Fiche d'information de l'État : Bulgarie Bulgarie

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Bulgarie

La République de Bulgarie (Republika Balgariya) est un État de l’Europe du Sud-est. La Bulgarie a adhéré à quatre organisations habilitées à conduire des opérations de paix : l’ONU (1955), l’OSCE (1975), de l’OTAN (2004) et l’Union européenne (2007).

Politique de maintien de la paix

 

La politique de maintien de la paix de la Bulgarie s’est développée récemment, après la chute de son régime communiste en 1989. Ses activités dans ce domaine se sont cristallisées dès 1992, quand la Bulgarie affirme son soutien et assistance en faveur de l’implémentation des décisions de l’ONU. Sa position géopolitique, qui la place à la proximité des foyers de conflit dans les Balkans, a sans doute également contribué à l’élaboration d’une politique de maintien de la paix, comme élément central de sa politique étrangère.

 

Membre de l’OTAN depuis 2004, et futur membre de l’Union européenne en 2007, la Bulgarie développe actuellement des capacités d’intervention intégrées dans le cadre de ces deux organisations européennes qui collaborent étroitement dans la gestion de plusieurs crises en Europe (principalement dans les républiques ex-yougoslaves qui ont été affectées par la violence ethnique, par exemple en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine).

 

Le principal fondement théorique qui se trouve à la base de la politique de maintien de la paix de la Bulgarie est le « Concept pour la Participation de la République de Bulgarie dans les opérations de soutien de la paix » qui a été élaboré en 1994 et qui guide depuis les efforts de la Bulgarie en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

 

La Bulgarie limite toutefois la participation de ses spécialistes et experts militaires à des opérations de prévention des conflits, de maintien de la paix, d’appui et consolidation de la paix, en conformité avec ses intérêts nationaux. Ainsi, chaque mission doit contenir les termes exacts de son mandat, des tâches attribuées aux forces bulgares, tout comme des critères clairs délimitant la durée de la mission.

 

La Bulgarie reconnaît que son implication dans des missions visant à prévenir les conflits et à les résoudre de manière pacifique contribue à accroître le prestige international du pays. Un autre objectif avoué de la Bulgarie a été de favoriser son intégration dans les structures de sécurité européennes notamment par la participation à des missions conjointes avec l’OTAN ou l’UE, sous le mandant de l’ONU ou de l’OSCE. De manière indirecte, cela permet également à la Bulgarie d’acquérir l’expertise militaire et technologique nécessaire afin d’améliorer la préparation de ses forces armées.

 

Structures décisionnelles politiques et militaires

 

Le politique

 

La base légale de la participation bulgare aux missions de maintien de la paix est fournie par l’article 84, paragraphe 11 de sa Constitution qui permet l’engagement des forces armées bulgares à l’étranger seulement suite à l’approbation de l’Assemblée nationale qui se prononce à la suggestion du Conseil des Ministres. Comme pour tout membre de l’OTAN, le militaire est placé sous le contrôle civil, notamment le Ministre de la Défense, assisté par un cabinet politique chargé de formuler et d’élaborer les décisions nécessaires pour la mise en œuvre de la politique gouvernementale. Celui-ci est composé des ministres adjoints, du chef de cabinet du Ministre de la Défense, du secrétaire parlementaire et du chef du Département de relations publiques.

 

L’institution de l’Inspectorat, directement subordonnée au Ministre de la Défense, est l’instrument par l’intermédiaire duquel s’exerce le contrôle de la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans le domaine de la défense. Ses tâches incluent la surveillance d’une application correcte des lois et des ordres provenant du Ministère de la Défense, ainsi que de l’ordre et de la discipline des forces armées.


Le militaire

 

La direction de l’armée est assurée par le chef d’état-major des Forces armées bulgares, assisté de plusieurs adjoints. Différentes directions sont subordonnées aux chefs d’états-majors adjoints afin de les aider dans l’accomplissement de leurs tâches. Ainsi, la Direction centrale opérationnelle détient un rôle principal concernant l’élaboration et l’actualisation des plans opérationnels qui circonscrivent les activités des forces armées bulgares, la gestion des troupes dans des situations extraordinaires et de crise, l’implémentation des décisions concernant la préparation et la mobilisation des troupes et leur participation aux combats. Elle est expressément chargée de protéger la souveraineté de l’espace aérien et maritime de la Bulgarie et de sa défense territoriale. Autres directions incluent la Direction centrale du système d’informations et de communications, la Direction centrale de soutien logistique et médical, la Direction de planification de la défense et des forces armées (qui entre autres, assure la coordination des activités d’intégration dans les structures de l’OTAN et de l’UE), la Direction des renseignements militaires, etc.

 

Évolution de la participation

 

L’implication de la Bulgarie dans les opérations de maintien de la paix commence en 1992 suite à l’invitation de l’ONU de participer dans une opération de soutien de la paix auprès de sa mission au Cambodge. Lors de cette première opération à l’étranger de la Bulgarie, environ 850 troupes, et une quarantaine d’officiers ont été déployés dans un délai relativement court (45 jours à partir du moment où la mission a été assignée et jusqu’à l’arrivée des premiers soldats sur le sol cambodgien).

 

Les missions suivantes en Angola et Tadjikistan en 1995 ont été d’une moindre ampleur et ont impliqué seulement des officiers de l’armée bulgare, ayant un rôle d’observateurs militaires : 48 officiers auprès de la mission de l’ONU en Angola de 1995 à 2000 et 27 officiers en Tadjikistan pour la même période, dont une partie ont assumé par la suite des tâches civiles sous l’égide de l’ONU et de l’OSCE. Une autre mission impliquant des officiers de l’armée bulgare a été déployée dans le cadre de l’ONU en Éthiopie et en Erythrée à partir de février 2001.

 

Malgré la diversité des ses opérations, les efforts de maintien de la paix de la Bulgarie se concentrent dans les Balkans, une région d’une importance stratégique particulière pour ce pays. Ainsi la plus longue mission de maintien de la paix entreprise par la Bulgarie jusqu’à présent est celle de Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la SFOR, à partir d’août 1998. Les tâches assumées par les troupes bulgares incluent la transportation de matériel, de l’aide humanitaire et de combustible, la réparation et la construction des routes et des bâtiments endommagés par le conflit, tout comme des tâches relatives à la gestion et la surveillance des points de contrôle. À partir de 2002 une compagnie de sécurité composée des troupes bulgares est responsable de la sécurité, de la défense et des contrôles garantissant l’accès aux quartiers généraux de la SFOR à Sarajevo. Suite au transfert de la mission de l’OTAN à l’UE, en décembre 2004, l’Assemblée nationale bulgare a approuvé la continuation de la mission bulgare dans le cadre de l’opération ALTEA de l’Union européenne.

 

Le risque posé à la République de Macédoine par le flux massif de réfugiés provenant du Kosovo en 1999 a également poussé la Bulgarie à offrir son appui aux efforts humanitaires déployés dans ce pays. Le Ministère de la Défense de la Bulgarie y a envoyé une clinique militaire mobile ainsi que de l’appui logistique et des provisions alimentaires et le personnel assurant la distribution de l’aide.

 

Finalement, la dernière axe majeure qui guident la politique de maintient de la paix et son désir d’intégration des structures de sécurité euro-atlantiques. La Bulgarie a donc signé, en conformité avec la résolution de l’ONU 1386, le Mémorandum qui a permis le déploiement des bases de la FIAS en Afghanistan. L’Assemblée nationale bulgare a par la suite approuvé la participation des forces armées bulgares à la mission de l’OTAN en Afghanistan. Depuis 2002, 32 militaires sont déployées dans la zone de contrôlée par les Britanniques, à proximité de Kaboul. Nous pouvons donc conclure que les missions de maintien de la paix de la Bulgarie ont connu une évolution les rapprochant de plus en plus des missions dirigées par les structures de sécurité européennes, principalement à cause de sa volonté d’intégration dans l’OTAN et l’UE. Nous remarquons également une spécialisation graduelle des tâches prises en charge par les forces armées bulgares, un élément indispensable au processus de modernisation de l’armée, conformément aux objectifs statués par sa politique de maintien de la paix.

 

Oana Tranca

Candidate au doctorat, Université Laval


Références

 

30 nov. 2004

“Balkan but different: Romania and Bulgaria's contrasting paths to NATO membership 1994-2002”


Gallagher, Tom. The Journal of Communist Studies and Transition Politics, volume 20, no. 4, pp. 1-19

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30 nov. 2003

“A comparative perspective of UN peacekeeping in Angola and Namibia”


Dzinesa, Gwinyayi Albert. International Peacekeeping, volume 11, no. 4, (hiver) pp. 644 – 663.

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