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FINUL :  historique et mandat
Force intérimaire des Nations Unies au Liban


Le 15 mars 1978, Israël envahit le Liban au cours de l’opération Litani et occupe la partie sud du pays en réponse aux nombreux raids de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) sur l’État hébreux à partir du sol libanais. Ces combats conduisent aux résolutions 425 et 426 de l’ONU le 19 mars, lesquelles demandent un retrait immédiat des forces israéliennes, à la fin des actions militaires au Liban et à la création de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) pour maintenir la paix dans la région. Suite à la Guerre des 33 jours, le Conseil de sécurité renforce significativement la FINUL, par la résolution 1701 du 11 août 2006.

Historique

Depuis le début des années 1970, la frontière israélo-libanaise est le théâtre de vives tensions entre des éléments armés palestiniens réfugiés au Liban et les forces israéliennes. Le 11 mars 1978, une attaque palestinienne revendiquée par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) fait de nombreux morts et blessés du côté israélien. En riposte, dans la nuit du 14 au 15 mars 1978, l’armée israélienne envahit le sud du Liban, à l’exception de la région du Tyr.

Un temps stabilisé, le conflit s’aggrave lorsque, suite à un échange de tirs à la frontière israélo-libanaise, Israël envahit de nouveau le Liban, atteignant Beyrouth. Dans ces conditions, le rôle de la FINUL se limite à l’assistance humanitaire aux civils. Un retrait partiel des troupes israéliennes intervient en 1985. Cependant, les Forces de défense israéliennes (Tsahal) restent stationnées dans le Sud-Liban, confrontées à la résistance de l’armée libanaise.

Malgré la pression internationale, la décision israélienne de se retirer du Sud-Liban n’est annoncée que le 17 avril 2000. Israël décide alors de se conformer aux résolutions 425 et 426 de l’ONU, permettant ainsi à la FINUL de remplir le mandat qui lui avait été octroyé 22 ans plus tôt. Le retrait effectif des troupes israéliennes est annoncé par le gouvernement israélien le 25 mai 2000 et confirmé par le Secrétaire général de l’ONU le 16 juin suivant. Des violations de la ligne de retrait par Tsahal empêchent cependant le déploiement de la FINUL et des forces libanaises. Ce n’est qu’en juillet 2000, après l’annonce par Israël de sa volonté de mettre fin aux violations de la Ligne Bleue et la déclaration du Secrétaire général confirmant l’effectivité de cette cessation des violations, que le déploiement intégral et le renforcement de la FINUL sont envisagés. Dans son rapport du 20 juillet 2000, le Secrétaire général de l’ONU indique que la première phase de renforcement de la mission a débuté un mois plus tôt avec de plus grande capacité de déminage, un renforcement d’unités et l’attente de nouveaux bataillons d’infanterie. Le 27 juillet 2000, le Conseil de sécurité décide donc de proroger, par la résolution 1310 (2000), le mandat de la FINUL pour une nouvelle période intérimaire de six mois, jusqu’au 31 janvier 2001.

La situation reste relativement calme jusqu’en octobre 2000 où elle se détériore en raison des manifestations palestiniennes le long de la Ligne Bleue et de diverses escarmouches entre manifestants palestiniens et l’armée israélienne. Peu à peu, le gouvernement libanais délaisse sa responsabilité de garde-frontière au profit du Hezbollah. Face à cette situation, la FINUL se déploie de nouveau dans la région délaissée, avec l’aide du gouvernement libanais. Toutefois, elle ne réussira pas à convaincre ce dernier de reprendre le contrôle de son côté de la Ligne Bleue. Cette situation est décriée par le Conseil de sécurité dans une déclaration du Président du Conseil le 14 novembre 2000.

Le 22 janvier 2001, le Secrétaire général présente un nouveau rapport où il formule des recommandations en vue d’une reconfiguration de la force et où il préconise une nouvelle prorogation du mandat de la FINUL pour une période six mois (31 juillet 2001). Parce que la FINUL entame la dernière partie de son mandat, qui est de rétablir la paix et la sécurité internationale, le Secrétaire général hésite à procéder à des fonctions d’observation avec uniquement des observateurs non-armés. Il propose deux bataillons d’infanterie, un groupe d’observateurs de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST) et un soutien logistique. Il souligne aussi qu’une procédure par étapes serait peut-être plus prudente et que le Conseil pourrait, dans un premier temps, réduire les effectifs de la FINUL à environ 4500 personnes tous rangs confondus, comme il était le cas avant leur augmentation intervenue l’année précédente.

Le Conseil accepte les recommandations du Secrétaire général par la résolution 1337 du 30 janvier 2001. Il lui demande d’ailleurs de soumettre, avant le 30 avril 2001, un rapport sur les projets de reconfiguration de la FINUL et sur les tâches de l’ONUST. Le Conseil rappelle aussi au gouvernement libanais la nécessité de contrôler l’ensemble de son territoire près de la Ligne Bleue. Le 30 avril 2001, le Secrétaire général présente son projet de reconfiguration au Conseil. Il y est mentionné qu’en attendant une paix globale, la FINUL garderait ses mandats de maintien du cessez-le-feu et des relations étroites entre les deux parties (armées israélienne et libanaise). Le Secrétaire général propose aussi une reconfiguration des effectifs de la mission en les revoyant à la baisse. En effet, composée de 5700 soldats en mars 2001, la FINUL pourrait comprendre, selon le Secrétaire général, 3600 personnes jusqu’en janvier 2002. Puis, s’il n’y a pas d’évolution radicale de la situation dans la région, la reconfiguration pourrait réduire le nombre de soldats à 2000, à la fin juillet 2002. Le 31 juillet 2001, par la résolution 1365 (2001), le Conseil proroge une autre fois le mandat de la FINUL et accepte les termes de la reconfiguration proposée par le Secrétaire.

Le 2 septembre 2004, le Conseil de sécurité demande instamment, par la résolution 1559, le retrait de toutes les forces étrangères au Liban. Cette décision concerne particulièrement un acteur important de la région, la Syrie, qui maintient encore 14000 militaires sur le sol libanais depuis son intervention lors de la guerre civile de 1976. Après cette annonce du Conseil de sécurité, la Syrie replie 3000 soldats du Liban, mais il faudra attendre le 26 avril 2005 pour que les troupes syriennes se retirent complètement du pays. Malgré ces avancements, la situation ne s’améliore pas entre le Hezbollah et l’armée israélienne, ce qui compromet l’efficacité et le redéploiement de la FINUL.

Suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 2005, le Secrétaire général demande au Département des affaires politiques de coordonner les efforts de l’ONU pour mener une enquête préliminaire sur cet attentat et, par la suite, établir la Commission d’enquête internationale indépendante (IIIC). Le Conseil de sécurité a adopté le 30 mai 2007 la résolution 1757 sur l’établissement du Tribunal spécial pour le Liban. Le Tribunal statuera sur les éléments rassemblés par la Commission d’enquête internationale.

L’attentat à la bombe dans lequel Rafic Hariri et de 22 autres personnes ont péris, plonge le Liban dans une nouvelle période d’instabilité qui est aggravée par la capture, par le Hezbollah, de deux soldats israéliens à la Ligne Bleue le 12 juillet 2006. Cet incident entraînera une riposte de grande envergure de l’armée israélienne dans une nouvelle guerre (la « Guerre des 33 jours » ou encore la « Seconde guerre du Liban »). Combinant attaques terrestres, maritimes et aériennes, cette opération sera la première d’une telle ampleur depuis le retrait israélien de 2000. Israël bombarde des routes et des ponts, à l’intérieur et à l’extérieur de la zone d’opération de la FINUL, ce qui encourage le Hezbollah à attaquer des positions israéliennes au sud de la Ligne Bleue. Les combats font environ 1200 morts, 3700 blessés et plus de 900 000 personnes déplacées au Liban. Du côté israélien, le bilan est de près de 200 victimes civiles et militaires et plus de 300 000 personnes déplacées.

Le 21 juillet 2006, le Secrétaire général dépose un nouveau rapport où il mentionne que les récentes hostilités ont « radicalement changé le contexte » entourant la mission et déplore que la FINUL ne soit plus en mesure d’accomplir ses tâches. À l’expiration du mandat de la mission le 31 août 2006, le Conseil vote sa reconduction pour un mois, le 31 juillet (Résolution 1697), le temps de préparer une proposition de renforcement de la FINUL pour faire face à la nouvelle situation. Le 11 août 2006, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1701 issue d’un compromis entre la France et les États-Unis et appelant à la cessation immédiate des attaques.

La résolution propose un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme qui implique le respect de la Ligne Bleue et l’adoption d’un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités : une zone d’exclusion entre la Ligne Bleue et le fleuve Litani où seuls le gouvernement libanais et la FINUL peuvent circuler. La FINUL devra surveiller le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, superviser le retrait de l’armée israélienne et le déploiement de l’armée libanaise au Sud-Liban. Le mandat de la FINUL est prorogé jusqu’au 31 août 2007 et ses effectifs passent de 2000 à 15000 hommes. Une composante navale sera ajoutée à la mission, commandée par l’Allemagne qui participe ainsi à sa première opération militaire dans la région depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La FINUL renforcée comptera une vingtaine de pays, majoritairement européens mais également musulmans : au début de l’année 2007, 26 pays participent à la FINUL avec un effectif total de 11,500 hommes (9800 soldats et 1700 marins). Les principaux contributeurs en sont la France et l’Italie, celle-ci prenant le commandement de la force à la fin du mandat du français Alain Pellegrini en février 2007 avec le Général Claudio Graziano. Les règles d’engagement de la FINUL lui permettent de recourir à la force en cas d’« activité hostile », à procéder à des contrôles routiers et à intercepter des mouvements d’armes en cas de défaillance de l’armée libanaise. La FINUL n’est toutefois pas mandatée pour désarmer le Hezbollah.

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre en vigueur le 14 août 2006 et, le 17 août, l’armée libanaise, avec le soutien de la FINUL, commence à se déployer au Sud-Liban, zone qui échappait à son contrôle depuis 40 ans. Le retrait progressif de l’armée israélienne du territoire libanais, conditionné au déploiement de l’armée libanaise aidée de la FINUL, ne sera effectif qu’en novembre 2006 (exception faite des « Fermes de Chebaa », point de jonction des territoires israélien, syrien et libanais, sur les contreforts du Golan occupé). Israël continuera cependant de survoler le territoire libanais, violant ainsi le cessez-le-feu et faisant fi des protestations de la FINUL, en se justifiant par le réarmement du Hezbollah. Le Hezbollah, opposé à la majorité anti-syrienne du gouvernement dirigé par Fouad Siniora, continue quant à lui à alimenter l’instabilité politique causée par la vacance du poste de Président après l’expiration du mandat d’Émile Lahoud le 24 novembre 2007. En témoigne notamment l’organisation d’une campagne de désobéissance civile en signe de protestation contre deux mesures prises par le gouvernement Siniora le 6 mai 2008 : le Hezbollah et d’autres groupes armés soutenant l’opposition prennent le contrôle de l’aéroport international de Beyrouth, et de Beyrouth Ouest (quartier sunnite) tandis que les groupes progouvernementaux ferment l’accès principal à la frontière syrienne. Le pays est paralysé. Entre le 8 et le 13 mai 2008, les combats entre ces groupes armés s’étendent au reste du pays et font 69 morts, parmi lesquels de nombreux civils, et plus de 180 blessés.

L’été 2008 semble propice à un apaisement de la crise politique libanaise. Après six mois d’instabilité, les dirigeants libanais concluent un accord à Doha (Qatar), le 21 mai 2008, sous les auspices de la Ligue arabe. L’accord prévoit l’élection d’un président (Michel Sleimane, chef de l’armée libanaise, étant l’unique candidat à ce poste) et la formation d’un gouvernement d’union nationale. La coalition anti-syrienne obtiendra la majorité des sièges tandis que l’opposition disposera d’une minorité de blocage. Michel Sleimane prêtera serment le 25 mai et le gouvernement d’union nationale sera mis en place, après moult tractations, en juillet 2008. Après cinq mois d’impasse, le Premier ministre Saad Hariri réussi à former un cabinet de 30 ministres.

L’un des premiers gestes du nouveau président libanais sera de rencontrer le président syrien Bashar al-Assad en août 2008 afin d’établir des relations diplomatiques entre ces deux pays, jusqu’alors inexistantes. Depuis leur indépendance, ces deux pays n’ont eu aucun échange diplomatique officiel et ce, même si la Syrie a maintenu une présence militaire au Liban pendant près de trente ans, jusqu’en 2005. À l’issue de la rencontre des deux présidents, le Liban et la Syrie décident de réactiver « le comité conjoint pour délimiter et tracer leurs frontières selon un mécanisme et des priorités qui seront décidés par les deux parties » et affirment leur détermination « à lutter contre la contrebande et toutes les opérations illégales à leurs frontières ».

Ces déclarations ne seront que lettre morte car, pour l’instant, l’armée libanaise ne peut assurer la sécurité de ses zones frontalières, ce qui justifie la prorogation (par trois fois et à la demande du gouvernement libanais), du mandat de la FINUL : d’abord par la résolution 1773 du 24 août 2007 (jusqu’au 31 août 2008), ensuite par la résolution 1832 du 27 août 2008 (jusqu’au 31 août 2009) et finalement, par la résolution 1884 du 27 août 2009 (jusqu’au 31 août 2010). Dans ces résolutions, le Conseil de sécurité a salué la contribution de la FINUL et de l’armée libanaise à la création d’« un nouvel environnement stratégique dans le sud du Liban ».

Mandat

Selon les termes des résolutions 425 (1978) et 426 (1978) du Conseil de Sécurité en date du 19 mars 1978, la FINUL a pour mandat de :

- « confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban ;
- rétablir la paix et la sécurité internationales ;
- aider le Gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région.

Selon la résolution 1701 (2006) du Conseil de Sécurité en date du 11 août 2006, décide que la Force devra, en sus de l’exécution de son mandat au titre des résolutions 425 et 426 (1978) :

- contrôler la cessation des hostilités ;

- accompagner et appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement dans tout le Sud, y compris le long de la Ligne bleue, pendant qu’Israël retire ses forces armées du Liban ;

- coordonner ses activités relatives à l’exécution du paragraphe ci-dessus avec les gouvernements libanais et israélien ;

- fournir son assistance pour aider à assurer un accès humanitaire aux populations civiles et le retour volontaire des personnes déplacées dans des conditions de sécurité ;

- aider les forces armées libanaises à prendre des mesures en vue de l’établissement de la zone mentionnée d’un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités, notamment établissement, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux du Gouvernement libanais et des forces de la FINUL, déployés dans la zone ;

- aider, sur sa demande, le Gouvernement libanais à sécuriser ses frontières et les autres points d’entrée de manière à empêcher l’entrée au Liban sans son consentement d’armes ou de matériel connexe. »


Fiche mise à jour le 16 février 2010








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