Le Canada et les opérations de paix

La section Le Canada et les opérations de paix est une initiative du Réseau de recherche sur les opérations de paix (ROP). Elle explore l’engagement canadien dans les opérations de paix dans le monde et agit comme complément au site opérationspaix.net en regroupant toutes les informations concernant la participation canadienne. À cet effet, elle présente différentes rubriques sur les priorités canadiennes actuelles ainsi que sur les opérations passées.

 

Le Canada possède une longue et riche tradition en matière d’opérations de maintien de la paix. Son engagement au sein d’opérations de paix menées par l’ONU et, plus récemment, dans le cadre d’opérations sous mandat onusien, mais dirigées par des organisations régionales de sécurité ou une coalition d’États volontaires, représente un pilier fondamental de sa politique étrangère depuis maintenant plus de soixante ans. Il a ainsi déployé des observateurs militaires dans le cadre de la toute première opération de paix de l’ONU en Inde et au Pakistan en 1948 (UNMOGIP), de même qu’il contribue aux opérations actuelles menées en Haïti (MINUSTAH) et en Afghanistan (FIAS). Consulter un aperçu de politique de maintien de la paix du Canada.


Les missions de paix auxquelles le Canada a participé depuis les 60 dernières années ont considérablement évolué tant au niveau de leur mandat, de leur constitution que des conflits dans lesquelles elles sont déployées. Consulter un tableau et l’historique de la participation canadienne aux OMP.


Consulter également les Livres blancs, les énoncés de défense et les énoncés de politique étrangère du gouvernement canadien.

 

 

 

Historique de la participation canadienne aux OMP

 

Les missions de paix auxquelles le Canada a participé depuis les 60 dernières années ont considérablement évolué tant au niveau de leur mandat, de leur constitution que des conflits dans lesquelles elles sont déployées. En 1948, le Canada a déployé huit observateurs militaires auprès de l’Organisme des Nations Unies chargée de la surveillance de la trêve (ONUST) en Palestine. L’ONUST fait partie du trio des opérations de maintien de la paix fondatrices de l’ONU en compagnie du Groupe d’observateurs militaires de l’ONU pour l’Inde et le Pakistan (UNMOGIP), déployé, en 1949 de même que la Force d’urgence des Nations unies (FUNU I) en 1956. Par contre, la FUNU a été la première opération de l’ONU à s’interposer entre les belligérants et qui allait au-delà de l’observation du cessez-le-feu. Cette initiative provient du Secrétaire d’État aux Affaires extérieures de l’époque, Lester B. Pearson. Ainsi, les opérations de premières générations sont principalement caractérisées par : une composition multinationale, l’impartialité, un armement léger, la présence d’un accord de cessez-le-feu entre les parties belligérantes, le consentement des parties impliquées et l’acte d’interposition. Parmi les opérations de maintien de la paix (OMP) de première génération auxquelles le Canada a participé, on peut notamment souligner la Mission d’observation de l’ONU pour l’Inde et le Pakistan (UNIPOM), la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et la Force des Nations Unies à Chypre (UNFICYP). Or, parmi les missions créées dans les années 1960, l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC) possédait un mandat multidimensionnel plus ambitieux correspondant aux opérations de seconde génération.

 

À la fin des années 1980, la doctrine de politique étrangère de l’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a mené à un déblocage du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec l’implosion de l’URSS et la fin de la guerre froide, l’ONU sort de sa paralysie et surgisse une multiplication du nombre de missions de paix. Contrairement à celles de première génération, ces dernières se déroulent dans le cadre de conflits internes et sont de nature ethnique ou religieuse. Ces opérations de deuxième génération se caractérisent notamment par l’utilisation de la force pour imposer leur mandat (chapitre VII de la Charte), l’intervention dans des conflits intra-étatiques sans le consentement des parties et la taille et la nature des effectifs (personnel militaire et civil). C’est également dans les missions de seconde génération que l’ONU a vécu ses échecs les plus cuisants notamment chez la Force de protection des Nations Unis en Yougoslavie (FORPRONU), l’Opération des Nations Unies en Somalie I & II (ONUSOM) et la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Ces revers ont eu des conséquences néfastes pour l’ONU, car en plus de miner la crédibilité de l’organisation, les États membres étaient désormais réticents à déployer des effectifs dans le cadre des missions subséquentes. Tout comme les opérations de paix, l’implication canadienne s’est transformée dans les années 1990. C’est également au cours de cette décennie que l’ONU a accru sa coopération avec les autres organisations internationales, notamment l’OTAN, l’Union africaine et l’Union européenne. La participation canadienne aux opérations de paix de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine (SFOR) au Kosovo (KFOR) et en Afghanistan (FIAS) s’inscrit dans cette perspective. De nos jours, la participation du Canada aux opérations de paix est presque qu’exclusivement orientée vers l’Afghanistan pour ce qui est des troupes. Néanmoins, le Canada participe beaucoup aux opérations de paix de l’ONU sur le plan logistique, matériel et dans la formation des pays contributeurs de troupes. Après le retrait de l’Afghanistan en 2011, il sera intéressant de voir quelle direction prendra la politique du Canada face aux opérations de paix.

 

 

 

Documents du gouvernement canadien

Livres blancs et énoncés de politique de défense

Livre blanc sur la défense (1964)

 

Le Livre blanc sur la défense a été déposé en mars 1964 par le ministre de la Défense nationale de l’époque, Paul Hellyer, et par le ministre associé de la Défense nationale, Lucien Cardin. Il s’agit du premier document officiel de politique de défense. Ce document est publié à un moment où la politique canadienne en matière de défense était fortement critiquée et où les postulats de la Guerre froide étaient remis en question. On peut faire ressortir du Livre blanc quatre grandes priorités pour le Canada en matière de défense. La première priorité est bien entendu la défense du territoire canadien. La deuxième et troisième priorités concernent les mesures de défense collective à travers l’OTAN et les relations bilatérales avec les États-Unis. Finalement, la quatrième priorité concerne le maintien de la paix. Il est mentionné qu’en vertu de l’impossibilité de l’existence d’une force onusienne permanente, le Canada se doit d’avoir une force prête à servir dans les missions de paix de l’ONU.

 

La défense dans les années 70 - Livre blanc sur la politique de défense

 

Ce document officiel a été déposé en septembre 1971 par le ministre de la Défense nationale de l’époque, Donald S. Macdonald. Ce document est issu d’un contexte particulier, d’où l’évolution des priorités précédentes du gouvernement en matière de défense. Ainsi, le Canada modifiera sa politique en matière de maintien de la paix après avoir rencontré des difficultés au sein de certaines des 10 missions de paix de l’ONU auquel il avait participé. De plus, certains événements internes tels la crise d’octobre, ont eu des répercussions sur la politique de défense. En premier lieu, la protection du territoire canadien reste la première priorité, mais le concept de protection de la souveraineté vient s’y ajouter. Ensuite ce document réitère l’importance de l’implication canadienne au sein de l’OTAN et de l’alliance avec les États-Unis. Finalement, la quatrième priorité concerne le maintien de la paix et souligne la nécessité de contribuer aux opérations de l’ONU à condition qu’elles aient un mandat clair et que le Canada soit en mesure d’y participer.

 

Défis et engagements - Une politique de défense pour le Canada

 

Cet énoncé de politique de défense fut déposé en 1987 par le ministre de la Défense nationale de l’époque, Perrin Beaty. Cette nouvelle étude de la politique de défense est effectuée pour deux raisons. Premièrement, la politique précédente avait été formulée 16 ans plus tôt et deuxièmement, le gouvernement de l’époque voulait investir en défense suite aux coupures dans les années 1970. Face au contexte international de l’époque, la nouvelle politique de défense estime que le Canada se doit de supporter la dissuasion stratégique de son voisin du sud face à l’Est et ce principalement par le NORAD et l’OTAN. Le Canada se doit également d’avoir des forces conventionnelles capable d’assurer la défense de son territoire et de sa souveraineté, mais aussi pour aider l’OTAN dans l’éventualité d’un combat de forces classiques en Europe entre l’Est et l’Ouest. Le maintien de la paix reste une autre priorité et le Canada se doit d’examiner toutes les demandes qui lui sont faites et d’y participer si le mandat est clair et défini, si la mission est dans l’intérêt du Canada et si la participation n’entre pas en conflit avec d’autres engagements déjà pris. Finalement, la dernière priorité énoncée dans ce document est la nécessité pour le Canada d’appuyer le désarmement stratégique à travers des initiatives multilatérales.

 

Le point sur les questions de défense - 1988-1989

 

Ce document déposé en mars 1988 par le ministre de la défense de l’époque, Perrin Beaty, sert d’appoint à l’énoncé de politique de défense précédent. Les priorités en matière de politique de défense ne sont cependant pas modifiées et restent les mêmes que dans l’énoncé de 1987.

 

La politique de défense du Canada

 

Cet énoncé de politique de défense à été déposé en avril 1992 par le ministre de la Défense nationale de l’époque, Marcel Massé. Cet énoncé répond à la modification des relations internationales suite à l’effondrement de l’URSS et dresse les bases de la politique de défense moderne du Canada. Dans ce document, les priorités font places aux intérêts canadiens. La politique de défense est au service de la défense du territoire, de la sécurité collective à l’international, du contrôle des armements, du désarmement et du règlement pacifique des différends. Ainsi la politique canadienne en matière de défense reste la même à l’exception du fait que le Canada se doit d’augmenter sa participation aux opérations de paix d’initiatives non onusiennes.

 

Livre blanc sur la défense de 1994

 

Ce livre blanc a été déposé en 1994 par le ministre de la défense nationale de l’époque, David Collenette, et sert à officialiser la politique en matière de défense. En effet, le dernier Livre blanc avait été publié plus de 20 ans plus tôt et le document se base sur l’évolution de la politique de défense à travers les derniers énoncés. Ainsi, ce Livre blanc établit les priorités du Canada en matière de défense, et ce pour les années à venir dans le monde post-Guerre froide. Selon ce document, la principale considération du Canada reste nationale, donc la protection du territoire et de la souveraineté. De plus, le Canada se doit de continuer son implication dans diverses organisations telles que l’ONU, l’OTAN, l’UE et le NORAD. La position face au maintien de la paix, se basant sur les expériences de la Somalie et des Balkans, rappelle que la participation aux opérations de paix ne doit pas être une fin en soit. Ainsi, l’implication canadienne se fera en présence d’un mandat clair et réaliste, d’une mission aux effectifs et objectifs adaptés à la situation et en fonction des intérêts canadiens. Finalement, il est stipulé dans ce document que l’armée doit être apte à suivre l’évolution rapide du maintien de la paix.

 

Énoncé de politique internationale du Canada - Fierté et influence : notre rôle dans le monde - Défense

 

Cet énoncé de politique de défense a été déposé en 2005 par le ministre de la Défense nationale de l’époque, Bill Graham. Ce document survient dans un contexte particulier. Il vient actualiser la politique de défense du Canada face à la multiplication des conflits régionaux, à la multiplication des opérations de paix et à la participation active du Canada en Afghanistan. Cet énoncé proroge la politique canadienne de 1994 dans plusieurs domaines. La contribution majeure de cet énoncé se situe au niveau des organisations non onusiennes, principalement l’OTAN. Ce document stipule donc que le Canada, en plus de continuer son implication avec les Nation Unies, doit renforcer son implication au sein des autres organismes dont il fait partie.

 

Stratégie de défense - Le Canada d’abord

 

Cet énoncé de politique de défense a été déposé en juin 2008 par le ministre de la Défense nationale, Peter McKay. Ce document est beaucoup plus une stratégie pour atteindre les objectifs fixés par les derniers énoncés de politique de défense qu’un nouvel énoncé en soi. Sur le fond, la politique canadienne en matière de défense énoncée en 2005 est prorogée dans son entièreté. On y ajoute cependant la nécessité du Canada de démontrer un leadership sur la scène internationale. Pour atteindre les visées de la politique de défense, la stratégie propose six actions : mener des opérations quotidiennes nationales et continentales, y compris dans l’Arctique et par l’entremise de NORAD ; offrir un soutien dans le cadre d’un événement international important au Canada ; être en mesure de répondre à une attaque terroriste importante ; appuyer les autorités civiles en cas de crise importante au Canada ; diriger et/ou mener une opération internationale durant une période prolongée ; déployer des forces en cas de crise à l’étranger pour une période de plus courte durée. L’engagement du Canada en Afghanistan a montré notamment l’importance de maintenir des unités aptes au combat au niveau de disponibilité opérationnelle approprié, de fournir les équipements appropriés aux opérations et d’élaborer une stratégie globale cohérente pour tous les ministères impliqués.

 

Énoncés de politique étrangère

 

Énoncé de politique internationale du Canada - Fierté et influence : notre rôle dans le monde

 

Cet énoncé de politique étrangère a été déposé en 2005 par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Pierre Pettigrew. Cet énoncé définit les principes et engagements du Canada dans le monde. De façon générale, le Canada se propose de défendre sa souveraineté et d’encourager la coopération internationale afin d’assurer sa sécurité et sa prospérité. Pour accomplir ce but, le Canada propose huit champs d’action : contrer le terrorisme, stabiliser les États en déroute ou fragiles, combattre la prolifération, renforcer la compétitivité internationale du Canada, accroître le commerce et l’investissement, promouvoir le développement durable, respecter les droits de la personne et parvenir à un développement véritable.

 

Le Canada dans le monde- Le cadre stratégique de la politique étrangère du Canada 1995

 

Cet énoncé de politique étrangère a été déposé en 1995 par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, André Ouellet. Cet énoncé dresse trois objectifs principaux de la politique étrangère canadienne. Il s’agit de la promotion de la prospérité et de l’emploi, la protection de la sécurité dans un cadre mondial stable et la projection des valeurs et de la culture canadiennes. Pour accomplir ces objectifs, ce document propose de faciliter l’accès aux marchés internationaux, de promouvoir la prospérité internationale à travers le multilatéralisme, de participer aux initiatives multilatérales pour la promotion de la sécurité et de promouvoir les valeurs canadiennes à l’étranger.

 

Politique étrangère au service des canadiens

 

*Version en ligne ou pdf non disponible*

 

Cet énoncé de politique étrangère a été déposé en 1970 par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Mitchell William Sharp. Ce document est le résultat de la demande de réévaluation de la politique étrangère par le Premier ministre, Pierre Elliot Trudeau. Ce document met la priorité sur les intérêts nationaux du Canada. De plus il stipule que la politique étrangère doit être le prolongement des politiques nationales à l’étranger. Source : http://www.international.gc.ca/depa...

Autres documents

 

L’Arrangement sur la police civile au Canada

 

Ce document a été publié en avril 2006 par la Gendarmerie royale du Canada. Il s’agit d’un partenariat entre cette dernière, l’Agence canadienne de développement international, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et Sécurité publique Canada. Il constitue le cadre qui régit le déploiement de policiers canadiens à l’appui d’opérations de paix et de maintien de la paix partout dans le monde.

 

Protéger une société ouverte : La politique canadienne de sécurité nationale

 

Ce document a été publié en avril 2004 par le gouvernement de Paul Martin. Il s’agit d’un cadre stratégique et d’un plan d’action concernant la capacité du Canada à répondre aux menaces à la sécurité nationale présentes et futures en prônant une approche intégrée en matière de sécurité à l’échelle de la fonction publique. Ce document présente des mesures à prendre en vertu des trois priorités du Canada en matière de sécurité nationale. Il s’agit de protéger le Canada et les Canadiens au pays et à l’étranger, s’assurer que le Canada n’est pas une source de menaces pour ses alliés et contribuer à la sécurité internationale. Les mesures proposé dans ce document relèvent de sept domaines particuliers : la création d’une système de sécurité intégré, le renforcement du secteur du renseignement, la planification et la gestion d’opération d’urgence, le renforcement du secteur de la santé publique, la sécurité dans les transports, la sécurité à la frontière et la sécurité internationale.