Historique
À la suite d’une tentative de coup d’État orchestrée par le Général François Bozizé le 25 octobre 2002, la Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) met en place, en décembre 2002, la Force Multinationale en Centrafrique (FOMUC).
Mandat de la FOMUC :
La force multinationale a reçu pour mandat de :
contribuer à la sécurité de la RCA et à la restructuration des Forces armées centrafricaines ;
accompagner le processus de transition pour la réconciliation nationale, le retour rapide à l’ordre constitutionnel et la restauration d’une paix durable en RCA.

- photo : FOMUC
Concrètement, la FOMUC devait assurer la sécurité du président Patassé, surveiller la sécurisation de la frontière entre la République Centrafricaine et le Tchad. Elle a également été chargée de l’arrestation et du désarmement des chefs de guerre. Ainsi, jusqu’au 15 mars 2003, la Force Multinationale s’est occupée du contrôle de la plate-forme aéroportuaire de Bangui, en liaison avec les Forces Armées Centrafricaines et de la sécurisation de la ville de Bangui par des patrouilles légères. Les troupes de la CEMAC n’ont cependant pas été assez nombreuses pour empêcher la prise du pouvoir par le général Bozizé en mars 2003, leur mandat s’étant limité à la lutte contre les pillages et autres actes de violence commis dans les environs de la capitale.
Après le coup d’Etat de mars 2003, la FOMUC a procédé à l’arrestation et au désarmement à Bangui de plusieurs chefs de guerre, à la sécurisation et à la restauration du calme tant à la capitale qu’à l’intérieur du pays. Dès le mois d’octobre 2004, elle a entrepris des missions liées au processus électoral. La Force de la CEMAC a joué un rôle prépondérant dans la mise en place d’un niveau approprié de sécurité pour le référendum constitutionnel de novembre 2004 et les élections législatives et présidentielles de 2005. Précédemment cantonnée à la capitale, avec pour mission d’accompagner la transition politique, son mandat a été élargi, le 29 juin 2005, au reste du pays, avec pour objectif de contribuer à la sécurisation de la République Centrafricaine, au processus de normalisation des institutions, de stabilisation et de relance économique du pays. Dans le cadre de la mission qui lui a été confiée, le mandat de la FOMUC a été prolongé du 01 juillet 2006 au 30 juin 2007.
Composition de la FOMUC :
Elle a compté jusqu’à près de 380 hommes en mai 2005 dont 120 soldats congolais, 138 Gabonais et 121 Tchadiens ainsi qu’un personnel civil de 38 personnes en majorité des Centrafricains. En juin 2006, la FOMUC comptait 139 soldats.

- photo : RFI
Financement de la FOMUC
Dans le cadre du déploiement de sa Force multinationale en Centrafrique, la CEMAC bénéficie d’un soutien financier et matériel extérieur dont celui de l’Union Européenne et d’une contribution de 194 372 euros de la part de l’Allemagne, destinée à couvrir une partie de l’équipement de la FOMUC.
Le budget de fonctionnement et les primes diverses sont assurées par l’Union Européenne et la Communauté à hauteur, respectivement, de 30 et 20%. A ce propos, la Commission Européenne a signé en 2004 avec la CEMAC, dans le cadre de la Facilité de paix à la FOMUC, une première convention de contribution pour un montant de 3,3 millions d’euros afin de soutenir l’opération militaire en RCA pour la période du 01 novembre 2004 au 30 juin 2005.
La France, elle, est expressément désignée dans le Statut de la Force pour assister celle-ci et lui faire bénéficier de son expertise. Aussi, s’inscrivant dans le cadre du concept RECAMP, elle apporte à travers l’« opération Boali » son soutien technique, administratif et financier à la FOMUC. Elle assure ainsi la fourniture et le soutien des matériels majeurs, ce qui représentent 50% des dépenses budgétaires de la Force.