L’AMISOM comme catalyseur d’une intervention onusienne en Somalie

Processus de Djibouti et renforcement de l'AMISOM : les deux fondements de la reconstruction de l'État somalien

18 févr. 2009

 

Cet article a pour but de contribuer à la réflexion sur les enjeux et défis des protagonistes du processus politique de Djibouti et à l’opération de maintien de la paix (OMP) en Somalie, à savoir l’AMISOM et/ou l’OMP onusienne qui prendra la suite.

Les facteurs de transformation en Somalie et le processus politique de Djibouti

 

En juin 2006, l’Union des Tribunaux islamiques (UTI/UIC en anglais) était en pleine ascension et venait juste de sortir victorieuse de l’affrontement avec l’Alliance pour la Restauration de la Paix et contre le Terrorisme (ARPCT) soutenue par les États Unis dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». En décembre 2006 et janvier 2007 les forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE) soutenant le Gouvernement fédéral de transition (GFT/TFG en anglais) ont précipité la chute de l’UTI et l’exil des deux principaux leaders du mouvement : Sheikh Sharif Sheikh Ahmed et Sheikh Hassan Dahir Aweys. En 2007, les États-Unis ont mené des frappes aériennes contre les auteurs (membres de l’UTI) présumés des attentats de Nairobi et Dar es Salam en 1998. Ces interventions ont lié inexorablement les États-Unis à l’intervention des FDNE en Somalie. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé la Mission de l’Union africaine en Somalie (MUASOM/AMISOM en anglais) fin février 2007 (CS/1744). Le déploiement des premiers contingents ougandais d’AMISOM s’est déroulé le mois suivant, le 7 mars 2007. Le premier contingent burundais a été déployé un an après, début 2008.

 

Entre décembre 2008 et janvier 2009, deux faits majeurs ont changé de façon irréversible la donne politique intérieure et régionale. Le Président Abdulahi Yusuf Ahmed, sous forte pression intérieure et régionale, a démissionné le 29 décembre 2008 et les FDNE se sont retirées de la Somalie le 25 janvier 2009. Ces deux faits sont en liaison avec le processus politique de Djibouti. Ce processus a repris le principe des négociations interrompues en juin 2006, sous les auspices de la Ligue des États arabes à Khartoum, qui prévoyait le dialogue entre le GFT et les Islamistes de l’UTI. Le processus fut initié en 9 juin 2008 et culmina en 25 novembre 2008 avec la signature de l’accord de paix de Djibouti sous les auspices du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (BPNUS/UNPOS). Le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, le diplomate mauritanien Ahmedou Ould-Abdallah y a joué un rôle essentiel. Le rôle du Président djiboutien Ismail Omar Guelleh a également été reconnu dans ce processus. Cependant l’approche régionaliste de la stabilisation et de la sécurisation en Somalie a posé des problèmes dans le passé. L’engagement des pays limitrophes (Djibouti, Éthiopie ou le Kenya) a notamment été critiqué par les acteurs somaliens à cause du surpoids des agendas nationaux de ces pays au détriment des intérêts du peuple somalien.


Le processus politique de Djibouti a entériné un compromis entre les parties : l’expansion de la participation politique en incluant dans le Parlement fédéral de transition (PFT) des éléments islamistes modérés de l’opposition issus de l’ancien UTI. L’ancien parlement a vu le nombre de ses sièges augmenter à 550 députés, ajoutant 275 députés de façon à inclure 200 députés de l’ARS et 75 citoyens de la société civile et somaliens de la diaspora. Entre le 26 et le 31 janvier 2009, les élections somaliennes tenues à Djibouti ont confirmé le degré de soutien accordé à l’ancien leader du Comité Exécutif de l’UTI, Sheikh Sharif Sheikh Ahmed. Il reste à savoir si sa capacité de mobilisation sociale (comme celle d’autres membres de l’ARS) pourra être revitalisée après deux ans marqués par une intensité de violence ayant comme épicentre la capitale et par l’emploi disproportionné de la force par tous les belligérants (le GFT y compris) dans des quartiers de Mogadiscio peuplés par des civils (HRW/AI). A ce jour l’insurrection subsiste toujours en Somalie.

Le retour en Somalie

Après l’échec d’une douzaine de Conférences nationales de réconciliation et des projets "par le haut" de reconstruire l’État en Somalie, la situation actuelle nous oblige à interpréter avec précaution les avancées acquises.

 

La récente expérience du Gouvernement National de transition (GNT/2000) créée par le processus d’Arta/Djibouti et celle du Gouvernement fédéral de transition (GFT/2004-2009), créée par les accords de paix du Kenya, démontrent que l’imposition du pouvoir par une coalition sur d’autres éléments qui la rejettent ne fonctionne pas. Le projet de constituer un gouvernement d’unité nationale se présente comme une stratégie qui pourrait déboucher sur des résultats ; néanmoins ce projet pour avancer dans la bonne direction doit être axé sur le principe de la construction effective de consensus. Ce but devient encore plus complexe face à une arène politique en proie aux factions et caractérisée par la fluidité des rapports, les retournements d’alliances, les rivalités et les scissions (Pouligny, 2003).

 

Une nouvelle fois, les protagonistes se battent pour transférer en Somalie des institutions installées en dehors du territoire. Depuis la création du GFT et du PFT les institutions n’ont pas eu une base fixe. Le triangle précédent Nairobi-Baidoa-Mogadiscio a illustré les difficultés qui subsistent dans l’emplacement des Institutions fédérales de transition (ou du futur gouvernement d’unité nationale) dans la capitale somalienne. Le lendemain du retrait des FNDE de la Somalie, l’ancien siège intérimaire du PFT à Baidoa a été pris d'assaut par des éléments du mouvement Al-Shabaab. Il convient d’analyser, à présent, les défis qui subsistent et risquent de compromettre les avancées réalisées par le processus politique de Djibouti. Les sources de l’opposition de l’ancien UTI au GFT sont des éléments prépondérants que nous allons étudier.

L’ALLIANCE GFT/ARS

L’opposition de l’ancien UTI au GFT s’est concentrée autour de la personnalité du Président Abdulahi Yusuf vu par divers segments comme un « seigneur de guerre » avec un déficit de légitimité et donnant des preuves d’une proximité redoutable avec l’Éthiopie. La rivalité entre clans a été un autre facteur, tout comme l’exclusion de certains clans des Institutions fédérales de transition (IFT). La formule de gouvernance et de représentation proportionnelle au sein du PFT excluait des éléments d’autres clans influents, notamment les Hawiye (surtout les Hawiye/ Habr Gedir-Ayr). L’exclusion des Islamistes a été aussi un facteur d’opposition au GFT. Un quatrième facteur a été l’opposition à l’établissement de la capitale intérimaire à Baidoa. Ces quatre facteurs ont été soulignés par le processus politique de Djibouti mais la question des modalités d’inclusion de l’agenda politique des Islamistes reste toujours ouverte.

 

En fait, les Islamistes modérés, notamment le nouveau Président Sheikh Sharif, se sont présentés comme les acteurs les plus importants à côté des éléments du GFT. Ils ont fait preuve de détermination dans la recherche d’une solution politique pour résoudre le problème de l’effondrement de l’État, de la présence des FDNE en Somalie, et de l’insurrection intérieure. Avec le retrait des FNDE le casus belli des mouvements insurrectionnels se dissout et la justification de l’emploi de force par le mouvement militant islamiste Al-Shabaab de résistance à l’occupation étrangère disparait. Les Islamistes modérés de l’ancien UTI, qui dans les derniers mois de 2006 étaient en train de perdre le contrôle interne du mouvement islamiste, sont sortis renforcés du processus de Djibouti. L’ARS/Djibouti a donné des preuves de changement en acceptant de négocier avec le GFT et en constituant un gouvernement de coalition. Le nouveau Président, Sheikh Sharif, dans son premier discours public a marqué une rupture avec la rhétorique nationaliste militante de l’ancien Conseil Éxécutif (Shura) de l’UTI en rassurant les pays voisins limitrophes de l’ancrage de la politique étrangère d’un futur gouvernement d’unité nationale dans les rapports de bon voisinage et dans le respect de leurs frontières. Ainsi le Président s’est éloigné de l’idée la plus militante de l’UTI, à savoir la revitalisation du projet politique de la Grande Somalie. En effet, le Président entre dans l’arène politique intérieure et régionale en tant qu’islamiste modéré et réformateur. Cette position semble confirmer l'idée que l’intégration des Islamistes modérés dans le processus politique est le plus grand succès de l’intervention diplomatique à Djibouti.

 

Le nouveau Président était présent au douzième Sommet de l’Union africaine qui s’est déroulé entre le 26 janvier et le 4 février 2009 à Addis Abeba. Ce fait confirme surtout que l’UA considère la situation en Somalie comme un des grands problèmes du continent et qu’il faut déployer des efforts pour le résoudre, notamment en consolidant le processus de Djibouti et en augmentant les effectifs de l’AMISOM jusqu’à son remplacement par l’OMP onusienne.

L'opposition et l'insurrection interne

Hassan Dahir Aweys reste basé à Asmara en Érythrée et son inclusion dans la liste américaine des individus accusés d'activités terroristes l’empêche de se déplacer dans la région. Les deux principaux leaders de l’ancien UTI s'étaient éloignés après la création de l’ARS. Pendant que le nouveau Président était prêt à reprendre le dialogue avec le GFT, Hassan Dahir Aweys s’opposait au GFT et à toute intervention internationale en Somalie, y compris par l’UA. Après cette divergence l’ARS s’est scindée en deux mouvements ( le ARS/Djibouti et le ARS/Asmara).

 

L’Érythrée a continué à soutenir l’insurrection en Somalie, surtout le mouvement Al-Shabaab (Africa Confidential, octobre 2008). Ceux-ci continuent de s’opposer à toute intervention internationale en Somalie et ne sont pas prêts à renoncer à l’emploi de la force armée. Mais l’insurrection est fragmentée, puisqu'elle comprend des leaders de milices possédant des sources de revenus propres (à travers le contrôle des ports ou des points stratégiques nécessaires au trafic aérien), des forces de sécurité privées d’entrepreneurs, des milices de l’ancien UTI et des forces indisciplinées du GFT. Les défis principaux demeurent liés à l'engagement des divers acteurs et à la prise en compte de leurs agendas et intérêts - souvents conflictuels - dans un processus de stabilisation ainsi qu'à la minimisation des sources de rejet du processus politique de Djibouti.

 

Le processus de Djibouti prévoit la création des forces de sécurité conjointes, notamment d'une force composée de 5,000 soldats et d’une autre composée de 10,000 policiers pour stabiliser Mogadiscio et le reste du pays. Mais les force de sécurité transitoires ou d’un gouvernement d’unité nationale ne pourront être constituées que progressivement. Entre temps, les enjeux pour l’AMISOM restent très nombreux.

Implications pour l'OMP

Les dernières OMP en Somalie (UNOSOM I & II/ 1992-1995) furent considérées comme un échec total. Des facteurs intérieurs complexes, conjugués à une structure de commandement et une réponse inadéquates face aux protagonistes ont contribué à cette débâcle. L’expérience acquise a démontré qu’en absence de la restauration d’un minimum d’ordre et de retour de la loi, les quelques avancées sur le plan politique ont été compromises sur le théâtre du conflit.

 

L'effondrement continu de l’État (1991-2009), la guerre civile et les interventions étrangères (2006-2008) auraient provoqué la mort de 16 000 personnes. Celà oblige la communauté internationale à envisager un engagement sur le long terme. Les modalités et composantes de cet engagement sont l’objet du débat que nous analyserons. La création de l’AMISOM par l’Union africaine était envisagée comme une opération transitoire jusqu’au déploiement d’une OMP onusienne.

 

La création de l’AMISOM et le déploiement des premiers contingents trois mois après l’intervention unilatérale de l’Éthiopie visaient à ouvrir une voie légitime et plus impartiale pour la stabilisation de la Somalie. Les attaques des mouvements d’insurrection contre l’AMISOM, au début de ses activités, n´étaient pas comparables en intensité et en fréquence aux attaques contre les FNDE et le GFT. Ces attaques doivent être interprétées en fonction du mandat propre de l’AMISOM qui prévoyait la protection des Institutions fédérales de transition (IFT), elle-mêmes contestés par les mouvements d’insurrection.

 

Le développement de l’OMP africaine était conçu en trois étapes. La première étape prévoyait la stabilisation de la situation dans la capitale, la deuxième étape prévoyait la consolidation de la stabilisation d’autres régions, notamment le sud, au moment où la force atteindrait sa pleine capacité opérationnelle. Finalement, la dernière étape prévoyait le remplacement de l’AMISOM par une force multinationale élargie ou par une OMP de l’ONU. Jusqu’à présent le succès le plus tangible de l’AMISOM reste le retrait des FNDE. En effet, la présence et les opérations des FNDE compromettaient la stabilisation de la Somalie sur le long terme.

 

Le retrait des FNDE, même si désirable sur le plan intérieur et international, a augmenté la vulnérabilité des forces de l’AMISOM aux attaques des mouvements d'insurrection et a élevé exponentiellement les obstacles à la réalisation de son mandat de stabilisation à court terme. Les attaques directes contre l’AMISOM se sont intensifiées à partir du mois d’août 2008 alors que les progrès des négociations entre l’ARS/Djibouti et le GFT, dans le cadre du processus politique de Djibouti étaient perceptibles. Moins de la moitié des effectifs prévus pour l’AMISOM est actuellement déployée en Somalie. Pour l’Union africaine les problèmes sont nombreux. Non seulement l'organisation conduit simultanément deux OMP de front sur des théâtres dans lesquels la situation est extrêmement volatile mais en plus, elle peine à rassembler les effectifs théoriques des contingents prévus. La situation dans l’arène politique intérieure et régionale s’ajoute à l’intensification des attaques suicidaires du mouvement Al-Shabaab contre l’AMISOM (la dernière eu lieu le 25 janvier 2009).

 

L’ampleur des attaques suicidaires au Somaliland et au Puntland le 29 octobre 2008 et la confirmation de la participation d’un citoyen américain d’origine somalienne dans les attentats à Hargeisa en tant que jihadiste démontrent l’ampleur du problème. Néanmoins les analystes régionaux défendent la thèse que les responsables des attaques étaient surtout des islamistes militants dont les motivations étaient liées à l’arène politique intérieure de la Somalie.

 

Face aux facteurs énoncés, deux camps se constituent, à savoir ceux qui défendent le besoin d’une intervention multinationale à court terme, avec une nation-cadre et agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte de l’ONU et ceux qui défendent le besoin de la création d’une OMP onusienne pour prendre le relais de l’AMISOM. Le premier camp insiste sur la nécessité d’une intervention aux contours semblables à ceux de l’Opération Artémis en Ituri, notamment à travers la création d’une force multinationale intérimaire d’urgence pour stabiliser la capitale. Le deuxième camp défend la création immédiate d’une OMP onusienne agissant en vertu du Chapitre VII. Ces derniers se divisent entre ceux qui envisagent la création immédiate d’une telle OMP et ceux qui, face à l´échec de la dernière OMP onusienne en Somalie, sont plus enclins à soutenir la création d’une OMP dans une Somalie préalablement stabilisée.

 

Les deux camps sont d’accord sur les implications désastreuses d’un échec de la communauté internationale à renforcer le processus politique en cours et à contribuer à la stabilisation et à la restauration de la sécurité en Somalie. Selon ces deux courants d’opinion, un retrait total des forces de maintien de paix compromettrait un règlement de la situation dans les dix prochaines années et aurait des répercussions internes, régionales et internationales néfastes.

 

L’absence d’un renforcement des effectifs de l’OMP compromettra la concrétisation de son mandat et au cas où la situation de sécurité dégénérait, l’AMISOM serait impuissante. L’AMISOM ne possède ni les moyens aériens ou maritimes pour rendre le déploiement des contingents prévus efficace. Le décalage entre le mandat et les capacités d’AMISOM explique les difficultés de la mission à contribuer à la stabilisation de la capitale au delà d’un périmètre très réduit. Les défis pour l’AMISOM subsistent tant au niveau stratégique qu'au niveau opérationnel. L’AMISOM peine à augmenter les effectifs des contingents prévus, les pays fournisseurs de contingents restant le Burundi et l’Ouganda. Les facteurs énoncés montrent qu’une situation comme celle de la Somalie requiert une OMP onusienne dans laquelle des éléments de l’AMISOM pourraient être intégrés. La Turquie s’est dite prête à envoyer des contingents pour intégrer une telle OMP. L’AMISOM, dont la mission de stabilisation est importante, se révèle essentielle en tant que catalyseur d’une OMP onusienne. Cependant, face à l’insécurité générale et à une instabilité criante, l’échec de la communauté internationale à remplacer l’AMISOM à court terme compromettra les avancées fragiles réalisées jusqu’à présent par le processus de Djibouti. La création prévue d'une force somalienne conjointe (avec un total prévu de 5000 soldats) et d'une force de police (avec un total de 10 000 policiers) en coordination avec les acteurs internationaux, notamment l’AMISOM, pourra difficilement endiguer la violence et imposer un cessez-le-feu entre tous les belligérants sans s'appuyer sur la mise en oeuvre du processus politique de Djibouti. Finalement, face à l’intensification de la piraterie le long de la côte somalienne, les mesures prises par la communauté internationale pour combattre ce problème risquent de s'avérer inefficaces : la stabilisation du territoire somalien reste la meilleure solution sur le long terme.

Conclusion

Plusieurs échéances proches seront déterminantes pour la Somalie : le 16 mars prochain, moment que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a choisi pour retirer les forces de l’AMISOM de Somalie; le 15 avril, date à laquelle le Secrétaire général de l’ONU doit informer le Conseil de sécurité des composantes d’une OMP onusienne ; et juin 2009 quand la décision de remplacer l’OMP de l’UA par une OMP onusienne sera prise par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Le moment présent offre une opportunité pour l’engagement de la communauté internationale dans la stabilisation et la restauration de l’État en Somalie. Mais sans le respect, l’extension et le renforcement du cessez-le-feu obtenu entre les protagonistes engagés dans le processus de Djibouti et ceux qui s’y opposent, le coût de l’insécurité généralisée sera toujours payé par les Somaliens. Les enjeux sont nombreux tant pour les protagonistes que pour les acteurs régionaux et internationaux.

 

Alexandra M. Dias - Chercheure, post-doctorat CEA/ISCTE, Centre d’Études Africaines à Lisbonne

18 février 2009

 

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