Politique de maintien de la paix
La prévention et la résolution des conflits dans le cadre d’un système international solide représentent l’une des priorités affichées par le Ministère britannique des affaires étrangères, le Foreign and Commoniwealth Office (FCO).
Au niveau national, dans la promotion du maintien de la paix, le Foreign and Commonwealth Office travaille en stricte coopération avec le Ministère de la défense, le Ministry of Defence (MOD), mais aussi avec le Département pour le développement international, Department for International Development (DFID) et avec deux organes interdépartementaux qui ont été également mis en place. Il s’agit des Confict Prevention Pools (African Conflict Prevention Pool et Global Conflict Prevention Pool), créés en mars 2001, et de la Post-Conflict Reconstruction Unit, établie fin 2004.
Membre fondateur l’ONU, le Royaume-Uni a eu un rôle fondamental dans la conceptualisation et dans la création de l’organisation, à partir des discussions entre Churchill et Roosevelt, qui ont abouti à la signature de la Charte Atlantique en 1941. Les ministres et les diplomates britanniques ont joué également un rôle très important lors de Conférence de San Francisco en 1945, quand la Charte de Nations Unies a été signée. Membre très actif de l’organisation depuis ses débuts, le Royaume-Uni est le quatrième contributeur des Nations Unies, tant pour le budget régulier que pour le budget ad hoc pour les missions du maintien de la paix.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, le Royaume-Uni considère avoir une responsabilité particulière au sein de l’ONU dans les efforts pour promouvoir la paix et la sécurité internationales. Ainsi, le gouvernement soutient le processus de réforme des missions de maintien de la paix au sein de l’ONU, initié par le Rapport Brahimi paru en août 2000. Le gouvernement britannique soutient les recommandations du rapport, parmi lesquelles le renforcement des mandats des missions, la meilleure coopération et collaboration entre les agences et les départements de l’ONU, le renforcement du Département des opérations du maintien de la paix (DMPO). De cette manière, le Royaume-Uni s’engage en première ligne dans l’amélioration des capacités de maintien de la paix de l’ONU par le biais de différentes actions. En plus de déployer ses forces sur le terrain (voir infra), le Royaume-Uni soutient les Standby Forces Arrangements des Nations Unies. Il contribue également aux aspects liés à la police civile au sein des missions de l’ONU, en déployant des officiers de police britannique et en délivrant des cours de Train the Trainer (TTT). Ceux-ci ont été mis en place sur la base des recommandations du Rapport Brahimi et ils visent à permettre aux États membres de développer les capacités pour déployer leurs propres officiers de police lors des missions de l’ONU. Le Royaume-Uni soutient le développement de Civilian Police Standardised Training Module Workshops. Le Royaume-Uni vise également à la réalisation de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité, adoptée en octobre 2000, concernant l’égalité de la participation des hommes et des femmes dans tous les efforts pour la promotion de la paix.
L’effort britannique pour le maintien de la paix se réalise également au sein de l’OTAN, de l’UE et de l’OSCE.
Membre fondateur de l’OTAN, le Royaume-Uni en est l’un des principaux contributeurs, tant au niveau du budget qu’au niveau du personnel civil et militaire au service de l’Organisation. Le Royaume-Uni participe activement au sein des missions de paix menées par l’OTAN. Il met également à disposition une vaste gamme de capacités : il a été déclaré qu’environ 95% des capacités nationales britanniques sont potentiellement à disposition de l’OTAN.
Le Royaume-Uni a rejoint l’Union européenne en 1973. La contribution britannique à la mise en place d’une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) a été cruciale. La PESD a en effet été lancée lors du Sommet franco-britannique de Saint-Malo, en décembre 1998. A cette occasion Tony Blair et Jacques Chirac ont conjointement déclaré que, pour que l’UE puisse jouer son rôle sur la scène internationale, elle « doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales ». Lors de la Conférence sur les capacités en 2000, le Royaume-Uni a mis à disposition de l’UE une force de maximum 12 000 hommes, 72 avions de combat et 18 navires de guerre. Dans le but de contribuer à l’Objectif global à l’horizon 2010, le Royaume-Uni s’est engagé dans la mise en place des Groupements tactiques, Battlegroups. Un groupement tactique national était à disposition en 2005 et il le sera à nouveau en 2008. En 2010 un Groupement tactique britannique et hollandais sera également opérationnel.
Structures décisionnelles politiques et militaires
Le Ministry of Defence (MOD) est à la fois un département d’État chargé de prendre des décisions politiques et, en même temps, le quartier général militaire de plus haut niveau du Royaume-Uni, fournissant le contrôle politique de toutes les opérations militaires. Le MOD est dirigé par le Secrétaire d’État à la défense, qui est responsable pour la formulation et la conduite de la politique de défense. Le travail du Secrétaire d’État est soutenu par trois Ministres de la défense : le Minister of State for the Armed Forces, responsable pour les questions opérationnelles et politiques concernant les forces armées, le Minister for Defence Procurement et le Minister for Veteran’s Affairs. Les Ministres de la défense ont également deux conseillers principaux : un militaire, le Chief of Defence Staff (CDS) et un civil, le Permanent Secretary (PUS).
Lorsque le Royaume-Uni prend en considération sa contribution au sein d’une opération multinationale, le MOD doit initialement donner son avis concernant le degré de l’engagement militaire du Royaume-Uni, ainsi que ses objectifs militaires. Le Royaume-Uni a envisagé des procédures de planification stratégique, selon que le pays soit engagé dans une mission de l’OTAN, de l’UE ou de l’ONU.
Toute décision d’engager le Royaume-Uni dans n’importe quelle mission de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, de l’OTAN, de l’UE ou sous une autre forme est prise par le Conseil des Ministres (Cabinet), mais en dernière instance par le Premier Ministre. Une autorisation de la Chambre des Communes (House of Commons) n’est pas nécessaire pour décider d’engager le Royaume-Uni dans une mission du maintien de la paix. Ce sont le Cabinet et le Premier Ministre qui décident la quantité des forces qui doivent être engagées au début d’une mission du maintien de la paix. Ils sont conseillés par le Chief of the Defence Staff.
Évolution de la participation
Le Royaume-Uni a participé pour la première fois à une mission de maintien de la paix en mars 1964, au sein de la Force des Nations Unies chargée de maintenir la paix à Chypre (UNFICYP), à laquelle il contribue encore aujourd’hui avec 269 hommes.
A partir de 1964, les forces armées, les observateurs militaires et les civils britanniques ont participé à une vingtaine des missions de l’ONU en Afrique (la MONUSIL et la MINUSIL au Sierra Léone, la GANPUT au Namibie, la MINUAR au Rwanda, la UNAVEM III en Angola) dans les Balkans (l’ATNUSO et l’ONURC en Croatie, la FORDEPRENU dans l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, la MINUBH en Bosnie-Herzégovine, la FORPRONU en Croatie, Bosnie-Herzégovine et dans l’Ancienne République yougoslave de Macédoine), au Moyen-Orient ( la MONUIK entre Iran et Irak), et dans le Sud-est asiatique (l’APRONUC et la MIPRONUC au Cambodge, l’ATNUTO au Timor Oriental).
Actuellement, dans le cadre de l’ONU, le Royaume-Uni déploie ses effectifs (62 policiers, 14 observateurs militaires et 275 troupes au 31 octobre 2006) au sein de la UNFICYP à Chypre, de la MINUL au Libéria, de la MONUC en République démocratique du Congo, de la MINUK au Kosovo, de la MONUG en Géorgie et de la MINUS au Soudan.
Dans le cadre de l’OTAN, le Royaume-Uni déploie un contingent de plus que 5000 hommes au sein de la FIAS en Afghanistan. Il est également à la tête de l’Allied Rapid Reaction Corps (ARRC) qui a repris le commandement de la FIAS au mois de mai 2006, jusqu’en février 2007. Le Royaume-Uni est à la tête d’une des treize Provincial Reconstruction Teams (PRTs), qui sont placées sous la responsabilité de l’OTAN. Il s’agit de la province d’ Helmand dans le Sud du pays. Le Royaume-Uni avait par ailleurs établi deux autres PRTs dans le Nord du pays, qui sont désormais dirigées par d’autres États : il s’agit des PRTs à Mazar-e Sharif et à Meymana, actuellement sous commandement respectivement de la Suède et de la Norvège. Le Royaume-Uni est également actif au sein de la KFOR au Kosovo. Actuellement, environ 200 militaires britanniques exécutent des rôles très spécifiques, notamment dans le domaine de l’intelligence, de la surveillance et de la reconnaissance.
Dans le cadre des missions de la PESD, la présente britannique plus consistante (environ 590 militaires) se retrouve au sein d’EUFOR ALTHEA en Bosnie-Herzégovine où le Royaume-Uni dirige la Multinational Task Force (Northwest). Le Royaume-Uni a aussi pris part à ARTEMIS, en République Démocratique du Congo, en 2003. Il participe également aux missions sur le terrain dans le cadre de l’OSCE. Outre à s’engager à fournir 11,01% des coûts annuels des missions sur le terrain (pourcentage qui devrait s’élever à 11,09% en 2007), il envoie du personnel civil et des experts de police directement sur place. Environ 45 britanniques travaillent aujourd’hui dans les missions de l’OSCE sur le terrain.
Alessia BIAVA
Institut européen de l’Université de Genève (IEUG)