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Fiche d'information

Ghana


Politique de maintien de la paix

En tant que membre de la communauté internationale et africaine, le Ghana s’efforce régulièrement de participer au maintien et à la consolidation de la paix dans le monde, comme il y souscrit, conformément à la charte onusienne. Ainsi, depuis son indépendance en 1957, le Ghana, par l’intermédiaire de ses observateurs civils et ses unités militaires déploie un effort responsable et soutenu pour maintenir la paix. La participation des Forces Armées ghanéennes (FAG) aux initiatives de paix s’inscrit sous plusieurs formes : missions d’observation, missions de maintien de la paix, formations de personnel... Non seulement des unités d’observateurs et des forces militaires ghanéennes contribuent à la restauration de la paix dans les pays en conflit (Rwanda, Kosovo, Liban, Éthiopie/Érythrée...), mais elles s’emploient aussi à faire respecter les accords signés entre les parties belligérantes comme ce fut le cas au Yémen, au Pakistan, en Afghanistan, au Sahara Occidental...

Structures décisionnelles politiques et militaires

Selon la constitution nationale, la politique de défense et de sécurité est dictée par le Président de la République. Toutefois, c’est le Ministère des Forces Armées qui a en charge d’assurer en toutes circonstances la sécurité nationale et le respect des conventions internationales. La politique de défense nationale et l’effort de paix internationale sont du ressort des Forces Armées Ghanéennes (FAG), constituées par la Marine, les Armées de terre et de l’air. La Gendarmerie nationale ghanéenne qui fournit des contingents de police civile dans le cadre du maintien de la paix, participe aussi aux opérations de paix.

Dans le cadre de sa contribution à l’effort de paix international, le Ghana s’est engagé à offrir durablement son support aux initiatives de maintien de la paix au niveau international, régional et sous-régional. En dépit de l’instabilité politique prégnante qu’a connue le pays depuis l’indépendance, l’État ghanéen s’est attaché à développer des structures traditionnelles et modernes d’administration des conflits.

Ces structures nationales sont les Conseils traditionnels, l’Assemblée Régionale des chefs et l’Assemblée Nationale des chefs. Leur tâche principale est de résoudre les conflits mineurs de dominance ou de terres dans leurs zones traditionnelles, alors que les conflits plus complexes sont renvoyés devant les cours de justice. Un mécanisme de réponse aux conflits est fourni par la Loi no 526 des Agences de sécurité et de renseignements de 1996. Cette loi dispose d’une clause qui prévoit que les conseils de sécurité des régions et des provinces, les unités militaires... soient responsables pour l’application des politiques du gouvernement sur la sécurité de l’État et s’occupent des problèmes attenants ou touchant la sécurité intérieure et extérieure du Ghana et les problèmes connexes. La loi établit aussi un Conseil de sécurité régional (REGSEC) et un Conseil de sécurité de district (DISEC) dont la fonction est de fournir un système d’alerte avancée au gouvernement sur l’existence ou la possibilité de toutes menaces sur la sécurité de la région, du pays ou du gouvernement.

L’engagement international du Ghana en faveur du maintien de la paix

- Sous l’égide de L’ONU

Depuis plus d’une quarantaine d’années, l’ONU s’appuie sur le professionnalisme des troupes militaires ghanéennes dans le cadre de sa mission de maintien de la paix. Les soldats ghanéens ont ainsi servi dans plus d’une vingtaine d’opérations onusiennes à travers le monde. En 1960 déjà, le Ghana participait pour la première fois à une opération onusienne au Congo (ONUC). Plus de quatre décennies plus tard, le Ghana contribue toujours à l’effort de paix international dans des missions de paix en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe. Les soldats ghanéens sont intervenus dans plusieurs registres, au sein de contingents militaires, de démineurs, d’officiers de police civile, d’observateurs électoraux, de surveillants de cessez-le-feu, de travailleurs humanitaires...

Le Ghana fait partie des États africains, souvent cités à titre d’exemple, comme pays participants pleinement au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le secrétaire général de l’ONU, de 1997 à 2007, était le Ghanéen Kofi Annan qui a été secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix (de mars 1993 à décembre 1996). Le lieutenant général Emmanuel Erskine fut le premier commandant de la force onusienne intérimaire au Liban (FINUL) de 1978 à 1981 ; force que le major général Seth Obeng a dirigé de novembre 1999 à mai 2001.

Entre 1992 et 1993, les Forces Armées du Ghana (FAG) ont fourni trois bataillons à des opérations importantes de maintien de la paix, de façon simultanée (UNIFIL, UNTAC et surtout ECOMOG). Cette mobilisation de ressources considérables en personnel témoigne de la volonté du pays à s’impliquer durablement en faveur du maintien de la paix. En 1994, lors du génocide au Rwanda, un contingent formé de militaires ghanéens (sous le commandement du lieutenant de brigade Henry Anyidoho), offrait au péril de leur vie, une protection inespérée aux populations civiles prises dans l’étau génocidaire. Qui plus est, le Ghana continue de supporter les efforts de paix au niveau régional, y compris la résolution des conflits sous-régionaux (Côte d’Ivoire, Libéria, Guinée Bissau).

- Sous l’égide de L’Union Africaine et de la CEDEAO

Le Ghana, à l’instar du Sénégal et de l’Afrique du Sud joue présentement un rôle de chef de file en matière de maintien de la paix partout en Afrique. Les leaders africains (Afrique du Sud, Nigéria et Ghana en tête), dans la Déclaration du Caire de 1993, ont accepté de faire du processus de restauration et de construction de la paix dans les pays ravagés par la guerre, l’une de leurs priorités. Le Ghana poursuit donc avec détermination ces principes et ces activités dans l’espace CEDEAO et sur le continent africain, en promouvant la paix, l’intégration africaine et le développement économique. Une des opérations de paix africaines les plus connues et qui a demandé une participation croissante et continue du Ghana fut celle de l’ECOMOG. De sa création en 1990 (pour mettre fin aux hostilités au Libéria), à son évolution en 1998 (pour aider à ré-instituer le président déchu Sierra Léonais Ahmed Tejan Kabbah), l’ECOMOG a été une opération au sein de laquelle le Ghana a déployé des efforts permanents en matière de paix.

Malgré des moyens financiers et logistiques limités, le Ghana qui connaît une stabilité politique remarquée depuis les années 90, a travaillé assidûment à établir la paix et la stabilité en Afrique de l’ouest (Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Léone...). Le pays jouit d’un rôle actif au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment en ce qui à trait à la prévention et à la résolution des conflits (notamment en Côte d’Ivoire et au Libéria). Pour démontrer son engagement envers le processus de paix du Libéria, le Ghana a abrité les sommets sur la paix d’Aksombo et d’Accra, qui ont impliqué des engagements financiers importants de la part des États de la sous-région. Ce sont ces pourparlers tenus au Ghana qui ont mené à la conclusion d’un accord de paix au Libéria.

- Initiatives spéciales en matière de formation

Au vu de sa vaste expertise dans le domaine de la paix, le Ghana avec l’aide de plusieurs organisations, a mis en place un centre de formation internationale en matière de maintien de la paix (Le Kofi Annan International Peacekeeping Training Center). Le Centre a été établi afin de promouvoir la recherche et la formation en matière de maintien de la paix. Il a été conçu pour faire partager l’expérience et le savoir-faire des africains et ouest-africains sur les initiatives en faveur de la paix. Des hauts fonctionnaires et des personnalités internationales importantes assurent l’animation, enseignent des matières théoriques et y forment plusieurs officiers. Le Centre fait figure de modèle pour tout le continent africain en matière de formation au maintien de la paix. Il permet également de montrer à quel point l’Afrique est résolue à gérer elle-même ses problèmes pour garantir une paix et un développement durables dans la région.

Mountaga Diagne
Doctorant et chargé de cours
Université du Québec à Montréal





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