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MICOPAX :  historique et mandat
Mission de consolidation de la paix en Centrafrique


Historique

Pendant toute la durée de son déploiement, la FOMUC avaient des missions essentiellement militaires qui consistaient à contribuer à la sécurité de la République centrafricaine dans son ensemble, à la restructuration des Forces Armées centrafricaines (FACA) et à accompagner le processus de transition pour la réconciliation nationale, le retour rapide à l’ordre constitutionnel et la restauration d’une paix durable dans le pays.

Ce mandat a connu des modifications en fonction des exigences sécuritaires. Au départ, il s’est agi d’assurer la sécurité des institutions démocratiquement élues (en particulier le président Ange-Félix Patassé confronté à des rébellions dans son pays), de sécuriser la ville de Bangui en proie aux pillages et autres actes de violence par des patrouilles légères et de contrôler la plate-forme aéroportuaire de la capitale en collaboration avec les FACA. Ensuite, après le coup d’Etat du 15 mars 2003, que les troupes de la CEMAC n’ont pu empêcher et par lequel le général François Bozizé Yangouvonda a pris le pouvoir, elles ont été chargées de l’arrestation et du désarmement des chefs de guerre, de surveiller la sécurisation de la frontière entre la République Centrafricaine et le Tchad et de sécuriser et restaurer le calme aussi bien dans la capitale que dans les provinces du pays où sévissaient des miliciens et des bandits de tous genres, surtout dans le nord du pays. A partir de 2004, elle s’est investie dans des tâches liées au processus électoral. Par leur présence, les troupes de la FOMUC ont permis d’obtenir un niveau de sécurité tel que le référendum constitutionnel de décembre 2004 et les élections conjointes législatives et présidentielles de mars et mai 2005 se sont déroulés sans problèmes majeurs. Précédemment déployée dans le périmètre de la capitale, avec pour mission d’accompagner la transition politique, son mandat a été élargi, le 29 juin 2005, au reste du pays, avec pour objectif de contribuer à la sécurisation de la République centrafricaine, au processus de normalisation des institutions, de stabilisation et de relance économique du pays. Mais la situation générale du pays ne s’est pas amélioré ; le pays traverse une grave crise financière et sociale et les affrontements entre les mouvements politico-militaires et les FACA ont provoqué, ces trois dernières années, une crise humanitaire avec plus de 200.000 déplacés internes et 108.000 réfugiés au Cameroun, Tchad et Soudan, selon les estimations de l’ONU. C’est pourquoi les responsables politiques de la sous-région ont jugé nécessaire de mettre en place une mission pour consolider la paix à l’issue de la conférence des chefs d’Etat des 30 et 31 octobre 2007 à Brazzaville au Congo.

Mandat

La MICOPAX est une mission de consolidation de la paix multidimensionnelle qui ira de janvier 2009 à l’horizon 2013, car les missions de la FOMUC prennent fin en décembre 2008. Elle a pour mandat de consolider le climat de paix et de stabilité, d’aider au développement du processus politique et au respect des droits de l’homme ainsi que d’accompagner la CEEAC dans sa mission d’observation électorale. Sur le plan politique, elle doit préparer l’amnistie générale de tous les acteurs impliqués dans les différentes crises centrafricaines (pouvoir, rébellions, opposition, société civile), ensuite organiser la conférence nationale avant d’aboutir aux élections générales et présidentielles suscitées.

La MICOPAX comporte une composante militaire et un volet civil destiné à renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité ainsi que les institutions centrafricaines en matière de consolidation de la paix. La branche civile qui a en charge des missions à caractère politique, économique, humanitaire et social devra s’occuper concrètement des affaires politiques, des questions des droits de l’Homme, de la protection de l’enfant, de la promotion du Genre, des affaires judiciaires et pénitentiaires, du VIH/Sida et de la relance économique. La MICOPAX sera assistée dans ces différentes tâches par des organismes tels que le PNUD, le HCR, la Banque Mondiale ainsi que le Bureau des Nations unies en Centrafrique (BONUCA) et l’Organisation internationale de la Francophonie, sans oublier les ONGs comme le Centre du dialogue humanitaire (CDH) qui dirige la Commission préparatoire du dialogue politique inclusif (CPDPI).

Notons que le président Omar Bongo Ondimba du Gabon, qui assure la présidence du Comité ad hoc de la CEEAC pour les questions centrafricaines, en est aussi le médiateur. C’est la raison pour laquelle il est le responsable de la mission au niveau de la sous-région. Sur place en RCA, c’est l’ambassadeur Albert Akendengué qui est son représentant spécial près de la MICOPAX. La Mission est renouvelable par tranche de six mois jusqu’en 2013.

Financement de la MICOPAX

Jusqu’en décembre 2008, le financement de la MICOPAX est assuré par les mêmes partenaires que pendant la FOMUC. En effet, l’Union européenne participe pour 10 millions d’Euro par an pour les soldes des militaires et les services d’intendance en général. Les pays membres de la CEEAC à savoir Angola, Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RDC, Sao Tomé et principe et Tchad ont l’obligation de verser une contribution financière avoisinant 341.000 euros par an pour les primes des soldats. Quant à l’Allemagne, elle contribue à hauteur de 194 372 euros qui servent à couvrir une partie de l’équipement de la FOMUC.

S‘inscrivant dans le cadre du concept RECAMP, la France, avec l’« Opération Boali », apporte son soutien technique, administratif et financier. Aussi, fournit-elle des moyens logistiques (munitions, paquetages des troupes, véhicules blindés, véhicules de transport des troupes et l’armement dont elle assure l’entretien), met ponctuellement à disposition des effectifs et participe aux actions de formation des troupes à travers les Détachements d’Instruction opérationnelle (D.I.O). Celles-ci sont dispensées aux unités organiques des pays contributeurs, avant leur projection sur le théâtre d’opération.

Composition

Forte de plus de 500 militaires provenant du Cameroun, du Congo, du Gabon et du Tchad, la MICOPAX comporte en son sein des policiers et gendarmes originaires respectivement de l’Angola et du Gabon. A terme, la Mission de consolidation de la paix devra être constituée des contingents militaires et du personnel civil des autres les pays membres de la CEEAC, la Centrafrique étant le pays hôte. A partir de janvier 2009, l’effectif envisagé de la MICOPAX est de 700 hommes avec le renfort de la police et de la partie civile et le nombre de chaque pays contributeur ne dépasserait pas 100 personnes (militaires et civils confondus).

La mise en place totale de la mission est encore en cours. Les contingents actuels vont rester jusqu’à décembre 2008.

14 août 2008








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