Historique de l'opération ECOMICI

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ECOMICI       Côte d'Ivoire

Mission de la CEDEAO en Côte d'Ivoire (2002-2004)

 

Le décès le 7 décembre 1993 du président Félix Houphouët-Boigny, en poste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960, a ouvert une succession incertaine marquée par des luttes politiques féroces. La situation a dégénéré lorsque les installations militaires d’Abidjan, Bouaké et Korhogo ont été attaquées le 19 septembre 2002. Les forces rebelles ont été partiellement repoussées par les forces loyalistes et le pays s’est retrouvé divisé en deux.



Les efforts de médiation des représentants des Nations Unies et de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont abouti à la signature d’un accord de cessez-le-feu avec le Mouvement Patriotique de la Côte d’Ivoire (MPCI) le 17 octobre 2002, accord qui a par la suite été accepté par le Président Gbagbo, dans un discours à la nation prononcé le même jour.

 

En acceptant la cessation des hostilités, le Président Gbagbo a annoncé qu’il avait demandé à la France d’affecter des forces à la surveillance du cessez-le-feu, dans l’attente du déploiement des troupes de la CEDEAO. Comme l’a indiqué le Représentant permanent de la France au Président du Conseil de sécurité dans une lettre datée du 21 février 2003, les forces de l’opération Licorne se trouvaient déjà basées en Côte d’Ivoire en vertu d’arrangements bilatéraux de défense pris de longue date.

 

Lors de leur réunion à Dakar le 18 décembre 2002, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé que la Force de paix de la CEDEAO en Côte d’Ivoire (ECOFORCE), qui se transformera rapidement en Mission de la CEDEAO en Côte d'Ivoire (ECOMICI), serait déployée le 31 décembre 2002. À l’invitation de la France, une table ronde a été organisée avec la participation de toutes les forces politiques ivoiriennes à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003. La table ronde s’est conclue avec la signature d’un accord de paix. L’application des accords de Linas-Marcoussis s’est révélée problématique. Le 3 mai 2003, les Forces armées ivoiriennes (FANCI) et les forces rebelles ont finalement accepté un cessez-le-feu complet pour l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire. La résolution 1479, adoptée par le Conseil de sécurité le 13 mai 2003, crée la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (MINUCI). La MINUCI a pour mandat de faciliter la mise en œuvre par les parties ivoiriennes de l’Accord de Linas-Marcoussis. La MINUCI comprend une composante militaire et travaille en collaboration avec les contingents de la France et de la CEDEAO déjà sur place. Son déploiement débute le 23 juin 2003.

 

Le 27 février 2004, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1528, qui établit l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour une durée initiale de 12 mois à compter du 4 avril 2004. Le Conseil prie également le Secrétaire général de transférer, à cette date, l’autorité de la MINUCI et des forces de la CEDEAO à l’ONUCI. La résolution autorise aussi les forces françaises de l’Opération Licorne à user de tous les moyens nécessaires pour soutenir l’ONUCI.