Fiche d'information de l'État : Burkina Faso Burkina Faso

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Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays sahélien situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest dans la boucle du Niger. Il partage ses frontières avec au Sud la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin ; au Nord et à l'Ouest le Mali et à l'Est le Niger. Le Burkina est membre de trois organisations habilitées à conduire des opérations de paix : ONU (1960), Union africaine (OUA/1963) et CEDEAO (1975).

Politique de maintien de la paix

 

Depuis son accession à la souveraineté internationale en 1960, le Burkina Faso s'est engagé en faveur de la paix en Afrique. Des fondements historiques, juridiques et politiques justifient cet engagement.

 

Dès le préambule de la Constitution burkinabè du 2 juin 1991, le Peuple burkinabè recherche « l'intégration économique et politique avec les autres peuples d'Afrique en vue de la construction d'une unité fédérative de l'Afrique » et désire « promouvoir la paix, la coopération internationale, le règlement pacifique des différends entre États, dans la justice, l'égalité, la liberté et la souveraineté des peuples ». Elle accorde une place prépondérante à la promotion de la paix et au règlement pacifique des différends entre les États africains. En son article 106, elle prévoit l'envoi de troupes à l'étranger sur autorisation de l'Assemblée Nationale. Les opérations de paix constituent une composante de la politique étrangère du Burkina Faso depuis 1991. En 1992, le discours de politique générale du premier ministre devant l'Assemblée nationale précise que la politique de défense et de sécurité du Burkina Faso s'inscrit dans une philosophie globale de recherche permanente de la paix interne et externe, ainsi que le respect du principe de bon voisinage. Cette participation volontariste aux opérations de paix se fonde sur le principe de solidarité avec les autres peuples.

 

En tant que membre de la CEDEAO, de l'Union Africaine, de l'Organisation des Nations Unies et d'autres organisations internationales, le Burkina Faso s'engage à respecter les instruments internationaux qu'il a signés et ratifiés. Sa responsabilité est engagée dans la promotion de la paix dans le monde. L'appel à une culture de la tolérance et de la paix devient un élément clé dans sa conduite internationale. Il s'engage également dans les opérations de maintien de la paix.

 

Déjà en 1998, dans son Programme pour un développement solidaire, à l'occasion de l'élection présidentielle, le Président / candidat, Blaise Compaoré, soutient que « la politique étrangère de notre pays doit être au service de l'amitié et de la coopération entre les peuples et les États. Dans ce sens, je veillerai à ce que notre pays continue d'apporter son soutien, sa collaboration et sa disponibilité pour le règlement des conflits et la gestion des crises, surtout en Afrique (...). Rien de durable ne peut être construit sans la paix et la sécurité. C'est pourquoi notre pays continuera de participer activement aux efforts de l'organisation de l'Unité Africaine, de l'Organisation des Nations Unies et de la Communauté internationale pour la prévention et la gestion des conflits, pour la stabilité et la paix dans le monde ».

Le Burkina Faso et le maintien de la paix


Les Forces Armées Nationales du Burkina Faso, créées depuis 1960, ont entre autres missions, la consolidation d'un espace de sécurité en Afrique de l'Ouest et le soutien à la paix et à la stabilité en Afrique et dans le monde. Elles ont ainsi participé depuis 1993 à de nombreuses opérations de paix en Afrique, notamment au Burundi, au Liberia, en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, au Soudan, au Soudan/Tchad et en Haïti.

 

En 1994, l'Organisation de l'unité africaine crée la Mission de l'OUA au Burundi (MIOB). Le Burkina Faso participe à la MIOB avec plus de 50% des effectifs. Du 29 avril 1994 au 19 août 1996, sept contingents successifs d'un effectif de 47 hommes séjournent au Burundi. Au cours de cette mission, le Burkina Faso perd un officier, le 14 juin 1995. Le mandat de la MIOB prend fin en juin 2004. L'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) prend la relève le 14 juin 2004 en intégrant dans ses rangs l'ancienne mission africaine de 2400 soldats. Le Burkina Faso demeure au sein de cette mission onusienne pour contribuer à la consolidation de la paix et à la réconciliation nationale. Sa contribution est de sept observateurs miliaires, deux officiers d'état-major et six policiers civils.

 

La situation en République Centrafricaine a aussi bénéficié du renfort du Burkina Faso à partir de février 1997. L'année 1996 connaît plusieurs mutineries en République Centrafricaine mettant à mal la sécurité et la paix. Le sommet France-Afrique de Ouagadougou de décembre 1996 contribue à la création de la « Mission Interafricaine de Surveillance des Accords de Bangui » (MISAB). Lesdits accords ont été signés entre les protagonistes le 25 janvier 1997 grâce à la médiation initiée lors du sommet. La force de la MISAB se met en place le 31 janvier 1997 avec un effectif de 792 hommes. Ses missions principales visent à faciliter le retour de la paix, la mise en œuvre des accords, le désarment et la sécurisation de Bangui. La MISAB a bénéficié du soutien de la France.

 

Le Burkina Faso participe à cette mission avec 114 hommes qui séjournent à Bangui du 9 février au 1er août 1997. Un deuxième contingent prend la relève du 3 août 1998 au 15 avril 1998, fin du mandat de la MISAB. La participation du Burkina Faso à la MISAB a consolidé la volonté des autorités burkinabè à engager l'armée dans la « Mission des Nations Unies en République Centrafricaine » (MINURCA). Deux contingents successifs de 126 hommes chacun assurent de manière significative la présence burkinabè à la MINURCA, respectivement du 15 avril 1998 au 15 mars 1999 et du 15 mars 1999 au 17 décembre de la même année. La MINURCA permet le déroulement dans des conditions acceptables des élections législatives (1998) et présidentielles (1999). L'expérience centrafricaine donne plus d'assurance au Burkina Faso pour apporter sa contribution pour le retour de la stabilité au Libéria.

 

Au Liberia, la CEDEAO décide de la création et de l'envoi des casques blancs de « l'ECOWAS Ceasefire Monotoring Group » (ECOMOG). L'ECOMOG se déploie sur le terrain le 7 août 1990, avec 3000 hommes, majoritairement du Nigeria. Le Burkina Faso vient en renfort à la force ouest africaine en 1997. Dans le cadre de l'Accord d'Abuja, au Nigeria, du 19 août 1995, le Burkina Faso décide d'apporter sa contribution à la gestion de la crise libérienne. Pendant quatorze mois, 504 hommes accomplissent la mission par le biais de deux détachements successifs : le premier de 319 hommes du 26 mars 1997 au 30 octobre 1997 à Monrovia et le second de 185 hommes dans la même localité du 21 octobre 1997 au 5 mai 1998. Le Burkina Faso obtient l'appui logistique du Danemark et de la Belgique.

 

Depuis 1996, le Zaïre, aujourd'hui République Démocratique du Congo (RDC), traverse une crise permanente qualifiée de la « Première guerre mondiale africaine » au regard de ses animateurs. Le 30 novembre 1999, le Conseil de Sécurité crée la « Mission de l'Organisation des Nations Unies en République Démocratique » (MONUC). A la date du 1er janvier 2004, 35 officiers burkinabè ont participé en tant qu'observateurs militaires à la MONUC. Actuellement, selon les données de la MONUC du 25 avril 2006, le Burkina Faso contribue avec 11 observateurs militaires. En plus des observateurs militaires, le Burkina Faso apporte son appui à la MONUC dans la composante police civile avec 69 policiers représentant la plus forte contribution, à la date du 9 février 2006. Cette attention à la promotion de la paix conduit le Burkina Faso à envoyer des policiers civils à la « Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti » (MINUSTAH).

 

À la suite de la démission du président Jean Bertrand Aristide en février 2004. l'ONU engage la MINUSTAH en juin 2004 pour intervenir dans tous les domaines qui concourent à la restauration de la stabilité et de l'État de droit en Haïti (création d'un environnement sûr et stable, appui au processus politique et constitutionnel, renforcement de la promotion et de la défense des droits de l'homme, assistance humanitaire et développement).

 

Dans ce cadre, depuis juillet 2004, le Burkina Faso participe à la stabilisation en Haïti par l'envoi de policiers civils pour renforcer les compétences de la police civile internationale (CIVPOL). Aujourd'hui, la contribution du Burkina Faso est de 76 policiers civils. Le contingent du Burkina Faso mène des opérations sécuritaires, notamment des patrouilles régulières en tout temps dans les points chauds de la capitale et des régions, en soutien aux forces haïtiennes pour protéger la population et réduire l'insécurité.

 

Dans la même dynamique, le Burkina Faso a envoyé des observateurs au Darfour et à la frontière entre le Soudan et le Tchad. L'appui du Burkina Faso à la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) est de sept observateurs militaires. Il prévoit d'envoyer un contingent et des observateurs militaires burkinabè au Tchad et au Soudan, dans le cadre de la mission d'observation mise en place par la Communauté des États Sahélo Sahariens (CEN-SAD) dont la mission sera d'aider à la restauration de la confiance entre les deux pays.

 

Il est aussi essentiel pour les Forces Armées burkinabè de bénéficier de formations approfondies sur les conflits, notamment le contexte géographique et historique, les causes fondamentales, les facteurs d'accélération et les incidents déclencheurs. Au regard de ces efforts, le Burkina Faso bénéficie de l'initiative française de renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (RECAMP). Cette initiative à travers les acteurs sur le terrain, la formation et l'entraînement, le soutien et l'équipement recherche à doter les Africains de capacités de sorties de crise. Depuis 1995, le pays a participé à tous les exercices RECAMP soit par l'envoi d'observateurs, soit par l'envoi d'état-major et de troupes.

 

 

 

Dr Poussi Sawadogo

Institut Diplomatique et des Relations Internationales de Ouagadougou, Burkina Faso