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Corée du Sud

La République de Corée, également connue sous le nom de Corée du Sud, est un pays d’Asie du Nord-est. La Corée du Sud est membre d’une seule organisation intergouvernementale engagée dans la conduite d’opérations de maintien de la paix : l’ONU (1991).

Politique de maintien de la paix

Guerre de Corée et politique de maintien de la paix intercoréenne

Afin de bien comprendre la politique de maintien de la paix de la Corée du Sud, un petit retour historique s’impose. La République de Corée a été le théâtre du premier déploiement militaire autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU lors du conflit ayant opposé, de 1950 à 1953, le Nord communiste soutenu par la Chine et l’URSS au Sud anti-communiste appuyé par les Etats-Unis.

Cet épisode sanglant de l’Histoire de la région a eu des conséquences durables sur la politique étrangère de la Corée du Sud en général, et sur sa politique de maintien de la paix en particulier. En effet, la persistance de la précarité de la situation politique sur la péninsule coréenne et la politique américaine d’endiguement face au communisme feront en sorte que les Etats-Unis maintiendront une présence militaire conséquente en Corée du Sud. En effet, le 1er octobre 1953 est signé un accord de défense mutuelle entre les Etats-Unis d’Amérique et la Corée du Sud. Celui-ci mentionne qu’en cas de guerre, les Etats-Unis exerceront le commandement militaire en Corée du Sud. Le 23 octobre 2014, il est cependant décidé que le contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre sera transféré de Washington à Séoul dans le milieu des années 2020, lorsque la Corée du Sud sera en mesure de faire face aux menaces nucléaires nord-coréennes. Au 31 mars 2018, on dénombre 24 915 militaires américains stationnés en Corée du Sud. Ils prennent régulièrement part à des exercices militaires bilatéraux, dans l’optique de faire face à une éventuelle invasion nord-coréenne.

La politique de maintien de la paix de la Corée du Sud est ainsi influencée par ses relations diplomatiques tendues avec la Corée du Nord. La signature de l’armistice de Panmunjeom, le 27 juillet 1953, n’aboutit à aucun traité. Techniquement, les deux Etats coréens sont donc encore en guerre. Toutefois, une zone démilitarisée (DMZ) est créée aux alentours du 38ème parallèle. Elle fait office de zone tampon entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, et est paradoxalement la zone la plus militarisée du monde. Depuis lors, les deux Etats coréens se revendiquent comme étant l’unique représentant de l’ensemble de la Corée. De plus, la Corée du Nord est accusée de mener un programme nucléaire clandestin depuis au moins 1989, sujet tant source de tensions entre les deux Corées que sur la scène internationale. Dans ce sens sont organisées des rencontres entre la Corée du Sud, la Corée du Nord, le Japon, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, visant à convaincre le régime nord-coréen de renoncer à acquérir l’arme nucléaire. En 1998, la Corée du Sud entame la politique du “rayon de soleil” - qu’elle poursuivra jusqu’en 2008 -. Cette politique vise à encourager une attitude positive de la Corée du Nord à l’égard du Sud, en favorisant l’aide économique et les interactions. Pour cela, trois principes fondamentaux sont appliqués par la Corée du Sud : aucune provocation de la Corée du Nord ne sera tolérée, le Sud ne tentera en aucun cas d’absorber le Nord et le Sud cherchera activement la coopération avec le Nord. Dans le cadre de cette politique ont eu lieu divers sommets intercoréens. Toutefois, leur bilan est mitigé, entre volonté de rapprochement et d’apaisement et regain des tensions. Ainsi, le 15 juin 2000, est signé une déclaration commune Nord-Sud entre le président sud-coréen Kim Sae-Jung et son homologue nord-coréen Kim Jung-il. Elle pose la première pierre d’un dialogue entre les deux Corées. Le 4 octobre 2007, les deux Etats signent l’accord de Pékin, soulignant l’engagement des deux Etats à promouvoir “la paix et la prospérité économique” dans la péninsule, alors que la Corée du Nord effectuait son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006. Le 25 mai 2009, les relations diplomatiques Nord-Sud se tendent à la suite d’un second essai nucléaire de Pyongyang. Dans ce contexte, Séoul annonce la mise en place sur son territoire du bouclier américain Terminal High Altitude Area Defense (THAAD). Celui-ci vise à intercepter et à détruire les missiles balistiques nord-coréens. Il est opérationnel à depuis le 1 mai 2017. Cependant, de nouveaux tirs balistiques et essais nucléaires ont lieu en Corée du Nord en 2016 et 2017. Le 10 mai 2017, Moon Jae-in est élu président de la République de Corée. Il milite pour un rapprochement avec la Corée du Nord. C’est dans cette optique qu’est organisée une rencontre entre les deux Corées le 9 janvier 2018. Elle se conclut positivement et amorce une période de dégel diplomatique. La Corée du Nord présente en effet une délégation aux jeux olympiques d’hiver de 2018, organisés en Corée du Sud, et les deux Corées défilent ensemble lors de la cérémonie d’ouverture. Le 27 avril 2018, lors d’une rencontre informelle entre les dirigeants du Nord et du Sud, un programme de dénucléarisation de toute la péninsule est envisagé.

Politique de maintien de la paix sud-coréenne à l’échelle internationale

Entre 1953 et 2003, la Corée du Sud est passée du statut de pays du Tiers-Monde à celui de puissance économique de premier rang. L’importance relative du pays sur la scène internationale est d’ailleurs principalement due à son poids économique. L’histoire récente du pays, son besoin d’un environnement géopolitique stable pour continuer à prospérer économiquement, sa dépendance militaire vis-à-vis des Etats-Unis, sa proximité face à la menace nucléaire nord-coréenne et au géant chinois et son idéal de réunification avec Pyongyang font de la Corée du Sud un fervent défenseur du multilatéralisme, de la diplomatie et des OMP. La participation dans des missions de maintien de la paix de l’ONU est ainsi perçue par la Corée du Sud comme un puissant instrument politique, lui permettant de servir ses intérêts nationaux dans de nombreux domaines. Elle permet notamment à la Corée du Sud de concurrencer ses voisins régionaux. On constate par exemple de nombreux parallèles entre les contributions coréennes et japonaises dans les missions de paix de l’ONU.

La participation de la Corée du Sud à des OMP est relativement récente, le pays n’ayant rejoint l’ONU qu’en 1991, conjointement avec la République démocratique de Corée - Corée du Nord -. Cette adhésion tardive à l’ONU est due au blocage de l’organisation, au cours de la Guerre froide, par l’opposition entre Washington et Moscou, notamment en ce qui a trait à l’adhésion de nouveaux Etats-membres. Depuis 1991, la Corée du Sud a cependant trouvé sa place dans les OMP et sa transformation, en quelques décennies à peine, d’un pays détruit par la guerre en une puissance économique doublée d’une démocratie florissante, est une source d’inspiration et d’espoir pour tous les pays du Tiers-Monde. L’élection, en 2007, de l’ancien ministre des affaires étrangères du pays, Ban Ki-moon, en tant que Secrétaire général de l’ONU, puis sa réélection en 2011 pour un second mandat, représentent probablement la consécration du poids croissant de la République de Corée dans le domaine de la paix et de la sécurité internationale. En 2017, la Corée du Sud est également élue à la présidence de la Commission de Consolidation de la paix des Nations Unies. Elle occupe la vice-présidence en 2018.

L’armée sud-coréenne est une des plus puissantes d’Asie, avec les armées chinoises, japonaises et nord-coréenne. Elle comprend 625 000 Hommes actifs et 3 100 100 réservistes en 2016. Elle dispose d’un budget de 39,2 milliards de dollars américains en 2017, ce qui représente 2,6% du PIB annuel du pays. L’armée sud-coréenne est ainsi la 10ème armée mondiale en termes de dépenses. Cependant, les efforts de la Corée du Sud en matière de maintien de la paix sont axés sur des tâches non-militaires. En effet, bien que la grande majorité des personnels déployés par le pays dans des OMP soient des soldats, ceux-ci font principalement partie d’unités médicales ou d’ingénierie. Les mandats qui leur sont assignés allient donc reconstruction, aide humanitaire et promotion culturelle. A titre d’exemple, le contingent sud-coréen déployé au Liban au sein de la FINUL s’occupe, outre de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, de répondre aux besoins médicaux de la population locale, de paver des routes et de reconstruire des écoles, ainsi que de donner des cours de taekwondo, de coréen et d’informatique. Au sein du ministère coréen de la Défense, cette stratégie d’implication des militaires dans les domaines civils est appelée « Vague de paix ». L’un des objectifs de cette stratégie est de développer des relations avec les populations locales tout en promouvant la culture et les exportations du pays. Avec son excellence pour l’ingénierie, la Corée du Sud se spécialise donc avant tout dans la reconstruction des infrastructures dans des zones en conflit ou post-conflits. Toujours dans cette logique, durant son mandat à la tête de la Commission de consolidation de la paix en 2017, la Corée du Sud affirme vouloir jouer le rôle de liaison entre la consolidation de la paix et d’autres activités visant une paix durable. Elle signe notamment un mémorandum d’accord avec l’Union africaine relatif à des équipements médicaux de niveau 2 afin de renforcer les capacités de maintien de la paix en Afrique. En novembre 2017, du personnel de la Republic of Korea Horizontal Military Company - constituant une part des effectifs coréens de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) - installe 30 LED alimentés par l’énergie solaire le long d’une route dans la ville de Bor afin d’augmenter la sécurité et de booster l’activité économique du secteur.

La politique de maintien de la paix de la Corée du Sud ne donne la priorité à aucune zone géographique en particulier en termes de déploiement. La Corée du Sud a en effet envoyé des contingents dans différentes régions du monde depuis son adhésion à l’ONU en 1991, que ce soit en Afrique, en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient ou dans la région Asie-Pacifique. La capacité du gouvernement à engager des troupes dans les OMP est toutefois tributaire de ses relations avec le Nord. En effet, en période de tensions, les autorités du pays préfèrent avoir le plus grand nombre possible de leurs soldats présents sur le territoire national.

STRUCTURES DÉCISIONNELLES CIVILES ET MILITAIRES

 

La Constitution sud-coréenne stipule en préambule que le pays a pour ambition de contribuer à l’établissement d’une paix mondiale. A ce titre, l’article 5 du document indique que la Corée du Sud s’engage à maintenir la paix et renonce à toute guerre à caractère offensif.

Le document régissant le déploiement de troupes sud-coréennes dans le cadre d’OMP est la Loi sur la participation à des opérations de maintien de la paix de l’ONU, adoptée en décembre 2009 et entrée en vigueur en avril 2010. Cette loi fournit une définition claire du maintien de la paix ainsi qu’une base légale permettant d’établir des unités permanentes de maintien de la paix. Elle a ainsi pour but de « permettre à la Corée de participer aux OMP de l’ONU plus activement et plus rapidement afin de contribuer à créer et à maintenir la paix mondiale en stipulant la manière dont doivent être déployées et retirées les unités militaires prenant part à des OMP ». La Loi comporte deux types de provisions : elle décrit les procédures à suivre pour déployer des troupes et elle fixe des limitations à de tels déploiements.

Les procédures

Lorsqu’il reçoit une requête de la part du Secrétariat de l’ONU pour participer à une mission, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères (MAE) informe le ministère de la Défense (MND) afin de discuter de la faisabilité de l’engagement. Un comité des vice-ministres est alors organisé afin de permettre une coopération plus efficace entre les différents groupes de travail. Parallèlement, une mission d’évaluation est envoyée sur zone afin de juger de la situation, notamment au niveau sécuritaire. Les membres de cette mission d’évaluation rédigent ensuite un rapport, qui sera utilisé par le ministère de la défense afin de préparer un plan de mise en œuvre précisant les différentes caractéristiques de la mission : ses objectifs, sa durée, les hostilités potentielles, la taille et la composition des troupes, le commandement, les questions opérationnelles ainsi que les exigences logistiques. A la lumière de ce plan, le gouvernement accepte ou rejette la requête de l’ONU. Ces modalités doivent alors être approuvées par le président du pays avant d’être soumis au Parlement pour approbation. L’article 60 de la Constitution octroie en effet au Parlement la responsabilité « de déployer les forces armées dans des pays étrangers ».

L’engagement du pays dans une mission de paix peut se terminer de trois manières : (1) si le mandat de l’OMP arrive à échéance (alors celui du contingent sud-coréen s’achève également) ; (2) si le gouvernement sud-coréen décide d’interrompre la mission de ses troupes ou (3) si le Parlement décide d’interrompre la mission de ses troupes. Par ailleurs, ce document décide de la mise sur pied d’une force en attente de 1000 soldats prête à être déployée en tout temps dans le cadre d’opérations de maintien de la paix.

Limitations

En vertu de la Loi sur la participation à des opérations de maintien de la paix de l’ONU, la Corée du Sud ne peut déployer plus de 1000 militaires dans une même mission. Le document stipule également que l’engagement de troupes sud-coréennes dans une OMP ne peut excéder un an : leur mandat doit donc être renouvelé, au besoin, chaque année par le Parlement. Selon la loi, afin que des troupes sud-coréennes puissent se déployer dans une OMP, il faut que celle-ci ait reçu le consentement du pays hôte. Enfin, le document indique que toute participation sud-coréenne à une OMP est conditionnée à une non-participation des contingents du pays à des opérations de combat.

Il est également intéressant de noter que la loi stipule que pour qu’une mission puisse être libellée « OMP », celle-ci doit obligatoirement être sous commandement onusien. En d’autres termes, selon la nouvelle législation sud-coréenne, toute mission menée par une organisation régionale comme l’OTAN, l’UA ou l’UE, ne peut être considérée comme une OMP, même si elle est autorisée par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela ne signifie toutefois pas que le pays ne peut participer aux opérations menées par l’OTAN : cela signifie juste que l’éventuel déploiement de troupes coréennes à de telles missions tombe en dehors des provisions – et donc des limitations - de cette loi. Le but de cette faille est de ne pas porter atteinte à l’alliance stratégique avec les États-Unis en donnant aux autorités du pays la possibilité de participer au besoin à une mission à caractère militaire.

ÉVOLUTION DU MAINTIEN DE LA PAIX

 

Depuis son adhésion à l’ONU en 1991, la Corée du Sud a participé à 13 missions de maintien de la paix onusiennes :


Opérations passées


Afrique

-Opération des Nations Unies en Somalie II : ONUSOM II (1993-1995)

-Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire : UNOCI (2004-2017)

-Mission des Nations Unies au Soudan : MINUS (2005-2011)

 

Amériques

-Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti : MINUSTAH (2004-2017)

 

Asie et Pacifique

-Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge : APRONUC (1992-1993)

-Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental : ATNUTO (1999-2002)

-Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental : MANUTO (2002-2005)

-Mission intégrée des Nations-Unies au Timor-Leste : MINUT (2006-2012)

 

Europe

-Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie : MONUG (1993-2009)

 

Opérations en cours

 

Afrique

-Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara oriental : MINURSO (1991-...) : 4 experts en avril 2017

-Mission des Nations Unies au Libéria : MINUL (2003-...) : 5 policiers en avril 2017

-Mission conjointe des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour : MINUAD (2007-...) : 3 soldats en avril 2017

-Mission des Nations Unies au Soudan du Sud : MINUSS (2011-...) : 2 experts et 273 soldats en avril 2017

 

Asie et Pacifique

-Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies pour l’Inde et le Pakistan : GOMNUIP (1951-...) : 7 experts en avril 2017

 

Moyen-Orient

-Force intérimaire des Nations Unies au Liban : FINUL (1978-...) : 331 soldats en avril 2017


Depuis la première participation de la Corée du Sud à une OMP, en 1993 en Somalie, la participation sud-coréenne aux missions de paix a peu évolué sur le plan qualitatif. Celle-ci s’est en effet concentrée sur des tâches d’interposition jumelées à des tâches de reconstruction et d’aide humanitaire. Il convient toutefois de noter ce qui semble être un intérêt grandissant du pays pour la consolidation de la paix, celui-ci siégeant notamment à la Commission de Consolidation de la Paix des Nations Unies depuis 2009 et l’ayant présidé en 2017.

Sur le plan quantitatif, les efforts sud-coréens en termes de participation aux OMP de l’ONU se sont renforcés par paliers, au gré de certaines missions et de la situation dans la péninsule coréenne. Ainsi, de 251 Casques bleus en septembre 1993, la Corée du Sud est passée à 476 en septembre 2000 pour tomber à 30 en 2006, année de l’acquisition de l’arme nucléaire par la Corée du Nord, avant de remonter à 727 en juillet 2011, auxquels s’ajoutent 350 personnels dans l’Équipe Provinciale de Reconstruction de la province afghane de Parwan que déploie le pays dans le cadre de la FIAS.

Toutefois, la participation de la Corée du Sud à des opérations de maintien de la paix reste conditionnée par son alliance avec les Etats-Unis. En effet, afin d’assurer sa propre défense, la Corée du Sud place cette alliance au centre de sa politique en matière de défense et privilégie les engagements envers les Etats-Unis que ceux envers l’ONU. La Corée fournit un nombre important de contingents en soutien des forces américaines, ce qui peut entraîner une diminution importante de ses contributions aux missions de maintien de la paix de l’ONU, les troupes n’étant plus disponible. Ce fut notamment le cas entre 2004 et 2006, dans le cadre des interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

Cependant, tel que mentionné plus haut, l’année 2007 a été une année charnière pour le pays avec l’élection de Ban Ki-moon au poste de Secrétaire général de l’ONU, mais aussi de Lee Myun-bak à la présidence de la Corée du Sud. M. Ban a en effet encouragé l’envoi de personnel sud-coréen dans les OMP et il a trouvé en M. Lee un fervent défenseur de la participation sud-coréenne aux opérations de paix. Le nombre de personnels déployés sous la bannière onusienne est ainsi passé d’une moyenne d’environ 40 entre 2004 et 2006 à 400 en 2007.


Parallèlement, le délai de déploiement des troupes sud-coréennes a été grandement réduit entre 2007 et 2011. Le déploiement au sein de la FINUL aura en effet nécessité quasiment une année entre la demande de l’ONU et l’arrivée des troupes sur zone, alors qu’en 2010, le délai de déploiement du premier contingent sud-coréen à participer à la MINUSTAH, suite au tremblement de terre qui a dévasté le pays, n’aura été que de deux mois. L’expérience logistique accumulée au fil des 20 dernières années, l’amélioration de la coopération et de la consultation intra-gouvernementale et l’adoption de la Loi sur la participation à des opérations de maintien de la paix de l’ONU ont bien évidemment porté fruit.

Parmi les dates marquantes de l’évolution de la participation sud-coréenne aux OMP, il faut souligner le passage du pays au Conseil de sécurité de l’ONU, en tant que membre non-permanent, de 1996 à 1997. Durant son mandat, et plus encore lors de son passage à la présidence tournante du Conseil, le pays a multiplié les efforts pour améliorer la protection des travailleurs humanitaires venant en aide aux réfugiés dans les zones de conflit. Le pays a effectué un second mandat de 2013 à 2014. A cette occasion, le ministre des affaires étrangères sud-coréen a souligné la volonté de la Corée du Sud de “prendre une part déterminante dans les efforts des Nations Unies pour la paix et la sécurité du monde”.

En 2017, la Corée du Sud contribue à 2,04% du budget de l’ONU et est ainsi le 12ème plus gros contributeur au budget de l’organisation. En avril 2017, la Corée du Sud dispose d’un effectif de 625 personnes (soldats, policiers, experts) déployées dans les différentes missions de maintien de la paix menées par l’ONU.


Damien Larramendy

Agent de recherche, Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix

Fiche mise à jour le 13 juillet 2018 par Julie Wagner,

Stagiaire au Centre d'Etude des Crises et des Conflits Internationaux (CECRI)