Fiche d'information de l'État : Bénin Bénin

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Bénin

La République du Bénin est un État d’Afrique occidentale, devenue indépendante le 1er août 1960. Le Bénin est membre de trois organisations habilitées à conduire des opérations de paix : l’ONU (1960), l’Union Africaine (1963), la CEDEAO (1975).

Politique de maintien de la paix

 

Depuis que l’ancien État du Dahomey est sorti de la spirale de la violence et de l’instabilité politique au lendemain de son indépendance, il s’est considérablement orienté vers la paix autant au niveau national qu’international. La prévention des conflits, le règlement pacifique des différends et la participation aux opérations de paix (OP) sont devenus les crédos du Bénin en matière de paix et de sécurité. La République du Bénin souscrit au maintien et à la consolidation de la paix, conformément à ses dispositions internationales. La Charte de l’ONU, la Charte d’Addis Abeba (UA) et le Traité de Lagos (CEDEAO) constituent les instruments juridiques internationaux qui permettent au Bénin de participer aux opérations de paix. Le Bénin a fondé sa réputation dans le maintien de la paix, en déployant plusieurs de ses contingents militaires et policiers, des officiers de liaison, des observateurs et officiers d’état-major dans une quinzaine de missions de paix (en Haïti, au Soudan, au Burundi, en République démocratique du Congo, au Kosovo, au Timor-Oriental…). Les Forces Armées Béninoises (FAB) s’engagent également dans le maintien de la paix dans plusieurs pays africains en conflit dans la sous-région (au Tchad et en Centrafrique, au Libéria, en Côte d’Ivoire).

Structures décisionnelles politiques et militaires

 

Lors du processus décisionnel qui enclenche la participation du Bénin dans les OP, les résolutions de l’ONU, de l’UA ou de la CEDEAO constituent les dispositions juridiques qui permettent le déploiement des troupes béninoises. Au niveau national, c’est la constitution du 11 décembre 1990 qui autorise la participation des Forces Armées Béninoises (FAB) dans le maintien de la paix. Il est nécessaire d’obtenir l’accord préalable du président de la République, qui - à titre de chef d’état major suprême des Forces Armées Béninoises -, détient la responsabilité d’engager ses troupes dans les OP. En vertu de la constitution nationale, le chef de l’État peut consulter lors du Conseil des Ministres, plusieurs instances politiques et militaires, avant de prendre sa décision finale. Parmi elles, on retrouve le Ministère d’État chargé de la Défense Nationale, le Ministère des Affaires Étrangères, la Gendarmerie Nationale, les États-majors généraux qui peuvent donner leur avis sur le déploiement des contingents béninois lors des OP. Les Forces Armées Béninoises sont regroupées autour du Ministère d’État chargé de la Défense Nationale. Elles sont composées des armées de terre, des forces aériennes, de la Gendarmerie Nationale et de la Garde Républicaine. Ces forces constituent les composantes militaires et policières opérationnelles qui participent au maintien de la paix.

L’engagement du Bénin

 

La contribution du Bénin dans les OP est assez récente. Contrairement à d’autres pays comme le Sénégal ou le Nigéria où la participation à ce genre d’opérations a commencé très tôt après les indépendances, celle du Bénin n’est intervenue que vers le milieu des années 90. Le Bénin en prise à une longue instabilité politique nationale, s’était toutefois déjà impliqué au niveau sous-régional en 1985, dans le règlement pacifique de différends entre le Mali et le Burkina Faso. Bien que récente, la participation des FAB aux OP est très importante en terme de missions auxquelles elles ont pris part. Elle est également très variée de par les mandats sous lesquels les personnels ont exécuté les différentes missions. En effet, d’octobre 1994 à ce jour, les personnels des FAB ont pris part à une quinzaine d’OP sur quatre continents (Europe, Afrique, Amérique et Asie). Ces opérations ont été menées soit en contingents (militaires ou policiers), soit en qualité d’officiers d’État-major soit en tant qu’observateurs (en Haïti, au Timor oriental, au Kosovo, en République Centrafricaine, en Érythrée et Éthiopie, au Libéria, en Côte d’Ivoire, en Sierra Léone, au Burundi et au Soudan…).

Dans le contexte onusien

 

Le Bénin a bâti sa réputation internationale, d’abord au niveau onusien, comme membre non permanent du Conseil de sécurité de 2004 à 2005. Actuellement, il participe à 7 OP de l’ONU (au Burundi avec la BINUB, en République Centrafricaine et au Tchad avec la MINURCAT, en Haïti avec la MINUSTAH, en République Démocratique du Congo avec la MONUC, au Libéria avec la MINUL, au Soudan avec la MINUS et en Côte d’Ivoire avec l’ONUCI). En termes d’effectifs, le Bénin déploie plus de 1332 hommes (dont 1178 soldats, 24 observateurs militaires et 130 policiers). Avec ces contingents déployés dans plusieurs théâtres de conflits, le Bénin figure au 5ème rang des pays francophones et au 8ème rang des pays africains qui contribuent le plus aux OP onusiennes. Le gros des troupes militaires béninoises se retrouve au sein de la MONUC (750), tandis que l’essentiel des policiers béninois sont déployés au sein de la MINUSTAH (57). Le Bénin collabore avec des pays (Belgique, France) pour fournir des contingents militaires d’envergure en RDC et en Côte d’Ivoire. Les FAB sont présentes en Côte d’Ivoire depuis 2003 et ont pris part à toutes les missions internationales qui s’y sont succédé (MICECI, MINUCI, ONUCI) afin de faciliter le retour à la paix dans ce pays. De janvier 2003 à juillet 2006, on rapporte un total de 2287 militaires et policiers béninois qui ont participé aux différentes OP en Côte d’Ivoire. Les FAB participent aux OP en République Démocratique du Congo de manière très active. Des officiers de liaison, des observateurs, des contingents militaires et des policiers civils béninois ont pris part à l’effort de paix en RDC. Cette présence a été renforcée par un contingent de 750 soldats, 28 policiers civils et 9 observateurs militaires en date du 30 avril 2008.

Dans le cadre de la CEDEAO


La République du Bénin s’implique activement dans la coopération régionale (le pays est membre de plusieurs organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union Africaine ou la CEDEAO). Le Bénin participe aux OP menées par la CEDEAO, en déployant des contingents au Libéria en 1997 (ECOMIL) en Guinée Bissau en 1999 (ECOMOG-Guinée Bissau) et en Côte d’Ivoire en 2003 (MICECI). Son action résolue en faveur du maintien de la paix dans la sous-région lui a valu d’être choisi comme pays-hôte pour l’exercice de formation militaire (Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix, RECAMP IV), avec la participation des pays de la CEDEAO, en 2004.

Formation au déminage


Au niveau de la formation, on peut relever le Centre de Perfectionnement aux Actions post-conflictuelles de Déminage et de Dépollution de Ouidah, qu’abrite le Bénin. Ce centre est très connu pour former des spécialistes et des responsables en déminage, provenant de divers pays de la sous-région (formation nationale à vocation régionale). Les formations proposées répondent aux besoins des opérations de maintien de la paix et des programmes de déminage humanitaire engagés sur le continent africain. Le Centre a été créé pour participer à la capacité africaine de lutte anti-mines et renforcer les capacités des pays africains à contribuer au maintien de la paix et de la sécurité (surtout dans des États comme le Libéria, l’Angola ou la Sierra Léone).

Coopération multilatérale


Dans le cadre de la coopération multilatérale, le Bénin participe à des projets de coopération avec des pays francophones comme la Belgique pour la formation militaire en maintien de la paix. La collaboration avec la Belgique a permis la mise à disposition d’équipements militaires pour le déploiement des Forces Armées Béninoises dans le cadre de la MONUC. Ce partenariat s’est consolidé en avril 2004, en Côte d’Ivoire, avec l’envoi de 300 soldats béninois. Dans le cadre de l’ONUCI, le Bénin déploie des troupes d’infanteries, chargées de surveiller la région-est du pays. Les FAB sont également responsables de l’entretien et de la réparation du matériel militaire (véhicules, chars blindés…) fourni par la Belgique.

 

Le Bénin entretient également plusieurs projets de coopération avec la France (RECAMP) ou les États-Unis (Programme ACOTA). La formation des militaires est une préoccupation constante pour le Bénin, soucieux de déployer des troupes compétentes, professionnelles et bien formées aux OP. Pour cela, avec l’appui de plusieurs pays (dont la France), les responsables militaires béninois ont entamé la rénovation de sites d’entraînement pour diverses activités (instruction-commando, pistes d’escalade, instruction nautique…). Il s’agit d’offrir de meilleures facilités pour la formation des unités militaires devant être déployées dans les OP. Le Bénin entretient un partenariat privilégié avec la France, (participation des FAB dans les séminaires organisés par l’Armée Française dans les Écoles Nationales à Vocation Régionale (ENVR).

 

 

 

Mountaga Diagne

Doctorant et chargé de cours à l’UQAM

 

21 mai 2008