Historique de l'opération MANUSOM

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MANUSOM       Somalie

Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie

 

La Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) est créée par la résolution 2093 adoptée le 6 mai 2013 par le Conseil de sécurité. Elle vient remplacer le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (BUPNUS) suite aux développements sécuritaires et politiques positifs ayant eu lieu au pays entre 2011 et 2013, grâce notamment aux efforts de a Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM). La MANUSOM a pour mandat d’appuyer les efforts de réconciliation et de médiation, d'apportere des conseils stratégiques pour l’édification de l’État, plus particulièrement dans le domaine de la sécurité et de l’état de droit, d'oeuvrer en faveur du renforcement des capacités nationales de promotion des droits de l’homme et de fournir un appui à la coordination des initiatives de la communauté internationale.



Depuis la chute du régime dictatorial de Siad Barré en 1991, la Somalie est déchirée par les guerres entre les nombreuses milices se disputant leurs fiefs respectifs sans parvenir à contrôler l’ensemble du territoire. La Somalie devient un pays ingouvernable, une situation qui plonge la population dans une extrême pauvreté et une insécurité quotidienne, à la merci des rackets des milices et des seigneurs de guerre. Cette insécurité chronique, qui pousse plusieurs Somaliens à prendre  les armes pour former des milices d’autodéfense censées remplacer les forces nationales, génère ainsi un cercle vicieux de violences.

 

L’échec des interventions internationales (1992-1995)

 

Dans sa résolution 751 du 24 avril 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU autorise le déploiement d’une mission de paix en Somalie (ONUSOM I), qui a pour mandat initial de surveiller le respect d’un cessez-le-feu à Mogadiscio; la mission se retire toutefois du sud du pays le 10 septembre 1992. Le 3 décembre 1992, après une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire en Somalie, le Conseil de sécurité adopte la résolution 794 qui autorise les États membres à créer la Force d’intervention unifiée (UNITAF), qui peut « employer tous les moyens nécessaires pour instaurer aussitôt que possible des conditions de sécurité pour les opérations de secours humanitaire en Somalie ». À son plus haut niveau, l'UNITAF compte environ 40 000 membres, dont 30 000 Américains déployés dans le cadre de l’opération Restore Hope.  Si le déploiement de l’UNITAF est accepté par le Conseil de sécurité, son commandement relève des États participants.

 

Le 26 mars 1993, le Conseil de sécurité décide dans la résolution 814 de mettre fin à l’ONUSOM I et de créer une deuxième opération de Nations Unies en Somalie (ONUSOM II) chargée de reprendre les activités de l’UNITAF. Cette dernière voit ses effectifs réduits à moins de 2 000 soldats à partir de mai 1993, quand la première phase de l’opération américaine Restore Hope prend fin. La deuxième phase de l’opération américaine, appelée Continue Hope, est ensuite mise en place afin d’appuyer l’ONUSOM II dans son mandat. Conformément à la résolution 814, les troupes restantes de l’UNITAF sont alors placées sous commandement onusien.


À partir du 8 août 1993, les États-Unis déploient des troupes de rangers hors du commandement de l'ONU afin de traquer un chef de guerre somalien, le général Mohamed Farrah Aidid. Cette opération, dénommée Operation Gothic Serpent, culmine les 3 et 4 octobre 1993 lorsqu’une opération militaire visant à capturer deux proches d’Aidid participant à une réunion à Mogadiscio se transforme en véritable bataille urbaine au cours de laquelle 19 soldats sont tués, dont 18 rangers américains. Cette bataille provoque le retrait des forces américaines et françaises. La mission ONUSOM II prend fin le 2 mars 1995.

Tentatives de réconciliation

 

Après l'échec des opérations des années 1990, la guerre civile entre les chefs de guerre continue. Malgré plusieurs efforts internationaux pour favoriser la réconciliation et la formation d'un gouvernement central, cinq ans s'écoulent après le départ de l'ONUSOM II avant que ne soit formé un Gouvernement national de transition (TNG). Un président est élu le 26 août 2000 par une Assemblée Nationale de Transition composée de représentants claniques. Cependant, en avril 2001, des chefs de guerre forment le Conseil de la Restauration et de la Réconciliation Somalienne et continuent de s'opposer au TNG jusqu'en 2004.



En janvier 2004, le président ougandais et président de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), Yoweri Museveni, négocie un accord prévoyant la création d’un gouvernement fédéral de transition (TFG). Un parlement de transition est investi le 22 août 2004, et le 10 octobre, celui-ci nomme  Abdullahi Yusuf Ahmed, comme président intérimaire. Le TFG et les institutions de transition (TFI), connaissent un succès relatif mais font face à un manque de financement et de capacités institutionnelles qui limitent leurs actions. En 2005, l’IGAD  déploie une mission de soutien à la paix en Somalie (IGASOM) afin d’appuyer l’action du TFG et de lui permettre d’exercer un contrôle sur l’ensemble du territoire, à l’exception du Somaliland.



Affrontements de 2006


Cependant, en raison de la situation sécuritaire, ce n'est qu'en 2006 que le TFG est en mesure de quitter le Kenya pour siéger en Somalie. Alors que le TFG s'installe à Baïdoa, l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) est créée par un regroupement de chefs de guerre, d’hommes d’affaires et de membres du TFG afin de contrer l’influence grandissante de l’Union des tribunaux islamiques (UTI). L'UTI est un regroupement décentralisé de tribunaux ayant réussi à imposé dans les territoires sous leur contrôle un ordre relatif fondé sur la charia et qui souhaitent instaurer la charia sur l’ensemble de la Somalie. Entre mars et mai 2006, de violents affrontements entre les forces de l'ARPCT et de l'UTI ont lieu autour et dans la capitale. Le 20 juin, l'Éthiopie déploie des troupes pour soutenir le TFG. Durant l’été 2006, l’UTI consolide tout de même son contrôle sur la capitale, qui connaît un semblant de paix et de tranquillité pour la première fois depuis plus de 15 ans. En août, l’aéroport de Mogadiscio et le port de la capitale entrent en activité pour la première fois depuis 1995.



En septembre, l’UTI occupe le Jubaland et la ville de Kismayo et affronte les troupes éthiopiennes. Ces affrontements s’intensifient début décembre autour de Baïdoa, et d’importants renforts éthiopiens sont déployés le 20 décembre. Suite à une bataille meurtrière, l’UTI évacue Mogadiscio et les troupes somaliennes et éthiopiennes entrent dans la capitale le 28 décembre. Les combattants islamistes se replient alors dans le sud-est, où ils subissent une défaite à Kismayo le 1er janvier 2007 avant de fuir vers le Kenya.

 

Création de l'AMISOM



Cette victoire des forces gouvernementales ouvre ainsi la voie à l’extension de l’influence du gouvernement transitoire, mais inaugure une période d’incertitude en matière de sécurité. C'est dans ce contexte que le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l’UA prend la décision PSC/PR/Comm(LXIX) autorisant le déploiement l’AMISOM. Le CPS donne pour mandat à l'AMISOM d’aider et soutenir le gouvernement fédéral de transition, de faciliter les opérations humanitaires en Somalie et de consolider la paix et la stabilité en Somalie en appuyant le dialogue, ainsi que d’assurer la protection des institutions de transition et de leurs infrastructures. Le 20 février, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1744, autorisant  l'AMISOM, et lui permet de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’acquitter de son mandat. En mars 2007, seulement deux bataillons ougandais sont toutefois déployés. Les limites logistiques, l’insécurité sur le terrain, les conditions de vie particulièrement difficiles des soldats déployés et la difficulté à mobiliser les pays contributeurs empêchent un déploiement complet des effectifs autorisés.

 

En septembre 2007, les forces restantes de l’UTI et d’autres groupes d’opposition forment l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS) pour combattre le TFG et l'AMISOM. Le groupe armé Al Shebab, qui a évolué à partir de l’aile jeunesse radicale de l’UTI, devient également une importante force d’opposition au TFG et à l’AMISOM. Du 31 mai au 9 juin 2008, des pourparlers de paix à Djibouti entre le TFG et l’ARS se concluent par la signature d’un cessez-le-feu, suivi le 18 août par la signature d’un accord de paix en 11 points. En janvier 2009, 275 nouveaux parlementaires sont assermentés et le 31 décembre 2009, ce nouveau Parlement élargi élit Sharif Cheikh Ahmed à la présidence somalienne. Le partage du pouvoir est cependant rejeté et dénoncé par une faction de l’ARS ainsi que par les autres groupes islamistes.

 

Rôle de l'ONU


Pendant ce temps, le Conseil de sécurité réitère à plusieurs reprises son intention de déployer une mission de paix pour prendre le relais de l’AMISOM, comme initialement mentionné dans la résolution 1744. Le 21 août 2007, s’il proroge pour la première fois le mandat de l’AMISOM, le Conseil prie le Secrétaire général de débuter les procédures pour que des Casques bleus prennent la relève en Somalie. Le 9 novembre 2007, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, estime toutefois que les conditions politiques et sécuritaires ne permettent pas un déploiement réaliste et viable et s’oppose ainsi au déploiement d’une force de paix de l’ONU en Somalie pour remplacer l’AMISOM.


Le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, présente malgré tout le 14 mars 2008 un rapport (S/2008/178) dans lequel il élabore divers plans d’action pour une éventuelle mission intégrée de maintien de la paix en Somalie. Le rapport recommande d’intégrer les trois volets de l’action de l’ONU en Somalie soit le volet politique, le volet sécuritaire et le volet programmatique. Le 16 janvier 2009, le Conseil adopte la résolution 1863 dans laquelle il réaffirme son intention de prendre la suite de l’AMISOM et prie le Secrétaire général de lui soumettre un rapport sur l’établissement d’une telle mission. Ce dernier envoie donc une mission d’évaluation technique en Somalie et rend son rapport le 9 mars 2009. Le 16 avril, le Secrétaire général fait parvenir au Conseil de sécurité un rapport spécial (S/2009/210) pour l’informer de la situation en Somalie et de ses recommandations concernant le mandat d’une éventuelle mission de l’ONU. Le rapport élabore quatre options d’intervention pour l’ONU en Somalie:


- Option A : Une transition de l’AMISOM à une opération de maintien de la paix des Nations Unies;

 

- Option B : Maintenir le cap : renforcer l’AMISOM tout en mettant en place les organismes de sécurité somaliens;

 

- Option C : Maintenir le cap en optant pour une « empreinte légère » en Somalie;

 

- Option D : Engagement sans présence sécuritaire internationale.



Ces options ne s’excluent pas mutuellement et sont prévues pour faire partie d’une action échelonnée. Dans son rapport, le Secrétaire général élabore ainsi une approche en trois phases pour l’implication future de l’ONU en Somalie, l’option B et C étant considérées comme des étapes préliminaires à l’établissement d’une mission onusienne prévue dans l’option A.



Parallèlement, la présence onusienne en Somalie est composée d’un dispositif d’appui logistique de 18 agences, fonds et programmes visant à aider l'AMISOM dans son mandat, à appuyer les structures gouvernementales de transition, à mettre en œuvre un plan national de sécurité, à former les forces de sécurité somaliennes, ou à aider à créer un environnement sûr pour l'acheminement de l'aide humanitaire. Parmi ce dispositif figure notamment le bureau d’appui des Nations Unies à l’AMISOM (UNSOA), mis sur pied en 2009. Selon la résolution 1863 du Conseil de sécurité, l’UNSOA a pour mandat d’offrir à l’AMISOM un dispositif d’appui logistique, notamment en matériel et en services, afin de garantir les capacités opérationnelles de la mission et en préparation du déploiement d’une éventuelle mission de l’ONU. L’UNSOA fournit entre autres un effort considérable pour améliorer les conditions de vie des soldats de l’AMISOM. Les activités de l’UNSOA sont financées par des contributions de l’ONU et par l'intermédiaire du Fonds d'affectation spéciale créé à la demande du Conseil de sécurité au cours de la conférence des donateurs en Somalie à Bruxelles, le 23 avril 2009.

 

Offensive contre les shebabs


Malgré l’appui des troupes de l’AMISOM, les forces de sécurité du nouveau gouvernement de coalition sont incapables de sécuriser l’ensemble des positions évacuées par l’armée éthiopienne à partir du début 2010, laissant ainsi un vide qui permet à Al Shebab et à d’autres groupes d’opposition, dont Hizbul Islam, de prendre le contrôle de certaines zones, dont la capitale. Les affrontements entre Al Shebab et les forces gouvernementales appuyées par l'AMISOM s'intensifient en Somalie et débordent même chez certains pays contributeurs comme le démontre l'attentat du 11 juillet 2010 dans un bar de Kampala durant la finale de la Coupe du monde de football. De plus, malgré une situation de famine au cours de l'été 2011 les shebabs refusent toute intervention internationale humanitaire dans les zones qu’ils contrôlent. A l’automne 2011, suite à des incursions et exactions shebabs en territoire kenyan, les autorités kenyanes décident de déployer leurs troupes dans le sud de la Somalie pour combattre le groupe armé. Le 21 octobre 2011, l’IGAD annonce soutenir les opérations militaires dans le sud de la Somalie. Le 19 novembre, les troupes éthiopiennes se joignent au combat.

 

Le 5 janvier 2012, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA approuve un nouveau Concept Stratégique pour les futures opérations de l’AMISOM. Ce nouveau Concept Stratégique prévoit notamment un renforcement des effectifs.

 

Alors que la transition politique suit son cours, l'AMISOM et les forces pro-gouvernementales lancent une grande offensive contre les positions shebabs dans la capitale à la fin février 2012. Après plusieurs semaines de combats, les militants islamistes, qui ont subi de lourdes pertes, sont forcés de se retirer de la capitale. Le succès des forces gouvernementales et de l'AMISOM dans la capitale ouvre la porte à une offensive contre les shebabs ailleurs dans le pays. Le 22 février 2012, en adoptant la résolution 2036,  le Conseil de sécurité de l'ONU autorise notamment un renforcement des effectifs de  l'AMISOM, demande aux forces kényanes de s'intégrer à l’AMISOM et à la mission de se déployer dans les secteurs définis par le concept stratégique adopté le 5 janvier. Le même jour, les forces pro-gouvernementales somaliennes et l'armée éthiopienne reprennent la ville de Baïdoa aux shebabs. Les victoires des forces pro-gouvernementales se succèdent ensuite, celles-ci prenant notamment le contrôle de la ville d’Afgoye en mai puis de celle d’Afmadow début en juin, de Marka en août et de Miido début septembre. Les troupes de l’AMISOM entrent finalement dans Kismayo, dernier bastion shebab, le le 1er octobre 2012 moins de 48h après que les combattants islamistes se soient retirés de la ville.

 

Bien que cette offensive ait permis au gouvernement de reprendre le contrôle des principaux bastions shebabs, les militants islamistes continuent de contrôler  certaines poches de territoire à travers le pays et à mener des actions de guérilla contre les forces gouvernementales et l'AMISOM. En 2012, le Conseil de Sécurité de l'ONU renouvelle à deux reprises le mandat de l’AMISOM en adoptant la résolution 2072 le 30 octobre et la résolution 2073 le 7 novembre 2012.


Transition

 

Selon les Accords de Djibouti, le mandat du parlement de transition et du TFG devait se terminer le 20 août 2011. Cependant face au manque de progrès effectués, les parlementaires prorogent unilatéralement le mandat des autorités de transition pour une durée de trois ans le 3 février 2011. Face aux réactions internationales négatives, le parlement recule et prolonge ce mandat jusqu'en août 2012. Les Accords de Kampala entre le président du Parlement, Sharif Hassan Sheik Aden, et le président Sharif Sheik Ahmed, signés le 9 juin 2011, conduisent à l’adoption, en septembre 2011, d’une feuille de route prévoyant l’organisation d’un scrutin pour le mois d’août 2012 ainsi que la rédaction d’une nouvelle constitution. L’Accord de « Garowe II », signé le 18 février 2012, prévoit le remplacement, en août 2012, des instances de transition par une commission électorale indépendante, une assemblée constituante et un nouveau parlement fédéral.

 

Le 25 juillet 2012, l’Assemblée constituante débute ses travaux qui mènent à l’adoption d’une Constitution provisoire le 1er août. Finalement, la transition politique en Somalie aboutit à la création, le 20 août, d’un nouveau Parlement fédéral et à la désignation d’un nouveau président du Parlement, Mohamed Osman Jawari. Les 275 membres du Parlement sont choisis par 135 chefs traditionnels, assistés par un Comité technique de sélection. Le parlement désigne ensuite un nouveau président, Hassan Cheikh Mohamoud. Lors de son entrée en fonction le 16 septembre, le nouveau président présente les six priorités de son gouvernement : stabilisation, consolidation de la paix et réconciliation, redressement économique, collaboration avec la communauté internationale, services publics, unité et intégrité du pays. Le 6 octobre, à l’issue de consultations, le Président Mohamoud nomme Abdi Farah Shirdon au poste de Premier ministre, nomination qui est unanimement saluée par les membres du Parlement. Le Premier Ministre forme alors sont gouvernement dont la composition et le plan d'action sont approuvés par le parlement le 13 novembre.  Les priorités du gouvernement somalien sont accueillies avec satisfaction par les partenaires internationaux qui réaffirment leur soutien à la Somalie lors d'un mini-sommet convoqué par le Secrétaire Général de l'ONU en marge de l'Assemblée générale de l'organisation.

 

Examen stratégique du rôle de l'ONU

 

C'est dans ce contexte de transition politique et d'avancées sécuritaires que l'ONU entame une révision de sa présence en Somalie. Le 18 septembre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 2067 qui note l’importance cruciale de pourvoir à la cohérence et la coordination de l’appui apporté à la Somalie par la communauté internationale et qui invite l’ONU à coordonner les initiatives internationales. La résolution approuve également le transfert progressif d’une antenne du BUPNUS à Mogadiscio. Finalement, le Conseil souligne la nécessité de définir une approche stratégique intégrée de toutes les activités onusiennes en Somalie, dans le cadre d’un étroit partenariat avec les autorités somaliennes et l’UA, et en consultation avec les partenaires régionaux et internationaux.

 

En date du 31 décembre 2012, la présence onusienne en Somalie représente en moyenne 1 100 personnels recrutés sur le plan international et sur le plan national, concentrés dans les cinq centres d’activités que sont Hargeisa au Somaliland, Bosaso, Garowe et Galkayo dans le Puntland, et Mogadiscio. Sur un effectif autorisé total de 99 personnes, le BUPNUS déploie 42 membres du personnel recrutés sur les plans national et international en Somalie dont 16 à Mogadiscio, 13 à Hargeisa et 13 à Garowe. Parallèlement, afin de mieux répondre à la demande des autorités somaliennes, qui souhaitent une meilleure coordination internationale et une prise en main du processus décisionnel par la Somalie, le BUPNUS et ses partenaires régionaux et internationaux effectuent un examen des modalités de fonctionnement du Groupe de contact international sur la Somalie.

 

Dans la résolution 2067, le Conseil de sécurité dit également attendre  avec intérêt les résultats de l’examen interinstitutions de la présence onusienne en Somalie coordonné par le Secrétaire général et demande à ce dernier de formuler de recommandations sur la configuration d’une nouvelle mission. Cet examen stratégique, conduite par le Département des affaires politiques, est réalisé de septembre à décembre 2012 par une équipe spéciale intégrée pour la Somalie, composée de représentants de tous les départements, bureaux, organismes, fonds et programmes concernés. Au cours de cet examen, l’équipe intégrée se rend sur le terrain pour tenir des consultations avec des responsables politique somaliens, avec des représentants gouvernementaux, de la société civile, de l’UA, de l’IGAD, et avec les partenaires régionaux et internationaux. Durant ces consultations, les autorités somaliennes demandent à l'ONU qu’elle unifie l’appui qu’elle apporte à l’édification des institutions nationales, notamment dans les domaines de la sécurité, de la justice, de la gouvernance et de la coordination de l’aide internationale. De plus, le 9 janvier 2013, le président somalien adresse une lettre au Secrétaire général pour demander que l'ONU intervienne de manière plus cohérente et unifiée, de telle sorte qu’il ne soit pas nécessaire de « frapper à toutes les portes ». Cette vision du rôle de l'ONU est largement partagée par l'UA et les partenaires régionaux et internationaux.

 

Les conclusions et recommandations de cet examen stratégique sont présentées au Conseil de sécurité de l'ONU par le Secrétaire général le 31 janvier 2013 dans son rapport S/2013/69. Dans son rapport, le Secrétaire général conclut que la phase de transition politique a débouché sur une période marquée par de nouvelles possibilités et qui offre les meilleures chances que la Somalie ait connues depuis plus de 20 ans pour rétablir la paix et relancer le développement. Néanmoins, il note que beaucoup d'incertitudes persistent, une grande partie du pays restant sous l'emprise des shebabs et l'instabilité régnant dans les régions reprise aux insurgés. Le Secrétaire général estime que  la nouvelle approche de l'ONU en Somalie devrait simultanément permettre aux autorités du pays de : « i) consolider les avancées enregistrées en matière de sécurité et d’aider les civils à endurer la situation actuelle; ii) investir dans l’avenir du pays, grâce à une action globale en faveur de la consolidation de la paix et de l’édification de l’État menées par les Somaliens ». Il souligne que les opérations de stabilisation menées par l’AMISOM sont essentielles pour créer les conditions de sécurité nécessaires, en attendant que les institutions somaliennes en charge de la sécurité puissent pleinement remplir leur rôle. Finalement, le rapport conclut que pour répondre aux demandes qui ont été exprimées concernant le rôle de l'ONU il est nécessaire de renforcer la présence physique onusienne sur le terrain et en coordonnant l'action des différentes agences présentes.

 

À partir des constat de l'examen stratégique, le Secrétaire général conclut que la nouvelle approche stratégique unifiée de l'ONU en Somalie doit être fondée sur les éléments suivants: a) faire en sorte que la Somalie prenne en main la consolidation de la paix et l’édification de l’État; b) appuyer l’AMISOM et renforcer les capacités des forces  somaliennes de sécurité, dans le cadre de la politique de vigilance en matière de droits humains; c) apporter un appui à la réconciliation et au dialogue au niveau national, aux priorités de stabilisation du Gouvernement et aux initiatives de consolidation de la paix et d’édification de l’État, y compris un appui à l’élaboration de la constitution et à l’organisation d’élections nationales avant 2016 ; d) renforcer les capacités des institutions en tenant compte des différents besoins locaux; e) renforcer la présence physique des organismes onusiens intervenant en Somalie; f) apporter une aide fondée sur la résilience, qui vise à répondre aux besoins immédiats, tout en réduisant progressivement la dépendance par rapport à l’aide humanitaire.

 

Pour atteindre ces objectifs, le Secrétaire général demande aux entités onusiennes engagées dans le pays d'élaborer sans délai un programme commun d’installation en Somalie, en y transférant le personnel établi à Nairobi sur une période de six mois à un an. Il souligne cependant que la configuration actuelle de la présence onusienne, qui a des capacités limitées en matière de consolidation de la paix, est inadaptée pour répondre aux besoins qui existent. Pour cette raison, il recommande de liquider le BUPNUS qui a rempli son mandat, et de créer une nouvelle mission politique spéciale, transitoire, en attendant que les conditions soient réunies pour créer une opération de maintien de la paix. Le Secrétaire général propose la mise sur pied d'une mission d’évaluation technique qui aurait pour mandat de préciser les tâches et les modalités d’action de la nouvelle mission.

 

Le rapport propose quatre formats éventuels pour cette nouvelle mission. La première option est celle d'une opération conjointe de soutien à la paix ONU-UA. Une telle mission serait constituée de composantes militaire, policière, politique et d'appui et serait dirigée par un Représentant spécial conjoint. L'UA serait en charge des aspects militaire et policier de la mission et l'ONU serait responsable des piliers politique et d'appui. Selon ce scénario, la coordination des organismes onusiens demeurerait distincte de la mission, tout en lui étant liée par des mécanismes de collaboration.

 

La deuxième option est de déployer une mission de consolidation de la paix onusienne pleinement intégrée. Dans cette option, une mission civile de l'ONU structurellement intégrée, qui interviendrait aux côtés de l’AMISOM, serait en charge des activités de coordination en matière politique, humanitaire et de développement, et fournirait un appui logistique à l’AMISOM. Bien que cette option corresponde le mieux aux demandes du président somalien, le Secrétaire général ne la conseille pas en raison des importantes préoccupations concernant la possibilité de remplir simultanément les fonctions de coordination, d’appui et d’aide pendant les opérations de combat ou dans des zones échappant au contrôle  gouvernemental et parce que la pleine intégration structurelle des activités pourrait exacerber l’impression que l’aide humanitaire et les activités d’appui ont des objectifs politiques.

 

La troisième option est celle d'une mission d’assistance de l'ONU présente dans l’ensemble de la Somalie, et qui fournirait un appui en matière politique et de consolidation de la paix. Dans ce scénario, le soutien logistique à l’AMISOM serait assurée par un Représentant spécial adjoint du Secrétaire général chargé de l’appui à la mission qui rendrait compte directement au Département de l’appui aux missions, à New York et au Représentant spécial du Secrétaire général (RSSG) en Somalie. L’équipe de pays de l'ONU conserverait son indépendance structurelle mais participerait aux mécanismes renforcés d’intégration stratégique et de collaboration opérationnelle, avec l’appui d’un bureau élargi du Coordonnateur résident ou du Coordonnateur des opérations humanitaires. La portée de la pleine intégration structurelle serait examinée chaque année, sur le fondement des avancées enregistrées en matière politique, sécuritaire et humanitaire.

 

Finalement, la dernière option présentée dans le Rapport est de déployer à la fois une mission de consolidation de la paix de l'ONU et un bureau distinct de l'ONU d'appui à l'AMISOM. Dans ce cas de figure, la nouvelle mission de l'ONU remplirait des fonctions de coordination  à la fois en matière politique, humanitaire et de développement, tandis qu'un bureau d’appui logistique indépendant appuierait la mission de consolidation de la paix et l’AMISOM. Cette option permettrait entre autre à l'ONU de continuer de fournir un appui indépendant à l’AMISOM et de satisfaire la demande du Gouvernement somalien pour une action onusienne unifiée.

 

Résolution 2093 et préparation de la MANUSOM


Suite aux recommandations du Secrétaire général, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 2093 le 6 mars 2013. Cette résolution prolonge notamment le mandat de l'AMISOM jusqu'au 28 janvier 2014 et lève de manière partielle, pour une durée de douze mois, l’embargo sur les armes pour permettre de renforcer les capacités des forces de sécurité gouvernementales.

 

La résolution accueille également avec satisfaction l'examen stratégique sur l'action onusienne en Somalie. Le Conseil se dit d'accord avec le Secrétaire général sur le fait que le BUPNUS s’est acquitté de son mandat et devrait être dissous et sur la nécessité de le remplacer par une nouvelle mission politique spéciale élargie. Il est également d'accord que les conditions de déploiement d’une opération de maintien de la paix par l'ONU ne sont pas encore réunies en Somalie et prie le Secrétaire général d'évaluer l'opportunité de créer une telle mission.

 

Le Conseil décide ainsi que l’UNSOA sera intégré dans la nouvelle mission onusienne, mais que son chef continuera de rendre compte au Département de l’appui aux missions, et fera également rapport au RSSG. La résolution demande que le poste de Représentant spécial adjoint du Secrétaire général/Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire soit créé avant 1er janvier 2014 et intégré à la nouvelle mission. Dans l’intervalle, toutes les activités pertinentes de l’Équipe de pays de l'ONU doivent être pleinement coordonnées avec la nouvelle mission. Le format de mission choisi par le Conseil de sécurité correspond ainsi principalement à la troisième option présentée par le Secrétaire général dans son rapport. Le Conseil souligne que la nouvelle mission devra se déployer sur l’ensemble du territoire somalien au fur et à mesure que les  conditions de sécurité le permettront. Finalement, le Conseil prie le Secrétaire général d’effectuer une mission d’évaluation technique de la mise en œuvre de la nouvelle mission, notamment concernant la répartition des tâches entre l’ONU et l’UA, afin d’en préparer l'autorisation officielle.

 

 

Tel que demandé par le Conseil de sécurité, une mission d’évaluation technique est déployée en Somalie et dans la région du 17 au 29 mars. Elle est conduite par le Département des affaires politiques et compte des représentants de tous les départements, bureaux, organismes, fonds et programmes concernés. Le Secrétaire général informe comme prévu le Conseil de sécurité des conclusions de cette mission dans une lettre daté du 19 avril 2013 (S/2013/239). Au cours de son travail, la mission d'évaluation technique a constaté que l'ensemble des acteurs sur le terrain étaient favorables aux aspects du mandat de la nouvelle mission onusienne tels que définis par la résolution 2093, soit les bons offices et l’appui politique, le conseil stratégique et politique dans le domaine de la consolidation de la paix et de l’édification de l’État, l’accompagnement de la promotion des droits de l’homme, la promotion et la protection des droits des femmes, et l’appui à la coordination de l’aide internationale. La mission d'évaluation note que la nouvelle mission onusienne a le potentiel d'être d'une grande utilité compte tenu de l'environnement politique et sécuritaire en Somalie mais que celle-ci n’interviendra pas seule et aura besoin d’appuis solides, de partenariats et d’une volonté de réussite de la part des États Membres. Pour être en mesure de s'acquitter efficacement de son mandat la mission devra également s'appuyer sur les principes suivant: a) appropriation nationale somalienne; b) souplesse; c) collaboration et partenariats; et c) gestion des risques.

 

 

Conformément au mandat défini par la résolution 2093, la mission d'évaluation recommande que la nouvelle mission onusienne dispose de compétences techniques dans les domaines des questions politiques et de médiation/facilitation, de l'état de droit et des institutions de sécurité et des droits de l’homme et protection. Le groupe des questions politiques et de la médiation de la mission aurait pour responsabilité d'appuyer les bons offices du RSSG en faveur du processus politique et de la réconciliation aux niveaux fédéral et régional, particulièrement en aidant le gouvernement somalien à s’acquitter de toutes ses tâches politiques dans la période 2013-2016, dont l'achèvement de la révision constitutionnelle, la préparation du référendum constitutionnel, du recensement et des élections et la mise en place du système fédéral. Les capacités de la nouvelle mission en matière d’état de droit et d’institutions de sécurité seraient quant à elles au service des objectifs prioritaires du gouvernement somalien, qui sont de transformer et renforcer la sécurité de l’État et les institutions de justice. La mission dispenserait néanmoins des  conseils techniques afin d’aider le gouvernement à coordonner les activités bilatérales de réforme du secteur de la sécurité et à élaborer une vision stratégique permettant de mieux aligner cet appui bilatérale sur les priorités nationales. Finalement, le groupe des droits de l’homme et de la protection de la mission s’attacherait à promouvoir la connaissance, la compréhension et le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et du droit international humanitaire, notamment les droits des femmes, et des enfants. Outre ces grands domaines d'expertise technique, la mission d'évaluation recommande que la nouvelle mission comprenne des équipes spéciales multidisciplinaires pour garantir la convergence des approches avec l’équipe de pays face aux grands défis que sont la stabilité et le relèvement des zones reprises, les questions maritimes, les moteurs économiques du conflit et le renforcement des capacités.

 

La mission d'évaluation recommande que le quartier général de la nouvelle mission soit situé à Mogadiscio et que celle-ci se déploie sur l’ensemble de sa zone d’opérations, y compris dans le Somaliland. La mission établirait ainsi initialement une présence à Mogadiscio, Hargeisa et Garowe dans les installations déjà existantes. Une présence serait également établie à Baidoa et Beledweyne durant la phase initiale de la mission, en tenant compte des conditions  de sécurité et de l’existence d’installations appropriées. De plus, la mission d'évaluation technique recommande d'envisager l'établissement d'une présence à Kismayo et dans d’autres centres régionaux. Finalement, il est recommandé que la mission soit dirigé par le RSSG secondé par un Représentant spécial adjoint supervisant les tâches techniques et un Représentant spécial adjoint, coordonnateur résident et coordonnateur de l’action humanitaire.

 

Création  et déploiement de la MANUSOM



Le 2 mai 2013 le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte la résolution 2102 dans laquelle il décide de créer la MANUSOM dirigée par le nouveau RSSG en Somalie, le Britannique Nicholas Kay, nommé quatre jours plus tôt par le Secrétaire général. La mission est créée pour une période initiale de douze mois, mais le Conseil stipule son intention de proroger son mandat par périodes successives selon l'évolution de la situation et les recommandations du Secrétaire général. Le mandat de la mission, dont les paramètres avaient été établis par la résolution 2093 et précisés par la mission d'évaluation technique consiste principalement à offrir les bons offices de l’ONU en appui au processus de paix et de réconciliation, à fournir un appui au gouvernement fédéral somalien sous forme d’orientations et de conseils stratégiques en matière de consolidation de la paix et d’édification de l’État, à aider le gouvernement à coordonner l’action des donateurs internationaux, à renforcer les capacité du gouvernement, et à surveiller et enquêter sur les violations des droits de l'homme, des droit de l'enfant et des droits des femmes. Le Conseil rappelle son intention, exprimé dans la résolution 2093 de faire de la MANUSOM une mission onusienne structurellement intégrée et adopte les recommandations de la mission d'évaluation présenté par le Secrétaire général le 19 avril concernant sa structure. Le quartier général de la MANUSOM est ainsi établi à Mogadiscio et se déploiera en fonction de la situation sur le terrain et dans le respect des modalités recommandées. De plus, le Conseil accueille favorablement les structures de direction et de coordination, ainsi que la répartition précise des tâches proposées par le Secrétaire général. Finalement, le Conseil de sécurité souligne la nécessité que les organismes onusiens mènent une action intégrée sous la direction stratégique du RSSG et travaillent en coordination avec l’AMISOM. En ce sens, il salue l'engagement pris par l’AMISOM de dédier un contingent de 311 hommes, tel que demandé au paragraphe 2 de la résolution 2093, à la sécurité du personnel de l'ONU.

 

Le 31 mai 2013, le Secrétaire général présente un rapport au Conseil de sécurité dans lequel il décrit les mesures qui ont été prises pour préparer le déploiement de la MANUSOM. Il rapporte notamment qu'afin d’assurer le passage sans heurt du BUPNUS à la MANUSOM, il a été décidé que l'UNSOA serait chargé de liquider les ressources dont la nouvelle mission n’aurait pas besoin, et que toutes les activités techniques du BUPNUS prendraient fin le 3 juin. De plus, il informe le Conseil avoir déployé le 13 mai à Mogadiscio une petite mission chargée de préparer le lancement de la MANUSOM. Cette mission de préparation, notamment composée d’experts des questions politiques, de la planification, est secondée par du personnel d’appui fourni par l’UNSOA, le Département de la sûreté et de la sécurité, et par une équipe de recrutement du Département de l’appui aux missions. En agissant en consultation avec le gouvernement somalien et l’AMISOM, cette mission fournit un appui décisif pour préparer le lancement de la MANUSOM, notamment en supervisant l’affectation du personnel essentiel, en actualisant le concept de la mission à la lumière de la résolution 2102, en élaborant un plan pour le lancement de la mission et en mettant en place une stratégie de communication pour les nouvelles activités onusienne en Somalie.

 

Finalement, le 3 juin, Nicholas Kay arrive en Somalie pour prendre ses fonctions à la tête de la MANUSOM marquant ainsi le début des activités de la nouvelle mission.  Malgré l'évolution significative de la situation politique en Somalie au cours des deux dernières années, la MANUSOM fait néanmoins face à une situation sécuritaire précaire comme le démontre l'attaque contre les bureau du PNUD à Mogadiscio le 19 juin, à peine deux semaine après le début de la mission. Cette attaque, menée par des combattants shebabs, coûte la vie à de 22 personnes, dont huit membres de l’organisation onusienne. Dès le lendemain de l'attaque, les shebabs avertissent que celle-ci avait pour but de « montrer à l’ONU qu’elle ne trouverait aucun refuge sûr en Somalie» et « que ni les tanks, ni un important arsenal militaire n’empêcheront  [les] moudjahidines de défendre les valeurs de leur religion». Cet attentat meurtrier  marque ainsi le ton du retour d'une mission onusienne en Somalie plus de 18 ans après le départ de l'ONUSOM II.


 

Thomas Poulin
Agent de recherche au ROP
26 juillet 2013