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AMISOM :  historique et mandat
Mission de l’Union africaine en Somalie


Historique

La chute du régime dictatorial de Siad Barré en 1991 est suivie de 15 ans de chaos, les nombreux prétendants au trône s’entredéchirant, se disputant leurs fiefs respectifs sans espérer parvenir à contrôler l’ensemble du territoire. La Somalie devient un pays ingouvernable, une situation qui plonge la population dans une extrême pauvreté et une insécurité quotidienne, à la merci des rackets des milices et des seigneurs de guerre.

Interventions internationales dans les années 1990

Le Conseil de sécurité de l’ONU autorise le déploiement d’une mission de paix en Somalie en adoptant la résolution 751 du 24 avril 1992. Le Conseil de sécurité a, entres autres, donné à la première opération des Nations Unies en Somalie (ONUSOM I) le mandat de surveiller le respect du cessez-le-feu à Mogadiscio. En août 1992, le mandat et les effectifs d’ONUSOM I ont été élargis de manière à lui permettre de protéger les convois humanitaires et les centres de distribution dans l’ensemble de la Somalie.

Le 3 décembre 1992, après une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire en Somalie, le Conseil de sécurité adopte la résolution 794, autorisant ainsi les États membres à créer la Force d’intervention unifiée (UNITAF) afin d’« employer tous les moyens nécessaires pour instaurer aussitôt que possible des conditions de sécurité pour les opérations de secours humanitaire en Somalie ». À son plus haut, l’UNITAF compte environ 40 000 membres, dont 30 000 Américains déployés dans le cadre de l’opération Restore Hope. L’UNITAF est déployée sous l’égide de l’ONU mais son commandement relève des États participants.

Le 26 mars 1993, en adoptant la résolution 814, le Conseil de sécurité décide de créer une deuxième opération de Nations Unies en Somalie (ONUSOM II) afin de reprendre les activités de l’UNITAF, qui voit ses effectifs réduits à moins de 2000 soldats à partir de mai 1993 quand la première phase de l’opération américaine Restore Hope prend fin. Le même mois, une deuxième phase de l’opération américaine, appelée Continue Hope, est déployée. En accord avec la résolution 814 du Conseil de sécurité, les troupes restantes de l’UNITAF sont placées sous commandement onusien.

À partir du 8 août 1993 les États-Unis redéployent des troupes de rangers hors commandement de l’ONU. Cette nouvelle opération, menée sous le nom de code Operation Gothic Serpent, culmine les 3 et 4 octobre 1993 avec la « bataille de Mogadiscio » durant laquelle 19 soldats sont tués, dont 18 rangers américains sont tués. Cette bataille a été particulièrement traumatisante pour les États-Unis ainsi que pour plusieurs autres pays occidentaux. Le mandat de l’ONUSOM II prend officiellement fin le 2 mars 1995, mais la mission perd le droit d’utiliser des méthodes coercitives pour appliquer son mandat dès février 1994.

Autorité centrale et efforts de réconciliations

Plusieurs initiatives de réconciliation nationale ont été conduites par les pays voisins et la communauté internationale mais n’ont pas produit de résultats tangibles. Les objectifs de ces nombreuses tentatives étaient principalement de mettre fin aux violences et d’établir un gouvernement central en Somalie qui serait en mesure d’assurer un environnement sécuritaire pour permettre le développement du pays et l’acheminement de l’assistance humanitaire.

Lors d’une série de conférence tenues à Djibouti entre le 20 avril et le 5 mai 2000, la Conférence nationale de réconciliation somalienne est mise sur pied afin de former le Gouvernement national de transition (GNT). Le 26 août 2000, un président somalien est élu par l’Assemblée Nationale de Transition, forte de 245 membres et fondée sur une représentation clanique. Cependant, les actions du GNT rencontrent sur le terrain l’opposition du Conseil de la restauration et de la réconciliation somaliennes, créé en avril 2001 et principalement composé de chefs de guerre, qui lui aussi prétend à la gouvernance de la Somalie.

Ce n’est qu’en 2004 que les deux mouvements se réconcilient et acceptent de travailler ensemble, ouvrant ainsi la porte à l’établissement d’un gouvernement central fonctionnel. En janvier de cette année, le président ougandais et président de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), Yoweri Museveni, négocie un accord dans lequel les partis s’entendent sur la création d’un gouvernement fédéral de transition (GFT). Le 22 août 2004, un parlement de transition de 275 membres est investi et, le 10 octobre, le président du Puntland, Abdullahi Yusuf Ahmed, est élu président intérimaire de la Somalie par le Parlement de transition. En raison de la situation sécuritaire en Somalie, le GFT et le Parlement de transition ont siégé au Kenya jusqu’en 2006. Par ailleurs, l’IGAD décide en 2005 de créer une mission de soutien de la paix Somalie (IGASOM) afin de favoriser le retour du GTF et de lui permettre d’exercer un contrôle sur l’ensemble du territoire, à l’exception du Somaliland. Cependant, cette mission ne sera jamais déployée sur le terrain et sera remplacé dans les faits par la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM).

Les affrontements de 2006

Le mois de février 2006 voit survenir plusieurs développements importants qui ont conduit à la création de l’AMISOM. Premièrement, le GTF réussit à siéger en Somalie pour la première fois depuis sa création. La ville de Baïdoa, situé à 260 kilomètres au nord-ouest de Mogadiscio, devient le nouveau siège du gouvernement. Le même mois, l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) est créée par un regroupement de chefs de guerre, d’hommes d’affaire et de membres du GTF. Cette alliance est en fait une milice qui regroupe les ressources militaires de ses différents membres dans le but de contrer l’influence grandissante de l’Union des tribunaux islamiques (UTI). Bien que fortement décentralisée, l’UTI a réussi à se coordonner de manière à faire respecter un ordre civil relatif dans les territoires sous leur contrôle. Au début de l’année 2006, l’UTI était ainsi devenue le principal acteur de l’opposition au GFT.

Les affrontements sporadiques autour de Mogadiscio entre l’ARPCT et l’UTI ont rapidement augmenté en intensité. De mars à mai 2006, les affrontements deviennent une véritable bataille urbaine meurtrière pour le contrôle de la capitale. Dès le 20 juin, les troupes éthiopiennes font leur entrée en Somalie pour fournir une assistance militaire au GFT qui s’est retranché dans la ville de Baïdoa. Durant l’été 2006, l’UTI consolide son contrôle sur la capitale qui connaît un semblant de paix et de tranquillité pour la première fois depuis plus de 15 ans. En août, l’aéroport de Mogadiscio entre en activité pour la première fois depuis 1995 et l’UTI rouvre également le port de la capitale.

Vers le déploiement d’une force de maintien de la paix

L’UA accepte le 19 janvier 2007 le déploiement d’une force de paix en Somalie lorsque, durant sa 69ième session, le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) se prononce en faveur du déploiement d’une force de paix en Somalie pour une période de six mois et au terme de laquelle l’ONU devra prendre le relais. Cette décision prévoit que l’AMISOM soit composée d’un effectif de neuf bataillons d’infanterie de chacun 850 hommes appuyés par des composantes maritime et aérienne, ainsi que de 270 policiers et d’une composante civile appropriée. La mission a pour mandat d’aider et soutenir le gouvernement fédéral de transition, faciliter les opérations humanitaires en Somalie et consolider la paix et la stabilité en Somalie en appuyant le dialogue, ainsi qu’en assurant la protection des institutions de transition et leurs infrastructures.

Après plusieurs débats portant sur les aspects financiers et l’hésitation de nombreux pays africains à envoyer des troupes, l’AMISOM se concrétise avec l’engagement de nouveaux pays (Nigéria, Burundi, Malawi, Ghana et Ouganda). Le Commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, Saïd Djinnit, a annoncé le 12 février 2007 le lancement de la « phase opérationnelle » de la mission, espérant envoyer le plus rapidement possible les trois premiers bataillons. Le 20 février, en adoptant la résolution 1744, le Conseil de sécurité de l’ONU prend note de la décision du CPS prise le 19 janvier et décide d’autoriser les États membres de l’UA à établir pour une période de six mois une mission en Somalie qui sera habilitée à prendre toutes mesures nécessaires pour s’acquitter de son mandat.

Le déploiement de l’AMISOM

Dans sa décision du 19 janvier 2007, le CPS stipulait que le déploiement initial de l’AMISOM devrait comporter un minimum de trois bataillons d’infanterie et comprendre les dispositions adéquates pour le déploiement rapide de bataillons supplémentaires. Cependant, seulement deux bataillons ougandais, soit 1700 hommes, sont déployés au début du mois de mars 2007 et ils ne sont rejoints que le 20 janvier 2008 par un bataillon burundais s’ajoute à la mission. Les limites logistiques, l’insécurité sur le terrain, les conditions de vie particulièrement difficile des soldats déployés et la difficulté à mobiliser les pays contributeurs ont empêché le déploiement complet des effectifs autorisés.

En date du 20 mai 2010, 6 120 soldats étaient déployés au sein de l’AMISOM, ce qui représente 76,5% des effectifs autorisés. Ces troupes sont composées de quatre bataillons ougandais, de trois bataillons burundais et d’une équipe d’appui burundaise composé de 40 personnes. Le Cameroun, le Ghana, le Sénégal et la Zambie ont aussi déployé un officier d’état-major chacun au quartier général de l’AMISOM. Par ailleurs, sur les 270 policiers civils autorisés pour l’AMISOM, 40 ont été déployés par le Burundi, le Ghana, le Nigéria, l’Ouganda, la Sierra Leone et la Zambie pour entreprendre des programmes de formation destinés à la police somalienne. Le Burundi a annoncé l’envoi d’un bataillon supplémentaire et l’UA a également reçu l’annonce de l’envoi de 400 agents des forces spéciales de Djibouti. Toutefois, les composantes maritimes et aériennes prévues par le CPS n’ont toujours pas été déployées, car aucun État n’a démontré un intérêt pour fournir ces capacités, et les conditions de vie difficiles des soldats de l’AMISOM demeurent un problème majeur dans la conduite de sa mission.

Développements politiques et sécuritaires depuis le déploiement

La situation somalienne reste encore très instable malgré le déploiement de l’AMISOM. Dès la cérémonie de bienvenue des soldats, le 6 mars 2007, la mission est attaquée, et, depuis, les violences se poursuivent régulièrement contre elle et le GFT. Les troupes éthiopiennes qui avaient amorcé leur retrait de Somalie en janvier 2007 prolongent leur présence et prennent directement part aux combats contre les opposants au GFT. Le conflit asymétrique entre le GFT, appuyé par l’Éthiopie et l’AMISOM, et les opposants islamiques, soutenus par l’Érythrée, se cristallise et s’étend à l’ensemble du centre et du sud de la Somalie. En raison des déplacements massifs de population et des difficultés à acheminer l’assistance humanitaire aux personnes dans le besoin, les civils somaliens sont les principales victimes de la recrudescence des violences en Somalie.

En septembre 2007, les forces restantes de l’UTI et d’autres groupes d’opposition se retrouvent à Asmara, la capitale érythréenne, et forment l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS) afin de combattre les soldats éthiopiens et le GFT. L’ARS est dirigée par Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, l’un des fondateurs et ancien président de l’UTI, considérée comme le chef de file des modérés au sein de l’UTI. À partir de ce moment, la division entre les islamistes « modérés » et les « radicaux » devient de plus en plus évidente. Le groupe armé Al-Shebab, qui a évolué à partir de l’aile jeunesse radicale de l’UTI, devient de plus en plus indépendant et multiplie les actions, se positionnant ainsi comme principale force d’opposition contre le GFT et l’AMISOM.

Du 31 mai et le 9 juin 2008 des pourparlers de paix dirigés par l’Envoyé spécial de l’ONU en Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, sont tenus à Djibouti entre le GFT et l’ARS. Les négociations se concluent par la signature d’un cessez-le-feu et est suivie de la signature d’un accord de paix en 11 points le 18 août. L’Accord de Djibouti est ainsi devenu la fondation du processus politique sur lequel l’intervention internationale s’appuie dans son effort de stabilisation.

En janvier 2009, 275 nouveaux parlementaires sont assermentés, 200 provenant de l’ARS et 75 de la société civile. Le 31 décembre 2009, le nouveau Parlement élargi élit Cheikh Sharif Cheikh Ahmed à la présidence somalienne suite à la démission du président Abdullahi Yusuf Ahmed le 29 décembre 2009. Le partage du pouvoir est rejeté et dénoncé par une faction de l’ARS dirigée par le Sheikh Hassan Dahir Aweys ainsi que par les autres groupes islamiques. Depuis l’élection de Cheikh Sharif Cheikh Ahmed à la présidence, le GTF a pris des mesures tangibles pour tendre la main, directement ou par allié interposé, aux groupes d’opposition qui sont restés en dehors du processus de paix de Djibouti. D’autre part, le GTF et le Parlement fédéral de transition continuent d’assurer leurs fonctions à partir de Mogadiscio.

Parallèlement, les forces éthiopiennes achèvent leur retrait de Mogadiscio le 15 janvier 2010, ses derniers contingents regagnant l’Éthiopie le 25 janvier. Malgré l’appui des troupes de l’AMISOM, les forces de sécurité du nouveau gouvernement de coalition ont été incapables de sécuriser l’ensemble des positions évacuées par l’armée éthiopienne. Cela a permis aux forces d’Al-Shebab et des autres groupes d’opposition, dont Hizbul Islam, de regagner leur contrôle sur une partie du territoire somalien, ce qui a entraîné une augmentation considérable des attaques contre les forces gouvernementale et contre les soldats de la paix africains.

En Somalie centrale, une alliance naissante connue sous le nom Ahlu Sunna Wal Jama’a (ou d’Al-Sunna w’al-Jama’a) a réussi à faire fuir des rebelles de plusieurs villes de la région de Ceel Buur au cours de l’année 2009. Le 21 juin 2009, le GTF et Ahlu Sunna Wal Jama’a signent une déclaration initiale de coopération sous les auspices du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) qui sera suivie le 15 mars 2010 par un accord de coopération entre les deux partis. Selon l’ONU, il s’agit d’une avancé significative de la stratégie d’ouverture au dialogue que le GTF s’est attaché à appliquer.

Lors d’un sommet extraordinaire de l’IGAD tenu le 5 juillet 2010 à Addis-Abeba, les pays membres ont décidé de déployer immédiatement 2000 soldats de maintien de la paix au sein de l’AMISOM et ont demandé aux chefs d’état-major des États membres d’organiser une réunion d’urgence pour soumettre à la Commission de l’UA un plan d’action. Le lendemain, l’Ouganda, a déclaré être prêt à déployer plus de troupes en Somalie à la condition que le mandat de l’AMISOM soit renforcé. Le 11 juillet, 76 personnes ont été tuées et au moins 65 autres blessées lors d’un double-attentat perpétré dans des bars de Kampala durant la finale de la Coupe du monde. Les attentats ont été revendiqués par Al-Shebab qui a affirmé dans son communiqué être en guerre avec l’Ouganda. Il s’agit du premier attentat majeur commis par le groupe islamique en dehors de la Somalie.

Implication de l’ONU

L’AMISOM a été mise sur pied en 2007 dans la perspective qu’une mission de paix dirigée par l’ONU serait déployée pour prendre le relais après une période de six mois. Cependant, les conditions sécuritaires sur le terrain, la lenteur relative du processus politique et la difficulté de mobiliser les pays membres ont empêché le déploiement de soldats onusiens, limitant ainsi la participation de l’organisation à des secteurs autres que sécuritaire. Des demandes formelles appelant au déploiement d’une force de paix onusienne ont été formulées à plusieurs reprises par les autorités somaliennes, notamment dans l’Accord de paix de Djibouti et dans l’accord de coopération entre le GTF et Al-Sunna w’al-Jama’a.

Le 21 août 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU proroge pour la première fois le mandat de l’AMISOM, tout en priant le Secrétaire général de débuter les procédures pour que des Casques bleus prennent la relève en Somalie. Toutefois, le 9 novembre 2007, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, s’oppose au déploiement d’une force de paix de l’ONU en Somalie pour remplacer l’AMISOM, estimant que les conditions politiques et sécuritaires ne permettent pas un déploiement réaliste et viable.

Le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, présente le 14 mars 2008 un rapport (S/2008/178) dans lequel il élabore divers plans d’action pour une éventuelle mission intégrée de maintien de la paix en Somalie. Le rapport recommande d’intégrer les trois volets de l’action de l’ONU en Somalie soit le politique, la sécurité et les programmes.

Le Conseil de sécurité a répété à plusieurs reprises son intention de déployer une mission de paix pour prendre le relais de l’AMISOM mentionné initialement dans la résolution 1744. Le 16 janvier 2009, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1863 qui réaffirme son intention de prendre en charge la suite de l’AMISOM. Le Conseil de sécurité prie en outre le Secrétaire général de lui soumettre un rapport sur l’établissement d’une telle mission. Pour répondre aux demandes du Conseil de sécurité, le Secrétaire général envoie une mission d’évaluation technique en Somalie. Dans son rapport du 9 mars 2009, il fait part au Conseil des conclusions de la mission d’évaluation technique notamment des conditions minimales nécessaires au bon déroulement d’une opération de paix de l’ONU en Somalie. Le 16 avril, le Secrétaire général fait parvenir au Conseil de sécurité un rapport spécial (S/2009/210) pour l’informé de son évaluation de la situation en Somalie et de ses recommandations concernant le mandat d’une éventuelle mission de l’ONU. Le rapport élabore quatre options d’intervention pour l’ONU en Somalie :

- Option A : Une transition de l’AMISOM à une opération de maintien de la paix des Nations Unies ;

- Option B : Maintenir le cap : renforcer l’AMISOM tout en mettant en place les organismes de sécurité de la Somalie ;

- Option C : Maintenir le cap en optant pour une « empreinte légère » en Somalie ;

- Option D : Engagement sans présence sécuritaire internationale.

Ces options ne s’excluent pas nécessairement et pourraient faire partie d’une action échelonnée. Dans son rapport, le Secrétaire général élabore une approche en trois phases pour l’implication future de l’ONU en Somalie, l’option B et C étant considérées comme des étapes préliminaires à l’établissement d’une mission onusienne prévue dans l’option A.

Bien que l’AMISOM reste encore la seule force internationale déployée sur le terrain, l’ONU soutien la force africain à plusieurs niveaux, notamment en terme de capacité de planification et de soutien logistique. La présence de l’ONU en Somalie comprend 18 agences, fonds et programmes du système onusien dont le bureau d’appui des Nations Unies à l’AMISOM (UNSOA) mis sur pied en 2009. La résolution 1863 du Conseil de sécurité donne à UNSOA le mandat d’offrir à l’AMISOM un dispositif d’appui logistique, notamment en matériel et en services, afin de garantir les capacités opérationnelles de la mission et en préparation du déploiement d’une éventuelle mission de l’ONU.

Ce dispositif d’appui logistique vise à aider l’AMISOM dans son mandat, à appuyer les structures gouvernementales de transition, à mettre en œuvre un plan national de sécurité, à former les forces de sécurité somaliennes, et d’aider à créer un environnement sûr pour l’acheminement de l’aide humanitaire. L’UNSOA fournit entre autre un effort considérable pour améliorer les conditions de vie des soldats de l’AMISOM. Les activités de l’UNSOA sont financées par des contributions des Nations Unies et par l’intermédiaire du Fonds d’affectation spéciale créé au cours de la conférence des donateurs en Somalie à Bruxelles le 23 avril 2009 à la demande du Conseil de sécurité. Le siège de l’UNSOA est situé près du siège de l’AMISOM à Nairobi, et l’appui logistique est acheminé à partir de Mombasa au Kenya et d’Entebbe en Ouganda. Toutefois, l’appui logistique est compliqué par les conditions sécuritaires.

Mandat

L’AMISOM a été institué le 19 janvier 2007 par le CPS de l’UA lors de sa 69ième session et autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU le 20 février par la résolution 1744. Initialement planifié pour un déploiement de six mois, le mandat de l’AMISOM d’ici à l’arrivée d’une mission de l’ONU, a été renouvelé à cinq reprises par le Conseil de sécurité. Les résolutions 1772 (20 août 2007), 1801 (20 février 2008), 1831 (19 août 2008) et 1872 (26 mai 2009) ont prorogé de six mois chacune le mandat de la mission. La résolution 1910 votée le 28 janvier 2010, la dernière en date touchant au mandat de l’AMISOM, autorise les États membres de l’UA à maintenir l’AMISOM jusqu’au 31 janvier 2011.

Le mandat de l’AMISOM est défini dans les termes suivant par le communiqué de la 69ième session du CPS :

- Fournir un appui aux institutions fédérales de transition dans leurs efforts vers la stabilisation de la situation dans le pays et la poursuite de dialogue et de réconciliation,

- Faciliter la fourniture de l’aide humanitaire, et

- Créer des conditions favorables à la stabilisation à long terme, la reconstruction et le développement en Somalie.

Dans les résolutions 1744, au le paragraphe 4, et 1772, au paragraphe 9, le Conseil de sécurité de l’ONU décide d’autoriser les États membres de l’UA à maintenir en Somalie une mission qui sera habilitée à prendre toutes mesures nécessaires pour s’acquitter du mandat suivant :

- Favoriser le dialogue et la réconciliation en Somalie en concourant à assurer la liberté de mouvement, les déplacements en toute sécurité et la protection de tous ceux qui prennent part au dialogue [de réconciliation nationale] ;

- Assurer, le cas échéant, la protection des institutions fédérales de transition afin qu’elles soient en mesure d’assumer leurs fonctions et veiller à la sécurité des infrastructures clefs ;

- Aider, selon ses moyens et en coordination avec d’autres parties, à la mise en œuvre du Plan national de sécurité et de stabilisation et en particulier au rétablissement effectif et à la formation des forces de sécurité somaliennes sans exclusive ;

- Contribuer, à la demande et selon ses moyens, à la création des conditions de sécurité nécessaires à l’acheminement de l’aide humanitaire ; [et de,]

- Protéger son personnel, ainsi que ses locaux, installations et matériel, et assurer la sécurité et la liberté de mouvement de son personnel.


15 juillet 2010





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