi de troupes dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan entre 2001 et 2014, créée par une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2001 et ensuite prise en charge par l’OTAN en 2003. Dans le cadre de la FIAS, les militaires roumains effectuaient des missions militaires et humanitaires.


La FIAS ayant pris fin, depuis janvier 2015 est en cours en Afghanistan la Mission de l’OTAN « Soutien Déterminé » (Resolute Support Mission), à laquelle participe la Roumanie avec l’envoi de 588 militaires en juin 2016. L’objectif de cette mission est d’appuyer les forces de sécurité afghanes (conseils, formation, assistance et aide financière). Deux soldats roumains déployés dans le cadre de cette mission ont été tués en mai 2016 par deux individus portant l’uniforme afghan, dans le sud du pays.


La Roumanie est également présente en Afghanistan avec le déploiement d’environ 8 professionnels dans le cadre de l’EUPOL Afghanistan, mission de police créée par le Conseil de l’Union Européenne en 2007. Le but de cette mission est de suivre, encadrer et former les forces de sécurité nationales afghanes. Enfin, deux individus œuvrent dans la cadre de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, ayant pour objectif la reconstruction du pays et le renforcement de ses institutions.


Outre ces missions en Afghanistan, nous retrouvons la Roumanie dans les opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’Union Européenne qui se déroulent actuellement en Géorgie (Mission de Surveillance de l’Union Européenne pour laquelle la Roumanie déploie 22 de ses concitoyens pour la surveillance du cessez-le feu) ou en Ukraine (mission civile pour la restauration de l’Etat de Droit engageant cinq ressortissants roumains).

La Mission d’assistance de l’Union européenne à la frontière entre l’Ukraine et la Moldavie engage également des soldats roumains, comme c’est le cas pour l’opération EUFOR Althéa en Bosnie-Herzégovine, où 44 militaires roumains sont déployés pour soutenir la paix et la stabilité dans le pays. La Mission de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe en Bosnie-Herzégovine, OSCEBIH, mobilise pour sa part deux roumains.


Cette forte implication roumaine dans les opérations de maintien de la paix se déroulant dans son étranger proche peuvent s’expliquer notamment par le partage d’un patrimoine culturel, historique, linguistique,… commun.


Au Kosovo, des effectifs roumains sont présents dans différentes missions de maintien de la paix. Ainsi, un observateur militaire œuvre dans le cadre de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) tandis que 67 militaires sont déployés sous l’égide de la Force de maintien de la paix de l'OTAN au Kosovo (KFOR). En outre, la Mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe au Kosovo (OMIK), visant à appuyer la MINUK, compte parmi ses participants 3 roumains. Il est important de noter que la présence roumaine au Kosovo ainsi que la participation de la Roumanie aux missions de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) a diminué suite au retrait fin 2012 des contingents roumains de la Mission de l’Union européenne sur l'État de droit au Kosovo (EULEX Kosovo, ou European Union Rule of Law Mission in Kosovo).


Plus loin de son assise territoriale, c’est sur les territoires palestiniens que la Roumanie déploie une personne dans le cadre de la Mission de police de l'Union Européenne pour les territoires palestiniens (EUPOL COPPS) qui vise à former la police palestinienne et à renforcer l’Etat de droit ainsi que la justice pénale.


En Afrique, la Roumanie est investie dans diverses opérations de maintien de la paix issues de la PSDC. Ainsi, cinq ressortissants roumains sont déployés dans le cadre de la mission civile EUCAP SAHEL MALI, dans le but d’apporter un soutien aux forces de sécurité intérieures du pays et deux autres militaires roumains assistent à la formation des forces militaires maliennes dans le cadre de la mission militaire EUTM Mali. Deux autres militaires roumains sont également déployés en Somalie dans le cadre de la mission EUTM Somalie, assistant les forces de sécurité du pays. La Roumanie participe également, en Afrique, à raison de trois individus, à l’EUSEC RDCongo, mission ayant pour objectif la réforme des forces armées de la République Démocratique du Congo.


Concernant les missions de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies en Afrique, nous retrouvons quatre policiers et un militaire roumains déployés dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Cinq experts roumains exercent en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération de maintien de la paix des Nations Unies dans ce pays (ONUCI).


Déjà présente en République Démocratique du Congo de par sa participation à la mission européenne EUSEC RDCongo, la Roumanie déploie dix policiers ainsi que vingt-deux observateurs militaires au Congo dans le cadre de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO). Deux policiers, deux militaires et sept observateurs militaires roumains sont présents au Sud Soudan au sein de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS). Enfin, au Libéria, un policier roumain participe à la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).


Enfin, en ce qui concerne les missions de police, nous retrouvons à Chypre cinq membres des forces de l’ordre roumaines, présents dans le cadre de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP, United Nations Peacekeeping Force in Cyprus) et vingt-neuf autres actifs au sein de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).



Emmanuel Dupuy


Secrétaire général de l'Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE)

Fiche mise à jour le 16 septembre 2016 par Manon Stoffen,

Stagiaire au Centre d'Etudes des Crises et des Conflits Internationaux (CECRI)


Références

 

15 mars 2006

Participation de l'armée roumaine aux missions en dehors du territoire national


Direction d'opérations de l'Etat-Major Général des armées roumaines. Bucarest

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30 nov. 2004

« L'Armée roumaine participe aux opérations déroulées en Irak et en Afghanistan avec presque 1 400 militaires »


ATANASIU Teodor. Discours devant la Chambre des Députés, Bucarest.

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