Historique de l'opération MINUEE

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MINUEE       Érythrée Éthiopie

Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (2000-2008)

 

En juin 2000, après deux ans de combats motivés par un différend frontalier, l'Éthiopie et l'Érythrée ont signé l'Accord de cessation des hostilités au terme de pourparlers organisés sous les auspices de l'Algérie et de l'Organisation de l'unité africaine. Le 31 juillet 2000, le Conseil de sécurité a créé la MINUEE en adoptant la résolution 1312 dans le but de maintenir une liaison avec les parties et de mettre en place le mécanisme qui permettra de vérifier la cessation des hostilités. En Septembre, le Conseil a autorisé le déploiement dans le cadre de la MINUEE d'un maximum de 4 200 hommes pour surveiller le respect de la cessation des hostilités et favoriser le respect des obligations en matière de sécurité auxquelles les deux parties ont souscrit.



Des affrontements, provoqués par un différend territorial, ont éclaté entre l’Érythrée et l’Éthiopie en mai 1998. Au Sommet de l’OUA d'Alger en juillet 1999, les deux parties ont accepté les Modalités d’application de l’Accord-cadre de l’OUA. Malgré les efforts entrepris, les hostilités ont repris entre l’Érythrée et l’Éthiopie le 12 mai 2000. Le 17 mai 2000, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1298 par laquelle il imposait des sanctions pour empêcher la fourniture d’armes ou de toute assistance technique en matière d’armement aux deux pays.

 

Les pourparlers entre l’Éthiopie et l’Érythrée ont repris à Alger le 30 mai de la même année sous les auspices de l’Algérie et de l’Envoyé personnel du Président en exercice de l’OUA, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA. Ces pourparlers ont conduit à la signature, le 18 juin 2000, de l’Accord de cessation des hostilités entre l’Éthiopie et l’Érythrée par les Ministres des Affaires étrangères des deux pays. Les pourparlers ont été organisés avec l’aide de l’Envoyé personnel du Président de l’Union européenne, M. Rino SERRI, et du représentant du Président des États-Unis, M. Anthony LAKE.

 

Aux termes de l’Accord, les parties ont appelé les Nations Unies, en coopération avec l’OUA, à établir une opération de maintien de la paix afin de permettre la mise en œuvre de l’Accord.

 

Dans son rapport du mois de juin 2000 (S/2000/643) adressé au Conseil de sécurité, le Secrétaire général décrit l’Accord de cessation des hostilités comme étant un premier pas crucial vers la restauration de la paix entre les deux pays. Il a fait part au Conseil de son intention de répartir un nombre approprié d’officiers de liaison dans chaque capitale puis de déployer un groupe d’observateurs militaires.

 

Le 31 juillet 2000, le Conseil de sécurité a décidé, par la résolution 1312, de créer la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) qui sera composée au maximum de 100 observateurs militaires et du personnel d’appui civil nécessaire, en prévision d’une opération de maintien de la paix qui devra être autorisée par le Conseil. Aux termes de la résolution 1320 du 15 septembre 2000, le Conseil autorise le déploiement dans le cadre de la MINUEE d’un maximum de 4 200 hommes, dont 220 observateurs militaires, jusqu’au 15 mars 2001.

 

Les parties ont poursuivi leurs négociations en vue de parvenir à un règlement définitif et global. Les pourparlers, pour lesquels le Président BOUTEFLIKA (Algérie) a servi de facilitateur, ont abouti à la signature, le 12 décembre 2000 à Alger d’un Accord de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

 

De son côté, la MINUEE débute son déploiement et l’instauration de divers programmes pour stabiliser la situation politique, humanitaire et sécuritaire. En 2002, le Conseil de Sécurité modifie, par la résolution 1430, le mandat de la mission pour faciliter le travail de la Commission du tracé de la frontière, qui peine à réaliser son mandat, faute de volonté de la part des belligérants. En 2004, le Secrétaire général procède à un examen de l’efficacité de la MINUEE. Suite à la stabilisation de la situation dans diverses régions, le Secrétaire propose la réduction de l’état major de la mission et une réduction des effectifs dans la partie orientale de la zone d’action de la MINUEE. De plus, vu l’incapacité de la Commission du tracé de la frontière d’arriver à un consensus sur ce sujet, il est aussi suggérer que les effectifs de la MINUEE soient renforcés dans certains domaines comme la situation humanitaire, des droits de l’homme et des affaires juridiques. Ces propositions sont acceptées par le Conseil de Sécurité dans la résolution 1560 de septembre 2004.

 

En novembre 2005, le Conseil de Sécurité hausse le ton en adoptant la résolution 1640 qui « exige de l’Éthiopie qu’elle accepte pleinement et sans plus tarder la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière et prenne immédiatement des mesures concrètes pour permettre, sans préalable, à la Commission de procéder à l’abornement intégral et rapide de la frontière ». Toutefois, ce dossier restera toujours en suspend, les belligérants n’acceptant pas la délimitation proposée. D’ailleurs, plusieurs tensions naissent de violations de la zone de sécurité temporaire entre les deux pays établie par la MINUEE, ce qui gêne l’exécution du mandat de cette dernière.

 

Le 30 janvier 2007, le Conseil de Sécurité, décide, par la résolution 1741, de proroger le mandat de la MINUEE, mais aussi autorise la restructuration de la composante militaire de la mission, qui passe de 2300 hommes à 1700 hommes. Tout au long de l’année 2007, les deux parties en présence tentent de venir à un accord concernant la délimitation de leur frontière, en vain. Les tensions restent encore présentes entre les deux factions, en plus des rumeurs d’invasions, ce qui encourage le Conseil de Sécurité à demander aux deux pays de ramener leurs effectifs militaires à des niveaux postérieurs et réduits.

 

Un évènement vient une nouvelle fois mettre des bâtons dans les roues de la MINUEE au début de l’année 2008. Le 23 janvier, le Secrétaire général annonce que « la MINUEE devra possiblement cesser ses opérations (...), en raison de l’arrêt du ravitaillement de diesel de la part de l’Érythrée » et prévient « qu’à cause de la gravité de la situation, il devra alerter le Conseil de Sécurité du besoin imminent d’une décision sur l’avenir de la MINUEE, si la crise n’est pas résolue d’ici la fin du mois ». Cette contrainte s’ajoute aux nombreuses restrictions de transport que la mission connaît dans la zone tampon entre les deux pays, ainsi que la détention de certains de ses hommes. Le 5 février, le Secrétaire général annonce que la mission sera retirée si les approvisionnements de carburant ne reprennent pas le lendemain, dans le but d’éviter la totale paralysie et la mise en danger de ses effectifs. À la mi-février, la MINUEE est forcée de quitter sa zone d’influence dans la zone tampon située en Érythrée, puis de se relocaliser en Éthiopie. Toutefois, les troupes érythréennes empêchent la majorité des convois de la mission de passer sa frontière, en plus de couper son ravitaillement en nourriture. Ces actions sont rapidement condamnées par le Conseil de Sécurité. À la suite de cet évènement, la MINUEE décide de regrouper ses effectifs à Asmara, capitale de l’Érythrée, mais ses déplacements sont toujours contraints par le manque de carburant ou par les forces érythréennes. À la mi-mars, il est annoncé que diverses troupes de la MINUEE établie en Érythrée sont retournées dans leur pays d’origine. Il est aussi planifié que la mission délaisse entièrement sa présence dans ce pays, pour se localiser seulement en Éthiopie.

Photo : AFP/Archives - Marco Longari

 

14 juillet 2008