Historique de l'opération EUFOR-RCA

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EUFOR-RCA       Centrafrique

Opération militaire de l'Union européenne en République centrafricaine (2014-2015)

 

Le 10 février 2014, le Conseil de l’UE crée par la Décision 2014/73/PESC l’opération militaire EUFOR-RCA qui vise à aider à rétablir la sécurité en République centrafricaine. Auparavant autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU dans la résolution 2134 (2014), la mission a plus spécifiquement pour but de fournir un appui temporaire à la création d'un environnement sûr et sécurisé dans la zone de Bangui, avant de passer le relais aux partenaires africains. Elle est remplacée le 15 mars 2015 par une mission européenne de conseil militaire en vue d'appuyer le gouvernement centrafricain à réformer le secteur de la sécurité.



L’EUFOR-RCA vient ainsi soutenir la France, déjà présente sur le terrain avec 1 600 hommes pour appuyer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). Dans les faits toutefois, seules la Géorgie, l'Estonie, la Belgique et la Pologne devraient envoyer des troupes, tandis que d’autres nations apporteront un soutien logistique. A terme, entre 500 et 1 000 soldats composeront cette force qui protègera notamment l'aéroport de Bangui, où se réfugient, en date de début février 2014, plus de 100 000 personnes.

 

Un engagement international insuffisant

 

 

Se déclarant « vivement préoccupé par l'état de la sécurité qui continue de se détériorer et par la multiplication et l'intensification des violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme en RCA », particulièrement depuis le renversement de François Bozizé en mars 2013, le Conseil de sécurité de l’ONU autorise le 5 décembre 2013, dans sa résolution 2127, le déploiement de la mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de douze mois. Face à la lenteur du déploiement de la MISCA, dont seuls les trois quarts des effectifs sont alors déployés, il autorise en outre le déploiement temporaire de forces françaises; le même jour, la France décide de lancer l'intervention Sangaris.

 

La France à la recherche d’un appui européen

 

« Préoccupé par la crise en RCA qui ne cesse d'empirer et par les graves conséquences qu'elle entraîne sur le plan humanitaire et des droits de l'homme », le Conseil européen se félicite, dans ses conclusions du 20 décembre 2013, de l'intervention militaire de la France. Bien que la majorité des capitales européennes aient exprimé à plusieurs reprises leur réticence à envoyer des troupes et à financer une telle opération, le Conseil fait part de son intention d'examiner les moyens à sa disposition pour contribuer aux efforts en cours visant à la stabilisation du pays. Le président français, François Hollande, venait en effet tout juste d’évoquer les besoins des forces de la MISCA et de l’opération Sangaris sur place : « Je ne demande pas qu'il y ait des troupes pour des actions militaires (...) Ce dont nous avons besoin, c'est une présence sur des points précis : la protection de l'aéroport, le soutien sanitaire ».


Le 10 janvier, alors que le chef de la transition Michel Djotodia vient de démissionner, un porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton annonce que « les Etats membres se sont accordés sur le fait que l'UE devait contribuer à la restauration de la sécurité et aux efforts de ses partenaires africains en Centrafrique, en coordination totale avec l'Union africaine et l'ONU ».

 

La mise en place de la mission

 

C’est ainsi que le 20 janvier 2014, le Conseil de l’UE approuve un concept de gestion de crise pour une opération militaire de transition relevant de la PSDC en RCA (EUFOR RCA), sous réserve de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU au titre du chapitre VII de la charte des Nations unies.

 

Une semaine après, 28 janvier 2014, le CSNU adopte la résolution 2134 autorisant l'EUFOR RCA « à prendre toutes les mesures nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, dès son déploiement initial et pendant une période de six mois à compter de la date à laquelle elle aura déclaré être pleinement opérationnelle ». Le texte renforce par ailleurs le mandat du BINUCA afin de lui permettre de s’acquitter pleinement de sa mission.

 

Le cadre juridique de la mission est adopté le 10 février, avec l’adoption par le Conseil de l’UE de la Décision 2014/73/PESC relative à une opération militaire de l'Union européenne en République centrafricaine (EUFOR RCA). Mme Ashton indique alors que « le déploiement d'EUFOR RCA aura lieu dès que possible, afin de soutenir les efforts remarquables engagés par la France et nos partenaires africains ». Fait à noter, la décision précise que « des États tiers peuvent être invités à participer à la mission ».

 

Jean-Guilhem Barguès, chargé de projets au ROP

13 février 2014