Fiche d'information de l'État : Danemark Danemark

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Danemark

Le Royaume du Danemark est un État d’Europe du Nord, devenue monarchie constitutionnelle en 1849. Le Danemark est membre de trois organisations internationales habilitées à conduire des opérations de paix : l’ONU (1945), l’OTAN (1949), l’OSCE (25 juin 1973).

Politique de maintien de la paix

 

Le Danemark souscrit au maintien de la paix et de la sécurité internationale, en vertu de ses engagements internationaux (Charte de l’ONU, Acte final d’Helsinki, Traité de l’OTAN). Sa politique de « Défense Totale » est fortement tributaire de l’évolution de la sécurité internationale. Pour contribuer à la prévention des conflits et à la lutte contre le terrorisme, le Danemark entend renforcer sa participation aux opérations de paix (OP), en privilégiant un dispositif rapide de mobilisation de ses unités militaires et en favorisant des mesures opérationnelles de défense intégrale face aux menaces terroristes. « L’Accord Général de Défense » adopté en 2004, prévoit le déploiement de 2000 militaires (1500 soldats et 500 militaires des armées navales et de l’air) dans des OP. Les contingents danois participent à des opérations militaires de gestion de crise ou à des opérations civiles de secours humanitaire. Les soldats, dont les services sont retenus pour une période habituelle de quatre ans, sont souvent déployés dans deux missions internationales et sont relevés approximativement à tous les 6 mois. La politique du Danemark en matière de maintien de la paix reste indéfectible, en vertu de ces dispositifs internationaux et nationaux.

Structures décisionnelles politiques et militaires


La Constitution nationale exige l’approbation du Parlement (FOLKETINGET) avant tout déploiement des Forces armées danoises (FAD) dans les OP. On y stipule que l’usage de la force devrait être optionnel pour accomplir le mandat de la mission des FAD. La décision d’engager des troupes danoises dans les OP est prise par le gouvernement avec l’accord général du Parlement. Le Danemark s’appuie sur les dispositions prévues à l’article 51 de la Charte de l’ONU et à l’Article 5 du Traité de l’OTAN, pour obtenir l’approbation des instances décisionnelles politiques et militaires. Le Premier ministre coopère étroitement avec le Ministère de la Défense, le gouvernement et le Parlement danois avant d’autoriser le déploiement des contingents danois dans des missions de paix. Toute modification aux engagements internationaux en matière d’OP doit recueillir l’approbation et la décision du Parlement laquelle peut s’étendre sur plusieurs semaines (entre 1 à 4 semaines). « L’Accord Général de Défense » a été approuvé par une large majorité du Parlement danois, jusqu’en 2009, pour renforcer la participation des FAD dans les OP, nonobstant un éventuel changement d’équipe gouvernementale.

L’engagement international

 

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Danemark a déployé plus de 50 000 soldats, marins et pilotes dans des OP, menées avec des coalitions de force internationale ou sous l’égide des Nations Unies et de l'OTAN. Des observateurs militaires ont été déployés dans plusieurs théâtres d’opérations (de Damas aux Monts d’Himalaya, en passant par le Soudan ou la RDC). Le Danemark s’implique actuellement dans 11 OP (notamment en Géorgie, au Libéria, au Cachemire, au Moyen-Orient, en Érythrée-Éthiopie...), avec plus de 1237 soldats. Les FAD ont participé à des opérations de coalition en Irak, en Afghanistan et au Kosovo. L’expertise danoise dans la région des Balkans a été favorable pour développer des unités opérationnelles et stratégiques dans les zones de conflit, notamment avec les États baltes pour une contribution majeure dans le processus de stabilisation de la KFOR.

Au sein des Nations Unies

 

Depuis 1948, le Danemark déploie des observateurs militaires dans plus de 20 missions sous l’égide de l’ONU, notamment à Chypre (UNFICYP), au Proche-Orient (ONUST) et au Congo (MONUC). Les tâches des observateurs danois consistent généralement à surveiller les accords de cessez-le-feu, sans s’interposer militairement en cas de conflit majeur. Après l’effondrement de la Yougoslavie, les soldats danois se sont engagés dans les OP onusiennes en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. L’implication des Forces armées danoises en Bosnie s’est caractérisée par une forte participation militaire (avec la présence de chars d’assaut de marque-Léopard, faisant partie des artilleries les plus lourds des troupes terrestres de la FORPRONU). Un diplomate danois, Søren Jessen-Petersen a occupé la fonction de représentant spécial-adjoint du Secrétaire général et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, d’août 2004 à juin 2006. Auparavant, Hans Haekkerup avait également occupé ce poste au Kosovo, de février 2001 à décembre 2001.

 

Sous les auspices de la Brigade multinationale d’intervention rapide des forces en attente des Nations Unies (BIRFA), le Danemark a déployé de 2000 à 2001, plusieurs observateurs militaires. En janvier 2008, les observateurs danois ont été réduits à 4 déployés au sein de la Mission des Nations Unies en Éthiopie Érythrée (MINUEE). Dans sa volonté de bien répartir sa participation dans les OP internationales, le gouvernement danois a pris la décision de réduire ses unités militaires dans les trois missions de paix onusiennes (UNFICYP), (FNUOD), (ONUST). Le contingent d’officiers danois en Chypre est d’ailleurs en voie de se retirer, cédant sa place à d’autres états-majors des forces armées de pays européens comme l’Autriche et la Hongrie. Le prochain retrait du contingent danois du Golan (FNUOD) répond également à une volonté du gouvernement de recentrer davantage ses unités militaires dans le cadre de l’OTAN, où des unités opérationnelles sont déployées au sein de conflits majeurs (en Afghanistan, avec la FIAS et au Kosovo, avec la KFOR).

Dans le cadre de l’OTAN

 

Le Danemark déploie un contingent fort de 698 troupes en Afghanistan (au Nord, au Sud, à l’est et à l’ouest du pays, à Kaboul, Feyzabad et à Chaghcharan). Un bataillon militaire composé de 543 soldats danois se retrouve au Sud du pays, avec plusieurs unités spécialisées (policiers, civils, équipe médicale, unités de déminage, de coordination…). Même si le Danemark souhaite s’impliquer davantage au sein de la FIAS, la perte de 11 soldats danois en Afghanistan a ému l’opinion publique nationale qui est désormais réticente à l’idée de voir le gouvernement, autoriser un renforcement des contingents militaires déployés dans cette région à risque. Au Kosovo, sous le mandat onusien et celui de l’OTAN, le Danemark a déployé plusieurs observateurs militaires, un personnel d’état-major, des unités d’infanterie, des brigades, des avions de chasse, des troupes militaires dans le cadre de la KFOR. Le bataillon danois au Kosovo, fort d’un contingent de 305 soldats dispose de trois unités de combat : un escadron de chars Léopard et deux compagnies d'infanterie blindée (M-113).

Coopération militaire et civile

 

Le Danemark entretient une coopération militaire avec l’UE (dans le cadre de la PESD, Politique Européenne de Sécurité et de Défense) qui n’inclut pas la défense multilatérale. Ce qui s’applique autant au niveau du processus décisionnel que du soutien financier et logistique pour des missions de paix. La contribution du Danemark dans les OP est toutefois très diversifiée (coopération humanitaire, coopération dans des centres de formation militaire, renforcement des capacités, engagement dans des missions politiques, comme au Soudan). Cette diversité des contributions est inhérente aux différentes situations conflictuelles constatées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Néanmoins, même s’il entretient un partenariat militaire au sein de la PESD, le Danemark ne participe pas à des OP sous l’égide de l’UE.

 

L’évolution des crises internationales (avec l’environnement sécuritaire friable, postérieure aux attentats du 11 septembre) suscite une diversification des unités danoises déployées dans les OP. Ainsi, le personnel militaire danois fréquemment mandaté pour des missions de stabilisation et d’intervention armée cède progressivement sa place à des unités de police civile, déployées dans les terrains en conflit (conseillers, observateurs militaires, policiers…). Pour le Danemark, ces acteurs ont un rôle de plus en plus accru dans les OP, tout autant que les unités spécialisées, les ingénieurs civils, les unités de déminage, de construction de ponts et de routes qui sont déployées dans les missions de paix. C’est la raison pour laquelle, le Danemark entretient une coopération étroite avec des pays, qui ont intégré des éléments civils dans leurs unités opérationnelles devant servir dans les OP.

Coopération multilatérale

 

Le Danemark entend s’impliquer dans les OP, de diverses manières, que ce soit en déployant des troupes ou en offrant une coopération technique et militaire (notamment avec les États baltes) dans les principaux terrains en conflit. Le Danemark assume plusieurs rôles dans les OP (rôle de commandement, rôle de formation militaire, rôle de coordination humanitaire, rôle de soutien logistique…)


Mountaga Diagne

Doctorant et chargé de cours, UQAM

 

2 juin 2008