Historique de l'opération EUFOR RD Congo

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EUFOR RD Congo       Congo, Rép. dem.

Opération de l’Union européenne en soutien au processus électoral en RDC (2006)

 

Le Conseil de l'Union européenne a adopté le 27 avril 2006 l'action commune créant l'opération de l'Union européenne en soutien à la Mission de l'ONU au Congo (EUFOR R.D. Congo) en vue des élections présidentielle et législatives de juin prochain. Cette opération est mandatée par la résolution 1671 adoptée sous le Chapitre VII par le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 25 avril 2006. Elle vise à instaurer un environnement sécuritaire pour une période allant jusqu'à quatre mois suivant les élections.



La République Démocratique du Congo a entamé une période de transition en juillet 2003, une transition à la fois démocratique et de sortie de crise pour ce pays qui a survécu à la dictature de Mobutu Sese Seko et continue à subir les attaques et le pillage de ses ressources naturelles par ses voisins. Au plan politique, les élections qui devraient, sauf un énième report, se dérouler en juin prochain (date limite fixée pour la fin de la transition) seraient les premières élections pluralistes du pays depuis son accession à l'indépendance, il y a plus de 40 ans. Pour ce territoire immense qui continue à dépendre pour sa sécurité de la plus importante opération onusienne sur le continent (la MONUC), le défi n'est pas mince. De la légitimité de l'élection dépend la stabilité des institutions du nouveau régime, ce qui nécessite d'une part un processus électoral ouvert et transparent et d'autre part une participation nombreuse des électeurs.

 

Sur le premier aspect, la Commission Électorale Indépendante a avalisé 33 candidatures à la présidentielle et près de 9500 candidatures à la députation (pour 500 postes à pourvoir). Les principales figures de la transition seront présentes, notamment le président actuel, Laurent-Désiré Kabila, l'ancien chef des rebelles du Mouvement de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba, ou encore le leader de l'ancien mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, Azarias Ruberwa. Des partisans et proches de l'ancien dirigeant, Mobutu Sese Seko, seront également de la partie. L'un des opposants à l'ancien régime, Antoine Gizenga, du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) se présente également malgré ses 80 ans. Toutefois, le parti du principal opposant de Mobutu Sese Seko, Étienne Tshisekedi wa Mulumba, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) refuse de participer aux élections et menace de perturber le processus.

 

Le plus grand défi sera toutefois d'amener les électeurs à se déplacer aux urnes, en particulier dans les régions les plus instables (Ituri, Nord et Sud du Kivu, Katanga). C'est notamment dans le but d'assurer la sécurité physique des électeurs que la Communauté internationale a décidé d'accroître son assistance. Ainsi, les Nations Unies ont décidé de renforcer la MONUC par certains éléments de l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB). La Communauté Économique des États d'Afrique Centrale a également annoncé le déploiement d'une force. Toutefois, le principal élément de dissuasion sera européen : l'EUFOR R.D. Congo, créée par l'action commune du 27 avril 2006 et avalisée par le Conseil de Sécurité au titre du Chapitre VII (résolution 1671 du 25 avril 2006) constituera le soutien principal de la MONUC, lorsque nécessaire.

 

L'état-major de l'EUFOR R.D. Congo sera situé à Potsdam, l'Allemagne assurant le commandement de l'opération. Le commandement de la force à Kinshasa revient à la France. Ces deux pays constitueront la majeure partie des forces (environ 500 hommes). Parmi les éventuels contributeurs de troupes figureraient l'Espagne (une centaine de militaires du corps d'infanterie), la Pologne (une trentaine de 32 gendarmes militaires), la Suède (forces spéciales), l'Italie, la Grèce, l'Autriche et la Grande-Bretagne. La Belgique, dont le parlement est réticent à l'envoi de militaires dans une ancienne colonie, devrait apporter une contribution logistique ainsi que des spécialistes du renseignement. Les missions les plus difficiles seraient confiées aux « paras » français, tandis que l'Allemagne se chargerait de la sécurité de l'aéroport de Kinshasa. La force effectivement déployée à Kinshasa comptera entre 400 et 450 personnels militaires. La majeure partie des troupes affectées à cette mission serait stationnée « au-delà de l'horizon », probablement dans un pays de la région, tout en étant rapidement déployable pour intervenir en cas de nécessité.