EUTM Mali : une mission déployée dans l’urgence dans un contexte de conflit ouvert

Bérangère Rouppert (GRIP)

8 mai 2013

 

La nouvelle déroute de l’armée malienne face à l’offensive des groupes islamistes en janvier 2013, à laquelle l’Opération française Serval a répondu, a fortement bousculé la mise en place de la mission européenne de formation des forces armées maliennes. Grâce au travail politique et diplomatique accompli à marche forcée au sein des institutions européennes à Bruxelles, la mission a pu être déployée dès février sur le sol malien. Les capacités d’adaptation des formateurs d’EUTM Mali ont permis de résoudre certains obstacles logistiques, financiers et socio-culturels, cependant des défis de taille restent à venir. Cette Note d’Analyse est le résultat de deux missions complémentaires, réalisées à Bruxelles et à Bamako.

La très attendue résolution des Nations unies, transformant la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) en une Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) ce 25 avril 2013. Plus concrètement, la résolution 2100 prévoit le déploiement pour douze mois d’une mission de maintien de la paix au Mali dès le 1er juillet 2013, si les conditions de sécurité le permettent. Autrement dit, si une nouvelle opération militaire venait à se dérouler d’ici au mois de juillet ou si une menace sécuritaire venait à peser sur les populations et le personnel international, alors la date de déploiement pourrait être repoussée.


12 600 hommes, provenant des forces de défense et de police des État membres, auront pour mandat la stabilisation et le retour à la sécurité, le redéploiement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, l’accompagnement de la transition politique afin de garantir le retour à l’ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique. Les Casques bleus auront le droit d’ « employer tous les moyens nécessaires », y compris la force donc, dans des domaines bien précis : la stabilisation des grandes villes, notamment au nord, pour écarter les menaces et y empêcher le retour d’éléments armés; la réinstauration de l’administration sur l’ensemble du territoire ; la protection des civils, du personnel onusien et du patrimoine historique ; l’instauration des conditions sécuritaires nécessaires à l’acheminement de l’aide humanitaire ; la poursuite de personnes responsables de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité. En cas de menace grave et imminente et sur demande du Secrétaire général des Nations unies, les troupes françaises sont autorisées à « employer tous les moyens nécessaires » pour appuyer la MINUSMA. L’ambassadeur de France auprès des Nations unies a parlé d’un effectif de 1 000 soldats français qui resteraient déployés au Mali jusqu’à la fin 2013.

 

Un Représentant spécial pour le Mali sera nommé par le Secrétaire général, comme l’a demandé le CSNU, afin de coordonner les différentes activités, programmes et fonds des Nations unies. Un responsable de la MINUSMA devrait également être prochainement désigné. Soulignons enfin que parallèlement à l’adoption de cette résolution, se déroulait à Bamako une cérémonie officielle lançant les travaux de la Commission dialogue et réconciliation. Composée de 33 membres, elle a pour objectif d’installer la reprise du dialogue entre les communautés maliennes et entre les forces politiques et sociales concernées, afin de favoriser une réconciliation durable. Dans un pays où les rancœurs sont fortes, à l’égard notamment des Touareg et des groupes armés islamistes, beaucoup d’espoirs reposent sur les travaux de cette Commission qui devra satisfaire les exigences de vérité et de justice, face aux événements qui se sont déroulés depuis janvier 2012.

 

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