Fiche d'information de l'État : Slovaquie Slovaquie

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Slovaquie

La République de Slovaquie est un État d'Europe centrale, devenu autonome le 1er janvier 1993. La Slovaquie a adhéré à quatre organisations habilitées à conduire des opérations de paix: ONU (1993), OSCE (1993), OTAN (2004) et l'Union européenne (2004). Elle est également membre du Conseil de l’Europe (1993) et de l’OCDE, organisation qu’elle rejoint en 2013. Le pays est ainsi présent dans plusieurs enceintes de décisions ayant une importance capitale, notamment en matière de coopération militaire et de maintien de la paix.

POLITIQUE DE MAINTIEN DE LA PAIX

La République de Slovaquie participe au maintien de la paix et de la sécurité internationales en vertu de ses engagements internationaux. L’Acte d’Helsinki (OSCE), la Charte de l’ONU, le Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les Traités de Maastricht et d’Amsterdam de l’Union Européenne sont les dispositifs juridiques internationaux qui permettent au pays de s’impliquer dans le maintien de la paix. La Slovaquie entend contribuer à la prévention des conflits et au règlement pacifique des différends dans plusieurs régions du monde. Elle est d’ailleurs reconnue pour ses engagements de longue durée dans des missions onusiennes en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient et désormais en Europe, au niveau régional, où elle accentue sa participation au sein d’Opérations de Paix (OP), notamment sous l’égide de l’UE et de l’OTAN. Elle s’implique largement dans le processus de paix de la région des Balkans, tant aux niveaux militaire que politique.


STRUCTURES DÉCISIONNELLES POLITIQUES ET MILITAIRES


La Slovaquie est une République parlementaire dont le président est élu tous les cinq ans. La décision de prendre part aux OP internationales est du ressort de l’exécutif politique et militaire (formé par un collectif composé de hauts responsables gouvernementaux et chefs d’états-majors-généraux, provenant du cabinet du premier ministre, du ministère de la Défense, du ministère des Affaires Étrangères, du ministère de l’Intérieur, du Bureau de la Protection civile). Par la suite, le Parlement slovaque doit approuver la décision d’engager des troupes slovaques dans les OP, avant qu’il y ait déploiement ; il doit également donner son accord par rapport à une présence militaire sur son territoire national. Habituellement, le processus décisionnel qui assure le déploiement des Forces Armées Slovaques (FAS) est assez prompt, nécessitant entre une à deux semaines, dépendamment des situations rencontrées. Réalisant le rôle toujours plus important de la police civile dans les opérations de maintien de la paix, le Parlement slovaque a adopté une loi permettant la participation de la police slovaque dans les OP.

L’ENGAGEMENT DE LA SLOVAQUIE POUR LES OPÉRATIONS DE PAIX

La république slovaque s’engage dans les OP dès son indépendance, le 1er janvier 1993. Les FAS sont sollicitées pour participer dans des opérations de paix sous le mandat onusien, en Somalie avec l’ONUSOM et dans les Balkans, avec la force de protection des Nations Unies (FORPRONU). Depuis 1993, la Slovaquie est également présente en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la Mission de surveillance de l’Union Européenne et au Kosovo (avec la KFOR), avec un personnel d’officiers militaires et civils et des unités d’hélicoptères slovaques. La Slovaquie s’engage à participer à l’effort de paix dans les Balkans, surtout lorsque l’OTAN et l’Union Européenne prennent la décision de déployer des forces communes pour intervenir dans plusieurs crises en Ex-Yougoslavie dans les années 1990. Depuis, le pays poursuit sa participation dans plusieurs missions internationales dans le cadre de l’ONU, de l’UE et de l’OTAN, des missions qui ne se limitent plus au cadre européen mais couvrent divers continents.


SOUS L’ÉGIDE DE L’ONU


La Slovaquie est admise aux Nations Unies 19 jours après son indépendance, et siège pour la première fois au Conseil de sécurité en 2005, et dont elle est un membre non permanent entre 2006 et 2007. Le pays prend part à des activités sous l’égide de l’ONU, couvrant plusieurs zones géographiques. Dans la région des Balkans, la Slovaquie participe à sa première mission sous l’égide des Nations Unies, en 1993, lorsqu’elle déploie sa première unité de bataillon d'infanterie opérant dans la Force de Protection de l'ONU. Cette unité slovaque – déjà présente au temps de l'armée tchécoslovaque – s’engage fortement dans la région, en effectuant plusieurs tâches de démilitarisation et d'assistance humanitaire. En mai 1993, Bratislava décide d’y renforcer sa présence en déployant un nombre approximatif de 600 volontaires qui ont formé un bataillon d'ingénieurs au sein de la FORPRONU. À la fin de la mission initialement prévue, le mandat est transféré à l'ATNUSO, jusqu'à son terme en février 1998. C’est dès son entrée à l’ONU en 1993 que le pays se mobilise dans la mission ONUST, démarrée bien en amont et encore en cours aujourd’hui. La Slovaquie déploie des troupes militaires en Ouganda et au Rwanda (MONUOR, 1993), au Rwanda (MINUAR, 1993), au Libéria (MONUL, 1993), en Angola (MONUA, 1997, et UNAVEM II en 1991, suivie de UNAVEM III), en Croatie (ONURC, 1995), en Angola (MONUA, 1997) en Sierra Léone (MONUSIL, 1998, puis la MINUSIL en 1999). En 1999, elle prend part à l’ATNUTO (Timor Leste), avec l’envoi de deux officiers de police civile, et, toujours au Timor Leste, prend part à la mission MANUTO en 2002. La Slovaquie s’engage aussi au sein d’opérations qui ne sont pas encore terminées. Il s’agit par exemple de l'UNFICYP, avec un bataillon de soldats envoyé en Chypre en 1964, ayant envoyé depuis plus de 200 militaires dans le pays.

DANS LE CADRE DE L'UE ET DE L'OTAN­

L’Union européenne reste la priorité en termes diplomatiques de Bratislava. Du 31 mars au 15 décembre 2003 se déroule l’opération Concordia en Macédoine, relayée par EUPOL- PROXIMA jusqu’au 14 décembre 2005 (déploiement de policiers slovaques). En 2003 débute également la mission MPUE (Bosnie-Herzégovine), qui se traduit par l’envoi de 36 policiers pour la Mission de police de l'UE en Bosnie-Herzégovine. EUFOR Althéa, toujours en cours aujourd’hui, voit la Slovaquie se mobiliser dès le début avec l’envoi de 40 soldats slovaques. Les opérations OMIK, dans le cadre de l’OSCE en 1999, ainsi que EULEX-KOSOVO en 2008, restent également inachevées et mobilisent les troupes slovaques. Participation aussi à l’EUFOR-RDC en 2006. En 2007, le pays prend part à la mission EUFOR Tchad-RCA (15 militaires), et à EUPOL-AFGHANISTAN (inachevée), avec l’envoi de deux policiers. Il faut également noter une participation slovaque en 2005 à la mission EUBAM en Moldavie, dans le cadre de la lutte contre le trafic de tabac, (à ce jour encore inachevée) ainsi que la prise de participation à la MSUE en Géorgie, elle aussi toujours en cours (envoi de trois observateurs militaires). Enfin, la Slovaquie est présente sous l’égide de l’OSCE dans le cadre de la mission OSCEBIH en Bosnie, où trois de ses ressortissants sont mobilisés.

 

Dans le cadre de l’OTAN, le pays contribue activement au bon fonctionnement des structures politiques et militaires de l’Alliance. En 1993, les troupes slovaques intègrent la Force de mise en œuvre de l'OTAN (l'IFOR) qui avait pris le relais de la FORPRONU en Bosnie, puis en 1996 avec SFOR. L'unité slovaque participe dans ce cadre à la première opération de l'OTAN spécifiquement conçue pour une mission humanitaire, avec l'Opération «Abri Allié » en Albanie (AFOR). Elle est spécifiquement chargée d'offrir un soutien logistique et humanitaire (construction et sécurisation des camps de réfugiés, rétablissement des routes). En 1997, la Slovaquie s’implique dans les OP sous l’égide de l’UE dans la région des Balkans en fournissant des contingents militaires et policiers au Kosovo et en Bosnie, afin de favoriser la paix et la sécurité dans cette région. En mars 2003, lorsque l'UE reprend de l'OTAN l'opération « Allied Harmony », en Macédoine, la Slovaquie prend la décision d'envoyer un officier d'État-major dans le Quartier Général à Skopje. Elle s’engage à déployer des unités pour entreprendre la réconciliation, fournir des secours humanitaires et travailler pour la paix dans des pays hors du continent européen. En 2001 encore, le pays participe à la mission FIAS en Afghanistan.

 

Plus récemment, la Slovaquie s’est montrée ambiguë à propos de la Russie. Elle peut parfois être considérée comme un soutien privilégié de Moscou dans le sens où elle s’oppose à toute sanction antirusse à la suite de l’annexion de la Crimée. En outre, en septembre 2014, elle affirme qu’elle préfère se retirer définitivement de l’organisation plutôt que d’accepter l’ouverture d’un nouveau quartier général sur son territoire et a ajouté que tout serait fait pour que les bases de l’OTAN ne soient pas déployées sur le sol national. D’autres fois, la présidence slovaque fait des déclarations qui se veulent bien plus européennes et vindicatives à l’encontre de la Russie. Ces hésitations témoignent de la volonté slovaque de tirer un profit de chacun des acteurs qui l’entourent, mais également de sa position subordonnée au sein de l’OTAN, d’où le fait qu’elle soit rappelée à l’ordre au moindre écart.

 

A ce jour, la Slovaquie a déployé 750 militaires dans le monde entier dans le cadre de l’OTAN. Cette implication grandissante prouve sa volonté de mieux contribuer aux opérations sur le terrain (en termes numériques) et de renforcer un bon équilibre dans sa participation militaire et policière au sein des contingents de l'ONU, de l'OTAN et de l'OSCE. Même si la république slovaque n'envoie pas de contingents plus importants dans d'autres pays, des efforts sont menés pour déployer plus de forces dans des pays en conflit. Notons par ailleurs que la Slovaquie intervient sur des zones géographiques très variées. Même si le pays a beaucoup contribué dans le cadre de l'ONU, celui-ci cherche dorénavant à déployer ses contingents dans le cadre de l'OTAN et de l'Union européenne, afin de manifester sa volonté d’être partie prenante à toutes les décisions et intervention dans ce cadre européen et/ou du Traité Nord Atlantique.

Au total, la Slovaquie a pris part à 30 opérations de maintien de la paix, dont neuf sont toujours en cours.

COOPÉRATION INTERNATIONALE

En matière de coopération internationale, la Slovaquie est membre du groupe Visegrad, un format de coopération assoupli qui lui permet de se coordonner avec ses alliés privilégiés : Pologne, République Tchèque, Hongrie. Ce groupe permet à la Slovaquie de traiter de sujets qui ont trait à l’Union Européenne. Plus largement, sur le plan bilatéral, Bratislava entretient plusieurs collaborations avec des pays (comme les États Unis, la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche) pour des séminaires et des formations (exercices avec la Slovénie dans le cadre de l'OTAN). Le pays a également envoyé des bataillons pour des séminaires dans le cadre de l'ONU, avec les pays d'Europe du Nord (Suède, Danemark) pour la formation en maintien de la paix. Il est à noter qu’au regard de cette région, la Slovaquie ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo, bien qu’elle y ait mené de nombreuses opérations de maintien de la paix. Plutôt favorable au partenariat oriental, elle est ouverte à établir des partenariats avec plusieurs pays, même si elle souhaite s’impliquer d’avantage dans les structures de l'OTAN et de l'Union Européenne (où il existe un besoin toujours important d'observateurs militaires et d'officiers de police civile). La Slovaquie réaffirme sa volonté de coopérer avec d'autres pays (africains, francophones) dans le cadre de la formation des militaires, des civils, des officiers et de la police pour contribuer au partage des expériences en maintien de la paix. D’ailleurs, la Slovaquie a proposé que ses officiers à la retraite ayant participé à des OP (notamment au Népal et en ex-Yougoslavie) fassent partie des comités de coordination, des tribunaux spéciaux, des structures politiques et militaires chargées de régler les différends ou d'offrir une assistance technique lors des missions d'évaluation de l’ONU, de l’OTAN ou de l’UE. À cet égard, la Bratislava souhaite offrir son expertise militaire au niveau international, pour renforcer une meilleure participation de ses contingents dans la paix et la sécurité internationale.

 

Marion Marigo
Etudiante en M2 Coopération Internationale
Fiche mise à jour le 21 décembre 2015