Fiche d'information de l'État : Togo Togo

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Togo

La République togolaise, pays d’Afrique de l’Ouest, est membre de trois organisations habilitées à conduire des opérations de paix : l’ONU (1960), l’UA (1963) et la CEDEAO (1975).

Politique de maintien de la paix

Petit pays de six millions d’habitants, le Togo s’est imposé lors des dernières années comme l’un des principaux contributeurs africains aux opérations de paix en termes de personnels. De par sa taille (le Togo est l’un des plus petits États d’Afrique), le pays accorde une grande importance au multilatéralisme, les forums internationaux tels que l’ONU, l’UA et la CEDEAO servant de caisse de résonnance à ses propres idées et priorités. Le choix du pays pour le multilatéralisme est également dicté par la situation géographique du pays, situé dans une zone politiquement instable, comme l’ont démontré les récentes violences, non seulement en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée-Bissau, mais également au Burkina Faso, au Niger, au Liberia ou encore en Guinée équatoriale.

 

Dans ce contexte, les autorités considèrent les missions de paix comme un instrument d’une stabilisation régionale nécessaire au développement économique du pays : l’envoi de contingents dans des opérations de paix régionales et internationales constitue ainsi une priorité de politique étrangère pour les autorités togolaises. De fait, le Togo est désormais l’un des piliers du maintien de la paix sur le continent africain, ayant participé à 26 missions de paix depuis 1977, principalement en Afrique, que ce soit sous le commandement de l’ONU, de l’UA ou de la CEDEAO.

Outre les objectifs stratégiques évoqués ci-dessus, le Togo vise également, en participant à des OMP, à aguerrir ses troupes et à exposer ses militaires à des Casque bleus provenant d’autres pays afin qu’ils développent une adaptabilité plus grande. Enfin, l’argent que rapporte le déploiement onusien de contingents représente un incitatif relativement fort pour les autorités du pays.

 

Au 30 avril 2012, le Togo était au 32ème rang des contributeurs des pays contributeurs de troupes avec 695 personnels déployés dans des OMP, ce qui pour une armée constituée d’environ 10 000 troupes seulement, constitue une participation fort honorable aux efforts de paix.

Structures décisionnelles

L’article 72 de la Constitution togolaise de 2003 stipule que le président de la République est le chef des armées. En tant que tel, le président est l’ultime décideur quant à la participation de l’armée togolaise aux opérations de paix. Sa décision est toutefois informée par les différents ministères, notamment le ministère de la Défense et celui des Affaires étrangères, au fil d’un processus qui, s’il n’est pas explicitement prévu dans la législation, fonctionne depuis plusieurs années.

 

Lorsque l’ONU, l’UA ou la CEDEAO demandent au Togo de participer à une opération de paix, cette demande est transmise au ministère des Affaires étrangères qui la transfère au chef de l’Etat et au ministère de la Défense. La demande passe ensuite devant la Commission spéciale de l‘Assemblée nationale sur la Défense et la Sécurité. Si cette commission se prononce contre l’envoi d’un contingent dans une OMP, alors un débat peut avoir lieu au sein de l’Assemblée nationale. Néanmoins, la décision ultime d’un éventuel déploiement revient toujours au président de la République.

 

Evolution de la politique de maintien de la paix

L’engagement du Togo dans les opérations de paix débute en 1981 avec le déploiement d’une centaine de soldats dans le cadre de la Force neutre de l’OUA au Tchad (aussi appelée Force Interafricaine ou F.I.A.). Cette première participation se solde dès 1982 par la première des deux accessions du Togo au poste de membre non-permanent du Conseil de sécurité. S’ensuit une période de latence qui durera jusqu’aux années 1990, décennie au cours de laquelle le pays enverra successivement un nombre réduit de troupes en Namibie (GANUPT), au Rwanda (MINUAR), en Centrafrique (MISAB et MINURCA I et II) et en Guinée-Bissau (ECOMOG). Si les années 1990 voient le Togo multiplier ses participations aux OMP, et envoyer pour la première fois des soldats en dehors du continent africain (en Haïti en mars 1995 au sein de la MINUHA), c’est bien les années 2000 qui voient le pays franchir un pallier et devenir l’un des principaux acteurs africains dans le maintien de la paix. Ainsi, entre 2003 et 2004, le Togo déploie simultanément des militaires en Côte d’Ivoire (ECOMICI puis ONUCI), au Liberia (MINUL), en Haïti (MINUSTAH) et au Burundi (MIOB puis ONUB). La multiplication de ces déploiements s’accompagne de plus par un accroissement sensible du nombre de troupes envoyées, notamment en Côte d’Ivoire. En 2004, le nombre total de troupes déployées montent à près de 350.

L’arrivée au pouvoir de Faure Gnassimbé, en 2005, marque une autre étape dans la politique de maintien de la paix du Togo. En effet, le Togo s’attèle au cours des années suivantes à mettre en place une structure législative, militaire et administrative visant à favoriser l’engagement du pays dans les OMP. Ce processus aboutit en février 2009, à la création du Centre d'entraînement aux opérations de maintien de la paix (CEOMP) d’Adidogomé, centre monté avec le soutien des programmes RECAMP et ACOTA et ayant pour vocation d'entraîner les unités combattantes en attente de déploiement sur les savoir-faire tactique et technique des opérations de paix. De plus, en septembre de la même année est mis en place le Bureau Opérations Extérieures et Relations Internationales de l’Etat major Général des Forces armées togolaises, structure ayant pour objectif de superviser les déploiements. Cette restructuration se ressent au niveau quantitatif, le Togo passant d’environ 350 troupes déployées en 2005 à près de 700 en 2012, grâce notamment à un engagement important en Côte d’Ivoire et au Darfour.

 

L’importance croissante du Togo dans les OMP se caractérise en 2012 par deux consécrations. La première est l’obtention d’un siège non-permanent au Conseil de sécurité pour la période 2012-2013. Dans le cadre de la présidence tournante du Conseil en février 2012, le Togo indique que ses priorités sont le maintien de la paix et la lutte contre la pauvreté. La deuxième consécration concerne la nomination du général Gnakoudé Berena à la tête de l’ONUCI. Le général Berena est le premier Togolais à diriger une mission de l’ONU.

 

Longtemps spécialisé dans le maintien de la paix traditionnel (observateurs militaires), le pays est en train de devenir un contributeur majeur d’unités de police constituées (FPU), avec deux FPU opérationnelles à date. Le Togo prévoit également mettre prochainement un bataillon en attente de 680 soldats à la disposition de la force en attente de l’ONU.


Damien Larramendy

Agent de recherche au ROP

25 mai 2012