Historique de l'opération EUNAVFOR Med

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EUNAVFOR Med      

Opération militaire de l'Union européenne dans la partie Sud de la Méditerranée centrale

 

EUNAVFOR Med est une mission navale de l’Union européenne visant à démanteler les réseaux de passeurs de migrants. Elle a été mise en place dans le cadre de la politique de maintien de la paix de l’UE (la PSDC) et est dotée d’un mandat initial de douze mois. La première phase de cette opération, qui fait partie de la « Stratégie pour la migration » élaborée par la Commission européenne, a officiellement été lancée le 22 juin 2015. Comme l’a souligné Federica Mogherini, Haut Représentante de l’Union pour les affaires étrangères, les cibles de cette mission ne sont pas les migrants mais « ceux qui gagnent de l’argent sur leurs vies, et trop souvent sur leurs morts ». EUNAVFOR Med est menée en liaison avec l’OTAN, plusieurs agences de l’ONU ainsi que l’agence européenne Frontex. Une collaboration avec l’Union africaine et divers pays arabes est également évoquée, sans que les contours de ce partenariat n’aient pour l’instant été dévoilés.



Contexte

Plus de 100 000 migrants sont arrivés en Europe par la Méditerranée au premier semestre 2015, soit la moitié du nombre total de migrants recensés pour l’année 2014 par le HCR. Fin avril 2015, après la noyade de 800 migrants dans le naufrage de leur chalutier au large des côtes libyennes,  l’Union européenne a décidé d’agir. Dans ce contexte, EUNAVFOR Med vise à s’attaquer aux bateaux utilisés par les passeurs qui monnayent très cher une traversée plus qu’incertaine de la mer Méditerranée.

A terme, cette mission cherche à intervenir dans les eaux libyennes, d’où partent la grande majorité des migrants qui tentent de gagner les côtes de l’Italie ou de la Grèce. En effet, depuis la première guerre civile libyenne (2011) et le renversement du régime de Mouammar Kadhafi, l’instabilité dans laquelle est plongé le pays empêche la régulation des flux migratoires à destination de l’Europe.

Le lancement de l’opération se fait donc dans un contexte complexe et difficile, puisque deux navires marchands croisant au large des côtes libyennes ont essuyé des tirs au mois de juin 2015, à partir du sol et des airs. Le 22 juin 2015, un bateau transportant des migrants a ainsi été pris pour cible, dès son départ, et un de ses passagers a été tué par balle tandis qu’un deuxième était blessé.

Objectif et mise en place de la mission

La mission vise à démanteler les réseaux de passeurs en Méditerranée. Elle est planifiée en trois étapes, la mise en place des deux dernières dépendant de l’aval des Nations Unies et de la Libye.

Dans un premier temps, neuf Etats d’Europe participent directement à la mission : l’Italie fournit le navire amiral (le Cavour), qui ne transportera pas d’avions de combat, un sous-marin, trois hélicoptères et deux drones ; le Royaume-Uni met à disposition un navire de guerre (le HMS Entreprise) et utilise sa station d’écoute de Cheltenham ; la Belgique et la Slovénie fournissent chacune un navire ; la Grèce un sous-marin ; le Luxembourg, la France et l’Espagne trois avions de reconnaissance et de patrouille et la Finlande une équipe de visite et d’abordage.

L’opération est commandée par le vice-amiral italien Enrico Credendino depuis un quartier général européen basé à Rome.

Suivant le principe de toutes les opérations militaires de l’UE, chaque Etat participant supporte le coût des forces et personnels déployés. L’enveloppe définie pour la première année d’EUNAVFOR Med est de 11,82 millions d’euros.

Etapes de la mission

Le 22 juin 2015 la première phase de l’opération européenne est lancée et vise à collecter des renseignements précis sur les passeurs, leur stratégie, leurs moyens et leur modèle économique. L'objectif premier est donc d'améliorer l’acquisitionet le partage de renseignements entre partenaires européens en surveillant et en évaluant les réseaux de trafic de migrants dans la partie Sud de la Méditerranée centrale. Sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU pour intervenir dans les eaux libyennes, l’opération EUNAVFOR Med se limite pour l’instant à une surveillance à distance des côtes. Une première évaluation de la mission doit avoir lieu à l’issue de la phase de démarrage de deux mois, avant d’étudier la mise en place des étapes 2 et 3 de l’opération, qui consisteront à fouiller, saisir et démanteler les biens des trafiquants, sur la base du droit international et en partenariat avec les autorités libyennes.

Dans un second temps et sous réserve d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et d’un accord des Etats côtiers, la mission  s’attachera à la recherche et la saisie de navires suspects. Elle cherchera alors à intercepter les embarcations de passeurs en haute mer puis dans les eaux libyennes.

La mise en œuvre de la troisième étape requerra une nouvelle décision du Conseil de sécurité pour mettre hors service les embarcations des passeurs sur le sol libyen. Cette dernière phase, plus offensive, consistera en l’élimination préventive des navires et l’arrestation des trafiquants d’êtres humains.

 

Fiche créée par Delphine Laurore, stagiaire CECRI, juillet 2015

 

Carte de déploiement