Groupements tactiques de l’Union européenne

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« Utilisez-les, ou vous les perdrez ! » : tel est le slogan que l’on peut entendre résonner depuis juillet 2009 au sein des institutions européennes, depuis que la Présidence suédoise de l’Union européenne a placé la question de l’utilisation des groupements tactiques au coeur de ses priorités en matière de défense.

 

Par « les », comprenez « les groupements tactiques », un instrument militaire européen créé en 2004 pour faciliter la participation de l’UE à la sécurité mondiale. Pleinement opérationnel en 2007, cet outil de gestion de crise n’a pourtant jamais été utilisé. Dix ans après la création de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), désormais renommée Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, les avancées en matière de développement des capacités militaires européennes restent modestes. Le fait que les groupements tactiques ne soient pas déployés remet en cause leur crédibilité. L’intégration militaire européenne avance certainement à petits pas mais pas assez rapidement pour répondre aux ambitions globales de l’UE. L’Europe, qui éprouve de plus en plus de difficultés à trouver des ressources militaires humaines et matérielles suffisantes, a décidé de se focaliser sur des capacités opérationnelles plus flexibles, aptes à entreprendre des opérations ciblées à plus petite échelle. Ainsi, les groupements tactiques de l’UE (GT 1500), ou battlegroups, ont été développés dans l’optique de permettre le déploiement de forces de réaction rapide dans des situations de crise au-delà des frontières de l’UE. Cette conception comporte également un objectif incitatif visant à renforcer les capacités militaires des États membres. Enfin, la création des groupements tactiques s’inscrit dans une perspective d’interopérabilité qui à terme, vise l’essor d’une culture militaire commune. Dès lors, pourquoi les groupements tactiques n’ont-ils jamais été utilisés et comment doit-on remédier à cette situation ? C’est la question à laquelle cette note tente de répondre. Afin de parer au manque de volonté politique et de vision communes aux États membres, un débat politique substantiel nécessite d’être mené sur le sujet. Le Traité de Lisbonne parviendra-t-il à renforcer l’intégration militaire européenne ? Rien n’est moins sûr. Mais la poursuite des discussions relancées par la Suède, qui a occupé la Présidence de l’Union européenne de juillet à décembre 2009, devrait au moins permettre la revitalisation de ses instruments.

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