Historique de l'opération ISF

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ISF       Timor-Leste

Force internationale de stabilisation au Timor-Leste

 

Répondant à l’appel des autorités timoraises, le déploiement en mai 2006 de la Force internationale de stabilisation au Timor-Leste vise à restaurer l’ordre public, le respect de la loi, la normalité et la stabilité à la suite d’affrontements entre militaires révoqués, armée régulière et forces de police. Bien que n’étant pas officiellement mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, cette coalition ad hoc sous direction australienne appuie le travail de la Mission Intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT). La force internationale, composée à l’origine de militaires australiens, néo-zélandais, malaisiens et portugais, a comme objectif de pouvoir réagir rapidement en cas de crise en appuyant les policiers timorais et onusiens. L'ISF a officiellement pris fin le 22 novembre 2012.



Le Timor Oriental a durement acquis son indépendance le 20 mai 2002 après 25 ans de lutte contre le pouvoir indonésien faisant des centaines de milliers de victimes, un referendum sanglant (plus de 1500 morts et des centaines de milliers de déplacés), une opération décisive d'imposition de la paix par une coalition menée par l'Australie et plus de deux ans d'administration onusienne.



La première opération de paix, l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO) a complètement pris en charge le territoire et a reconstruit ses structures politiques, policières, administratives, sociales et économiques pendant son séjour de décembre 1999 à mai 2002. Les soldats onusiens ont alors quitté le Timor et une autre opération de paix, la Mission d'appui au Timor oriental (MANUTO), a pris le relais jusqu'en mai 2005 avec comme mandat d'assurer le maintien de l'ordre et de la sécurité et d'aider à la mise en place d'un service de police.



Lors de son retrait, la mission a laissé place à un Bureau des Nations Unies pour la consolidation de la paix. En 2006, des violences de 2006 se soldent par la destruction de plusieurs habitations, la mort de 37 individus et le déplacement de 15 000 personnes, soit 15% de la population totale du Timor. Ils entraînent une reconfiguration de la présence internationale au pays, concrétisée par l’envoi de la Force internationale de stabilisation au Timor-Leste et par la création de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor (MINUT). Le conflit opposant les militaires rebelles aux forces de police et à l’armée régulière en 2006 est emblématique des problèmes de l’après-indépendance du jeune État timorais confronté à une crise économique, aux questions identitaires et à la normalisation de la vie politique. Les soldats rebelles, considérés comme des héros nationaux par la population, réclament un traitement à la hauteur de leur contribution à l’indépendance. Originaires principalement de l’ouest, ils s’estiment victimes de discrimination par rapport à leurs homologues de l’est, une division déjà sensible pendant la lutte pour l’indépendance et aggravée par la structure du pouvoir actuel. En effet, les hautes fonctions gouvernementales sont occupées par d’anciens exilés et des représentants de l’est. Sourd aux revendications des 600 soldats rebelles, le gouvernement dirigé par Mari Alkatiri décide au contraire de les révoquer.



Les premiers troubles éclatent le 28 avril au cours d’une manifestation en faveur des soldats révoqués. Depuis cette date, les troubles ne font que gagner en intensité alors que des milices pro-gouvernementales se joignent aux forces régulières et des milliers d’habitants fuient la capitale Dili. Le 24 mai, les autorités timoraises demandent aux gouvernements de l’Australie, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande et du Portugal l’envoi urgent de forces militaires et policières, dans le but d’aider à rétablir rapidement l’ordre public, le respect de la loi, la normalité et la stabilité.

 

Après six années de présence qui ont permis la tenue d’élections nationales pacifiques, la formation d’un nouveau gouvernement et le renforcement des services de sécurité, les soldats (principalement australiens mais aussi néo-zélandais) de la mission commencent à se retirer du pays le 22 novembre 2012, concomitamment avec la mission onusienne de formation de la police (MINUT). Ce retrait s’échelonne jusqu’à avril 2013, le temps de rapatrier le matériel.

 

22 décembre 2010, mise à jour le 8 mars 2013