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Fiche d'information

République Tchèque


Politique de maintien de la paix

La volonté d’intégrer l’OTAN et l’Union Européenne faisait déjà partie des objectifs de politique étrangère de la République Tchèque avant même la création de cet État. Dès 1991, la Tchécoslovaquie faisait en effet partie, avec la Pologne et la Hongrie, du groupe de Visegrad qui avait pour objectif d’accélérer l’intégration des pays membres aux institutions occidentales. Ceci s’est traduit dès 1994 par l’adhésion au Partenariat pour la paix et a obligé la République tchèque à fournir des troupes pour des opérations de paix. Cette évolution a entraîné une restructuration importante pour une armée auparavant non professionnelle et totalement dédiée à la défense du territoire national.

Aujourd’hui, la République Tchèque affirme sa volonté de participer aux opérations de paix de l’ONU « dans la mesure de ses capacités » (Conceptual Basis of the Foreign Policy of the Czech Republic for the 2003-2006 Period). Elle déclare disposer de la capacité de déployer un millier d’hommes pour des missions de maintien ou d’imposition de la paix. Ce chiffre correspond à peu près aux effectifs déployées à l’étranger si l’on inclut les effectifs déployés dans des missions hors cadre onusien.

Comme les autres pays d’Europe centrale et orientale, la République Tchèque a soutenu l’intervention américaine en Irak. En réalité, ce pays est surtout marqué, comme nombre de ses voisins d’Europe centrale et orientale, par la volonté de ne pas devoir choisir entre les États-unis et l’ONU ou, sur un plan institutionnel, entre l’OTAN et l’Union Européenne. Les deux institutions sont dans leur esprit complémentaire puisque traitant de domaines différents : la sécurité pour l’OTAN, l’économie et le politique pour l’Union Européenne. Cette position se reflète dans cette phrase contenue dans l’énoncé de politique étrangère : « nous soutenons la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) tant qu’elle est complémentaire et non-contradictoire avec l’OTAN ». Ceci a amené la République Tchèque à s’engager aux côtés des États-unis en Irak (une centaine de membres de la police militaire tchèque participent à la formation de policiers irakiens) et en Afghanistan, où 120 membres des forces spéciales participent à l’opération « Enduring Freedom ».

Malgré ce tropisme atlantiste, les tchèques n’interviennent que dans un deuxième temps - ils ne sont arrivés en Afghanistan qu’en mars 2006 - et de préférence en recherchant l’aval de l’ONU. Cette attitude est donc à distinguer d’un pays comme la Pologne dont l’engagement aux côtés des États-unis est sans commune mesure aussi bien aux niveaux quantitatif (nombre d’hommes engagés) que qualitatif (nature des missions effectuées).

Structures décisionnelles politiques et militaires

L’article 43-3 de la constitution tchèque stipule que tout déploiement de troupes tchèques à l’étranger doit recevoir l’aval du Parlement (Chambre des députés et Sénat). Lors d’un déploiement dans le cadre d’une opération de maintien de paix, le contingent tchèque dépend d’un commandement inter-armé d’opération (Joint Command Operation, JOC). Cette structure est placée sous la tutelle directe de l’état-major de l’armée tchèque.

Évolution de la participation

Depuis 1990, près de 13500 membres des forces armées tchèques ont participé à 25 missions dirigées par les Nations Unies, l’OSCE ou l’OTAN. Actuellement la République Tchèque participe à 9 opérations de maintien de paix.

En ce qui concerne les observateurs militaires, l’expérience de l’armée tchèque commence en 1989 lorsque la Tchécoslovaquie a été invitée à participer à la Mission de vérification des Nations Unies en Angola (UNAVEM). Depuis lors, plus de 800 observateurs militaires ou experts tchèques ont participé à 21 missions différentes.

Les opérations de l’armée tchèque à l’étranger entrent dans une nouvelle ère en 1990, au moment de la participation à la coalition internationale contre l’Irak d’une unité spécialisée dans la lutte contre les armes chimiques. Une force de 320 militaires, appartenant d’abord à l’armée populaire tchécoslovaque puis à l’armée tchèque, participent ensuite au Contingent de garde des Nations Unies en Iraq (UNGCI) de 1991 à 2003.

Si les premiers déploiements concernaient l’Irak et le Koweït, la République Tchèque, dans sa volonté d’intégrer les structures occidentales (UE et OTAN), ne s’est, depuis sa création en tant qu’État indépendant, impliquée que dans deux types d’opérations : en ex-Yougoslavie et en Afghanistan.
Les différents déploiements en ex-Yougoslavie répondent à la logique de la participation au Partenariat pour la Paix. Ils ont ainsi permis de contribuer à la sécurité collective en Europe tout en développant des coopérations concrètes avec les forces armées des pays déjà membres de l’Alliance atlantique.
Le premier déploiement en Ex-Yougoslavie a eu lieu en 1992 dans le cadre de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU). Au total, près de 9500 militaires tchèques participeront aux différentes missions en Croatie et en Bosnie. L’engagement au sein de la FORPRONU et de l’Opération des Nations Unies pour le rétablissement de la confiance en Croatie (UNCRO) a conduit la République Tchèque à avoir jusqu’à 1100 casques bleus présents sur le terrain, soit le déploiement extérieur le plus important de l’histoire du pays. Cet engagement se poursuit aujourd’hui dans le cadre de la force de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR-Althéa).
Actuellement, le déploiement tchèque le plus important participe à la Force de maintien de la paix dirigée par l’OTAN au Kosovo (KFOR). Les 500 militaires tchèques présents représentent 75 % des troupes tchèques déployées hors du territoire national et le 8ème plus important contingent de la mission. Ils forment, avec le contingent slovaque, une unité multinationale depuis leur déploiement en 2002. Renouvelé tous les 6 mois, le contingent tchèque a son quartier général à Podujevo et dirige, depuis janvier 2006, la force d’intervention multinationale « Centre » qui comprend également les contingents irlandais, suédois, finlandais et lettons.

L’implication de la République tchèque en Afghanistan et en Irak est l’autre conséquence de l’intégration de ce pays à l’OTAN. En sus de la participation à l’opération « Enduring Freedom », 107 militaires tchèques participent à la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS). Outre un groupe de 10 démineurs, la majeure partie du contingent tchèque est affectée à l’équipe provinciale de reconstruction située dans la province de Badakshan, à l’extrême nord-est du pays. La tâche des membres du 102ème bataillon de reconnaissance consiste tant à assurer la sécurité et à protéger les équipes de reconstruction qu’à coopérer avec la population locale afin d’aider à la reconstruction.

La formation des futurs casques bleus tchèques est effectuée en deux temps. En premier lieu, une formation a pour but de fournir des connaissances générales et les aptitudes nécessaires aux missions de paix. Dans un second temps, un entraînement spécifique d’une durée de six à dix semaines est fourni selon la mission à laquelle l’unité va participer. Ces formations sont dispensées à la base d’entraînement des forces de maintien de la paix (PFTB) créée en 1991 et située à Cesky Krumlov.

Durant les opérations de paix, la république tchèque s’est faite remarquée par la mise en place d’hôpitaux de campagne. Le premier déploiement de ce type fut effectué dans le cadre de la mission d’Administration transitoire des Nations Unies pour la Slavonie orientale, la Baranja et le Srem occidental (UNTAES) pendant les deux années de la durée de la mission. Ce fut également le cas dans le cadre de la FIAS d’avril 2002 à janvier 2003.

La République Tchèque s’est également distinguée dans le domaine de la lutte contre les armes de destruction massive. Fort d’une expérience dans ce domaine, le pays a pris la direction du Bataillon multinational de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) de l’OTAN dont la création a été décidée lors du sommet de Prague en novembre 2002. L’objectif de ce bataillon, qui fait partie de la Force de réaction rapide de l’OTAN, est de répondre à l’ensemble des menaces dans le domaine des armes de destruction massive. Il doit être capable de se déployer, dans un délai de 20 jours, avec une force d’intervention de l’OTAN. Son quartier général est établi en République Tchèque, à Liberec, depuis décembre 2003. La République Tchèque fournit la moitié des effectifs du bataillon dont le total est compris entre 500 et 600 hommes de troupe.

Vincent Laborderie
Doctorant, Université Laval





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