Fiche d'information de l'État : Sénégal Sénégal

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Sénégal

Situé en Afrique occidentale, le Sénégal est devenu indépendant le 4 avril 1960. Dès son accession à l’indépendance, l’État du Sénégal participe aux opérations de maintien de la paix  sous l’égide de l’ONU (1960), de l’UA (1963) et de la CEDEAO (1975).

Politique de maintien de la paix

La promotion de la paix est le 3e axe principal de la politique étrangère du Sénégal, ce qui explique sans doute sa participation régulière au maintien et à la consolidation de la paix internationale. Lors de ses différentes interventions aux opérations de maintien de la paix, l’État du Sénégal travaille en étroite collaboration avec les Forces armées sénégalaises, qui ont pour mission d’assurer la défense nationale et de participer au maintien et à la consolidation de la paix internationale. Elles sont divisées entre l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine de guerre.

 

Dès 1960, la jeune nation prend part à sa première opération de maintien de la paix sous l’égide des Nations unies au Congo (ONUC) avec un contingent de 600 hommes. Le Sénégal est l’un des rares pays francophone à participer de façon régulière aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Au vu de la situation économique du pays, il est compréhensible que sa participation au maintien de la paix international se focalise sur un déploiement des troupes sur le terrain et non sur une participation au budget des opérations de maintien de la paix dans le monde. Dans ses différentes participations au maintien ou à la consolidation de la paix, l’État du Sénégal intervient avec un déploiement de ressources humaines telles que des groupes d’observateurs, des détachements de contingents militaires etc., au niveau de plusieurs théâtres (Congo, Afrique centrale, Timor-Leste, …).

 

Leur expertise et leur maitrise du terrain font que les Forces armées sénégalaises sont de plus en plus sollicitées dans des opérations de maintien de la paix. C’est ainsi que selon les autorités sénégalaises, plus de 33 000 militaires et gendarmes auraient été déployés depuis l’indépendance dans les missions dédiées au maintien de la paix et à la sécurité international. Sous l’égide de l’ONU ou d’autres organisations régionales ou sous régionales, ces troupes sénégalaises participent à la restauration de la paix dans les zones en conflit ainsi qu’à la vérification de la mise œuvre des accords signés entre les différentes parties en conflits (ex: Soudan, République démocratique du Congo, Cote d’Ivoire…).

 

Structures décisionnelles politiques et militaires

Au travers de ses accords bilatéraux et multilatéraux, la diplomatie sénégalaise s’engage dans des opérations qui ont pour but la stabilité de la paix internationale. Ainsi, doté d’un appareil diplomatique fonctionnel et présenté comme un des rares États stables dans la sous-région malgré le conflit casamançais, le Sénégal apparait aux yeux de la communauté internationale comme un modèle de démocratie en Afrique. Il faut aussi noter que le Sénégal fait partie des États d’Afrique où l’armée n’a jamais pris part à une tentative de coup d’État. Les manœuvres de l’armée sénégalaise sont axées sur la construction de la paix et la défense nationale mais aussi sur le maintien de la stabilité internationale.

 

Les Forces militaires

 

La nouvelle constitution sénégalaise adoptée le 7 Janvier 2001 réaffirme l’engagement de l’État dans le maintien et la consolidation de la paix internationale. Ainsi, la mise en œuvre de la politique de la défense est arrêtée par le Président de la République ; en tant que responsable de la défense nationale et internationale, il exerce la direction générale et militaire de la défense. Organisées autour du ministère des Forces armées, les forces militaires sont chargées de la mise en œuvre de la politique de défense du président en assurant en tous temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire et du pouvoir au respect des accords internationaux. Les forces armées sénégalaises sont le plus souvent sollicitées dans les opérations pour le maintien de la stabilité internationale et elles sont connues pour leur expertise et leur savoir-faire dans des interventions extérieures pour la paix.

 

La Gendarmerie Nationale

 

Les missions de maintien et de consolidation de la paix auxquelles participe le Sénégal ne se font pas seulement par le déploiement de forces militaires. La Gendarmerie Nationale contribue aussi à ces missions de façon plutôt spécifique : outre sa participation aux côtés des forces militaires, elle exerce la mission de contrôleur de polices civiles. Les contingents fournis par la Gendarmerie Nationale œuvrent ainsi en faveur de la paix et du respect du droit international (en Côte d‘Ivoire, au Sahara Occidental, au Timor…).

 

Entrainement au maintien de la paix

 

L’État du Sénégal ne possède pas de véritable centre d’entrainement de forces armées spéciales au maintien de la paix. Toutes les performances et tout le savoir-faire qui sont utilisés par les troupes sénégalaises au sein du système de maintien de la paix internationale sont transmis aux forces armées dans des centres nationaux d’entrainement militaires. Toutefois, plusieurs États tels que la France, les États-Unis, le Canada ou le Japon contribuent au renforcement des capacités et au perfectionnement des Forces armées sénégalaises pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Dans le cas d’un entrainement pour une mission de maintien de la paix, les exercices se déroulent à trois niveaux : soldats, sous-officiers et officiers. En fonction des missions à mener, l’entrainement se compose de modules adaptés à chaque catégorie d’opérations sur le terrain.

Cest ainsi que des programmes spéciaux comprenant les connaissances et le savoir-faire nécessaires aux missions existent à tous les niveaux, que ce soient des séances d’information sur les maladies sexuellement transmissibles (ex : le SIDA), des cours sur le système des opérations de paix de l’ONU, des études de cas sur la consolidation des forces ou encore des témoignages d’officiers sur leurs expériences.

 

L'engagement international du Sénégal en faveur du maintien de la paix

Sous l’égide de l’ONU

 

L’État du Sénégal a adhéré à l’Organisation des Nations unies le 28 septembre 1960, quelques mois après son indépendance ; dès lors, il s’est engagé à remplir les obligations de la Charte en vue de la promotion et de la consolidation de la paix internationale. Classé 14èeme sur les 115 pays contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, le Sénégal a participé à plus de vingt missions des Nations unies avec près de 25 000 militaires (sur les quelques 33 000 déployés au total dans le cadre de missions de paix), ce qui lui confère une certaine expérience en matière d’opération de paix.

 

Outre la sollicitation des troupes, l’ONU procède régulièrement à la nomination de personnalités militaires et civiles sénégalaises pour diriger les missions de la paix. C’est ainsi que Moustapha Niasse (ancien ministre des Affaires étrangères) fut nommé en 1999 représentant de l’ONU dans les Grands Lacs en République Démocratique du Congo. Le Général Mountaga Diallo fut quant à lui commandant des forces de la Mission de l’ONU au Congo (MONUC) de mars 2000 à décembre 2003 et le Général Babacar Guaye, nommé en 20013 Représentant Spécial et chef du bureau intégré de l’ONU en Centrafrique (BINUCA), a accumulé une longue expérience au sein de diverses missions onusiennes. Le Général Abdoulaye Faye a lui aussi occupé le poste de commandant des Forces de l’ONU dans le cadre de l’ONUCI, en Côte d’Ivoire.

 

Historique de la participation du Sénégal aux OMP de l’ONU

 

ONUC : Congo en 1960 (600 hommes pour une durée de trois mois)

UNEF: Sinaï en Egypte de 1973 à 1976 (4 contingents de 400 hommes) ;

FINUL: Liban de 1978 à 1984 (12 contingents de 600 hommes) ;

MINURCA: RCA de 1998 à 2000 (2 contingents de 126 hommes) ;

MONUC: RDC de 2001 à 2008 (12 contingentsde 540 hommes + 4 FPU de 125 hommes) ;

MINUL: Libéria de 2003 à 2008 (1contingent de 250 hommes et 8 contingents de 600 hommes) ;

ONUCI: Côte d’Ivoire de 2002 à 2008 (9 contingents de 329 hommes) ;

MINUSTAH: Haïti de 2006 à 2008 (3 FPU DE 85 hommes);

MINUAD: Soudan 2008 (1 contingent de 545 hommes) ;

MINUSMA: Mali en 2013 qui a relayé la MISMA qui est en cours ;

GOMUNII: Iran/Irak, d’aout 1988 à décembre 1990 (2 contingents de 15 officiers) ;

MONUIK: Entre Irak/Koweït, de mai 1991 à 2004 (08 détachements de 6 à 7 officiers) ;

UNAVEM: Angola, d’aout 1991 à mars 1997 (4 contingents d’une dizaine d’officiers) ;

APRONUC: Cambodge, du 25 décembre 1991 au 28 décembre 1993 (2 contingents de 2 officiers) ;

MINUAR 1: Rwanda, janvier 1993 à mai 1994 (30 observateurs) ;

MONUOR: Ouganda, de septembre 1993 à novembre 1995 (2 contingents de 10 officiers) ;

FORPRONU: Ex-Yougoslavie, janvier 1995 à 2003 (20 Police/Gendarmerie);

MONUC: RD Congo, aout 1999 à 2008 (25 observateurs) ;

ONUCI: Côte d’Ivoire (81 Civpols et 08 observateurs militaires depuis 2003)

MINUSTAH: Haïti (une cinquantaine de Civpols de 2003 en cours) ;

MINUT: Timor Leste (17 Civpols de 2006)

MINUAD: Soudan (08 officiers et 60 UNPOLS);

MINURCAT: Tchad de 2007 à 2008 (22 UNPOLS);

 

Sous l’égide de l’Union africaine et de la CEDEAO

 

La participation de l’État du Sénégal au maintien et à la consolidation de la paix internationale ne se limite pas seulement au cadre onusien. Dès 1981, sous l’égide de l’OUA actuelle UA, le Sénégal a par exemple déployé un contingent de 650 militaires qui étaient chargés d’assurer l’ordre et le respect des accords de paix au Tchad. Et en mai 2004, dans le cadre de la MUAS au Soudan, les troupes sénégalaises collaboraient avec les autres contingents pour surveiller et faire respecter l’accord de cessez-le feu.

 

Dans le cadre de sa politique de maintien de la paix sous régionale, un contingent sénégalais de 1 500 hommes fut envoyé au Liberia d’octobre 1991 à janvier 1993, sous mandat de l’ECOMOG, afin de faire respecter le cessez-le feu dans le pays. Sous l’égide de la CEDEAO, l’État du Sénégal a déployé en tout plus de 5000 soldats dans de nombreux théâtres de conflits ; du 17 janvier au 1 juillet 2013, le Sénégal a participé à la MISMA, mission mandatée par la CEDEAO qui fut remplacée par la MINUSMA le 1er juillet 2013.

 

Missions de maintien de la paix hors cadre institutionnel

 

Aux côtés de la France, le Sénégal a participé à l’opération Turquoise menée au Rwanda en 1994, avec 250 militaires. En aout 1981, l’armée sénégalaise est intervenue en Gambie voisine pour empêcher une tentative de coup d’État contre le Président Daouda Diawara. Elle a aussi été envoyée en Guinée-Bissau de juin 1998 à mars 1999, dans le cadre d’une mission dénommée Gabou, déployée pour aider à la stabilisation du pays qui était au bord de la guerre civile.

 

Il est par ailleurs utile de mentionner la participation de l’État du Sénégal à la mise en place de quelques organisations destinées au maintien de la sécurité sous régionale. C’est ainsi qu’il a participé à la création de l’organisation des gendarmes africains (OGA), un projet lancé en 1999 et ratifié en 2008 par 16 pays africains dont le Sénégal. L’OGA a pour objectif de favoriser les échanges de savoir-faire entre les gendarmeries africaines, et de coordonner les opérations de sécurité de ses membres, ce qui permet à chaque État membre de s’impliquer directement et de façon spécifique à la consolidation de la sécurité dans la sous-région. Outre l’OGA, le Mouvement Contre les Armes Légères en Afrique de l’Ouest (MALAO) est un mouvement de la société civile sénégalaise spécialisé dans la lutte contre la prolifération des armes légères et les mines antipersonnel dans la sous-région.

 

 

 

Mountaga Diagne

Doctorant et chargé de cours, Université du Québec à Montréal


Mise à jour le 25 mars 2014 par Fatou Dia

Stagiaire au Centre d’étude des crises et des conflits internationaux (CECRI), Institut de Science politique Louvain-Europe (ISPOLE), Université catholique de Louvain