Nord-Mali : quelle intervention militaire?

Djiby Sow

24 janv. 2013

 

L’offensive lancée le 17 janvier 2012 par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) aura plongé le Mali dans une grave crise sécuritaire. La rébellion Touareg s’est en effet suivie de répercussions qui s’étendent bien au-delà de son objectif initial de réaliser l’indépendance de l’Azawad. Car en plus d’avoir mené au putsch du 22 mars 2012 à Bamako et à l’enlisement subséquent de la capitale dans une crise politico-militaire, la rébellion a perdu le contrôle effectif des régions du nord à la faveur d’éléments islamistes radicaux dont les actions menacent de déstabiliser la région Sahara Sahel.

 

Un an plus tard [1], le pays et la région perdurent dans une crise qui n’offre aucune perspective de règlement à court terme. Lucide quant à la complexité de l’équation sécuritaire qui prévaut dans le septentrion malien et, au-delà, dans la région du Sahel, le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) avait adopté une approche équilibrée autorisant d’une part « […] le déploiement au Mali, de la Mission Internationale au Mali sous conduite africaine (MISMA) […] » [2] et enjoignant d’autre part « […] les autorités de transition maliennes de mettre en place un cadre de référencement crédible pour les négociations avec toutes les parties se trouvant dans le nord du pays qui ont rompu tout lien avec les organisations terroristes […] » [3]. Mais l’offensive rebelle du 10 janvier 2013, au delà de la ligne de démarcation tacite qui prévalait depuis le mois mars 2012 – entre le nord occupé par les groupes armés et le sud demeurant sous contrôle de l’armée malienne – marque une rupture du statu quo et fournit la justification à l’intervention militaire française baptisée « opération Serval ».

 

Cette escalade militaire pour le moins inattendue constitue indéniablement un tournant dans le conflit au Nord Mali et change radicalement la donne pour la MISMA, dont le déploiement précipité et le concept d’opérations devront s’efforcer d’intégrer les nouveaux paramètres d’un théâtre d’opérations marqué par l’engagement total de l’armée française dans une opération tout à fait autonome. Aussi cette étude s’inscrit-elle comme une tentative de circonscrire les tenants et les aboutissants du déploiement imminent de la MISMA. Quelle intervention militaire au Nord Mali? C’est en définitive l’interrogation centrale qui sous-tend notre démarche.

 

On s’efforcera donc d’y répondre en rappelant brièvement les éléments constitutifs de la menace à la paix et à la sécurité internationales au Nord Mali (1) afin  de mettre en évidence la situation sur laquelle la MISMA se propose d’agir. L’analyse subséquente de son contexte d’émergence et des modalités initialement envisagées pour sa mise en œuvre permettra de circonscrire l’impact de l’opération serval sur son évolution (2). Il s’agira enfin de souligner les limites de la MISMA ainsi que les facteurs à l’aune desquels se mesurera son succès (ou son échec) (3).

 

Pour lire le dossier dans son intégralité, cliquez ici.

 


[1] La rédaction de ce texte s’est achevée le 23 janvier 2013.

 

[2] Voir Conseil de Sécurité, Situation au Mali, Doc. N.U. S/RES/2085 (20 décembre 2012), par. 9, en ligne : <http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2085(2012)> (consulté le 23 janvier 2013).

 

[3] Id., par. 3.

 

Retour aux dossiers du ROP