Historique de l'opération MINUSIL

< Retour au détail de l'opération MINUSIL

MINUSIL       Sierra Leone

Mission des Nations Unies en Sierra Léone (1999-2005)

 

Le 22 octobre 1999 en adoptant la résolution 1270, le Conseil de sécurité crée la MINUSIL afin de coopérer à l'exécution de l'Accord de paix de Lomé avec le Gouvernement sierra-léonais et les autres parties et d'aider le Gouvernement sierra-léonais à appliquer le plan de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Le 7 février 2000, le Conseil a décidé d'un élargissement du mandat et des forces de la MINUSIL (S/RES/1289(2000)). À deux reprises par la suite, le Conseil a voté l'augmentation des effectifs de la composante militaire de la mission par l'adoption des résolutions 1299 et 1346. La mission a pris fin le 31 décembre 2005.



En mars 1991, le Front uni révolutionnaire (FUR) entre en guerre afin de renverser le Gouvernement. L'armée sierra-léonaise, avec l'appui du Groupe d'observateurs militaires (ECOMOG) de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), cherche dans un premier temps, à défendre le Gouvernement; toutefois, l'année suivante, c'est elle qui renverse le Gouvernement. Malgré le coup d'État, le FUR poursuit ses attaques.



En février 1995, le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a nommé un Envoyé spécial, M. Berhanu Dinka (Éthiopie), qui, en collaboration avec l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la CEDEAO, mène des négociations en vue de parvenir à un règlement et de rétablir un régime civil dans le pays. Des élections parlementaires et présidentielles sont organisées en février 1996 et l'armée a cédé le pouvoir au Président élu, Alhaji Ahmed Tejan Kabbah. Toutefois, le FUR n'avait pas participé aux élections et il n'a pas voulu en admettre les résultats. Les hostilités ont continué. L'Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Dinka, a aidé à négocier un accord de paix, dénommé l'Accord d'Abidjan, qui a été conclu en novembre 1996 entre le Gouvernement et le FUR, mais qui est vite devenu caduc, un nouveau coup d'État militaire ayant été lancé en mai 1997. Cette fois, l'armée s'est alliée au FUR et ils ont constitué une junte militaire. Le Président Kabbah et les membres de son gouvernement sont partis en exil en Guinée.



Le 8 octobre 1997, suite au refus de la junte de renoncer au pouvoir, le Conseil de sécurité impose un embargo sur les produits pétroliers et les armes et il autorise la CEDEAO à faire respecter celui-ci en utilisant les forces de l'ECOMOG. Le 23 octobre, le Comité des Cinq de la CEDEAO sur la Sierra Léone et une délégation représentant le Président de la junte tiennent des pourparlers à Conakry et signent un plan de paix prévoyant, entre autres choses, un cessez-le-feu devant être contrôlé par l'ECOMOG, avec l'assistance d'observateurs militaires des Nations Unies - si le Conseil de sécurité des Nations Unies donne son approbation.



Le 5 novembre, le Président Kabbah fait paraître une déclaration indiquant qu'il accepte l'Accord, et affirme que son gouvernement est prêt à coopérer avec la CEDEAO, l'ECOMOG, l'ONU et le HCR dans l'exercice des fonctions de chacune de ces organisations. Quant à la junte, elle s'est engagée publiquement à appliquer l'Accord, mais elle en a par la suite critiqué des dispositions clefs et elle a soulevé un certain nombre de questions, si bien que l'Accord n'a en fait jamais été appliqué.



En février 1998, à la suite d'une attaque menée par les forces des rebelles et de l'armée de la junte, l'ECOMOG a lancé une offensive militaire qui a permis de renverser la junte et de l'expulser de Freetown. Le 10 mars, le Président Kabbah a repris le pouvoir. Le Conseil de sécurité a levé l'embargo sur le pétrole et les armes et renforcé le bureau de l'Envoyé spécial du Secrétaire général en y adjoignant des officiers de liaison et des conseillers pour les questions de sécurité.



Le 13 juillet 1998, le Conseil adopte la résolution 118 qui crée la Mission d'observation des Nations Unies en Sierra Leone (MONUSIL) pour une période initiale de six mois. La MONUSIL a supervisé et guidé l'action menée pour désarmer les combattants et restructurer les forces de sécurité du pays. Des équipes de membres de la Mission, non armées, placées sous la protection de l'ECOMOG, ont réuni des données au sujet des atrocités et violations des droits de l'homme commises contre les civils. Les combats se sont poursuivis, les rebelles se rendant maîtres de plus de la moitié du territoire.



En décembre 1998, ils ont lancé une offensive en vue de reprendre Freetown et, en janvier 1999, ils ont occupé la majeure partie de la ville. Le personnel de la MONUSIL a été évacué. Le Représentant spécial et le chef des observateurs militaires ont continué d'assumer leurs fonctions, se tenant en contact étroit avec toutes les parties au conflit et observant la situation. Vers la fin du mois, les forces de l'ECOMOG ont repris la capitale et ont réinstallé le gouvernement civil, mais des milliers de rebelles restaient dissimulés aux alentours.



A la suite de cette offensive, les négociations entre le Gouvernement et les rebelles ont repris en mai 1999 et, le 7 juillet, toutes les parties au conflit ont signé à Lomé un accord prévoyant la fin des hostilités et la constitution d'un gouvernement d'union nationale. Les parties ont également demandé que le rôle de la MONUSIL soit élargi. Le 20 août 1999, le Conseil de sécurité porte à 210 le nombre maximum d'observateurs militaires en adoptant la résolution 1260. Le 22 octobre 1999, le Conseil de sécurité autorise la création de la Mission des Nations Unies en Sierra Léone (MINUSIL) qui reprend les principales composantes et fonctions de la MONUSIL. Son mandat est cependant plus étendu et ses forces beaucoup plus substantielles.