Département d’appui aux missions de l’ONU

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Face à l’augmentation exponentielle des opérations de maintien de la paix, qui implique une augmentation concomitante du personnel à New York chargé de leur suivi et de leur soutien logistique, le nouveau Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a souhaité, en 2007, procéder à une restructuration du Département des Opérations de Maintien de la Paix (DOMP), qui gère plus de 100 000 personnes de par le monde [1].

 

De fait, dans le cadre de la réforme appelée « réalignement » du DOMP [2], le Secrétaire général a proposé de diviser le département en deux. En raison de l’importance de cette réforme (et même de la controverse qu’elle a suscitée au sein du Secrétariat comme chez les Etats membres), le Secrétaire général a choisi de faire avaliser cette proposition par l’Assemblée générale. En fait de scission, cette réforme revient à créer un nouveau département au sein du Secrétariat : le Département d’appui aux missions (Department of Field Support – DFS). Cela est entériné le 1er août 2007 par l’Assemblée générale, qui adopte la Résolution 279 sur le « Renforcement des capacités de l’Organisation des Nations Unies sur le plan de la conduite des opérations de maintien de la paix et de l’appui à leur fournir ». En quelque sorte, cette réforme fait revenir le Secrétariat à la situation existant avant la création du DOMP. Avant 1992, les opérations de maintien de la paix étaient en effet suivies par le Département des Affaires politiques spéciales, le soutien logistique étant assuré par le Département de soutien des activités extérieures et des opérations de terrain (« Office for Field Operational and External Support Activities »).

Fonctions

Le Département de l’appui aux missions (DAM) est chargé, comme le stipule la Stratégie globale d’appui aux mission présentée en janvier 2010, « de mobiliser l’ensemble des moyens humains et matériels et des services d’appui requis pour permettre aux missions extérieures des Nations Unies d’être largement autosuffisantes et de remplir leur mandat dans un large éventail de situations d’après conflit ». Il a ainsi pour fonction de fournir le soutien des opérations de l’ONU sur le terrain en ce qui concerne le recrutement du personnel, les finances, les achats et la passation des marchés (procurement), la logistique, les systèmes de communication et d’informatique, et tout autre aspect de la gestion administrative des missions. Ce soutien vaut pour toute mission déployée sur le terrain : opération de maintien de la paix, mission politique, bureau d’appui à la consolidation de la paix, mission ponctuelle d’un envoyé spécial. Son personnel participe au processus de planification intégré (IMPP) et aux « équipes opérationnelles intégrées » (IOTs) mises en place à l’occasion de cette réforme afin de suivre et de planifier, de manière intégrée et transversale, les opérations en cours ou futures.

 

Selon le Secrétaire général, cette réforme permet un accroissement des capacités des deux départements et une répartition plus claire des responsabilités et des prérogatives de chacun : le DOMP se concentrant sur les directives politiques données au terrain (niveau stratégique) et le DAM pouvant avoir une meilleure réactivité face aux besoins des nouvelles opérations (niveau opératif et tactique). Le DAM doit pouvoir assurer « une gestion avisée des ressources autorisées pour chaque mission » ; il constitue également un département de soutien, un prestataire de services logistiques et administratifs, pour les autres département déployant du personnel (Département des Affaires politiques, Bureau de coordination des Affaires humanitaires et Département de la sécurité et de la sûreté). Le DAM doit travailler avec le Département de la gestion en ce qui concerne les ressources humaines déployées sur le terrain, tandis que le Bureau de la gestion des ressources humaines reste en charge de la politique générale et des standards onusiens dans ce domaine.

 

Ce département est dirigé par un Secrétaire général adjoint qui doit fortement se coordonner avec et rendre compte au chef du DOMP ainsi qu’au Vice-Secrétaire général. C’est Susana Malcorra (Argentine) qui a occupé ce poste de mars 2008 à mars 2012 ; l’ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général au Timor Leste, Ameera Haq (Bangladesh), lui a succédé en avril 2012. La Cheffe du DAM peut briefer directement le Conseil de sécurité si nécessaire (cela a été fait sur la Somalie). Les difficultés concernant le soutien des missions pouvant désormais être mieux prises en compte à tous les niveaux, le Conseil peut en être plus conscient lorsqu’il doit décider d’opérations lourdes telles que celles du Darfour, du Sud-Soudan et du Tchad. Il est également engagé dans le soutien logistique apporté par les Nations Unies (sur contributions obligatoires des Etats membres) à l’AMISOM, la Mission de l’Union africaine en Somalie, pour laquelle le DAM a déployé un bureau particulier à Nairobi, l’UNSOA (United Nations Support Office for AMISOM / Bureau d’appui des Nations Unies pour l’AMISOM).

Structures


Le Département de l’appui aux missions comprend, en 2010, autour de 465 personnes (civils et militaires). L’organigramme du DAM a été simplifié par rapport à la structure initiale envisagée. Les affaires de déontologie, de discipline et de conduire ainsi que celles relatives aux nominations des dirigeants des OMP ont été placées directement auprès du Secrétaire général adjoint. La Cheffe du DAM est aidée dans son travail de direction et de coordination générale par un Sous-Secrétaire général, également responsable de la mise au point et de la coordination des dispositifs d’appui logistique, informatique et télématique pour l’ensemble des opérations de paix. Ses attributions consistent à diriger, orienter et guider l’appui logistique fourni aux missions, à planifier l’apport d’un appui logistique, informatique et télématique intégré et à maintenir une capacité de réaction rapide pour faire face à l’expansion ou à toute autre évolution des besoins des missions de maintien de la paix en matière d’appui. Le Bureau exécutif (ou Cabinet du Secrétaire général adjoint) a la particularité d’être commun avec celui du Chef du DOMP.

Le DAM comporte trois divisions principales (Division du personnel déployé sur le terrain, Division du budget et des finances, Division du soutien logistique) et un Service des communications, de l’information et des technologies. Le DAM a également en charge le suivi de la gestion de la Base logistique de Brindisi, avec en projet la création d’une base logistique régionale à Entebbe [3]. En revanche, la passation des marchés (procurement), initialement prévue comme étant à la charge du DAM, dépend du Département de la gestion, même si certains marchés peuvent, le cas échéant, être préparés par le DAM.

 

 

Cliquer ici pour consulter l’organigramme du département de l’appui aux missions de l’ONU.

 

 

Alexandra Novosseloff

 

Chercheure-associée

 

Centre Thucydide, Université Paris-Panthéon-Assas

 

29 décembre 2008, actualisé en juillet 2012.

 

Références


A/61/858 (13 avril 2007) : Rapport détaillé sur le renforcement de la capacité de l’Organisation dans le domaine des opérations de maintien de la paix


A/64/633 (26 janvier 2010) : Rapport du Secrétaire général, Stratégie globale d’appui aux missions.


Notes bibliographiques

[1] Cette réforme correspondait également à la volonté américaine (de l’ambassadeur de l’époque, John Bolton) d’amoindrir le poids du DOMP au sein du Secrétariat, et la pression exercée par les Etats-Unis dans ce sens.

 

[2] Non paper: Strengthening UN Peace and Security Operations: The Case for Restructuring.

 

[3] Ces deux entités devraient respectivement devenir « un centre mondial » et « un centre régional » de services d’appui aux missions.

 

Le Département de l’appui aux missions comprend, en 2010, autour de 465 personnes (civils et militaires). L’organigramme du DAM a été simplifié par rapport à la structure initiale envisagée. Les affaires de déontologie, de discipline et de conduire ainsi que celles relatives aux nominations des dirigeants des OMP ont été placées directement auprès du Secrétaire général adjoint. La Cheffe du DAM est aidée dans son travail de direction et de coordination générale par un Sous-Secrétaire général, également responsable de la mise au point et de la coordination des dispositifs d’appui logistique, informatique et télématique pour l’ensemble des opérations de paix. Ses attributions consistent à diriger, orienter et guider l’appui logistique fourni aux missions, à planifier l’apport d’un appui logistique, informatique et télématique intégré et à maintenir une capacité de réaction rapide pour faire face à l’expansion ou à toute autre évolution des besoins des missions de maintien de la paix en matière d’appui. Le Bureau exécutif (ou Cabinet du Secrétaire général adjoint) a la particularité d’être commun avec celui du Chef du DOMP.

Le DAM comporte trois divisions principales (Division du personnel déployé sur le terrain, Division du budget et des finances, Division du soutien logistique) et un Service des communications, de l’information et des technologies. Le DAM a également en charge le suivi de la gestion de la Base logistique de Brindisi, avec en projet la création d’une base logistique régionale à Entebbe[i]. En revanche, la passation des marchés (procurement), initialement prévue comme étant à la charge du DAM, dépend du Département de la gestion, même si certains marchés peuvent, le cas échéant, être préparés par le DAM.



[i] Ces deux entités devraient respectivement devenir « un centre mondial » et « un centre régional » de services d’appui aux missions.