La communauté internationale célèbre aujourd’hui la journée des Nations unies.
Ces soixante-trois années d’existence ont consacré la légitimité des Nations Unies qui sont au cœur de ce multilatéralisme dont la France a fait une priorité de son action internationale. Cette journée est l’occasion de rendre hommage à l’œuvre accomplie et de rappeler les espoirs dont l’organisation est porteuse.
LireQu’il s’agisse de maintenir la paix dans le monde ou les équilibres planétaires, la France prône le droit international et la coopération multilatérale. Pour nombre de questions en effet - pauvreté, environnement, prolifération, terrorisme - la concertation et la coopération multilatérales entre les acteurs internationaux sont une nécessité et les Nations unies, seule instance universelle, en sont le lieu privilégié.
Face à des crises telle celle de l’Irak, le recours unilatéral à la force conduit à l’échec. Le Conseil de sécurité doit exercer pleinement ses responsabilités pour la paix et la sécurité. Il reste la seule instance de légitimation du recours à la force. La France est à cet égard favorable à l’élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents - l’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et à une juste représentation de l’Afrique. D’autres améliorations pourraient être apportées pour renforcer l’action du Conseil de sécurité en matière de lutte contre la prolifération, ou le rôle de l’Assemblée générale. Les dernières crises ont confirmé le caractère central de l’ONU, mais elles ont également renforcé la nécessité de rendre l’organisation plus efficace. Depuis la création de l’ONU en 1945, la France appartient au Conseil de sécurité. Elle y détient un siège permanent au même titre que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine. Elle est membre de la plupart de ses organes intergouvernementaux électifs (Cour internationale de justice, Commission des droits de l’homme) ou permanents (Conseil de tutelle, Conférence du désarmement, par exemple). Le français est l’une des six langues officielles de l’ONU et l’une des deux langues de travail. Paris accueille le siège de l’ONU pour la science, la culture et l’éducation, l’UNESCO.
La France ne ménage pas ses efforts pour soutenir, partout dans le monde, les actions de l’organisation, qu’elles relèvent du maintien de la paix et de la sécurité, des droits de l’homme, ou des divers domaines économiques et sociaux du ressort de ses institutions spécialisées. Les " casques bleus " français participent en Europe, en Afrique, au Proche-Orient et en Asie à la plupart des opérations de maintien de la paix. La France est le quatrième contributeur aux différents budgets de l’organisation (budget ordinaire, opérations de maintien de la paix, tribunaux internationaux), elle finance le budget ordinaire à hauteur de 6,516 % (alors que sa part dans le PNB mondial est d’environ 5,5 %).
Sur le plan politique, la France, présente dans tous les débats, cherche à promouvoir avec constance un rôle ambitieux et efficace pour les Nations unies, fondé sur le droit international et le consensus. Elle n’a cessé de le montrer à travers les positions défendues dans les différentes parties du monde, où nombre d’initiatives peuvent être mises à son actif. Tel est le cas en particulier au Moyen- Orient, en Afrique et en Asie, où les conflits régionaux affectent des pays avec lesquels elle a noué de longue date des relations d’amitié. Au Proche-Orient la France a toujours cherché à apaiser les crises. Elle n’a cessé d’appeler, depuis son adoption en 1967, à l’application de la résolution 242 du Conseil de sécurité exigeant le retrait immédiat des territoires occupés par Israël. A plusieurs reprises la France a pris sur ce dossier des initiatives pionnières : la première, elle a reçu le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, à Paris en 1988, peu après qu’il eut affirmé renoncer au terrorisme. C’est à cette occasion que celui-ci a déclaré " caduque " la Charte palestinienne qui prônait la destruction d’Israël. La France est attachée à l’existence d’Israël au sein de frontières sûres et reconnues. Elle appelle à la création, à ses côtés, d’un État palestinien viable. Elle a soutenu les accords de Madrid, et le processus d’Oslo. Elle a par la suite contribué à l’élaboration de la " Feuille de route ", endossée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1515 (19 novembre 2003). Elle entretient une coopération bilatérale active avec Israël et les Palestiniens. L’UE est par ailleurs le premier bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne. La France œuvre également pour la résolution des volets israélo-syrien et israélo-libanais du conflit car la paix ne sera durable que si elle est globale. Tout au long de la crise iraquienne de 2002 et 2003 la France a prôné un rôle central pour les Nations unies et l’unité du Conseil de sécurité, gage d’efficacité. Depuis le renversement du dictateur iraquien, elle plaide en faveur de la restitution rapide de la souveraineté de l’Irak et de la reconstruction du pays dans un processus inclusif, auquel l’ensemble des forces politiques du pays, mais également les pays limitrophes et amis seraient parties, avec l’assistance des Nations unies. Au Liban, elle soutient la réconciliation nationale et apporte une forte contribution à la force de l’ONU.
Avec les États du Maghreb, la France entretient une relation privilégiée, qui constitue pour elle une véritable priorité politique. Héritage de l’histoire, cette relation se nourrit aussi d’échanges permanents dont elle prend soin d’adapter et de moderniser constamment les instruments, dans tous les domaines : coopération, relations culturelles, échanges humains, partenariat économique. Auprès de tous, la France plaide en faveur de l’intégration régionale entre les États du Maghreb, et de leur rapprochement avec l’UE qui doit permettre une association accrue des pays de la rive sud de la Méditerranée à l’Europe élargie.
L’Afrique constitue depuis longtemps une priorité pour la France : la tenue régulière des sommets franco-africains et le flux continu de contacts bilatéraux, ont donné naissance à plusieurs initiatives prometteuses, tel le processus de réconciliation en République démocratique du Congo consacré plus tard par les accords de Lusaka (1999). La France ne ménage pas ses efforts diplomatiques pour résoudre les conflits et les crises politiques qui affectent ces pays, que ce soit au sein de l’ONU, en liaison avec certains États de la région, ou plus particulièrement aujourd’hui en favorisant les médiations africaines. Elle apporte un soutien logistique, financier ou humain dans le cadre de ses interventions d’urgence décidées le plus souvent dans l’attente d’un déploiement international ou régional. Elle entend répondre à la volonté des pays africains de gérer par eux-mêmes la sécurité de leur continent. Avec les États-Unis et le Royaume-Uni, elle est à l’origine d’une initiative pour le renforcement des capacités des armées africaines à participer aux opérations de maintien de la paix sous l’égide des Nations unies. Ce programme, baptisé RECAMP, a été adopté au sommet Afrique/France du Louvre en 1998. La France s’engage, par une logistique et un financement conséquents, dans les processus de paix engagés en Afrique centrale par les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), ou en Afrique de l’Ouest par ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elle appuie les initiatives africaines pour lutter contre les trafics d’armes légères et l’élimination des mines antipersonnel. Elle s’est également engagée en faveur de la diffusion des nouveaux traitements du sida aux malades de tous les pays, de façon égale au Sud comme au Nord. Sur le plan du développement économique, dans toutes les grandes enceintes multilatérales, au Conseil de sécurité comme au sommet du G8, la France relaie les préoccupations qu’expriment les pays africains. Au sommet d’Évian en 2003, elle a annoncé que l’Afrique, déjà premier récipiendaire de l’aide française, recevrait plus de la moitié de l’augmentation de l’aide publique française au développement, décidée jusqu’à 2012. A cette date, elle atteindra 0,7 % du PIB français. Sur le plan des institutions, la France encourage le mouvement vers la démocratie, sans le dicter. Elle se montre exigeante sur les principes essentiels que sont le respect du droit, la bonne gouvernance et la légitimité de l’accession au pouvoir comme de son exercice.
La France n’a pas davantage oublié les liens qui l’attachent à l’Asie. Elle a favorisé en 1991 la signature des accords de Paris, destinés à mettre en œuvre la réconciliation nationale au Cambodge. Architecte avec l’Indonésie de cette réconciliation, elle a joué un rôle prépondérant sur le terrain durant toute la phase de transition. Les 1 500 casques bleus français ont ainsi constitué le contingent principal mis à la disposition de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC), chargée de désarmer les parties en conflit, de veiller au respect du cessez-le-feu et de préparer la restauration de la démocratie. En Afghanistan, la France a apporté une contribution de première importance à la coalition conduite, sous l’égide des Nations unies, par les États-Unis, dans la lutte contre le groupe terroriste Al-Qaïda et le régime des talibans. La France contribue également à former la nouvelle armée afghane, elle a consacré en 2002, à titre bilatéral, 35,6 millions d’euros à la reconstruction de l’Afghanistan. Les principaux secteurs de coopération sont l’agriculture, l’éducation et la reconstruction de l’État.
En Afghanistan, elle participe aux forces de l’OTAN, mais sous égide de l’ONU. Face aux menaces du terrorisme sans frontières, la coopération internationale doit être renforcée. Ainsi, après le 11 septembre 2001, c’est sous la présidence française qu’a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU la résolution 1373 imposant aux États de prendre des mesures concrètes contre les auteurs d’actes terroristes, leurs commanditaires et complices.
La France a fait aboutir à l’Assemblée générale de l’ONU une convention contre le financement du terrorisme tandis qu’une convention contre le terrorisme nucléaire était conclue en 2005. Elle agit dans le même sens au sein de l’Union européenne et du G8. Devant les dangers de la prolifération d’armes de destruction massive, par exemple en Iran, la France est également favorable au renforcement de la coopération internationale (Agence internationale pour l’énergie atomique, Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), voire à d’éventuelles politiques de sanctions. À l’ONU, au sein de l’Union européenne et à l’OSCE, elle a fait adopter des instruments de contrôle des trafics d’armes, notamment les armes de petit calibre particulièrement meurtrières dans les conflits en Afrique. Contre les trafics de drogue et la criminalité organisée, elle agit aussi pour le renforcement de la coopération multilatérale. Enfin, contre le réchauffement climatique et la pollution de l’eau, bien public mondial, la France milite pour une organisation mondiale de l’environnement et pour l’universalisation du protocole de Kyoto réduisant les émissions de CO2. Contre les grandes pandémies, tel le sida, la France a pris l’initiative de modes innovants de financement.
Date de mise à jour : octobre 2008.